Nuisances, nuisances, nuisances ! 


(extrait du journal RVL n° 133, février 2010) 

Dans notre Journal n° 132 de juin 2009, nous avons abordé la question des nuisances nocturnes qui «polluent» la vie des habitants du VIEUX-LYON.

Nous revenons sur ce sujet pour mettre en avant un aspect non encore développé : le respect des contraintes d’un permis de construire
Depuis l’installation d’une sandwicherie à l’enseigne d’une marque à consonance anglo-saxonne, les habitants du 3 rue Saint-Jean subissent un « bouquet » de nuisances : bruits, odeurs, désordre et malpropreté. Le président du conseil syndical est intervenu à plusieurs reprises auprès du gérant de l’établissement. Sans succès. Mieux : le gérant menace de porter plainte pour harcèlement. 
Cependant, comme l’indique la lettre adressée par le conseil syndical aux élus, à la RVL et à la presse :  
«Ils [les employés. ndlr] ne ferment à la clientèle qu’à partir d’une heure du matin, avec parfois des dépassements, que la police ne peut pas constater car la brigade ne nous est pas toujours envoyée (le brigadier aurait laissé des consignes en ce sens et nous affirme que c’est pour le public qu’il faut fermer à une heure, mais que les employés sont en droit de faire le ménage ensuite, aussi longtemps qu’ils le souhaitent). Ensuite, ils font le ménage pendant environ une heure, avec hausse du volume de la musique, tables et chaises traînées sur le carrelage, bruits de bacs métalliques, claquement des couvercles des bacs roulants pour les poubelles, qui roulent ensuite dans l’allée... Sans oublier le bruit de la terrasse (chaises et tables), également rangée à partir d’une heure du matin, en saison.» 
Pour ce qui est de la propreté, jugez plutôt : «Des bacs roulants sont stationnés dans notre cour sans que nous ayons jamais été consultés en tant que copropriété, et ils débordent le plus souvent, certains sacs poubelles, pas toujours fermés, étant d’ailleurs jetés à même le sol... nous obtenons parfois des réponses insultantes des employés à qui nous le signalons» Le président du conseil syndical insiste sur le fait que toutes ces nuisances auraient pu être évitées si le permis de construire n’avait pas été accordé, «ne serait-ce, écrit-il, que pour respecter les éléments présents dans le permis lui même». Et de rappeler les principales dispositions de ce document concernant la production d’odeurs et de fumées ou l’isolation acoustique. L’article 62 du règlement sanitaire départemental de 1980 interdit le rejet d’air vicié, buées et odeurs à moins de 8 mètres de tout ouvrant. 
Or, aucune de ces mesures n’était prévue dans les travaux envisagés, lesquels étaient d’ailleurs, pour la plupart, déjà réalisés :  
«Cette sandwicherie, 30 m2 ouverts au public, classée type N-5e catégorie, prévoyait dans sa mezzanine, sous la chambre des voisins du dessus, l’installation d’un «local de climatisation», avec piège à son jusqu’à 44 dB, dont un carreau de la fenêtre devait être enlevé pour l’aération, sans «aucun impact visuel depuis la cour intérieure»... Mais ce sont finalement quatre carreaux qui ont été enlevés, effet piège à son et effet esthétique garantis !» 
Plusieurs éléments de ce courrier méritent d’être pris en compte. 
D’abord, l’heure de fermeture au public n’autorise pas pour autant l’établissement à ne prendre aucune précaution vis-à-vis des habitants de l’immeuble. De même, pour la propreté, les restaurants sont tenus d’utiliser des bacs distincts de ceux de l’immeuble et, en aucun cas, on ne doit laisser de simples sacs poubelles à l’abandon. Pour ce qui est du rappel des points du permis de construire, il nous semble utile, pour la poursuite de l’activité de cet établissement comme pour l’ouverture éventuelle d’autres établissements, d’insister sur le nécessaire contrôle régulier de l’exécution entière et précise des différents points mentionnés. Encore faut-il que les personnes chargées de ce contrôle s’y engagent pleinement, ce que les membres du conseil syndical du 3 rue Saint-Jean semblent ne pas avoir tout à fait constaté, déplorant les nuisances qui en découlent... 
Nous comptons sur les élus pour qu’ils sensibilisent davantage encore les différents services concernés. La RVL n’est pas hostile aux commerces, à condition que ceux-ci se montrent respectueux, et de la réglementation, et des habitants du Vieux-Lyon.