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Le projet actuel
Ce projet est global. Il porte tout à la fois sur la restructuration des lieux, pour adapter ceux-ci à leurs nouveaux usages, les mettre en sécurité et en sûreté et les rendre accessibles aux personnes à mobilité réduite ; sur la réhabilitation nécessaire de la construction, afin d’y introduire, en particulier, tous les éléments de confort actuels ; sur la restauration complète du monument historique, de ses décors et de son mobilier.
L’indépendance des deux établissements qui cohabitent dans le Palais sera totalement assurée, les Services du Département occupant tout le rez-de-chaussée et une partie des étages de l’ancienne prison, la Cour d’Appel disposant des étages supérieurs de celle-ci ainsi que de la totalité de l’ancien Palais. Ils seront clairement séparés au niveau du rez-de-chaussée par le chemin de ronde, qui sera reconstitué.

Des transformations notables
Outre la rénovation des décors et des façades, le visiteur de l’édifice pourra constater de nombreuses modifications :
  • la disparition des adjonctions inesthétiques, réalisées au fil des temps dans la cour nord-ouest de la prison et sous les voûtes centrales du Palais ;
  • la modification des toitures des ailes nord et sud du Palais, afin de permettre l’aménagement de leurs combles (sans impact sensible sur la perception des façades) ;
  • le déplacement des entrées permettant l’accès aux services de la Cour d’Appel, aux services du Département et au poste de Police Municipale,
  • la disparition des jardinets situés au pied de la façade principale, remplacés par une vaste esplanade d’accès au Palais.

L’amélioration de la sûreté
C’est un des objectifs importants du projet. À cet effet, de nouveaux locaux d’attente gardée (ex-petit dépôt) seront réalisés dans l’enceinte même du Palais, à l’est du chemin de ronde (entièrement rétabli), reliés aux salles d’audience pénale par des circuits sécurisés. Une fois les voûtes du rez-de-chaussée libérées, il sera enfin possible de faire entrer un fourgon cellulaire en provenance du quai, par le portail de la rue de la Bombarde, dans une enceinte réellement sécurisée à l’intérieur du Palais, les détenus n’étant transférés dans les locaux d’attente gardée qu’après la fermeture du portail. Le fourgon ressortira, en ligne droite, par l’autre portail, donnant sur la rue du Palais. Le trajet pour rejoindre le quai Romain Rolland s’en trouvera raccourci. Cette disposition nouvelle, tout comme la centralisation et la surveillance des entrées du public, côté quai, renforcera grandement la sûreté du Palais de Justice.

Des entrées enfin lisibles et rassemblées
- Côté quai Romain Rolland
Le problème qu’a toujours posé l’accès au Palais de Justice Historique de Lyon, depuis sa construction, est la trop grande importance donnée par l’architecture de la façade principale à la seule entrée du public se rendant aux audiences, reléguant au rang d’entrées de service, invisibles depuis le quai, les halls d’accès nord (ex-TGI, plus en service) et Sud (Cour d’Appel). Ces accès étaient pourtant tout aussi importants, sinon plus, en nombre de personnes, car dédiés aux magistrats, greffiers et autres personnels travaillant au Palais, aux avocats et avoués, aux fournisseurs et au public se rendant dans tous les services ou venant se renseigner.
Ainsi, aujourd’hui comme hier, sans le connaître, toute personne se rendant dans ce Palais de Justice monte le grand escalier d’honneur, bien visible du quai, entre librement dans la salle des pas perdus, trouve (ou non) une personne qui lui indique que ce n’est pas le bon chemin, ressort, redescend l’escalier, contourne le bâtiment par le sud et entre à nouveau par l’accès, rue de la Bombarde, où il est contrôlé par un vigile (ou un concierge) qui lui indique enfin le chemin à suivre.
L’entrée unique par l’escalier monumental de la façade principale est impossible par la nature même de la conception initiale du Palais, spécialisant l’entrée du public qui doit pouvoir assister librement aux audiences dans les salles dédiées du premier étage entourant la salle des pas perdus, sans pouvoir accéder aux autres parties du Palais.
Une nouvelle entrée des services de la Cour d’Appel et de la Cour d’Assises va donc être ouverte.
Elle sera placée à l’extrémité nord d’une grande galerie qui existe sous le péristyle, tout au long de la façade principale de l’édifice, à proximité immédiate de l’escalier monumental du quai Romain Rolland.
Cet espace est aujourd’hui recoupé par de nombreuses cloisons et principalement affecté au stockage des archives. C’est toutefois un très bel ouvrage, initialement prévu et réalisé pour être une galerie de liaison ou une bibliothèque. Doté de part et d’autre de pilastres réguliers en pierre, d’un plafond à caissons et d’un sol également en pierre de taille, il est très bien éclairé en lumière naturelle par des dalles de verre rondes, ancrées au sol de la galerie supérieure. À chaque extrémité, à quelques mètres de la rue latérale, existe une double porte vitrée, donnant sur l’extérieur. Au centre se trouvent les deux escaliers tournants qui montent jusqu’en haut du péristyle, tandis que des portes de liaison permettent un accès aisé aux deux grands escaliers d’honneur, nord et sud, à partir des deux bouts de cette galerie. Ces escaliers seront doublés par quatre ascenseurs, permettant de rendre la majeure partie du Palais de Justice accessible aux personnes à mobilité réduite à partir de cette nouvelle entrée située à rez-de-chaussée.
Cette grande galerie constituera un hall d’entrée à l’échelle du monument, bordé par tous les locaux destinés à l’accueil du public et à son information.
La porte d’entrée nord a été privilégiée car elle donne sur la rue du Palais de Justice, qui est piétonne et donc protégée de la circulation automobile, ce qui n’est pas le cas pour la porte Sud donnant sur la rue de la Bombarde, qui est très passante et où le trottoir est très réduit.


Une « place du Palais »
Actuellement, les grilles de fermeture des deux jardinets situés de part et d’autre de l’escalier d’honneur renforcent grandement le sentiment d’accès unique au Palais par le seul escalier monumental. Ces grilles, de bien moins belle facture que celles situées à l’arrière du bâtiment, ne protègent rien puisque le mur de soubassement plein, en pierre, situé à l’arrière, mesure 5 mètres de hauteur. Seules les deux portes désignées plus haut se trouvent à l’intérieur de cette clôture. Le projet est donc de supprimer ces grilles pour améliorer à la fois la lisibilité des entrées et la perception de la façade principale du Palais, en libérant le mur de soubassement du péristyle, aujourd’hui partiellement enterré. Ainsi pourra être enfin créée, devant le Palais, une place à la mesure de ce monument, incorporant les anciens jardins, le trottoir, les emplacements actuels de stationnement, et probablement même la voirie automobile du quai. Ce grand projet de « place du Palais » reste à étudier par la Ville et le Grand Lyon, dans le cadre de la requalification des quais de Saône. Sa réalisation permettra la mise en valeur du monument historique restauré.

- Côté rue Saint-Jean
Compte tenu de la configuration des lieux, de l’intérêt d’une centralisation des accès pour le contrôle des visiteurs et pour la lisibilité de l’entrée sur la rue Saint-Jean, il est proposé de rassembler tous les accès au centre de la façade du bâtiment donnant sur la rue Saint-Jean, c’est-à-dire sous le très beau porche situé devant l’ancienne chapelle.
Ce porche, couvert par trois coupoles, est fermé sur la rue par des grilles. À l’origine, il comportait deux portes d’entrée donnant sur les côtés nord et sud et un grand châssis fixe en métal et en verre, au centre, éclairant la partie ouest de la chapelle. Par la suite, deux autres portes ont été ouvertes en face, à gauche et à droite du grand châssis. Celles-ci seront rebouchées pour retrouver le dessin initial de la façade du monument historique, et le châssis central sera rendu ouvrant, tout en conservant son aspect. L’entrée future se fera en franchissant ce châssis, dans l’axe du bâtiment : c’est là que prendra place le service d’accueil susceptible d’orienter les visiteurs, soit vers l’aile sud du bâtiment (Comité Départemental du Tourisme), soit vers l’aile nord (Maison du Rhône). Après démolition des deux plots de bureaux construits dans la cour nord-ouest, toutes les arcades situées autour des cours intérieures, sur deux niveaux (rez-de-chaussée et entresol) seront refermées par des châssis vitrés afin qu’un couloir de distribution, fermé et chauffé, puisse être réalisé au rez-de-chaussée, menant à tous les escaliers et ascenseurs. Au centre, en face de l’accueil, toute la partie principale de l’ancienne chapelle située entre les deux cours, bien éclairée sur ses deux faces, nord et sud, servira de salle polyvalente d’exposition, d’animation et de réunion (145 m2) largement ouverte sur le quartier.
La porte d’accès au nouveau poste de police municipale se trouvera aussi sous ce porche, côté nord. En effet celui-ci sera symétrisé par rapport à son emplacement actuel afin d’assurer la continuité de son service durant toute la durée du chantier.

Déroulement des travaux
Devant les multiples contraintes (voir l’encadré), il est apparu nécessaire de prévoir un chantier scindé en deux phases principales seulement, de deux ans chacune.
Compte tenu de la configuration des lieux dont toute la logique de conception et de réalisation a été basée sur une séparation nord/sud (TGI/Cour d’Appel), il apparaît normal de réaliser en première phase la restauration de la moitié nord du monument et, en seconde phase, la moitié sud, la réhabilitation des parties centrales (salle des pas perdus, salle d’assises et chaufferie actuelle) étant prévue dans des périodes permettant de ne pas interrompre leur service.
En effet, il est nécessaire que la Cour d’Appel dispose durant toute la durée du chantier, d’un accès du public à partir du quai. Celui-ci se rendra vers les salles d’audiences en fonctionnement en empruntant la salle des pas perdus, disponible en tout ou partie.
La Salle d’Assises ne sera restaurée que lorsque l’ancienne Première Chambre du TGI aura été aménagée en salle pénale, desservie par un circuit sécurisé à partir des nouveaux locaux d’attente gardée, donc en seconde phase des travaux.
L’ancienne chaufferie ne sera détruite que lorsque la nouvelle fonctionnera et sera reliée aux radiateurs de l’ensemble des locaux, donc au milieu de la seconde phase des travaux, les décors des salles de prestige nécessitant un chauffage minimum durant tous les hivers.
Le déroulement des travaux sera donc le suivant :
  • Phase 1 : réhabilitation de la moitié nord, à l’exclusion des locaux de la Cour d’Assises, de la salle des pas perdus et de la chaufferie actuelle inférieure, mais y compris l’ancienne chapelle du rez-de-chaussée, puis transfert du personnel du sud vers le nord, y compris celui de la Cour d’Assises, qui réutilisera provisoirement la grande salle pénale.
  • Phase 2 : réhabilitation de la moitié sud, y compris les locaux de la Cour d’Assises et de la plus grande partie de la salle des pas perdus (cloisonnement d’un accès latéral menant aux salles d’audience nord), puis finitions de cette salle et des espaces extérieurs.
La moitié du Palais devant être libérée avant le début des travaux et les locaux dévolus au Ministère de la Justice étant totalement occupés, une partie importante du personnel devra être délocalisée pendant la durée complète du chantier.
Le Département du Rhône a, quant à lui, décidé de libérer les lieux dès le démarrage du chantier, mais ses services seront tous de retour dans les locaux rénovés à la fin de la troisième année.
Les installations de chantier (base de vie, aires de livraison, de stockage et de tri sélectif) seront réalisées devant le Palais, dans une enceinte close, des deux côtés de l’escalier principal, à la place des jardinets existants. Afin que ces deux parties puissent communiquer entre elles sans couper le cheminement du public se rendant aux salles d’audience, un escalier provisoire public sera construit en avant de l’escalier monumental, relié à l’entrée de la salle des pas perdus par une passerelle surélevée située dans l’axe de la façade.
Le démarrage des travaux est envisagé au premier semestre 2008, l’appel d’offres auprès des entreprises étant actuellement en cours.

Denis Eyraud,
Architecte DPLG, ancien président de la RVL


Un chantier aux multiples contraintes

  • Une durée de quatre ans maximum
  • Un monument historique classé, nécessitant un grand soin dans la réalisation des travaux
  • Un établissement en partie occupé par la cour d’Appel pendant toute la durée du chantier, impliquant de fortes contraintes de sécurité et de sûreté ainsi qu’une limitation des nuisances engendrées par le travaux
  • Un site urbain très contraignant : rues étroites et très fréquentées du Vieux Lyon, rendant l’accès au chantier complexe et nécessitant de limiter les nuisances vis-à-vis du voisinage

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