Bulletin RVL n° 012 - octobre 1969


Sommaire


❏ L’édito p. 2
L'édito de Paul Gérardin , Président :
Les quartiers anciens, pour quoi faire ?

  • Bruit et circulation dans le Vieux-Lyon (enquête de la RVL)
  • Les quartiers anciens, pour quoi faire ? (thème de colloque International de Civitas Nostra)
  • Visite du Vieux-Lyon : St Paul, St Jean, Fourvière, St Georges
  • RVL et ses relations extérieures

Édito


Les quartiers anciens, pour quoi faire ?

Les organisateurs d'un récent congrès d'associations préoccupées des problèmes posés par les quartiers anciens avaient choisi pour thème : « Les quartiers anciens, pour quoi faire ? ».

Tl s'agissait là d'un sujet de devoir propice aux exercices de l'esprit, encore que séduisant pour l'imagination, et la conclusion en fut un riche inventaire des mille causes de notre inclination, de notre dévouement.

Mais devant la somme considérable de capitaux et d'énergie que nécessitent la restauration et la rénovation des quartiers anciens, nos interlocuteurs, dans l'exercice de leur fonction (les pouvoirs publics), sont gens de raison, sensibles aux arguments logiques et peut-être ne serait-il pas sain qu'il en fut autrement. Aussi faut-il retenir de toutes ces causes celles qui, concrètes, justifient un afflux constant de moyens.

Les conceptions actuelles de l'architecture des ensembles urbains, ou peut-être l'absence de conception, ont bien fréquemment l'échec comme résultat dès que l'on atteint le climat humain.
Trop souvent l'idée directrice est de ménager l'hygiène, procurer le confort, mais peu est fait pour favoriser la conversation de deux hommes, deux familles. Cette chaleur humaine qui aide à vivre est absente, la tristesse des grandes cités neuves, leur démesure et leur laideur suscitent l'ennui, la désespérance et facilitent parfois la négation des valeurs morales. 
De tout cela nos quartiers anciens sont l'opposé, et puisqu'ils sont témoignage de ce qui est possible, ils doivent devenir une école dont l'enseignement est aussi indispensable que celui de la géométrie. 
Par la qualité de leur matériau, l'harmonie de leurs ensembles et leur esthétique individuelle, nos vieilles maisons sont irremplaçables puisqu'elles protègent l'homme du moule uniforme qui rend vain ses efforts d'élévation. Elles seront vulnérables le jour où la civilisation pourra concevoir un habitat mieux adapté à la condition humaine plutôt- que seulement axé sur des notions de confort matériel. 
C'est dire aussi que : chasser un habitant, ôter un élément humain du groupe de sa rue, contraindre à l'évasion un commerçant, est en définitif aussi néfaste que la démolition d'un immeuble de quelque intérêt. 
Il y a bien sûr des impératifs, et il serait insensé de ne pas accepter certaines obligations de voirie, de circulation, d'extinction de taudis, car notre cause deviendrait alors indéfendable, mais les impératifs doivent être bien pesés dans leur valeur et leurs conséquences. 
Tout cela est affaire d'équilibre, équilibre, mot qui vint tout naturellement et fort judicieusement conclure notre congrès. 

Paul Gérardin
Président de la Renaissance du Vieux-Lyon





Le Puits de Philibert de l'Orme

Ce p u i t s fut construit par Philibert de l'Orme au XVIe siècle dans la Maison du Chamarier, 37, rue Saint-Jean.
Il fut démonté en .1890, transporté au Musée Saint-Pierre dans les réserves et retransporté au Musée de Gadagne où il est encore et toujours démonté. 
C'est un splendide spécimen de la sculpture fonctionnelle du XVIe siècle, important par ses dimensions (hauteur 5 m 20) et par la beauté de ses sculptures. 
Démonté et dans les entrepôts de Gadagne, il ne sert à rien et n'est vu par personne. Il y aurait un intérêt évident à le remettre à la place qu'il occupait dans la cour de l'hôtel Fr. d'Estaing, à l'angle S-E. Il redonnerait à cette cour, amputée des hangars qui la déshonorent, son ancienne beauté telle que la voyait Madame de Sévigné. 
La maison du Chamarier et le puits appartenant tous deux à la Ville de Lyon, il semble que cette reconstitution puisse être facilement réalisable. 
(Document publié grâce à l'aimable autorisation de M. J. Drevet)