Bulletin RVL n° 064 - janvier 1989


Sommaire


❏ L’édito p. 2
L'édito de Pierre Jamet, Président :
Des AFUL à double tranchant 

  • New York sur Saône ? La cathédrale Saint Jean restaure son chevet : un chantier ouvert au public
  • Horace Cardon vedette de mercière jacobin, 68 rue Mercière (restauration)
  • 54 rue St Jean, 
  • 27 rue du bœuf, 
  • Église St Paul, 
  • Halte-garderie, 
  • Table ronde du Vieux Lyon, 
  • Forum régional des associations


Édito


Des AFUL à double tranchant 

Sans revenir sur les apports des AFUL dans la réhabilitation du Vieux Lyon, il est sans doute temps d'attirer l'attention de tous sur certains disfonctionnements graves. En effet, la procédure d'AFUL a fait ses preuves et il ne faudrait pas qu'elle soit victime, et partant, la réhabilitation avec elle, de son succès.

Compte tenu des avantages fiscaux liés aux AFUL, certains investisseurs ne sont guère attentifs aux prix d'acquisition des immeubles à réhabiliter : un coût élevé engendre un déficit important, lui-même générateur de déductions fiscales d'autant plus appréciables que les revenus globaux des investisseurs atteignent les tranches les plus fortes de l'impôt.

Quelques propriétaires et surtout professionnels de l'immobilier ont parfaitement compris le mécanisme et par des procédés divers, provoquent des hausses excessives, voire même scandaleuses et ce, en dehors de toute contrepartie justifiée.

Cette attitude ne peut qu'être dénoncée :

  • elle conduit à un renchérissement des prix de référence, c'est-à-dire rend plus coûteuse ia réalisation des équipements publics par la collectivité et il y a des besoins urgents, parkings, etc...
  •   elle risque enfin de conduire à l'abandon de la procédure AFUL, notamment lorsque certains de ces opérateurs «gourmands» sont liés à des investisseurs ; il y a là présomption de spéculation et l'administration fiscale est fondée à remettre en cause les avantages fiscaux.
  •   enfin, cela conduit à écarter certaines catégories de population des immeubles réhabilités par l'incidence sur les loyers ; or la ville vit par sa diversité ; ne créons pas des «paradis» de privilégiés au cœur de notre cité.

Nous savons que certains responsables locaux sont préoccupés de ce mouvement ; ils recevront notre appui sans réserve, mais que tous les partenaires concernés prennent garde de ne pas tuer la «poule aux œufs d'or».


Pierre JAMET

Président de la Renaissance du Vieux-Lyon