Journal RVL n° 117 - juin 2004


Sommaire


❏ L’édito p. 1
L'édito de Yves Neyrolles, président  :
La terre n'est à personne

  • Edito d’Yves Neyrolles, Président : « La Terre n’est à personne »
  • 10 rue Lainerie : résurrection d’un chef-d’œuvre (escalier en vis à noyau décentré)
  • Vous avez dit marionnettes ? (Théâtre de Guignol)
  • Fête des lumières : La cour du Chamarier illuminée
  • Le musée Gadagne s’entr’ouvre
  • Parc Saint-Georges, on creuse et on découvre… (fouilles archéologiques)
  • Réhabilitation terminée et problèmes en cours (7 rue Saint-Jean, 7 rue des Trois-Maries, 56 rue Saint-Georges)
  • La Lyonnaise de banque (façade rue de la République)
  • Façade et devantures (3 rue Saint-Jean)
  • Vie de quartier : La charte d’occupation de l’espace public
  • Dossier : Rideau sur le Grand Bazar (historique)
  • Les grilles du Palais et les touristes (Comité Départemental du Tourisme)

Édito


La terre n'est à personne

Que nous soyons propriétaires ou locataires d'un appartement dans le Vieux-Lyon, promeneurs venus de l'autre rive, visiteurs accourus de loin, nous devons nous dire que nous ne sommes que des passants qui occupent - provisoirement - un petit bout de monde où bien d'autres, avant nous, ont vécu, petit bout destiné à un plus grand nombre encore d'habitants et de passants qui nous succèderont. La bâtisse ancienne où nous logeons nous a été remise par les circonstances, remise c'est-à-dire mise sous notre responsabilité. Il nous faut l'entretenir, la restaurer peut-être, respectant une histoire bien plus ancienne que la nôtre. Nous la remettrons - telle un trésor - à ceux qui viendront après nous. "La Terre n'est à personne", c'est ainsi que mon ami Roger Dextre a intitulé un de ses recueils de poèmes.

Cette manière d'envisager les choses me semble manifester une véritable culture du patrimoine, relever d'une conception vivante de la mémoire.

Comme toute culture, cela suppose - et ce n'est pas un jeu de mot de Monsieur de La Palisse - qu'on la cultive.

Simples passants, nous recueillons un héritage qui nous dépassera toujours, même si nous y ajoutons notre pierre particulière, enrichissant d'ailleurs, à notre façon, l'héritage.

Le Vieux-Lyon offre, dans la lecture attentive qu'on peut faire de sa construction au fil des siècles, une grande leçon d'habileté, d'ingéniosité et de savoir-vivre, mais aussi de bonheur pour celui qui mesure ainsi l'héritage qu'il porte et qu'il doit avoir à cœur de laisser, après lui, riche de toutes les singularités qu'il a su lui-même découvrir et apprécier.

La Renaissance du Vieux-Lyon se fiait un devoir d'entretenir - au besoin, de rappeler - tout ce qui peut permettre le bon usage d'un tel trésor. Elle se réjouit d'avoir contribué à la magnifique restauration de l'immeuble du 10 rue Lainerie (et de son remarquable escalier), de pouvoir suivre le chantier qui fera peut-être de Ia Maison du Chamarier Ia plus belle " maison à visiter " du Vieux-Lyon, comme d'avoir su encourager les bonnes volontés grâce auxquelles la cour et l'escalier du 33 rue Saint-Jean retrouveront bientôt leur splendeur originelle. 

À l'opposé, elle se permet de montrer du doigt (où, à Ia manière du lion qu'elle s'est donné pour emblème, de tirer Ia langue contre elles) les insuffisances, les erreurs et les contresens, autant de blessures infligées à un cœur qui pourtant fait battre la ville.


Yves Neyrolles

Président de la Renaissance du Vieux-Lyon