Adieu, Mireille


(extrait du journal RVL n° 140, juin 2013)

Début février, Mireille Pras est partie, vaincue par la maladie. Personnage atypique du Vieux- Lyon, connaissant tout le monde, connue ou repérée par tous, elle n’a cessé de montrer son attachement à ce quartier qui l’a vu naître et qu’elle n’a jamais quitté. Créatrice de lien social, toujours disponible pour rendre service, rencontrer, raconter, elle était un témoignage vivant. Lors de ses funérailles, nous avons voulu lui exprimer notre reconnaissance et notre amitié. C’est ce texte sans fioritures et sincèrement affectueux que nous vous proposons.

...la même Mireille montre au photographe l'étage de son logement d'enfance, dans cette magnifique ''Cour de Loges''  © Yves Neyrolles
...la même Mireille montre au photographe l'étage de son logement d'enfance, dans cette magnifique ''Cour de Loges''  © Yves Neyrolles

Mireille, 

Le Vieux Lyon ne va plus être tout à fait le même sans toi… 

Tu vas manquer à tous ceux que tu croisais, tous tes amis, tes copains d’enfance, tous ceux qui faisaient de toi l’incontournable de ce quartier auquel tu étais tant attachée et dont tu étais si fière. 
Tu étais La référence pour ceux qui cherchaient des témoignages, des photos, des renseignements sur ce qu’était le Vieux-Lyon « d’avant », toi le guide infatigable qui emmenais tes amis dans des lieux connus de toi seule, collectionneuse de tous les documents qui racontent Lyon et dont tu nous faisais profiter. 
Partout où tu passais, tu faisais des rencontres, tu provoquais l’amitié, c’est rare d’être aussi sociable... ! 
A la RVL, tu étais toujours disponible pour rendre service : assurer la permanence et l’accueil, distribuer des tracts, mettre des affiches chez les commerçants, vendre des livres aux Journées du patrimoine, nous faire goûter ta charlotte aux abricots... 
Tes souvenirs nous ont même amenés à créer une rubrique dans notre Journal : « le petit conservatoire de Mireille » qui évoquait ce qu’étaient, dans ta jeunesse, les commerces d’aujourd’hui.
La casquette rivée sur la tête, les sacs au bout des bras, les dernières nouvelles du quartier à la bouche, le sourire aux lèvres en dépit de tout … une silhouette inoubliable !  
Mireille, nous te devons beaucoup, nous ne t’oublierons pas.  

Merci.