Journal RVL n° 148 - juin 2017


Édito :


La Renaissance du Vieux-Lyon “internationale” 

En 1999, la RVL a contribué à mieux faire connaître les modalités de l’inscription du site historique de Lyon à de nombreux Japonais : une exposition, réalisée par nos soins, avait accompagné alors un déplacement de Raymond Barre à Yokohama.
De 2001 à 2006, avec le soutien de Gérard Collomb, elle a participé, en lien avec d’autres associations, d’ici ou de là-bas, à une réflexion assortie de propositions en vue d’apporter une aide pour la restauration du site de la Casbah d’Alger.
En 2004, nous avons accueilli dans nos locaux une délégation d’Alep, conduite par le maire de l’époque, et, au cours d’une visite du Vieux-Lyon, nous avons échangé sur les mesures prises, ou à prendre, afin de mieux préserver la richesse patrimoniale des centres historiques de nos villes respectives : l’histoire récente de ce pays a, d’une manière tragique, rendu ces mesures tout à fait caduques…
À l’automne dernier, la RVL était de nouveau au Japon, représentée par l’une de ses administratrices au cours d’un colloque sur l’implication de la population locale dans la sauvegarde de son patrimoine (voir page 13).
En décembre, Yves Neyrolles et moi-même avons reçu le Consul de Moldavie à Saint-Étienne, Christian Daudel, accompagné de Sergiu Boroza, architecte en chef de la ville de Chisinau ainsi que d’Ion Stefanita, directeur de l’Agence d’inspection et de restauration des monuments en Moldavie, tous vivement intéressés par l’expérience de la RVL. Nous n’imaginions pas à ce moment-là que nous allions être invités à Chisinau, capitale de la Moldavie, quelques mois plus tard, dans le cadre du 2e Forum de l’urbanisme et du développement durable, non seulement pour intervenir lors de cette manifestation, mais également pour exposer des photographies de Lyon et de Chisinau à travers un regard lyonnais. Étaient également invités, outre Jean-Dominique Durand, notre adjoint au patrimoine, un architecte niçois, un architecte et un urbaniste stéphanois.
Ce forum, organisé autour du thème de l’urbanisme au bénéfice des populations a réuni diverses personnalités politiques du pays, député, maire et hauts fonctionnaires.
La Moldavie est un pays très jeune, après avoir été annexé par la Russie au début du XIXe siècle, puis par l’URSS, de 1940 à 1991. Ses structures et son administration restent très largement marquées par l’influence soviétique et paraissent encore souvent peu adaptées à un pays qui veut se moderniser, affirmer son indépendance et ses particularités culturelles. C’est pourquoi les objectifs actuels sont de refonder la gouvernance urbaine par la mise en œuvre de politiques destinées au bien-être de la population, de renforcer le sentiment d’appartenance et d’appropriation à leur pays chez les habitants et de sensibiliser ces derniers à l’importance du cadre de vie, avec la mise en valeur d’un double patrimoine : le patrimoine bâti et le patrimoine végétal.
La Renaissance du Vieux-Lyon devait intervenir le second jour du forum pour faire connaître son expérience sur le patrimoine comme élément central en vue du développement touristique et économique et pour rendre compte des enjeux et des échanges nécessaires entre politiques, techniciens et citoyens afin d’assurer
la réussite des restaurations dans un centre historique comme celui de Lyon.
Malheureusement, une tempête de neige, aussi incongrue à cette époque que catastrophique pour le pays, nous a empêchés d’intervenir. Nos contributions respectives paraîtront néanmoins dans le recueil des Actes de ce Forum, que nous publierons sur notre site internet dès que nous le recevrons. Gageons, en tout cas, que, malgré cet événement dramatique, la RVL poursuivra, à sa manière, de belles et enrichissantes relations… internationales !


Elisabeth Blanc-Bernard
Présidente Renaissance du Vieux-Lyon