Bulletin RVL n° 011 - mars 1969


Sommaire


❏ L’édito p. 2
L'édito de Paul Gérardin , Président :
Assemblée genérale du 13 novembre 1968

  • Aspects sociaux et humains de la restauration de Lyon-St Jean
  • Que désirent les habitants du Vieux-Lyon ? (résultat d’enquête)
  • Le Vieux-Lyon, étude et conseils simples sur la restauration
  • Enquête sur le commerce (résultats)
  • Vie des 3 quartiers

Édito


Assemblée genérale du 13 novembre 1968

Votre Conseil va soumettre tout à l'heure à vos débats et à votre appréciation l'orientation et la gestion de votre Association.

Ou‘il me soit permis de vous dire les grandes lignes de l'action dont vous nous avez donné malldat et les motifs qui l'ont inspirée, avant que chaque commission vous en développe le détail.

Nous avons été soucieux de trois objectifs principaux, qui paraissent d'ailleurs être les raisons d'exister de la « Renaissance du Vieux-Lyon ». C'est-à-dire : Restauration, Animation des vieux quartiers, Vie de l'Association.

La mise en valeur de ces trois quartiers est l'île immense entreprise qui nécessite des moyens considérables (dont la plupart reste à trouver) et qui ne sont pas le fait de la seule bonne volonté.

Il nous est donc apparu indispensable d'établir, avec les pouvoirs publics, un climat de confiance auquel le Département et la Ville de Lyon ont souscrit sans restriction ; il s'agit là d'éléments plus que favorables pour la poursuite de nos buts : incitation à la restauration, prise en charge par les pouvoirs publics et mise au point d'un système de financement pour la restauration privée et de son encouragement.
Une récente réunion entre les membres de votre Conseil, intéressés par ces problèmes, et d'éminentes personnalités officielles, autorise de grands espoirs pour la création d'une commission spécialisée au sein de votre Association, dotée de moyens appréciables. Et nous soulignons ici l'intérêt et la volonté d'aboutir que notre projet a suscité, ce dont nous remercions tout particulièrement.
M. le Préfet de Région ;
M. le Président du Conseil général ;
M. le Maire de Lyon ;
M. le Conservateur des Bâtiments de France,
ainsi que toutes les associations et tous les organismes qui ont participé à ces travaux.
Nous sommes également attentifs à la sauvegarde du Vieux-Lyon et de ses composants. Pour accomplir notre tâche avec le succès souhaitable, nous avons demandé d'être associés aux élaborations des projets qui nous concernent. Car il est, bien sûr, plus facile d'infléchir des propositions initiales que d'avoir à s'opposer lorsqu'un sérieux investissement a été fait pour les études de réalisations.
Pour accomplir notre tâche avec le succès souhaitable, nous avons-demandé d'être associés aux élaborations des projets qui nous concernent. Car il est, bien sûr, plus facile d'infléchir des propositions initiales que d'avoir à s'opposer lorsqu'un sérieux investissement a été fait pour les éludes de réalisations.
Nous avons eu des promesses qui, nous le croyons, deviendront des certitudes, ce qui dispensera chacun de nos justes colères. Nous devons aussi protéger notre quartier contre des initiatives particulières impropres à son caractère, mais notre position n'est pas officielle et notre voix pas toujours entendue.
La vitalité et la progression de notre Association sera, dans l'avenir, le plus sûr facteur d'efficacité, d'autant qu'elle est sollicitée pour ses avis avec une fréquence croissante.
Organiser, inspirer la restauration ont entrainé de notre part le goût de l'entreprendre. Nous avons donc attaché une grande importance à nos équipes naissantes de bénévoles. Certes, les débuts sont ardus, car il faut encadrer, équiper, structurer.
Il faut aussi apprendre un métier difficile, puisque chaque pierre se traite différemment et que nos jeunes sont soumis à l'examen permanent de censeurs rigoureux. Mais l'enthousiasme et le désir de bien faire de ce groupe, qui comprend aujourd'hui plus de cent jeunes, rendent accessoires les difficultés qui restent à surmonter.
Nos vieux quartiers doivent vivre d'une vie intense et décente. Et si nous convenons avec notre ami Charles Delfante que l'architecture des édifices à construire se doit d'être de notre temps, dans un matériau noble, digne du génie de leur auteur et de notre époque, il est dans notre rôle d'apporter aux habitants et commerçants notre aide et notre amitié.
Nous avons cherché à animer, à faire connaître, à délimiter les besoins. Nos fêtes et manifestations ont pour but de recueillir l'adhésion du plus grand nombre à nos recherches et à nos solutions, d'attirer l'attention sur ce fait unique qu'est le Vieux-Lyon.
Les commerces ont les difficultés que chacun connaît, mais qui sont accrues, ici, par la perte de clientèle pour les uns, l'insuffisance de passage pour les autres.
Les remèdes nécessaires ne sont pas les mêmes, et parfois ils sont contradictoires. Mais il est essentiel que s'organise un système moderne et efficace pour maintenir et développer une activité commerciale, sans laquelle le Vieux-Lyon serait une ville morte.
Nous appuierons sans réserve toute initiative propre à dissiper cette inquiétude, initiative qui obligera bien des bonnes volontés et des intéressés eux-mêmes.
Nous partageons les légitimes craintes et les aspirations des habitants et, nous connaissons bien l'inventaire de leurs demandes. Les excellents rapports que nous entretenons, avec les différentes associations, nous permettront de mieux travailler à délimiter les impératifs, à harmoniser nos démarches, car nous ne saurions en aucun cas ignorer l'aspect humain des charges qui nous incombent.
Faire connaître est un moyen efficace d'animer. Je I’ai dit, nos fêtes ont ce but. Mais elles ne peuvent qu'être rares, car elles nécessitent des moyens financiers que nous ne possédons pas et des énergies que notre position de bénévole rend forcément insuffisantes. Elles doivent être composites, comme l'est toute association d'importance, et la nôtre en particulier.
Reconstituer certains fastes, rechercher la peinture d'une époque qui a fait l'essentiel de nos édifices est bien, je le crois, dans la ligne de ce que nous devons accomplir, hormis quelques accidentels anachronismes. De même qu'organiser, pour ceux qui vivent, la fête qu'ils aiment.
Nous ne voulons donc pas nous limiter à un style, mais bien procurer à chacun de nous, comme à ceux qui nous côtoient, celui qui lui convient. Cette pluralité d'activités est, certes, plus pour demain qu'elle n'oblige à un bilan, mais là encore nous comptons beaucoup sur l'apport que représente nos nouveaux membres, et notamment celui des jeunes.
Nous ne verserons pas dans la tendance très mode de les affranchir de toute servitude et de tout devoir, ce qu'ils ne demandent d'ailleurs pas. Mais leur serviabilité, leur gratuité, l'efficacité de leur entreprise ont déjà assuré le gain de notre cause. En se répandant pour des tâches d'animation, comme de restauration, et par la facilité de contact qui est le propre de leur âge, ils établiront les rapports indispensables entre nos habitants et nos membres. Cette chaleur humaine établie sera le meilleur garant de notre succès, car elle veut dire continuité et extension.
Ce désir d'éclectisme nous guide lorsque nous organisons des activités pour nos adhérents, telles que sorties en commun, où l'on se retrouve entre soi, encore que l'année écoulée ne nous ait pas été favorable, dîners avec ou sans débat, journées d'études et conférences sur les sujets les plus divers, et bien d'autres choses qu'il serait bon d'entreprendre. Pour cela, comme pour mieux agir, il nous faut être plus nombreux.
Aussi nous voulons porter un effort tout particulier sur le recrutement, quoique nous ayons déjà enregistré quelques succès. Pour mieux les assumer, il nous faut persévérer dans nos activités et amener la mise en valeur de notre Vieux-Lyon à un point de non-retour. Les empreintes de notre réussite se mesureront dans son inviolabilité. Pour ces essais, tous avons à nos côtés beaucoup d'amis.
Qu'il me soit permis, au nom de notre Association, de remercier I'O.R.T.F. et la Presse, dont la participation est nécessaire pour toute réussite. Elle ne nous a pas été comptée. De remercier aussi ceux que nous côtoyons chaque jour dans chaque entreprise : M. DE PLACE, délégué régional au Tourisme, M. DEFOND, président du Syndicat d'Initiative, M. GOUJON, son directeur, MM. BOURNAS et LOISY qui assurent la délicate mission de la SEMIRELY et M. THÉVENOT, architecte des Monuments historiques.
J'ai assuré pendant un an la difficile mais combien attachante présidence de votre Association, mais je dois beaucoup à tous les membres de notre Conseil d'administration qui ont assumé leur tâche sans ménagement et dont vous pouvez constater les résultats.
J'aurai une pensée toute particulière, et vous voudrez bien m’en excuser, pour mes prédécesseurs connus : Jacques CHAVEYRIAT, Régis NEYRET, Marc LEVIN. Je les ai, et sans peine, trouvés à mes côtés lorsque j'en ai éprouvé le besoin, avec une amitié qui m'a beaucoup aidé.
Et chaque jour passant ils m’ont fait apprécier mieux leur clairvoyance, leur ténacité (qui pourrait parfois s'appeler courage) m’ont fait mesurer les réalisations obtenues et les difficultés qu'ils eurent à surmonter.
Chacun de nous a eu conscience de la charge qui lui a été confiée et l'a assurée, je le crois, avec volonté et efficience, ce dont nous vous laissons juges.

Paul Gérardin
Président de la Renaissance du Vieux-Lyon