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Les anciennes prisons… en sursis.
7 avril 2014

Les travaux avancent rapidement sur le site des anciennes prisons et, d’ores et déjà, font apparaître que les bâtiments anciens vont se trouver englobés par les constructions nouvelles, au point qu’on peut s’interroger sur ce qui subsistera de leur présence dans le paysage urbain une fois les chantiers en cours menés à leur terme.
Depuis la rive gauche du Rhône, la vue permet de distinguer ce qui reste des architectures conçues par Louis-Pierre Baltard, dans les années 1830, et par Antonin Louvier, une trentaine d’années plus tard : le corps central (l’entrée) et le dôme de la prison Saint-Joseph, ainsi que le dôme de la chapelle de la prison Saint-Paul autour duquel se dressent les bâtiments qui accueilleront l’université catholique.
Le long du quai lui-même, où Baltard avait érigé la prison Saint-Joseph, il semblerait cependant que l’immeuble d’habitation, d’assez grande hauteur, projeté au sud (comme au nord, où on le voit s’élever) ait été abandonné au profit d’une restauration et (sans doute) transformation de l’un des anciens bâtiments de détention, resté en place contrairement à ce que montre un panneau sur lequel figure une représentation de ce que devrait être l’ensemble du site à la fin des travaux .
Les mois qui viennent nous en apprendront davantage sur la suite de ce grand projet de reconversion.

 

"Ouvrir une école, c’est fermer une prison", Victor Hugo
Décembre 2012

La reconversion des prisons de Perrache a débuté à la fin de l’année 2012, sonnant le glas des bâtiments du XIXe siècle tels que nous les avons toujours connus.
D’ici quelques mois ils seront occupés par les étudiants de l’Université Catholique, des commerces, des bureaux et de nombreux logements. Lors de l’édition 2012 des Journées Européennes du Patrimoine, un dernier hommage était rendu par la « fac catho » à leur futur écrin. Elle avait en effet organisé un circuit de visite et une exposition photo aux archives municipales de Lyon, situées à quelques pas du site. 6000 visiteurs ont ainsi eu le privilège de pénétrer dans la prison Saint-Paul et de saisir l’ambiance dans laquelle ont évolué des centaines de détenus durant plus d’un siècle et demi. Cet événement a été un temps fort qui a permis d’inscrire définitivement cette architecture carcérale dans le panorama du patrimoine lyonnais.
Bientôt quatre ans après l’annonce fracassante de leur destruction programmée, le site des prisons demeure et demeurera un lieu de mémoire, même si il sera fondamentalement transformé pour ses activités futures.

Le projet lauréat a été intitulé « La vie grande ouverte ». Il prévoit la conservation d’environ 40% des bâtiments actuels dont les chapelles, cinq des six branches de Saint-Paul, tout comme son portail aux trois médaillons et le corps de bâtiment est de Saint-Joseph, bien connu des automobilistes qui empruntent l’autoroute. L’Université Catholique prévoit de créer un lieu à la mémoire des nombreuses personnes qui ont été détenues et/ou exécutées (en particulier les résistants de la seconde guerre mondiale) et de conserver une des cellules.

Aujourd’hui, les pelleteuses ont envahi les lieux et ont commencé leur œuvre. Rendez-vous à la rentrée 2015 pour découvrir le nouveau visage des prisons.

Pour aller plus loin :
dossier de presse de « la vie grande ouverte », pour le técharger, cliquez ici Pdf
inventaire topographique de la prison Saint-Paul
inventaire topographique de la prison Saint-Joseph

 

Prisons de Perrache : le destin est scellé
Décembre 2011

Après plusieurs mois de suspens, le préfet du Rhône,  Jacques Gérault, a annoncé avec quelques jours d’avance le nom de l’équipe retenue pour la reconversion des prisons Saint-Paul et Saint Joseph à Perrache. Finalement, c’est le projet proposé par Sofade et Ogic, partenaire de l’Université Catholique de Lyon et de l’Opac du Rhône qui a sélectionné, bien qu’il ait proposé un prix de rachat inférieur d’un million d’euros que celui de son principal concurrent (Icade). Le préfet a expliqué son choix en mettant en avant la qualité de la reconversion qui préserve une bonne partie des bâtiments d’origine des anciennes prisons, tandis que le groupe Icade avait proposé de les détruire afin de les reconstruire à l’identique.
L’ilot Saint-Paul sera destiné à l’Université Catholique qui projette d’y installer ses futurs locaux et de remplacer ainsi ceux qu’elle possède à Bellecour. Son campus se déploiera sur 35 000m² et pourra accueillir quelques 6000 étudiants. Au-delà du projet de la faculté, 15 000m² seront consacrés au logement, répartis en 126 lits pour les étudiants, 65 logements sociaux et 90 appartements en accession libre à la propriété.  Environ 10 000 m² seront dédiés aux activités de bureaux et de services. Enfin, les commerces occuperont « seulement » 712 m², répondant ainsi favorablement à la demande des habitants qui ne voulaient pas voir se construire un nouveau centre commercial dans un quartier qui compte déjà de nombreuses boutiques d’une part, et qui va voir d’ici peu l’inauguration du pôle de loisirs et de commerces de la Confluence.
Que savons-nous de l’architecture ? D’après les exposés qui ont été fait et les images qui ont été publiées, le projet se veut écologique, grâce notamment à sa proximité avec les réseaux de transports en commun tel que les tramways, les bus, le métro et la gare ferroviaire. De plus, les constructions neuves du coté de Saint-Joseph seront recouvertes d’une « double peau », permettant ainsi une isolation énergétique optimisée. L’ancienne prison Saint-Paul, quant à elle, permettra à l’Université Catholique d’entrer dans le XXIe siècle. Les ailes seront recouvertes d’une résille en cuivre, pensée comme un lien visuel entre ancien et contemporain. Enfin, les toitures seront végétalisées.
Si nous nous félicitons de ce choix de reconversion, qui était de loin le plus acceptable du point de vue patrimonial, nous restons tous de même sur nos gardes au sujet du sous-terrain entre les deux anciennes prisons, qui abritent des œuvres de Didier Chamizo. En effet, pour l'instant, aucune disposition n'a clairement été établie au sujet de l'avenir de ces œuvres.

 

Prisons de Perrache : un avenir encore flou, mais qui se précise (extrait de notre journal n°133 - février 2010)

Dans le n° 132 de notre Journal, nous avions attiré l’attention de nos lecteurs sur les prisons de Perrache, menacées de destruction depuis le milieu du mois de février 2009. Devant la levée de boucliers rassemblant habitants et associations contre cette action, Monsieur Jacques Gérault, préfet de Région, était revenu sur cette décision, lançant à la mi-mars un appel à idées, valable pour une durée de six mois, en vue d’évaluer les possibilités d’une éventuelle réhabilitation des locaux.
Au 15 septembre, seize dossiers étaient remis, émanant (entre autres) d’architectes, d’habitants du quartier de Perrache, ou bien de l’Université catholique de Lyon. Parmi ces seize réponses, nous pouvons distinguer quatre « familles ».
La première envisage la conservation totale des anciennes prisons, l’adjonction de nouveaux bâtiments se faisant, par exemple, en surélévation. La deuxième propose la démolition de plusieurs bâtiments et une ouverture vers la place des Archives. La troisième table sur une conservation totale sans construction nouvelle. La dernière, enfin (deux projets), prône une destruction totale du bâti existant.
Ces dossiers auront eu le mérite de prouver qu’une reconversion est possible, dans un respect plus ou moins grand des bâtiments, mêlant pour la plupart une architecture contemporaine et épurée aux murs de pierre existants.
Face à ce résultat encourageant (et tenant compte du fait que deux des seize projets proposent une destruction totale), Monsieur Gérault a décidé qu’un cahier des charges serait rendu public à la fin du mois de janvier 2010 et qu’ensuite il lancerait un appel à projet.

Les offres seront à remettre en mai, et les projets définitifs en septembre. Si tout se déroule comme prévu, les travaux pourraient débuter dès le deuxième semestre de l’année 2011.
Peut-on pour autant considérer que les prisons sont définitivement sauvées ?
Le préfet s’est montré opposé à une protection des bâtiments, afin de ne pas effrayer les promoteurs immobiliers, qui pourraient être freinés par les complications dues à un éventuel classement. Il a aussi assuré que le cahier des charges serait un moyen de contrôle pour la préservation du bâti, puisque celui-ci imposerait certains éléments aux futurs architectes et promoteurs.
Mais quels seront ces éléments ? Si les anciennes prisons de Perrache sont en bonne voie d’être, pour le moins, partiellement conservées, le risque existe toujours de les voir amputées d’éléments architecturaux de qualité. Après tout, l’un des projets n’envisage-t-il pas de détruire la chapelle centrale, pourtant d’un intérêt architectural majeur, et de ne garder que les bâtiments qui gravitent autour ?
Souhaitons donc que les promoteurs immobiliers qui s’investiront dans le projet aient la fibre patrimoniale et qu’ils sachent reconnaître la valeur architecturale des édifices ayant abrité les anciennes prisons Saint-Joseph et Saint-Paul.

(Pour information, les seize dossiers présentés au 15 septembre sont consultable à cette adresse : www.rhone.equipement.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=301).

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