Journal RVL n° 147, novembre 2016


70 ans… et un enfant, deux enfants, trois enfants, pour le dire, pour souhaiter à La Renaissance du Vieux-Lyon de garder sa jeunesse, son énergie, ses talents en proposant toujours “le meilhor” pour ce quartier d’exception dont la ville tire une part importante de sa fierté.

Édito


Ils en ont rêvé… et ils l’ont fait !

Sur la Une de notre précédent Journal, vous avez pu constater l’état de dégradation que les ans ont infligé à l’un des plus beaux immeubles du Vieux-Lyon. Vous rappelez-vous qu’il y a 70 ans, c’est l’ensemble de ces quartiers qui se trouvait dans cet état et qui, depuis le début du XXe siècle, se voyait régulièrement menacé de démolition ?
Mais voilà ! Un professeur de Lettres utopiste, François Pallasse, eut l’idée de faire connaître, pour le sauvegarder, le patrimoine architectural de la rive droite de la Saône… Avec quelques amis, il fondait, en 1946, la Renaissance du Vieux-Lyon (RVL), une association souhaitant défendre la survie de ces quartiers.
Au départ, les objectifs étaient modestes. Ainsi, Henri Fuinel, successeur de François Pallasse, incitait les concierges (oui, à l’époque, cet emploi, créateur de lien social, existait encore) à nettoyer les allées. Mais, bien vite, tout s’est accéléré : invitations à des visites des cours et des traboules, organisation de fêtes, etc.
Las ! Louis Pradel, devenu maire de la ville, envisageait de transpercer le Vieux-Lyon pour créer une autoroute urbaine. Alors commencèrent des batailles décisives, qui ne prirent fin qu’avec le vote de la loi Malraux créant les secteurs sauvegardés pour protéger les quartiers anciens. En 1964, le Vieux-Lyon, sauvé de « l’équarrissage » que lui promettait Édouard Herriot, devenait le premier secteur sauvegardé en France.
À l’autre bout du siècle, à l’initiative de Régis Neyret et sous la présidence de Denis Eyraud, ce quartier en grande partie restauré se voyait composer, avec d’autres quartiers situés dans la Presqu’île et sur les pentes de la Croix-Rousse, le site historique de Lyon que l’Unesco inscrivait sur sa liste du patrimoine mondial. C’était le 2 décembre 1998. Une page était définitivement et heureusement tournée.
Il serait long et fastidieux de citer ici tous ceux qui ont activement participé aux démarches, et parfois aux combats, de la Renaissance du Vieux-Lyon. Cependant, je tiens à rendre hommage à chacun d’eux, président(e) ou simple adhérent(e), tout en m’autorisant une exception qui contredit ce que je viens d’écrire. En effet, selon moi, mais aussi selon beaucoup d’entre nous, la RVL ne serait pas tout à fait devenue ce qu’elle est sans l’implication forte de deux « chevilles ouvrières » : Annie Neyret et Annick Lioud. J’invite les lecteurs non encore convaincus à consulter quelques numéros de ce Journal…
Lyonnais ou non Lyonnais, nous pouvons être fiers aujourd’hui d’aller et venir, de nous promener, de nous rencontrer de manière conviviale dans un Vieux-Lyon embelli et bien vivant.


Elisabeth Blanc-Bernard
Présidente de la Renaissance du Vieux-Lyon