Journal RVL n° 097 - juin 1997


Édito


Protestation

La Ville de Lyon présente la candidature du Site Historique de Lyon au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Nous nous en réjouissons.

Mais quand les touristes français ou étrangers viendront visiter ce site et, en particulier, son fleuron qu'est le Vieux Lyon, que verront-ils ? Des TAGS, des tags partout ! Nos façades, celles de nos rues et de nos montées, sont recouvertes de ces graffitis aussi laids qu'imbéciles, sans que personne ne semble s'en préoccuper sérieusement.

Quand on songe au coût de la réfection récente de ces façades et aux combats qui ont été menés, en particulier par notre association, pour la réhabilitation de ces immeubles magnifiques, quand on considère tout l'intérêt à les conserver propres, à la fois pour le cadre de vie des habitants et pour l'attrait touristique du quartier, on ne peut qu'être révolté par le laisser-aller actuel et par l'indifférence des pouvoirs publics devant ces dégradations calamiteuses.

Lorsque la question du nettoyage de ces tags fut naturellement posée au cours du CICA du 4 Mars dernier consacré au cadre de vie, la réponse de la Municipalité fut qu'il appartient à chaque propriétaire privé de faire nettoyer les graffitis apposés sur sa façade, éventuellement en passant une convention avec la Ville et en payant pour ce service.

Nous ne pouvons que protester contre cette position qui prend le parti de laisser perdurer et s'amplifier ce phénomène.

Il appartient bien en effet aux pouvoirs publics d'empêcher la détérioration grave et systématique des biens privés et du cadre de vie des Lyonnais, en interpellant les personnes qui se rendent coupables de ces exactions et en les condamnant à les réparer (en particulier par des Travaux d'Intérêt Général consistant à nettoyer les tags). 

Il appartient également aux pouvoirs publics de réparer, aux frais de la collectivité, les dégradations qu'ils n'ont su empêcher (avec l'accord des propriétaires bien entendu). 

Il y a un an, pour le G7, tous les tags du Vieux Lyon (et du reste de la ville) avaient été effacés ou recouverts par les services municipaux. Il est plus qu 'urgent de reproduire cette opération et de veiller par la suite à nettoyer ces signes dès leur apparition, car' 'il est maintenant avéré que les tags appellent les tags et que la seule méthode efficace pour lasser les quelques "signeurs" que l'on ne peut ou ne veut attraper, est d'effacer immédiatement leur production qui, quoiqu'en ait pensé un jour un ministre, n'a rien à voir avec l'art, mais constitue bien au contraire une atteinte intolérable au patrimoine artistique de notre quartier, à la sauvegarde et à la mise en valeur duquel la Renaissance du Vieux Lyon s'est consacrée depuis cinquante ans.


Denis Eyraud

Président de la Renaissance du Vieux-Lyon