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La chronique du Père Craquelin 2020-2022


par Gérard Truchet

Gérard Truchet est président des « Amis de Lyon et Guignol » et sa truculence est connue de tous les Lyonnais. C’est donc une aubaine pour la RVL de pouvoir accueillir dans les rubriques de son Journal ses commentaires hauts en couleurs de l’actualité lyonnaise. Encore faut-il comprendre le parler lyonnais !

Année 2022

On a bien applaudi !

(Journal RVL n° 159, novembre 2022)

Eh ben, les gones, d’avoir retrouvé un tant soit peu l’air chanin, ça nous requinquille les clinquettes. C’est-y pas Dieu poss’, cet été, ce que le vaganay a pu nous taper sus le coqueluchon. Du matin au soir, on était trempe de chaud. Toute la sainte journée, on nous serinait l’entendement qu’y fallait bien se benouiller le corgnolon. Du coup, on a monté, à chaune, les bouteilles de la câve… Quand y en a plus eu sus les rayons, on a reliché de l’eau de la Compagnie ! Mais c’est pas bien agriâble et pis, au bout d’un miment, y nous on dit qu’y fallait pas déprofiter la flotte, qu’y en avait quasi plus dans les réservoirs… Ah ! la vie n’est pas facile à vivre ! 
Ce qui est sûr, durant tout ce temps, on est resté cafi entre la souillarde et la suspente. Alors pensez, quand on a trouvé dans la boîte l’invitation pour nous rendre, sus le quai Romain Rolland, à l’inauguration de la plaque à l’Annie et au Régis Neyret, on a pas rien fait la bobe. On s’y est inscrit recta. 
Donc, le 7 octobre, à la piquette du jour, on a sauté du bardanier pour être fin prêts à midi moins quart. Aque ma Glaudia, on a débaroulé par les Carmélites, la rue sergent Blandan et on a enquillé, droit comme une bugne, la passerelle Saint-Vincent. Quand on s’est posé le darnier sus le banc, le reloge de la loge du Change marquait 11 heures. La Suzanne Kuntz et son Henri faisaient déjà les pique-plante… y s’étaient trompé d’horaire. 
Enfin, le monde, à cha-peu, se sont amenés tout plan-plan. On s’est fait peter la miaille avec les uns, on s’est fait cinq sous aque les autres... Quand tout par un coup, le Frédo, notre ancien parsident, a grimpé sus le banc pour nous japiller que la RVL était toute benaise d’apincher un si tant grand cuchon de fenottes et de gones ; que l’Annie et le Régis avaient à leur nom toute une promenade et que c’était marqué sus les plaques bleues ; que bientôt, sus le banc, on les retrouverait tous les deusses, tout en bronze véritâble, côte à côte comme y z’avaient toujours marché durant leur vie. 

On a bien applaudi ! 

Pis, y nous a fait traverser le quai pour nous retrouver de collagne en place du Change et dévoiler une plaque en imitation cuivre, contre la cambuse ousque nos deux défenseurs du patrimoine lyonnais habitaient dans les autrefois. Quand la patte est tombée, on a bien applaudi ! 
Mais attendez, bande de tarabates, c’est pas fini ! Le Frédo nous a fait repasser sus le quai franc devant le pas de porte de la Galerie à la Michèle, la sœur au Régis. Là, chacun leur tour, la maire du cintième, l’adjoint au patrimoine, le député, le curé d’Habitat Humanisme, la colombe de la RVL, l’Annick Lioud, et la Michèle Neyret nous ont bajaflé des compliments que valaient leur pesant de gratons. Oh ! que c’était don beau et bien débobiné ! 
C’est dommage qu’on a pas bien entendu…
Enfin, tout un chacun a bien applaudi !
Ce qui est sûr, gnia pas eu de besoin de nous y dire deux fois que le buffet du coquetaille était ouvert ! Une bien chenuse çarimonie pour une fenotte et un gone que l’ont bien mérité. 
Alors, une darnière fois et sans barguigner, nous pouvons encore applaudir l’Annie et le Régis. Le vieux Lyon leur doit tant ! 

Les miniatures au Dan

(Journal RVL n° 158, juin 2022)

Chaque an nouveau, le jour du Mardi-gras, on a l’habitude de se propager, ma fenotte et moi, chez la Toinette en rue Trois-massacres. La Toinette nous avait dit : « Venez quand vous, je vous attends pour dîner » Sûrement bien sûr, que le monde que sont pas de chez nous, n’auraient pas rien su quand ils auraient dû se décaniller de leur cadolle. Les ceusses qu’y dînent le soir, y savent pas que c’est nous qui avons raison de : déjeuner le matin, dîner à midi et souper le soir. Mais passons. 
La Toinette, nous avait préparé un petit revollon que valait son pesant de gratons. En entrée, elle nous a servi une salade de dents de lion ramassés tout frais de la veille à Loyasse et mélangés entremi d’un cacou et de croûtons grillés, à s’en mettre à cacaboson et à s’en licher les cinq et le pouce. Puis, un chavasson, que le Paulo avait biché, aque sa gaule et son filochon, en dessous du pont du chemin de fer, le long du quai des Étroits. La Toinette l’avait accompagné d’une fricassée de doigts de mort, c’est encore bien un plat d’hiver. Ensuite, on a eu droit, par tête, à un claqueret des Monts d’Or et enfin, et c’est la tradition pour Mardi-gras, la Toinette avait fait un plein bagnon de bugnes. Des vraies, légères, aque de gonfles juste là ousqu’y faut et craquantes à souhait. Comme de bien s’accorde, après le café à la dubéloire, la Toinette a sorti la goutte et on a refait le monde - gnia encore bien à japiller dessus ! 
Tout par un coup, la Toinette nous bajafle : « C’est pas tout ça, les gones, mais j’ai pris trois billets d’entrée au musée des miniatures en rue Saint-Jean. » Alors, tout plan-plan, on s’est bambané jusqu’au musée. Là, à part la cambuse, la caisse et les vitrines, tout est petit. C’est le Dan qu’a maginé et fait tout ça aque ses arpions des mains. Ça doit être pâtichon à faire. 
Mais, ce qu’y a de sûr, au final, ce sont des chefs-d’oeuvre. J’y étais pas arretourné du depuis qu’il avait ouvert son 1er musée à Saint-Paul, franc à côté de la ficelle qu’a fait patacul en 1937. Y n’avait pas rien tant de place qu’ici.
On y arreluque, à côté des magasins que font encore bien d’abonde, un intérieur de bouchon, un grand restaurant parisien, un ateyer de canut et, au fil du temps, le gone s’est espécialisé dans le monde miniature du cinéma. C’est bien, Lyon est quand même la ville ousqu’est née l’invention des frères Lumière. Mais, gnia une chose que me marcoure le menillon, c’est qu’y manque un monument important pour Lyon et pour les Lyonnais. On en cause souvent aque la Toinette qu’a fréquenté le lycée Ampère et çui du Parc, ousqu’elle faisait le ménage… Eh ben, on comprend pas que ce gone, qu’a d’ême et d’entendement à regonfle, n’ait pas songé à nous faire une reproduction de ce si tant chenu thiâtre Guignol du quai Saint-Antoine. Voilà ben un lieu théâtral que mériterait d’être immortalisé dans une vitrine du musée.  
À ce qu’on nous a dit, le Dan y s’est ensauvé en retraite, pour profiter du grand air et des grands espaces. Lui qu’a toujours vécu en modèle réduit, ça va ben le changer ! Qu’il en profite bien, mais qu’il en profite surtout pour construire, comme y sait si bien y faire, notre thiâtre Guignol ! On a dans un carton un bon cuchon de documents que feront bien l’affaire, si ça lui dit…
À la revoyure, les gones !

Année 2021

Un viron par le Gourguillon

(Journal RVL n° 157, novembre 2021)

Le dimanche du 15 août, à la piquette du jour, ma Glaudia se pose sus son océan, entre le drap du d’ssus et çui du d’ssous, et me japille d’un coup d’un seul :
Dis don mon homme, si qu’on allait ce tantôt faire une visite à la Marinette de Forvière, vu que c’est censément sa fête !
- Si tu veux mon graton. Mais, comment on y va ?
- Pédibus. Pour se renvenir, on prendra la ficelle et le trolley.
J’ai rien rebriqué à tout ça. En dedans moi je pensais : « Ma fenotte que veut grimper de pied jusque là-haut, ben les gones, ça serait à marquer dans le journal de Guignol… s’il existait encore ! » Pace que ma légitime, aque le confinement et tout le Saint-Frusquin, elle a pris des rondeurs attenant. Elle dépasse le quintal ! Elle veut mêmement s’inscrire dans un clube de seport Finedefesses… Vous savez ben, ousque les jeûnes vont couratter pour se démangogner les fumerons et les agotiaux, et les jeûnettes pour être plates comme des planches à repasser.
Donc, après un revollon sus le pouce, nous velà en marche pour débarouler les Pentes en passant par les Chartreux, le Jardin de Plantes, la passerelle Saint-Vincent et gagner par Saint-Paul, la rue Mourguet. Là, on a fait une halte… On s’est agrobé sus une chaise du café que fait l’angle du coin. Le temps s’y prêtait pour qu’on s’humidifie le corgnolon. Les voitures y leur faut de la liquidité pour avancer, nous c’est la même… On va pas rien à nos âges défunter la bouche ouverte. Non ! Et pis, on nous le serine assez, que les vieux doivent boire. Alors on s’est pris du laïte, du pur jus de fruits, on a commandé un pot de Borjolais !
Une fois rapapillottés, on a poursuivi notre viron par la rue des Trois-Massacres, la place de la Trinité et enquillé la montée du Gourguillon. À main gauche, on a laissé la cadolle du Baron , : du Soleil, à main droite le thiâtre de Guignol et nous velà à - Dis don mon homme, si qu’on allait ce tantôt faire une visite grimpiller la côte. Au début du commencement ça va encore, mais à cha-peu la côte devient de plus en plus raide. Enfin, marche ou crève, on y était, fallait arriver jusque dans les en-hauts !
Eh ben mes p’tits, elle n’est pas rien bien reluisante, cette montée. Elle ressemble à quoi ? À rien ! Gnia manquâblement plusse de goudron qu’y a pas de pavés. Les ceusses que sont pas de chez nous et que se bambanent ici, quoi don qu’y z’en pensent ? Une montée si tant historique que celle-là, faut pas y petafiner de la sorte… On apinche plus que des bandes noires. Quant aux pavés, va-t-en savoir, s’y vont nous les remettre ? Et comment ? Gnia t-y seulement encore de bons paveurs ? Pour moi, y faut que le Frédo, le parsident de la RVL, arregarde ça de près.
À la place Beauregard, ma fenotte suait sanque et eau… moi, je traînais la grolle. Enfin, on a atteint par la rue de l’Antiquaille l’esplanade de Forvière d’ousqu’on domine notre beau Lyon. On était franc tout mouillé de chaud ! Comme de bien s’accorde, nous, on n’est pas rien resté, comme certain, sus le pas de la porte…
Non, on est entré de collagne dans   notre Basilique qui honore la Marinette, que nous a sauvé en son temps de la peste, des Prussiens et qui sait, peut-être même aujourd’hui de cet emboconnement asiatique. Aussi, on s’est fendu d’un lampion pour sa fête… Mais, l’heure tournait, fallait prendre du souci et songer à se rentourner sur l’autre colline, à la Croix-Rousse.

On a rien entendu !

(Journal RVL n° 156, juin 2021) 

Le darnier vendredi de février, à la piquette du jour, on étaiten bas du bardanier. L’inauguration était enfin arrivée.Aussi, on serait à onze heures en place du Petit-Collège.Pensez qu’y a fallu quinze ans pour que la grande horloge nousredonne gratuitement l’heure. Après plus de 150 ans passés enrue de la Poulaillerie, on a ben cru qu’elle finirait en Amériqueou en Chine … Reusement, la murnicipalité au pipa Collomb asorti ses pécuniaux pour la sauver, et de pécuniaux, y en a falluà regonfle ! C’est que les ceusses que s’en débarrassaient envoulaient gros. Enfin, on ne faitpas rien Fortune sans tirer lessous de la poche à quèqu’un.
Donc, bien floupés, nous sontdescendus en ville. À moinsquart de l’heure petant, nousétions de par devant l’horloge.De loin, on l’a d’abord arregardéeet à cha-peu, on s’estapproché. Qu’est-ce qu’y l’ontbien décochonnée… elle brillemieux qu’un lumignon du 8décembre. Guignol, Gnafron etleurs cousins itayens, Arlequinet Polichinelle, sont chenuscomme tout.
Onze heures ! Reculons, pourmieux arreluquer le mirlitaire.Chuuut ! Taisez-vous don,bande de grands gognands ! Lesportes s’ouvrent. Chuuut ! Troptard, les portes se referment. Ettous les gones de gongonner :« On a rien entendu ! ». Maischuuut… v’là l’heure… « Onentend rien ! ». C’est normal,qu’un grand fourachaux nousrebrique, c’est pour pas embiernerle monde qu’habitent àcôté. Le tic-tac, le clairon, lessonneries, ça les empêche de trouver le sommeil. Quand onpense au sicoti qu’y a d’habetude dans les rues et sur la place…le monde sont ben des caquenanos ! Comme si une horlogefaisait du ramage…
Et les discours, c’est pour quand ? A la demie, que nous japilleune colombe. Alors, aque la Glaudia, au lieu de rester piqueplante,on est allé se caler les clinquettes contre le mur du renfoncementqu’avance de la cambuse d’en face.
Au quart, on a rien entendu… Le temps de faire chuuut, c’étaitfini. On attendait la demie de onze heures, mais à ce mimantlà,les alégumes sont arrivées pour patrigoter. Gn’avait le mamiconservateur du musée, une maman architecte et un adjoint quereprésentait le maire de Lyon et l’adjointe à la Culture. Eusses,y z’étaient pas là ! Si ç’avaitété pour planter un arbre, yz’auraient ben traboulé… maispour une horloge et Guignol !Toujours est-y des patrigots, ona eu beau faire chuuut… on arien entendu… Faut dire, qu’yavait pas de micros, on allaitpas se mettre encore dans lesdus.
Pour finir, le cuchon de Yonnaisprésents espérait voir apparaitreGuignol et Gnafron de par darnierun castelet. Eh ben, rien !Pourtant, à bajafler, gn’avaitencore bien du de quoi. Enfin,je dis rien. Si ! Gnia ben eudeux théâtriers qu’ont sigrolé,au bout de leurs agotiaux,Guignol et une poutrône que sefaisait passer pour Madelon…mais c’était pas elle. Elle étaitbien trop ébravagée pour être dechez nous. Quant à Gnafron, ilaurait ben dû rester à la câve,pôvre gone ! C’est don pas riença, que le monde attendaient.Dommage…
Hou-là, les gones ! C’est midi !Faisons chuuut… Ça y est, lesportes du clairon s’ouvrent, les marionnettes s’animent… Ehben, je peux vous assurer que le bruit n’ensauvagera pas, ni lespigeons, ni les mirons, et encore moins les enquelins du quartier,pace que nous, on a rien entendu !

Année 2020


Un emboconnement de première ! 

 (Journal RVL n° 155, décembre 2020)

Hou sampillerie de bocon ! Quand au 1er janvier on se l’est souhaitée bonne et heureuse, ben les gones, on que 2020, à l’oreille, ça sonnait bien… À l’oreille et encore mieux au palais ! Deux mille vins ! V’là ben un cru chenu comme tout ! Eh ben ! mami… en guise de lichaison, on a dégusté c’te charripe de microbe. 
Gnia t’y pas fallu rester encuchonné, durant deux mois de rifle, entre la souillarde et la suspente ! Refaire la queue pour un bout de pain, une livre de beurre et deux paquets de couâne ! On pouvait seulement s’arregarder les quinquets et se bambaner aque un bout de patte sus la ganache. Tenez, lors de la dernière invasion par les ceusses d’outre Rhin, on était censément plus libres… Reusement, votre jeune parsident, le Frédo, est venu un soir aque tout ça qu’y fallait dans une filoche. Qu’il a don bien bonne façon, ce gone ! Pour le remercier de sa visite, on lui a payé une goutte de quina aque un croquet et on lui a dit qu’on reprendrait notre cotisation à la RVL. Eh ben il s’est rentourné tout rapapilloté ! Autrement, aque ma fenotte, on restait comme tout le monde, bien capiés dans nos fauteuils de par devant la télévision. Gn’avait encore bien de quoi se distraire… si, si, toutes les cinq minutes y nous serinaient de se laver les arpions des mains, qu’étaient manquablement pas sâles pisqu’on s’en servait pas, qu’y fallait éternucler dans le coude, encore faut-y pouvoir le lever… et pis se moucher dans un tire-jus en papier, c’est ben pour le coup qu’on se cochonnait les doigts pour de bon ; alorsse on se relavait les arpions et ainsi de suite. 
Ce qui est sûr, ce microbe asiatique que nous marpaille l’existence est plus résistant que tous ces machins madine-china qu’on nous vend et qui ne durent rien du tout. Pour une fois qu’y font du costaud, faut que ça soye un microbe ! On le voit pas, on le sent pas et y nous emmène, en moins de temps qu’y faut pour le dire, chiquer les dents de lion par la racine ! 
Aque ma Glaudia, qu’on est d’une âge avancée, on ne fait plus, comme de bien s’accorde, d’exercices au bardanier. Mais on pensait aux jeunes que devaient comme tout un chécun garder entre eussses un mètre de distance. À ce régime va-t-en repeupler la France ! Eh ben à lire l’ajournâble y parait qu’en décembre et en janvier prochain les maternités vont manquer de bercelonnettes. Faut ben croire que les jeunes ont mieux de matériel que les anciens ! 
Pour finir, tous les jours t’as un menistre que t’annonce qu’y va pôner, pour les uns ou les autres, un cuchon de pécuniaux. Ben petit, pour re-remplir les caisses à la Marianne, va ben falloir que les vieux retournent à l’usine, recta et droit comme une bugne ! Que même les matrus que vont demain téter le lait de leur miman n’auront ben pas assez de leur vie pour tout rembourser. 
En attendant, tachons moyen de tenir tati devant cet emboconnement de première pour repartager rapidement de collagne des moments festifs et culturels.


Patrimoine, Guignol et pécuniaux !

(Journal RVL n° 154, juillet 2020) 

En février, entre les matefaims de la Chandeleur et les bugnes du Mardi-gras, eh ben, le 18, nous étions invités, ma Glaudia et moi son homme, à l’Hôtel de Ville pour la remise du Prix Citoyens du Patrimoine 2020. Comme je vous le dis les gones ! Un carton tout plein chenu, aque le blason de Lyon dans le coin et tout le patrigot au Jean-Dominique Durand, l’adjoint au patrimoine, que nous disait de nous décabaner de notre cambuse pour 6 heures du soir.
Eh ben, les gones, c’est ça qu’on a fait ! Moins quart sonnait au beffroi quand on passait le portail. On a enquillé l’escayer et nous velà rendus dans le grand salon. On se serait cru au parterre du Grand-Thiâtre du temps ousque c’était encore rouge et or. Je vous cause de l’ancien Opéra, pas du Nouvel ! Tout par un coup, le Jean-Do a grimpé sus le tabagon aque un cuchon de monde qu’on connaissait ni des lèvres ni des dents, sauf le Xavier de Gadagne et la Marie-Glaude de Saint-Bruno.
Le Jean-Do a présenté le Prix Citoyens 2020 en nous disant tout ça qu’y fallait faire pour y participer. Pour récompenser les gagnants, la Ville avait sorti des pécuniaux de dessous la queue de l’Écureuil. Cinq mille euros ! Ah, mais attattends menute, pas tout pour le même… Ah non ! À trois qu’y s’y sont mis pour se les partager. Le premier, qu’a eu le plus gros morceau, trois mille euros, a récompensé le Conseil de quartier du cintième pour tout ça qu’y z’ont fait l’année dernière pour faire connaitre le vieux Lyon aux gones des écoles primaires. On les a encore bien applaudis, tout comme le Frédéric notre parsident, l’Yves et la Babette de la RVL.
De par après, l’adjoint, a annoncé le deuxième prix, çui du Coup de coeur de la Ville. Eh ben, z’enfants, je vous le donne en mille ! Vous savez pas çui qui l’a eu ? Non, vous pouvez pas l’assavoir, y z’en on pas causé à la télé et y z’en ont mis que trois lignes dans l’ajournâble. Eh ben ! la société des Amis de Lyon et de Guignol ! Le parsident, le Gérard Truchet, s’est mis sus ses fumerons et a grimpillé aque sa secrétaire, la Bernadette, sus le tabagon. Le Gérard, pensez-voir, s’il était content. Mille euros, reçus comme ça, en se bambanant dans le salon Justin Godart… un signe ! Ce prix récompensait cette association pour avoir mis sur piottes, l’an passé, d’animations à regonfle pour marquer le 250e anniversaire au Laurent Mourguet, créateur de Guignol. Le parsident a fait peter la miaille à la Marie-Glaude, fait cinq sous au Jean-Do, au Xavier et à tous les autres qu’y connaissait pas. Moi, qu’y aime encore bien le patrimoine, j’étais tout aussi heureux pour le Gérard que se dépontèle l’entendement, et tout le reste, pour maintenir bien vivants Guignol, le parler lyonnais, nos traditions… Enfin, les autres mille euros, ce sont les Ateliers de la Mouche que les ont mis dans leur poche.
Mais le plus chenu de tout, ça que nous a rendu tout bouâme, c’est que ce Prix Citoyens du patrimoine portait le nom de l’Annie et du Régis Neyret. Ah ! pour sûr, y ne pouvait pas y avoir plus canant hommage pour ce couple qu’a tant fait pour la défense du patrimoine lyonnais. Tenez, j’en suis encore tout émué ! De par après, l’Hôtel de Ville avait sorti les verres… mais aujourd’hui, je crois qu’y sont sur le point d’y entrer… Comprenne qui pourra !

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