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Histoire de Lyon


Histoire de Lyon, cité gardienne de son patrimoine

Au long de ses 2000 ans d’histoire, la ville de Lyon a toujours joué le rôle d’une cité active, soucieuse de préserver son indépendance grâce à son ouverture sur le monde.
Autrefois capitale des Gaules, Lyon est une grande cité religieuse, économique et politique au Moyen-Age, et surtout à la Renaissance.
Forte de sa capacité incessante d’innovation, elle contribue tout au long de son histoire au progrès des sciences et des idées.
Attachée à son style de vie dont elle soigne la qualité, elle est en même temps une ville patrimoniale et une métropole économique puissante mais discrète.
Malgré un développement urbain récent très important, elle a su conserver la plus grande partie de son patrimoine ancien pour offrir aujourd’hui au regard l’aspect d’une ville dense, et d’une remarquable continuité.



Lugdunum, miroir de Rome dans les Gaules

Une occupation gauloise est attestée dès le IV e siècle avant notre ère, à l’ouest de la ligne des collines qui bordent la Saône. Elle s’établit sur la voie qui évite le confluent du Rhône et de la Saône, région de marécages et de bras fluviaux non stabilisés, difficilement franchissables.
Elle semble avoir joué un rôle important sur l’axe Rhône-Saône de pénétration des influences grecques depuis Marseille.

C’est sur l’une de ces collines, Fourvière, qu’est fondée Lugdunum, en 43 avant J.-C., par Lucius Munatius Plancus, lieutenant de César et gouverneur de la « Gaule chevelue ».
Cicéron et le Sénat lui accordent le titre de colonie romaine.

La cité est rapidement désignée comme capitale de la Gaule lyonnaise. L’empereur Auguste y séjourne longuement entre 16 et 14 avant J.-C..

Autour du palais du gouverneur de la province des Trois Gaules, situé vraisemblablement au-dessus des théâtres de Fourvière, siège tout un personnel d’administration, de justice, de finance. Là, est implanté un atelier monétaire, l’un des trois plus importants de Gaule avec ceux d’Arles et de Trêves, et dont la production circule jusqu’en Inde : il arrive même, sous Auguste, qu’on frappe l’or et l’argent à la place de Rome. Quant au Vieux Forum – Forum Vetus -, il a si bien marqué les esprits qu’il a donné, et son nom à la colline de « Fourvière », et son emplacement à la basilique actuelle.

Dans Lugdunum plus qu’ailleurs, les traces de culture intellectuelle restent significatives.

Près du théâtre de dix mille places, l’odéon, édifice d’un luxe raffiné, offre ses trois mille places aux amateurs de musique et de déclamation poétique (dans les Gaules, seule Vienne avait aussi un odéon).

Sur les pentes de l’autre colline, la Croix-Rousse, s’élève le sanctuaire fédéral dédié à Auguste en l’an 12 av. J.-C.. A côté, est situé l’amphithéâtre où, chaque année, le Conseil des Gaules, formé des délégués de toutes les cités gauloises, tient son assemblée pour reconnaître l’autorité de Rome et de l’Empereur.

Les théâtres de Fourvière et l’amphithéâtre de la Croix-Rousse sont témoins de la mémoire collective de Lyon.


La première Eglise des Gaules

Ce sont les Orientaux qui introduisent à Lyon la religion chrétienne et y fondent la première Eglise des Gaules, qui est aussi la première Eglise chrétienne d’Occident après Rome. La persécution qui la frappe, en l’an 177, nous est connue par la célèbre lettre que les chrétiens de Lyon envoyèrent à leurs frères d’Asie Mineure ; ce document, d’une exceptionnel puissance d’évocation, nous a conservé les noms des quarante-huit premiers martyrs des Gaules livrés aux bêtes féroces dans l’amphithéâtre de la Croix-Rousse devant vingt mille spectateurs. Parmi ces martyrs, les noms de saint Pothin, premier évêque de Lyon, de sainte Blandine et de saint Irénée sont restés célèbres.

Plus tard, au Ve siècle, la ville donne naissance à Sidoine Apollinaire (431-487), célèbre écrivain chrétien, évêque de Clermont, auteur de lettres qui nous renseignent abondamment sur l’histoire de Lyon à cette époque.


Lyon au Moyen-Age : une cité marchande et religieuse

Les traces de la fin du premier millénaire, bien que rares, sont encore présentes dans l’architecture de la Manécanterie dans le Vieux-Lyon, de l’abbaye d’Ainay, dans les vestiges de l’abbaye de l’Ile-Barbe et dans le porche de l’église de Saint-Pierre (rue Paul-Chenavard), qui nous renseignent précisément sur l’art romain à Lyon et dans ses environs. Ces traces sont aussi présentes dans la survivance d’institutions comme l’Hôtel-Dieu, le premier créé en France, dont la fondation par Sacerdos, évêque de Lyon, sera confirmée par le fils de Clovis, Childebert, devenu roi de Paris en 534.

La construction de la cathédrale Saint-Jean s’étale de 1160 à 1481, période pendant laquelle Lyon occupe une place à part dans l’Occident chrétien. En effet, le Comté de Lyon, seigneurie dont la ville est le centre, attire les regards en dépit de sa petite dimension. Relevant originellement du Saint-Empire, il appartient en fait à l’archevêque à qui l’empereur Frédéric Barberousse avait cédé, en 1157, l’équivalent de la souveraineté. Sis en un point où se franchissent le Rhône et la Saône, au carrefour des grandes voies du trafic européen, il est indépendant entre le Saint-Empire et le royaume de France en plein essor.

Lyon est, en ce temps, l’une des villes les plus souvent visitées par les papes qui s’y sentent en sûreté : onze d’entre eux s’y arrêtent ou y séjournent. Innocent IV y réside pendant six années, entre 1244 et 1251, années au cours desquelles il tient un concile œcuménique où est prononcée la déchéance de l’empereur Frédéric II. Grégoire X y demeure durant trois ans et y tient, en 1274, un second concile rassemblant cinq cents évêques.

En 1305, le pape Clément V est sacré à Lyon.

En 1316, Jean XXII y est élu. Mais ce n’est plus parce que la situation de Lyon préserve l’autorité pontificale, bien au contraire, c’est le signe que cette dernière s’incline devant le roi qui convoque les chefs religieux chez lui. En 1312, en effet, Philippe le Bel avait annexé la ville au royaume de France.

Ville marchande puissante, Lyon accueille, à partir du XIIIe siècle, comme les autres grandes villes d’Europe, un grand nombre de congrégations religieuses nouvelles comme les ordres prêcheurs : les Cordeliers (dont l’église prit le nom de Bonaventure après la mort de celui-ci, à Lyon, en 1274), les Jacobins, les Carmes, dont les sanctuaires joueront un rôle social particulièrement important.

De ce grand passé européen qui parfois se déroule sous leurs voûtes, les édifices religieux de la ville et particulièrement la cathédrale Saint-Jean, restent les témoins majeurs.


Lyon à la Renaissance : un centre économique et politique international

L’homogénéité et la grande étendue des quartiers situés de part et d’autre de la Saône, composés d’immeubles édifiés pour la plupart au XV e et XVIe siècles et parvenus à peu près intacts jusqu’à nous, justifient l’attention qu’on leur porte. Dans leur architecture, trois caractères frappent dès l’abord : la survivance de l’organisation médiévale de la maison d’habitation, la grande hauteur des édifices – cinq niveaux – et la relative sobriété ornementale. La décoration sculptée – culots, clefs de voûte – se cache à l’intérieur des allées, des traboules et des cours.

La vie lyonnaise de cette époque est dominée par la conjonction d’évènements extérieurs. De même que jadis la conquête romaine s’était étendue sur les Gaules et la Germanie à partir de Lugdunum, de même le pouvoir royal fait de Lyon la base géographique et l’instrument financier de sa politique d’intervention en Italie. Pendant cinquante ans, cette politique oriente toute l’histoire française. Au même moment, les maisons de commerce italiennes décident de placer à Lyon le centre de leurs affaires dans le royaume. C’est ainsi que pendant toute la première moitié du XVIe siècle, Lyon occupe une position centrale en Europe.

Cette vitalité est matérialisée par les quatre foires franches annuelles qui, à chaque saison, attirent à Lyon les produits de toute l’Europe occidentale et du monde connu.

Les épices et, plus encore, la soie, sous toutes ses formes, occupent la première place en valeur financière. En 1536, François Ier accorde à Lyon le privilège de tisser les riches étoffes jusque-là importées d’Italie.

Sous la domination des maisons italiennes, florentines surtout, se met en place à Lyon une véritable direction de l’économie financière européenne : système complexe du paiement des transactions commerciales, fixation du taux de change pour toutes les places. Tout est possible à Lyon, aussi bien les prêts au roi ou les dépôts affectés à des opérations de crédit public, que le financement de grandes entreprises. C’est ainsi que le voyage d’exploration de Verrazano sur les côtes de l’Amérique du Nord en 1523 est financé par des crédits levés à Lyon. C’est aussi à Lyon que l’on traite les contrats d’assurance maritime, depuis le Mexique jusqu’à Narva ou Constantinople. Les belles maisons que nous voyons encore, rues Lainerie, Juiverie, Saint-Jean ou rue du Bœuf, abritèrent ces activités, dont la place du Change a conservé le souvenir.


Un foyer intellectuel rayonnant autour de l’imprimerie

Apparue à Lyon en 1472, l’imprimerie profite de la prospérité croissante de la ville. Dès 1476, le premier livre imprimé en français, puis, en 1478, le premier livre illustré, donnent à la production lyonnaise l’une de ses caractéristiques : la littérature populaire ou vulgarisée pour public non savant, le droit, la médecine, tous livres « utiles », y tiennent une place importante.

Cette vitalité commerciale et intellectuelle est, bien sûr, liée aux quelque vingt séjours que la cour du roi fait dans la ville et au brassage que celle-ci y apporte. Les hommes de renom de cette époque passent ou séjournent ici, de Machiavel à Erasme, de Clément Marot à Michel Servet, d’Etienne Dolet à François Rabelais.

Philibert Delorme, jeune architecte lyonnais, à son retour de Rome, en 1536, réalise à Lyon sa première œuvre, la galerie sur trompes de l’hôtel Bullioud, véritable manifeste de la Renaissance française. Maurice Scève (dont la maison est conservée rue Saint-Jean) et Louise Labé trouvent un public à la hauteur de leur génie poétique.

A partir de 1550, la politique royale se détourne de l’Italie et la cour vient moins souvent à Lyon.

La réforme protestante rencontre à Lyon un milieu favorable et se développe rapidement. En 1562, Lyon se trouve entraînée dans le tourbillon des guerres de religion. La ville est prise par les troupes protestantes du baron des Adrets et le grand commerce s’éloigne.


Lyon classique et baroque : la naissance d’un nouvel urbanisme

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le rayonnement de Lyon se transforme. Bien que considérée comme une ville libre (au contraire des autres villes du sud du royaume, aucune garnison royale ne stationne à Lyon, la ville assure elle-même sa défense grâce à une milice levée dans chacun de ses quartiers), la cité, épuisée par les guerres, perd son autonomie politique face au pouvoir royal. Cependant elle conserve son importance économique, soutenue par l’industrie des soies, et son rôle de grande place financière. Ainsi subsiste le système de quatre paiements annuels par virements et compensations : « Lyon donne la loi pour le prix du change à toutes les principales villes de l’Europe » notait Savary en 1674.

Le tissage de la soie, introduit à Lyon en 1536, reste longtemps lié à la soierie italienne qui conserve la haute main sur les beaux tissus. Au XVIIIe siècle, en revanche la « Fabrique » lyonnaise conquiert définitivement la première place.

La production de Lyon, réputée pour sa qualité, se répand alors dans toute l’Europe, jusqu’à la cour de Russie.

Entre le classicisme et le baroque italien, Lyon fut longtemps une sorte d’intermédiaire.

Les nombreux artistes qui s’arrêtent dans la ville, à leur retour d’Italie, y font régner un italianisme assagi dont l’influence, architecturale ou picturale, se retrouve dans les édifices les plus important qui sont alors construits, essentiellement dans le nouveau centre, entre Rhône et Saône : l’Hôtel-Dieu, l’Hôtel de Ville, le palais des Dames de Saint-Pierre – aujourd’hui musée des Beaux-Arts -, le collège des Jésuites et sa chapelle, l’église Saint-Bruno des Chartreux, mais aussi dans le centre ancien, sur la rive droite de la Saône, la Loge du Change.

Au XVIIIe siècle, avec la prospérité retrouvée, le besoin d’une nouvelle politique de développement urbain se fait sentir et marque particulièrement la Presqu’île, entre Rhône et Saône. Les grandes opérations d’urbanisme de ce siècle changent définitivement le profil de la ville. Les premiers projets se font d’abord sous l’influence de Robert de Cotte, qui établit le dessin de la place Bellecour, aménagée de 1721 à 1738. Puis, c’est Germain Soufflot qui, de 1738 à 1755, exerce son emprise sur tous les grands projets de construction. Enfin les ingénieurs Morand et Perrache poursuivent ce grand dessin grâce aux plans d’extension de la ville au sud et à l’est de la Presqu’île, plans qu’ils proposent tout à tour en 1764 et 1771.

Fort heureusement pour la ville, la Révolution se passe, sans marquer trop gravement le patrimoine.


Lyon au XIXe siècle : une ville conquérante

Une ville d’innovations sociales et de dynamisme urbain

L’essor considérable de la soierie, dans la première moitié du siècle, est le résultat d’une décision de Napoléon 1er qui impose l’utilisation des soieries lyonnaises dans toutes les cours d’Europe. Sur la colline de la Croix-Rousse, dans des maisons à hautes fenêtres sans volet, les canuts (ouvriers en soie) installent leurs métiers à tisser dans la partie éclairée sur rue, et leur logis dans la partie arrière, dotée d’une mezzanine.

Il y a de nombreuses innovations sociales : l’invention, en 1806, du premier « Conseil des Prud’hommes », créé en commun par les marchands de soie et les maîtres ouvriers ; la création, en 1835, du « commerce véridique et social », première épicerie mutualiste française ; le lancement de la première caisse de secours mutuel, alimentée à la fois par la Condition des Soies (Chambre de Commerce) et par les cotisations des ouvriers.

Cependant, ces innovations sociales n’empêchent pas les tensions entre les marchands qui passent les commandes et les artisans canuts qui les réalisent. Une première révolte collective éclate en 1831, suivie d’une autre en 1834, pour exiger un tarif décent. Ces soulèvements populaires sont considérés comme les premières des manifestations ouvrières qui ont ensuite marqué les XIXe et XX e siècles. La devise « vivre en travaillant ou mourir en combattant » est née sur les pentes de la Croix-Rousse. Dès 1852, le Second-Empire met fin, de façon autoritaire, aux désordres.

En même temps, le préfet-sénateur Vaÿsse lance, à l’instar d’Haussman à Paris, de vastes opérations d’urbanisme destinées à moderniser et à embellir la ville. Lyon doit à cette période la création de la rue Impériale (rue de la République) et de la rue de l’Impératrice (rue Edouard-Herriot), du palais de la Bourse, du théâtre des Célestins, du parc de la Tête d’Or et du boulevard de la Croix-Rousse, réalisé à l’emplacement des fortifications dont le tracé des bastions se devine encore aujourd’hui.


Une puissance économique et bancaire considérable

Au milieu du siècle, Lyon est réellement « la ville de la soie », tant le précieux tissu domine son économie. De 1800 à 1848, le nombre des métiers à tisser passe de six mille à soixante mille ; en 1850, les métiers de la soie occupent quatre vingt dix mille personnes. Lyon achète ses soies en Extrême-Orient et vend ses soieries aux Etats-Unis ou en Russie. Après 1870, elle enlève même à Londres le contrôle du marché mondial des soies. C’est pour cette raison que des banques d’Extrême-Orient viennent s’établir à Lyon : la « Hongkong and Shangaï Banking Corporation », en 1880, et la « Bank of Yokohama », en 1888.

Cette période prospère est marquée par les activités de quelques grands Lyonnais, d’origine ou d’adoption : Joseph-Marie Jacquard qui, au début du XIXe siècle, invente le métier mécanique pour tisser la soie ; André-Marie Ampère, qui découvre les bases de l’électricité et donne son à l’unité de courant électrique ; Henri Germain, premier président-fondateur du Crédit Lyonnais et Benjamin Delessert, créateur de la Caisse d’Epargne.

D’autres, moins connus, ont eu aussi des destinées tout à fait exceptionnelles, tel François-Barthélemy Arlès-Dufour (1797-1872), commissionnaire en soieries, qui crée la Société d’enseignement professionnel du Rhône et l’Ecole centrale de Lyon, et participe à la création de l’Ecole supérieure de commerce. Il figurera parmi les fondateur du Crédit Lyonnais, avec Henri Germain, et participera au montage du projet du canal de Suez que Ferdinand de Lesseps conduira avec succès. Cet homme représente bien le notable lyonnais de l’époque, tout à la fois industriel et banquier, impliqué personnellement dans de multiples projets, mais plus épris de discrétion et d’efficacité que de notoriété.

La réussite de Lyon est consacrée par l’organisation de trois Expositions universelles, en 1872, en 1894 et en 1914.

Un rayonnement missionnaire international

La basilique de Fourvière, œuvre de l’architecte Pierre Bossan, est achevée en 1896. Le symbole religieux est complexe. Il rappelle la dévotion des innombrables fidèles qui, depuis des siècles, sont venus prier la Vierge en ces lieux. Mais, plus largement, la colline de Fourvière fut explicitement considérée comme le foyer du mouvement qui fera de Lyon, durant tout le XIXe siècle, la première ville missionnaire du monde catholique. Première par l’œuvre lyonnaise de la Propagation de la Foi, créée en 1822 par Pauline Jaricot à la demande de Monseigneur Dubourg, évêque de Louisiane, et qui assure jusqu’en 1914, à partir de Lyon, l’essentiel du financement des missions dans le monde.

Il n’est pas étonnant que, dans une ville habituée à penser à l’échelle mondiale dans le domaine économique, cette même échelle ait été appliquée dans le domaine religieux ou humanitaire. L’implantation à Lyon du siège de nombreuses organisations humanitaires internationales comme Handicap International, Bioforce ou Vétérinaires sans Frontière, en est sans doute le prolongement contemporain.


Lyon au XX e siècle : une ville industrielle majeure

La fin du XIXe siècle et le début du XX e correspondent à une période d’essor et d’inventions s’inscrivant dans la continuité du siècle précédent. Le dynamisme de la ville, fondé sur l’innovation et l’initiative individuelle, se matérialise dans de nombreux domaines. Fertile par la pensée et fertile par l’action, cette époque influence durablement la nôtre.

Au plan industriel d’abord, Lyon s’impose dans quatre filières principales : l’automobile, la chimie-textile, la pharmacie et l’image.

Capitale de l’automobile avant 1914, Lyon voit naître quelques grandes marques pionnières de l’industrie automobile française : Rochet-Schneider, Voisin, Berliet (devenu Renault Trucks). La société lyonnaise Zénith détient, entre les deux guerres, le monopole mondial pour la production des carburateurs.

La soie artificielle, inventée à Lyon, remplace très vite la soie naturelle. Elle est à l’origine de grands groupes qui dominèrent longtemps l’industrie textile (Rhodiaceta, le Comptoir des Textiles Artificiels, devenus Rhône-Poulenc, puis Aventis).

Dans le domaine médical, des recherches actives menées par l’Institut Bactériologique de Lyon, futur Institut Pasteur, débouchent sur la mise au point de nombreux vaccins. Parallèlement, l’Institut Mérieux, laboratoire pharmaceutique pionnier, fondé en 1897 à Lyon, se développe pour devenir le premier producteur au monde de vaccins.

C’est en 1895 que les frères Auguste et Louis Lumière inventent le cinématographe qui a, depuis, fait le tour du monde. Ils produisent aussi des plaques photographiques et des autochromes.
L’Institut Lumière, avec ses nombreux festivals permet de garder toujours vivante la grande aventure du « Cinématographe ».

Le développement de la ville est dominé, à cette époque, par deux personnalités d’envergure internationale : Edouard Herriot et Tony Garnier.

Edouard Herriot, ministre, président du Conseil, en même temps que maire de Lyon de 1905 à 1957, sorte d’humaniste du XX e siècle, curieux de tout, encourage les idées novatrices.

Tony Garnier, architecte, Grand Prix de Rome, imprime, de 1910 à 1930, sa marque sur la ville par de nombreuses réalisations : les abattoirs et le marché à bestiaux dont l’immense halle métallique de 210 mètres par 80 mètres sans pilier intermédiaire a été restaurée sous le nom de Halle Tony-Garnier, le stade de Gerland, l’école de Tissage, sur les pentes de la Croix-Rousse, (aujourd’hui lycée Diderot). Il planifie le nouveau quartier des Etats-Unis et construit l’Hôpital de Grange-Blanche devenu Hôpital Edouard-Herriot.

Après la deuxième guerre mondiale, la ville poursuit son évolution vers l’est, avec la construction du quartier de la Part-Dieu, d’une nouvelle gare ferroviaire et du « crayon » initialement du Crédit Lyonnais. On construit malheureusement aussi le centre d’échanges de Perrache. Puis, d’autres projets voient le jour : la gare TGV de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, la rénovation de l’Opéra et la réalisation de nombreux parkings au centre de la ville dont certains, comme le parking des Célestins, méritent une visite.

A chacune de ces grandes époques, on retrouve l’un des traits principaux de Lyon : une aptitude singulière à s’intéresser au monde entier. Son urbanisme et son architecture sont représentatifs de la marque originale de Lyon dans l’histoire : une grande ville bourgeoise, jalouse de son indépendance, mais ouverte sur le monde ; et, en même temps, une ville secrète, un peu fermée, mais qui sait le montrer accueillante pour ceux qui prennent la peine de comprendre son âme.

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