Bulletin RVL n° 019 - année 1975


Sommaires, année 1975

Les éditos de Francisque Loisy, Président

Bulletin de liaison RVL n° 19-01, janvier 1975

  • Rapport des activités (visites et journées d’études)
  • Rapport des commissions (commission chargée des relations avec les établissements scolaires et universitaires)

  • Bulletin de liaison RVL n° 19-02, février 1975
  • Les mal lotis de la copropriété (problèmes des vieux immeubles)
  • Bitume et espaces verts dans le Vieux-Lyon

Bulletin de liaison RVL n° 19-03, mars 1975
  • Les habitants des quartiers anciens (le tissu social des quartiers anciens)
  • Nouvelles publications (« Album du lyonnais »)
Bulletin de liaison RVL n° 19-06, juin 1975

  • Nos activités (voyage à Besançon)
  • Les problèmes d’urbanisme dans les centres historiques
  • Nouvelles publications (« Villefranche-en-Beaujolais : Les Secrets de ses Vieilles Maisons »)

Bulletin de liaison RVL n° 19-10, octobre 1975

  • Nos activités (congrès de Civitas Nostra, réorganisation de la circulation, visite d’architectes étrangers, activités de recherche, image du Vieux-Lyon,)
  • Démocratiser l’urbanisme dans les centres villes

Bulletin de liaison RVL n° 19-11, novembre 1975

  • Les méfaits de la centralisation dans les quartiers anciens (restaurations)
  • Prix à la restauration privée (devis)
  • Vieux-Lyon sur FR3 (émission « Tribune Libre » animée par la RVL)


Bulletin de liaison RVL n° 19-01, janvier 1975

  • La séance du 10 Décembre, au Temple du Change, a obtenu un grand succès qui nous encourage à recommencer. Le bénéfice de cette séance a été remis à M. DIPOYET, Président de I 'Association d'Aide aux Personnes Agées du 5è arrondissement.
  • Le 15 Mars nous organisons, comme chaque année, une "JOURNEE d 'ETUDES 'I dont le thème sera, entre autres : "Quelques aspects d’évolution économique et sociale de LYON entre 1944 et 1974", par Michel LAFERRERE, Professeur à la Faculté de Lyon, avec projections.

Le repas (13 h) et la Journée d'Etudes se tiendront à l'Externat Ste Marie. Conférences, de 14 h 30 à 17 h 30. "Salle des Carmes Déchaussés - 17. Montée des Carmes Déchaussés .

Une visite dans le quartier (non encore déterminée) sera prévue de I l h à 1 2 h 30, comme chaque fois.

Le prochain Bulletin de Février vous donnera toutes précisions ainsi que la feuille d'inscription.

  • En Mars ou Avril nous vous proposerons vraisemblablement un voyage d’une journée à BESANCON, Ville d'Art et d'Histoire, mais peut-être aussi préfiguration de la "Ville de Demain" par son quartier voué aux piétons et ses transports en commun à prix très réduit.
  • L'Association des Commerçants du Vieux-Lyon pense organiser une manifestation commerciale d'une semaine en Avril. Nous pourrons nous y associer en organisant, cette même semaine, deux ou trois séances d'animation folklorique ou théâtrale.
  • En Mai, nous pourrons organiser la suite de la visite des Châteaux de Bourgogne - Bresse, commencée en 1973.


Francisque Loisy, Président RVL


Bulletin de liaison RVL n° 19-02, février 1975

Nos efforts ont porté sur l 'organisation de la JOURNEE d 'ETUDES, dont la date a été avancée au 8 Mars. Nous pensons qu'elle sera intéressante et vous invitons à y participer en grand nombre. Vous trouverez ci-joint un Bulletin d'Inscription que vous voudrez bien remplir et nous retourner.

La COPROPRIETE et les ESPACES VERTS alimentent aujourd’hui les conversations dans nos vieux quartiers ; nous vous livrons quelques-unes de nos réflexions sur ces sujets .

LES MAL LOTIS DE LA COPROPRIÉTÉ

Les familles qui achètent un appartement dans un vieil immeuble non restauré ne se doutent pas qu'elles s'interdisent presque complètement l’espoir de voir cet immeuble se restaurer un jour.

En effet, bien que l'ayant payé fort cher, elles s'empresseront - et c'est tout naturel de consacrer leurs derniers sous à le réparer et à I’équiper intérieurement, chacun à sa guise et sans plan d’ensemble.

Nous avons vu, par exemple, un copropriétaire voulant jouir sans délai du confort que l'on dit moderne, et 1' immeuble ne disposant pas des équipements collectifs indispensables, faire installer dans sa cuisine, face à l’évier et à la cuisinière, une baignoire et une cuvette de W. C. avec épuration chimique, le tout s'évacuant par un tuyau de descente qui gelait en hiver.

Si, plus tard, quelqu'un voulait restaurer l’irnmeuble, il lui faudrait détruire ces installations couteuses pour les remplacer par d'autres plus coûteuses encore, et cela sans subvention d’aucune sorte.

Et que dire des nombreux copropriétaires qui n'ont à leur disposition qu'un W. C. commun pour deux ou trois logements, sans aucun espoir d'amélioration

On a laissé se créer dans les vieux quartiers de LYON et des grandes villes la catégorie, de plus en plus nombreuse, des "mal lotis de la Copropriété"

Il y a cinquante ans, dans des circonstances tout à fait comparables, le législateur n’a interdit les lotissements défectueux qu'après le pourrissement de nos banlieues.

Faut-il 'attendre le pourrissement complet de nos quartiers historiques pour interdire la mise en copropriété d'immeubles mal entretenus et dépourvus des équipements collectifs indispensables pour que chacun puisse installer un chauffage correct, une salle d'eau et un W. C. privatif ?

Les atermoiements du législateur laissent le champ libre aux spéculateurs qui arrivent à dégager des bénéfices bruts pouvant atteindre plus de 150 % en débitant de vieux immeubles.

Nous demandons en vain depuis quinze ans une réglementation sur les ventes en Copropriété faudra-t-il attendre encore longtemps ?

BITUME ET ESPACES VERTS DANS LE VIEUX LYON

Le secteur sauvegardé couvre 24 hectares. 14 hectares sont bâtis. Sur les 10 ha libres, 1,4 représente les cours intérieures, 4,2 représentent des espaces verts non publics, 4,4 ha représentent l’espace public, dont 3,60 sont entièrement livrés à l'automobile.

Un habitant du Vieux Lyon ne possède que 0,25 m2 de square public, mais 3,5 m2 de bitume. Il n'a la jouissance d'aucun espace vert, mais peut revendiquer plus de 1 rn de trottoir. Il y a dans le Vieux Lyon 186 arbres seulement, mais en moyenne plus de 400 voitures garées en stationnement interdit.

On pourrait réaménager à peu de frais 15 000 m2 de places et d'espaces publics que l’on rendrait aux enfants, aux personnes âgées et aux habitants, ouvrir au public 12 000 m2 d’espaces verts actuellement clos ou utilisés comme parcs de stationnement, créer enfin un cheminement de 1, 4 km le long de la Saône en aménageant le parking et en…./….


Francisque Loisy, Président RVL


Bulletin de liaison RVL n° 19-03, mars 1975

Éditorial

ACTIVITÉS

Notre commission des Relations Universitaires s’est réunie la Salle du Palais St. Jean, mise à notre disposition par M. HOURS.
Les Universitaires, les Architectes et les spécialistes réunis sont tombés d'accord pour que soit établi un programme de recherches sur l'habitat à travers les siècles. Une ébauche de ce programme a déjà été préparée. Tous ont souhaité que les résultats de ces travaux fassent l'objet d’une publication.
La RENAISSANCE du VIEUX LYON a obtenu de la Caisse des Monuments Historiques une subvention de 7000 F pour mettre en place un système de guidage des visiteurs isolés du VIEUX LYON. Notre Commission Inventaire prépare les documents écrits à afficher dans les immeubles à visiter,
Notre Journée d 'Etude a obtenu un bon succès d'affluence. Outre les Conférenciers prévus Mrs. LAFERRERE et RAYNAUD, et la visite du Musée de Gadagne, sous la conduite de Mlle RAY, nous avons bénéficié d'un exposé non prévu, très clair et très circonstancié, de M. DELFANTE, Urbaniste en Chef de la COURLY, sur l'opération "PART-DIEU". Que tous ceux qui ont animé cette Journée soit ici remerciés.
Nous avons préparé une visite de BESANCON pour le 27 Avril, pour laquelle vous trouverez tous les détails dans la feuille saumon jointe.
M. RAYNAUD, Directeur des Fouilles Archéologiques, a offert de faire visiter les fouilles de St JEAN à des groupes de dix personnes au maximum. Vous pouvez vous faire inscrire à notre permanence.

LES HABITANTS DES QUARTIERS ANCIENS

Acteurs de la restauration urbaine, les habitants des quartiers anciens ? Il convient de regarder la chose de plus près.
La pièce qu'on joue depuis quelques ' années au bénéfice des centres historiques français fait l i objet d'une mise en scène attentive. Le décor est particulièrement soigné. Mais les acteurs ne résident pas entre cour et jardin ils restent dans les coulisses. Quant aux habitants, ils ne sont le plus souvent que les spectateurs encombrants d'une comédie dramatique dont le titre pourrait être « Comment s'en débarrasser… ? »
Dans les plans, les habitants sont le plus souvent considérés comme des épiphénomènes. Les projets les évacuent, les transplantent, les déménagent, les expulsent, les remplacent au gré des exigences de la pierre… ou de la finance. Pourtant, les habitants devraient être considérés corme les véritables pierres angulaires des quartiers à restaurer : c'est grâce à eux que ces quartiers sont des organismes multiformes complexes, variés, animés, vivants en un mot. Faites-les disparaitret vous aurez devant vous une carcasse qu’i1 vous sera loisible d’ embaumer ou d'empailler, mais que vous ne pourrez plus animer que de 1 extérieur.
C'est dans le quartier ancien (et ancienneté peut avoir seulement quelques dizaines d’années) que la chaleur humaine s'épanouit le plus volontiers, que des relations véritables s'établissent entre les hommes, que l'entraide se réalise le plus naturellement, que la coexistence des riches et des pauvres, des vieux et des jeunes, des autochtones et des immigrés (même de l'intérieur), s’effectue sans heurts trop violents. C’est dans le quartier ancien que le tissu social garde une consistance semblable à celle qu’il a encore dans le village ou la petite ville..../....

Francisque Loisy, Président RVL


Bulletin de liaison RVL n° 19-06, juin 1975

Éditorial

NOS ACTIVITÉS

  • Notre voyage à BESANCON a fait l’objet de I 'exposé annexé au présent Bulletin.
  • Nous avons été consternés en constatant que le projet de plan d'occupation des sols du cinquième arrondissement donnait au VIEUX LYON une vocation "ludique", c’est à dire de "jeux". Nous avons réagi vigoureusement auprès de la Muni cipalité, des Associations et de la Population. Nous nous sommes demandés en vain quel diabolique faiseur de plans voulait ravaler notre quartier, voué depuis toujours à l'habitat, à l'artisanat et au commerce, au rang de "Pigalle Lyonnais". Nous le saurons peut-être bientôt. Affaire à suivre. 
  • Nos diverses Commissions ont fonctionné assez inconfortablement, faute de locaux. Le nouveau local annexe est en cours d’aménagement et, dès la rentrée, nous fixerons des jours réguliers pour les réunions mensuelles de chacune des Commissions.
  • Le Congrès de "CIVITAS NOSTRA" aura lieu à FRIBOURG (Suisse) les 28, 29 et 30 Juin, sur le thème : "Démocratiser l’Urbanisme des Centres-Villes" Renseignements à la RENAISSANCE du VIEUX-LYON.

LES PROBLÈMES D'URBANISME DANS LES CENTRES HISTORIQUES

  • Tel fut le thème proposé par la ville de LINCOLN au Congrès qu’elle organisait du 7 au 10 Avril.
  • LINCOLN, ravissante cité du nord de l'Angleterre, apportait ainsi sa participation à l’année européenne du PATRIMOINE ARCHITECTURAL. L'effort financier d'une si petite ville (70 000 habitants) est important à souligner. Il nous fait souvenir, avec amertume, que LYON a prétexté un manque de crédits pour refuser toute participation à 1'exposition sur les "Quartiers Anciens" qui s'est tenue à PARIS, à la Conciergerie...
  • Fondée par les Romains en 47 avant Jésus-Christ, au sommet et sur les pentes d’une colline longeant les bords de la rivière Withan, LINCOLN — contrairement au LYON romain — fut toujours habitée. Ce qui lui permit de conserver jusqu'à nos jours des nécropoles, des colonnades et des remparts romains, un château médiéval encore entouré de ses fortifications, une somptueuse cathédrale gothique fondée par St Hugues de Chartreuse et possédant encore ses maisons canoniales d'époque, de nombreuses maisons romanes à colombages et, enfin, des cimetières anciens cachés dans la verdure. Une visite des chantiers de fouilles et de divers monuments nous a permis de constater la richesse archéologique et l’éventail des époques représentées.
  • Propre et parfaitement entretenue, mêlant harmonieusement les édifices contemporains en brique et glace aux immeubles des XVI è et XVIII è siècles, LINCOLN devrai t nous servir d'exemple, car elle a su conserver un cadre de vie à l’échelle humaine…./….

Francisque Loisy, Président RVL


Bulletin de liaison RVL n° 19-10, octobre 1975

Éditorial

NOS ACTIVITÉS

Nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances et que vous êtes prêts à participer aussi activement que par le passé à la vie de la "RENAISSANCE du VIEUX-LYON"
Depuis la diffusion de notre dernier Bulletin, nous avons participé au Congrès de "CIVITAS NOSTRA" les 28, 29 et 30 Juin à Fribourg (Suisse), sur le thème "DEMOCRATISER l'URBANISME des CENTRES-VILLES". Nous en parlons plus loin.
Michel RIVOIRE a établi un projet de REORGANISATION de La CIRCULATION dans VIEUX-LYON, avec création de rues piétonnes et d'espaces verts. Ce projet a été accepté par l'ensemble des Associations du Vieux Lyon et il chemine actuellement dans les services techniques de la Ville et de la COURLY.
Michel NICOLAS et Francisque LOIZY ont guidé dans le VIEUX-LYON soixante étudiants architectes Algériens, Tunisiens et Marocains, accompagnés par un Urbaniste en Chef français. Ce dernier les a remerciés par une lettre où il a indiqué que, séduits par cette visite, plusieurs de ces étudiants, devant accomplir un travail personnel, ont choisi un thème sur la "Sauvegarde des Secteurs Anciens".
Avec le concours d’Entrepreneurs amis, F. LO IZY et M. NICOLAS font achever l'aménagement de notre local annexe, sur cour, que vous pourrez visiter le jour de notre Assemblée Générale.
Nous allons reprendre nos Activités de RECHERCHES, en collaboration avec les Professeurs, les étudiants en Histoire de l’Art et les architectes, sous l’aimab1e houlette de l’inlassable Mme A.M. LAVIROTTE.
Nous ne vous parlerons pas aujourd'hui de nos projets, ils sont nombreux et ils vous seront soumis en détail au cours de notre prochaine Assemblée Générale.
Nous croyons utile d’évoquer un sujet extrêmement préoccupant qui concerne I’image du VIEUX-LYON, perçue par le public : "LE VIEUX-LYON, PIGALLE LYONNAIS".
L’affaire des "Ecuries du Roy", qui a tant contribué à la mauvaise réputation du Vieux-Lyon, est à peine oubliée que "PARIS-MATCH" présente, dans son numéro du 20 Septembre 1975, le triple crime du Bar de la Trinité comme faisant partie de notre folklore quotidien. On y voit la photo de quatre agents et d'un chien policier qui patrouillent de nuit dans la rue St Jean déserte, devant le Café du Vieux-Lyon (qui, soit dit en passant, n'a rien à voir avec des bars à truands). Il s'agit tout bêtement d’une mise en scène destinée à émoustiller les lecteurs amateurs de sensations fortes.
Malheureusement, le résultat le plus durable sera de jeter un peu plus de discrédit sur notre quartier.
Nous avons proposé à "PARIS-MATCH" d’envoyer derechef à Lyon son rédacteur et son photographe pour leur faire découvrir un Vieux-Lyon très différent de celui qu'ils ont imaginé un village dans la ville, où les gens se connaissent et se rencontrent au coin des rues, dans les bistrots, dans les boutiques et les ateliers d'artisans (signalons que, de son côté, l’ASSOCIATION des COMMERCANTS du VIEUX-LYON a adressé une mise au point vigoureuse à 'PARIS-MATCH").
Les quelques night-clubs, aux enseignes prétentieuses et aux devantures obscures, attirent une clientèle en quête de frissons qui s'est accrue lorsque la presse a fait un sort au crime de la Trinité.
Si des crimes sont commis dans d’autres quartiers, la presse n'attache pas importance particulière à l’environnement ; dans le Vieux Lyon, elle en rajoute. C’est qu’un roman policier, qui se déroule dans nos rues étroites et sinueuses, dans nos sombres cours ou dans nos merveilleuses traboules, est plus fascinant que celui qui a pour cadre un quartier aux interminables rues rectilignes et aux maisons si banales et si laides qu’elles donnent la nausée.
Nous avons à nous défendre, non seulement contre les chantres de ce type d’actualité, mais aussi contre certains Urbanistes, gentils utopistes, qui - persuadés qu’une…./….

Francisque Loisy, Président RVL


Bulletin de liaison RVL n° 19-11, novembre 1975

Éditorial

LES MÉFAITS DE LA CENTRALISATION DANS LES QUARTIERS ANCIENS

Dans son ouvrage "L’ANCIEN REGIME et la RÉVOLUTTOIN", TOCQUEVILLE rapporte que, sous Louis XVI, les édiles d’une quelconque bourgade sollicitèrent de I’Intendant Royal l’autorisation de réparer le clocher de leur église dont la couverture était détériorée. L’Intendant en référa au Conseil du Roi, lequel accorda l'autorisation trois ans après ! Trop tard, car la charpente étant pourrie, le clocher s'était effondré.
Cette apologie me paraît on ne peut plus actuel. Après comme avant la Révolution, nous vivons sous un régime paternaliste et centralisateur qui exerce son autorité de façon souvent insupportable sur les affaires locales.
Dans sa récente émission de télévision, sur FR 3, la RENAISSANCE du VIEUX-LYON a, pour ce qui la concerne, tenté de mettre en évidence les méfaits de cette centralisation et de l’uniformisation qui en découle. Mais, étant donné la faible audience de l’émission TRIBUNE LIBRE" (qui passe d'ailleurs a une heure - 19 h 40 - où les téléspectateurs ont plus besoin de détente que de réflexion) nous avons voulu lui donner un caractère amusant.
Nous essaierons d’exposer le problème plus sérieusement ici.
La Restauration des quartiers anciens est réglementée par la loi du 4 Août 1962 qui permet à l’Administration d'interdire les travaux de nature à compromettre la réalisation du "Plan de Sauvegarde" qu'elle a établi.
Elle lui permet aussi, à l’intérieur de périmètres dits "Opérationnels" d’obliger les propriétaires à restaurer leurs immeubles, dans un délai donné. Faute de le faire, ils sont expropriés au bénéfice d'un organisme semi-public créé à cet effet.
Dans le VIEUX-LYON, il y a 11 hectares d’immeubles Renaissance (à l’intérieur du Secteur Sauvegardé qui en fait 24), alors que le périmètre opérationnel, créé en 1964, ne couvre qu’un hectare. Il faudrait donc plus de 100 ans pour terminer la restauration par ce moyen !
Que deviendront, en attendant, les immeubles "non opérationnels" ?
Apparemment de multiples robinets de financement leur sont ouverts :
  • Les primes d’aménagement, convertibles en bonifications d’intérêts
  • Les subventions de l’Agence Nationale d’Amélioration de l'Habitat (A.N.A.H.)
  • La participation des employeurs à I’effort de construction (le % des Employeurs)
  • L'acquisition par un organisme d’HLM.
  • Une subvention du Ministère des Affaires Culturelles.
Mais, chacun de ces robinets ne s'ouvre que selon des règles qui lui sont propres.
Les organismes responsables s’ingénient d'ailleurs à perfectionner ces règles jusqu'au compte-gouttes".
Si nous voulions entrer dans les détails, il nous faudrait écrire un gros volume, que vous ne liriez pas. En simplifiant à l’extrême, disons seulement que le propriétaire d' un immeuble locatif dans le VIEUX-LYON ne peut raisonnablement prétendre qu'à une subvention de l’AGENCE NATIONALE d'AMELIORATION de l'HABITAT et, s'il s'y prend bien, à une subvention complémentaire du MINISTERE des AFFAIRES CULTURELLES. Le total de ces deux subventions atteindra environ 15 à 25 % du coût d’une restauration complète.
Dans l’abstrait, ces pourcentages paraissent intéressants. Ils le sont en effet pour les propriétaires de maisons de 3 ou 4 logements qui auront à apporter ou à emprunter 100, 150 ou, au plus, 200 000 francs.
Mais, dans le VIEUX-LYON, les maisons ont 8, 10, quelquefois jusqu'à 20 logements. Les propriétaires devront alors trouver 500 000, 800 000 ou 1 000 000 de francs. C’est hors de question pour la quasi-totalité d'entre eux.
On voit ainsi qu’une aide, qui constitue un encouragement valable dans le cas d' immeubles petits et moyens, devient absolument inopérante dans le cas de nos grandes maisons.
En France, le patrimoine à restaurer est d'une diversité incroyable ; par contre, les moyens financiers mis en place par l’Administration Centrale sont d’une inflexible rigidité.
Aucune adaptation aux cas particuliers n'est possible. Si les immeubles, leurs propriétaires et leurs occupants ne sont pas conformes aux hypothèses sur lesquelles est basée la réglementation, la restauration ne se fait pas.
Le pouvoir central a bien essayé de se faire une opinion sur le bien-fondé de sa politique. Mais, selon qu'il a interrogé des spécialistes de telle ou telle région, il a obtenu des jugements favorables ou défavorables, Les premiers l’ont conforté dans sa bonne conscience, il a mis les seconds sur le compte de la grogne et de l’incompréhension et les a négligés.
Il a ainsi refusé d’admettre la diversité des régions et, par conséquent, des problèmes.
Les vieilles maisons, fautives de n'être pas conformes aux canons fixés par I’Administration, sont menacées de périr.
Dans un prochain article, nous indiquerons ce qui, à notre avis, pourrait être fait pour empêcher cette dégradation, compte tenu des possibilités financières actueIles…../….

Francisque Loisy, Président RVL