Bulletin RVL n° 05 - septembre 1964


Sommaire :


  • Rapport de l’AG (actions de la RVL)
  • Panorama de 1963-64 (8 décembre)
  • Naissance de Civitas Nostra (fédération interrégionale des quartiers anciens)
  • La St Jean 1964 (feux de Saint Jean)
  • Vieux noms du Vieux-Lyon (noms des rues)

Édito :


Assemblée Générale, extraits du rapport du Président 

   Il importe, à la fin de cette assemblée, de jeter un coup d’œil sur les orientations de la Renaissance du Vieux-Lyon en 1964.
   Signalisations, éclairages, fleurissements, nettoyages, information et propagande, publication du bulletin, organisation de fêtes populaires, extension de notre caisse de prêts, aides diverses, tout cela est, si l’on peut dire, le pain quotidien de la Renaissance.
   Mais j’insisterai, si vous le voulez bien, sur deux séries d’actions qu’il nous semble essentiel de mener cette année. Elles paraissaient bien différentes l’une et l’autre et pourtant elles s’épaulent mutuellement. Il s’agira pour nous, en 1964, d’une part de tirer les conclusions du colloque de Lyon en participant ou en promouvant une action à l’échelon régional, national ou international, en faveur des quartiers anciens. Il s’agira, d’autre part, d’aider à la réussite de l’expérience lyonnaise entreprise par la Sémirely, en étant attentifs à son déroulement et à toutes ses implications, qu’elles soient d’ordre esthétique ou social.
   Les participants du colloque avaient émis le vœu unanime de renouveler de tels contacts et de créer une union permanente. Un comité national, auquel nous avons adhéré immédiatement, s’est fondé à Paris, assurant la liaison entre les associations locales et les ministères. D’autre part, pour répondre plus précisément au désir des participants du colloque, une fédération interrégionale s’organise entre les provinces qui entourent le Rhône et les Alpes, tant en France qu’en Suisse et qu’en Italie. Ainsi pourrons- nous nous enrichir mutuellement de nos différences, et faire progresser l’idée que la mise en valeur des quartiers anciens n’est pas seulement un « dada » des amoureux d’un passé, mais qu’elle s’allie fort bien avec l’extension des cités modernes.
   L’autre domaine dans lequel il semble que notre action doit de développer cette année est, nous l’avons dit, parallèle à l’activité de la Sémirely.
   La Renaissance du Vieux-Lyon avec 2 % d’actions ne dispose dans cette société que d’une influence minime. Elle peut cependant apporter le témoignage que les animateurs de la Sémirely sont disposés à traiter la restauration du Vieux-Lyon avec le maximum de compétences, de bonne volonté et de souplesse.
   C’est sur les résultats de cette opération-témoin que le gouvernement envisagera la remise en valeur d’autres quartiers à travers la France. Il s’agit donc à la fois de réussir sur le plan financier (qui n’est pas notre domaine), sur le plan esthétique(supervisés par les services des Monuments Historiques), sur le plan social aussi.
   Et nous tenons à indiquer une fois encore que nous sommes prêts à jouer pleinement notre rôle d’information dans ce domaine : en organisant des expositions ou des réunions semblables à celle de juillet dernier, pour indiquer aux habitants du Vieux-Lyon ou en sont les projets ; en faisant connaître d’autre part les désirs de la population exprimés directement ou par l’intermédiaire de groupements de propriétaires, de commerçants de locataires, etc. Le Dr Durand et M. Ferdinand ont bien voulu accepter de suivre de près ces questions, tandis que l’ensemble de notre association veillera aujourd’hui comme hier à ce que les problèmes généraux concernant la vocation du Vieux-Lyon soient résolus au mieux.
   Pour cela nous avons déjà commencé à travailler en amicale collaboration avec plusieurs groupes de jeunes de ce quartier, et nous espérons pouvoir amorcer pour eux la création d’une maison de jeunes. Nous étudions avec différents groupements la question du relogement de certaines familles. Nous usons de notre influence, quand cela est possible, pour lutter contre la spéculation abusive qui se fait jour parfois entre Saint Georges, Saint Jean et Saint Paul. Nous sommes attentifs enfin au problème de l’extension des établissements de nuit dans ce quartier, et M. l’Inspecteur Ricard a bien voulu nous assurer de son appui sans réserve à ce propos.
   Aucune solution miracle ne peut être apportée dans tous ces domaines ni dans beaucoup d’autres qui se font jour au fur et à mesure que se développe le Vieux-Lyon (en ce qui concerne la circulation et les stationnement par exemple). Nous désirons les uns et les autres que le Vieux-Lyon soit un quartier vivant, socialement équilibré, où cohabitent les personnes de situation et d’âges différents ; nous voulons qu’il devienne de plus en plus la carte maîtresse du tourisme de notre ville, et que parallèlement il soit pour Lyon un centre du goût, de la culture, des loisirs.
   Mais pour cela, pour créer un quartier où il est bon de vivre (si l’on y habite) ou de flâner (si l’on y est « étranger ») nous avons besoin de votre aide à tous. C’est pourquoi, en terminant, nous vous remercions très sincèrement et très vivement de ne pas nous la marchander.

Régis Neyret, 

Président de la Renaissance du Vieux- Lyon