Bulletin RVL n° 008 - septembre 1967


Édito


La Renaissance du Vieux-Lyon a vingt ans

En effet, la fondation de cette Association remonte au 16 octobre 1946. Le vingtième anniversaire a été célébré au cours de l'Assemblée générale du 3 novembre 1966. par la remise de plaques commémoratives aux plus anciens membres d'honneur. Il a été aussi marqué, le 8 décembre 1966, par l'inauguration de son nouveau siège sous la présidence de M. Louis Pradel, maire I de Lyon. A vingt ans, la Renaissance du Vieux-Lyon entre enfin dans des murs qui lui appartiennent.

Que de chemin parcouru depuis les premières visites organisées du Vieux-Lyon, depuis les premiers contacts « diplomatiques » avec les concierges et les régisseurs.

L'équipe initiale des pionniers qui, en 1946, voyait plus loin que les difficultés et les restrictions de son époque, s’est presque totalement dispersée.

Mais des éléments nouveaux, venus de la Jeune Chambre Economique. du Syndicat d 'Initiative et de divers horizons, ont repris en main l'Association et peuvent présenter, pour son vingtième anniversaire, un rapport d'activité qui est un bulletin de victoire.

Au cours de ces dernières années, la fréquentation touristique du Vieux-Lyon est passée de quelques dizaines d'initiés à des milliers de visiteurs ; le nombre des patentes commerciales est passé de 435 à 639, alors que pour l'ensemble de la France, ce nombre diminue. De très nombreux placages de boutiques ont été enlevés, laissant apparaître les magnifiques arcades anciennes. Des dizaines de cours voutées ont été nettoyées. Des plafonds à la française, des carrelages, des balustrades, de profondes cheminées sont revenus au jour. Les plans d'urbanisme qui, il y a encore dix ans, prévoyaient la reconstruction du vieux quartier, ont fait place à un plan de restauration systématique, le premier en France.

Est-ce à dire que la Renaissance du Vieux-Lyon a fait tout cela par elle-même ? Non, et il faut féliciter les artisans et les commerçants qui ont courageusement misé sur l'avenir du quartier, il faut rendre hommage à la Municipalité lyonnaise qui, la première dans notre pays, a pris, en liaison avec la Préfecture du Rhône, un arrêté de sauvegarde, puis a demandé la création d'un secteur sauvegardé. Mais les plus hautes autorités nous ont toujours volontiers accordé que rien n'aurait été possible sans le mouvement d'opinion créé par la Renaissance du Vieux-Lyon ; et la Presse elle-même, à qui nous devons tant, n'aurait pas engagé ses campagnes puissantes et réitérées, si elle n’avait pas senti une volonté de continuité et de persévérance dans l'action entreprise pour la réhabilitation complète du Vieux-Lyon.

Il nous a semblé qu'il convenait, en ce vingtième anniversaire, de dresser un bilan des multiples activités de la Renaissance du Vieux-Lyon et des premiers résultats déjà obtenus. C'est le but de ce numéro spécial que nous avons le plaisir de vous présenter


Marc Levin

Président de la Renaissance du Vieux-Lyon