Bulletin RVL n° 022 - avril et mai 1976


Édito : 


À propos de concertation en urbanisme, ou l'apprentissage de la persévérance dans le Vieux-Lyon

1950-1960 - On redécouvre que LYON possède un quartier Renaissance de grande homogénéité où vivent 15 000 personnes.

1963 - Un plan de sauvegarde est décidé pour le Vieux Lyon, après la création du premier "Secteur Sauvegardé" de France.

1966 - Une procédure de protection spéciale, la ZAD (zone d'aménagement différé), permet de lutter contre la spéculation immobilière en donnant à la Municipalité le droit d’acquérir les immeubles ou appartements mis en vente.

1967 - La loi prévoit la mise au point d’un plan d'occupation des sols, charte du développement et de l’organisation des villes, dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants. Cette même loi parle d'élaboration conjointe et de concertation.

1967 - Le Conseil Général décide d'abattre quelques immeubles du Vieux-Lyon pour construire une annexe au Palais de Justice.

1970-1972 - Les liaisons automobiles et piétonnes sont encore bonnes avec le cœur de la ville. Sous le prétexte de la liaison fluviale à grand gabarit (au-delà de 1980), on isole et on défigure le quartier en supprimant deux ponts et en les remplaçant par le pont Maréchal Juin, chef d’œuvre de suffisance technicienne et d’inutilité.
1970-1975 - Après que l'enquête d’utilité publique ait été cassée et refaite, les immeubles destinés à l’extension du Palais de Justice sont vidés et démolis. Mais personne ne sait ce qui se passera sur l’emplacement rendu disponible. 
1975 - La Municipalité, répondant à d’incessantes demandes, accepte qu'un immeuble soit transformé en crèche, en plein cœur du quartier. La Préfecture, par deux fois, refuse les autorisations nécessaires. 
1975 - Un promoteur privé rachète des immeubles. La collectivité publique, qui a les moyens de le faire grâce à la ZAD, n’intervient pas. 
1975 - Le POS (Plan d'Occupation des Sols) est exposé cinq jours à la Mairie du 9ème Arrondissement, à 4 km du Vieux Lyon. Les habitants sont à peine prévenus. 
1976 — Le Palais de Justice est ravalé les Associations demandent à nouveau la suppres— sion des grilles inutiles et enfermant les jardins. Les Administrations concernées refu— sent au nom de la sécurité du Palais, ce qui reste à démontrer. 
1976 - La passerelle du Palais de Justice est inscrite au budget de la Communauté Urbaine discrètement Peut-être en 1977 ? 
1976 - Les boîtes de nuit se multiplient à nouveau dans le quartier, en particulier sous forme de Clubs privés, ou "l'art de fabriquer des façades aveugles". 
1976 - Le POS va être soumis (quand ? ) à l'Enquête Publique auprès des habitants. 
Mais, quel intérêt pour ces habitants puisque I t essentiel du quartier est protégé par le Plan de Sauvegarde ? Celui-ci est le garant de la cohérence des opérations à engager, de la vocation du quartier, du maintien des habitants existants, de la survie des activités, de la création des équipements. C'est bien, en effet, le seul document indispensable à la vie du quartier ! 
  • Et c'est sûrement pour cette raison que les techniciens le travaillent si longuement, si clandestinement, pour que la surprise soit encore plus grande, pour que le cadeau soit encore plus beau. Car, 13 ans après, ce Plan de Sauvegarde n'existe toujours pas. 
  • Et c'est bien pour cela que les Associations du quartier redoubleront de vigilance et de persévérance. Car la joie de donner serait bien amère… si demain il n t y avait plus d t habitants…

Francisque Loisy
Président de la Renaissance du Vieux-Lyon