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Grand Hôtel-Dieu


Chantier en cours depuis le 3 avril 2015

Dossier du journal RVL n° 150, juin 2018

Façade de l'Hotel-Dieu, côté Rhône © DR
Façade de l'Hotel-Dieu, côté Rhône © DR

Le Grand Hôtel-Dieu, entre Hier et Demain…

Comme à l’Antiquaille, il était devenu évident depuis un certain nombre d’années que l’activité médicale rencontrait de plus en plus de difficultés pour s’exercer dans un lieu, certes remarquable du point de vue patrimonial, mais de moins en moins adapté à sa fonction.
Les Hospices Civils de Lyon ont donc lancé, en 2010, un concours pour l’achat de l’édifice (avec bail emphytéotique de 99 ans), assorti d’une restauration devant à la fois respecter l’histoire du lieu et l’ouvrir à d’autres usages.
C’est le Groupe Eiffage Immobilier, avec les architectes Albert Constantin et Didier Repellin, qui emporte les suffrages du jury constitué pour l’occasion. Le bail est signé en décembre 2014. Dès lors, deux grandes figures lyonnaises de l’architecture vont conjuguer leurs talents et conduire les étapes d’une véritable métamorphose qui reprend aujourd’hui le nom de Grand Hôtel-Dieu. En 2015, Crédit Agricole Assurances rachète l’ensemble, en partenariat avec la Caisse Régionale du Crédit Agricole Centre-Est. La commercialisation des espaces destinés aux boutiques et restaurants est lancée en 2016 par Scaprim.
Le “grand bâtiment d’allure palatiale” commandé à Soufflot par le Consulat vu depuis la Tour Part-Dieu en 2005. © Yves Neyrolles
Le “grand bâtiment d’allure palatiale” commandé à Soufflot par le Consulat vu depuis la Tour Part-Dieu en 2005. © Yves Neyrolles
La première tranche des travaux s’est achevée ce printemps. Le 27 avril dernier, les Lyonnais ont eu le plaisir de se réapproprier le site… dans sa presque totalité. Au printemps prochain, avec la fin de la deuxième tranche, il sera possible de se rendre du côté du dôme des « Quatre Rangs », qui accueillera la Cité Internationale de la Gastronomie, ainsi qu’un Centre de Convention destiné à recevoir des congrès internationaux, et de redécouvrir l’intérieur du « Grand Dôme » de Soufflot, au coeur de l’Hôtel Intercontinental, chargé d’accueillir des touristes venant du monde entier pour visiter notre ville, inscrite depuis 20 ans déjà au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Neuf siècles d’histoire

• 542 – 545 : Institution du premier hôpital de Lyon par Childebert Ier, roi des Francs, et son épouse Ultrogothe. L’établissement se trouvait à l’emplacement de l’actuel palais de Bondy, à proximité de ce qui était le port Saint- Éloy, sur la rive droite de la Saône. Le bâtiment, de taille modeste, complété d’une chapelle et d’un cimetière, avait été placé sous le vocable de Marie, avant de devenir, au XVIe siècle, l’hôpital Saint-Éloy.
• 1129 : La Confrérie du Saint-Esprit, qui organise la traversée du Rhône en bacs à traille, ouvre un lieu d’accueil pour les voyageurs, les pèlerins et les pauvres. Nommé L’Aumônerie du Saint-Esprit, celui-ci est situé sur le tènement d’Ainay, sur la rive droite du Rhône.
• 1184 – 1185 : La Confrérie charge les « Frères du Pont » ou Frères Pontifes de construire un pont sur le Rhône, comme ils l’ont déjà fait à Avignon.
• 1190 : Ce premier pont (de bois) s’effondre au passage des armées de Philippe Auguste et de Richard Coeur de Lion en partance pour les croisades. Un nouveau pont (en pierre) va être construit au même endroit (à l’emplacement de l’actuel pont de la Guillotière), ainsi qu’un nouvel hôpital, connu sous le nom de Beate Mariae.
Détail d’une des nombreuses plaques honorant les bienfaiteurs de l’hôpital : ici Adam Eustache Godinot qui, en plus d’un don de 40 000 francs, avait financé les deux statues élevées sur la façade. © Yves Neyrolles
Détail d’une des nombreuses plaques honorant les bienfaiteurs de l’hôpital : ici Adam Eustache Godinot qui, en plus d’un don de 40 000 francs, avait financé les deux statues élevées sur la façade. © Yves Neyrolles
• 1309 : L’archevêque de Lyon confie le pont, l’hôpital et ses annexes à la communauté cistercienne de Hautecombe (Savoie) puis, à partir de 1334, à celle de Chassagne (Ain).
L’établissement hospitalier est constitué alors d’une vaste salle. De type halle, modèle courant à l’époque, elle est longue de 20 à 25 m, sur un axe nord-sud, large de 12 à 15 m, et se prolonge par une chapelle située à l’extrémité nord.
Le XIVe siècle, marqué par une succession de guerres et d’épidémies de peste, n’est guère favorable à l’extension du nouvel établissement. Au siècle suivant, avec l’institution des foires, à partir de 1420, et l’augmentation de leur fréquence tout au long du siècle, la ville renoue avec la prospérité, attirant à elle des marchands florentins, milanais ou allemands.
• 1478 : Les consuls de la ville rachètent l’hôpital à l’abbé de Chasssagne, marquant ainsi la fin de la tutelle ecclésiastique sur l’établissement. Décision est prise de construire à ses côtés un nouvel hôpital, sur le même modèle, mais en beaucoup plus grand (65 m par 21).
• 1493 : Achèvement du nouvel hôpital.
Au début du XVIe siècle, des travaux d’agrandissement permettent de réunir les deux bâtiments et d’aménager, au nord de cet ensemble, un cloître abritant le cimetière de l’hôpital.
• 1507 : L’hôpital prend le nom d’Hôtel-Dieu de Notre Dame de Pitié du Pont du Rhône. Il admet désormais tous types de malades, mais aussi les femmes enceintes et les enfants abandonnés.
• 1529 : Les consuls nomment un apothicaire, un médecin et un barbier, qui sont secondés par des hospitalières.
• 1555 – 1556 : Acquisition de terrains au nord de l’Hôtel- Dieu.
• 1583 : Ne pouvant faire face aux difficultés financières, les consuls confient la gestion de l’hôpital à un petit groupe de notables tout en en conservant la direction morale. Ces derniers, appelés recteurs, vont administrer l’établissement jusqu’à la Révolution, avec un dévouement exemplaire, initiant les grands chantiers qui développeront l’édifice, apportant leur propre contribution financière et suscitant les dons et legs de Lyonnais, très généreux eux aussi, et grâce auxquels les travaux d’agrandissement et d’embellissement pourront être réalisés.
L’entrée aménagée au début du XVIIIe siècle, place de l’Hôpital, par Jean Delamonce aidé de son fils, Ferdinand. © Yves Neyrolles
L’entrée aménagée au début du XVIIIe siècle, place de l’Hôpital, par Jean Delamonce aidé de son fils, Ferdinand. © Yves Neyrolles

• 1622 – 1637 : Construction du nouvel Hôtel-Dieu, selon le plan dit des « Quatre Rangs ». Ce plan cruciforme offre l’avantage de pouvoir séparer les hommes des femmes, et, surtout, les fiévreux des blessés, limitant le risque de contagion. La hauteur importante des salles des malades et du dôme facilite l’aspiration de l’air vicié. La chapelle, située au centre, sous le dôme, permet à chaque alité situé dans l’une des quatre salles de suivre l’office quotidien.
• 1637 : Début des travaux de construction d’une chapelle (*) sur l’emplacement de l’ancien bâtiment médiéval. C’est une large nef, prolongée d’un choeur peu saillant et ouverte sur des chapelles latérales. La façade occidentale est traitée de façon monumentale.
• Fin du XVIIe – début du XVIIIe siècle : Aménagement de la place, puis construction du pavillon d’entrée de l’Hôtel- Dieu par l’architecte Jean Delamonce, en collaboration avec son fils Ferdinand, créant une perspective en direction du dôme des « Quatre Rangs ».

(*) Cette chapelle ne fait pas partie du projet Grand Hôtel-Dieu. Sa restauration se fait peu à peu, sous la responsabilité d’une association créée pour cela et s’appuyant sur la générosité publique comme sur l’aide de la Fondation du Patrimoine. 

L’instant Soufflot

Disons l’instant, plutôt que le moment Soufflot. L’architecte, en effet, ne verra pas l’aboutissement de son projet à cause des difficultés que ce chantier « titanesque » va rencontrer. L’historien et journaliste Gérard Corneloup évoque celles-ci dans la notice qu’il consacre à Jacques- Germain Soufflot dans le Dictionnaire historique de Lyon :
« Depuis le début du siècle, les recteurs envisagent une modernisation, devenue indispensable, du vieil hôpital, mais doivent compter avec des finances incertaines, leur habituel sens aigu de l’économie se heurtant à la volonté du Consulat qui désire un grand bâtiment d’allure palatiale en façade sur le Rhône. On achète des terrains sur la partie méridionale, en bordure du pont de la Guillotière ; on discute et on tergiverse ; on demande sans doute un projet à Ferdinand Delamonce, qui finalement s’efface, peut- être souffrant, peut-être écarté… Les recteurs signent avec Soufflot (très présent à cette époque à Lyon, où il conduit divers chantiers) une convention de huit ans à dater de janvier 1741. L’architecte s’engage à édifier une imposante façade de deux étages le long du Rhône, avec arcades formant boutiques à louer au rez-de-chaussée, ainsi que toute une série de bâtiments sur l’arrière, dont trente loges pour les fous.
Un chef d’œuvre de ferronnerie voisine désormais avec le portrait de Rabelais dans l’une des galeries de l’ancien cloître. © Yves Neyrolles
Un chef d’œuvre de ferronnerie voisine désormais avec le portrait de Rabelais dans l’une des galeries de l’ancien cloître. © Yves Neyrolles
Le chantier commence en 1742, conduit par Soufflot lui-même, mais, à l’expiration du contrat, le bâtiment est loin d’être achevé. L’argent manque ; le Consulat n’a pas donné un sou ; il faut suspendre les travaux. Soufflot quitte Lyon pour Rome…
En 1754, la situation financière de l’Hôtel-Dieu connaissant une éclaircie, les travaux reprennent, mais la direction du chantier est déléguée à Toussaint Loyer et à Melchior Munet, lesquels élèvent le grand dôme qui doit pallier la mauvaise aération des nouvelles salles de malades situées en façade. Cette construction, achevée en 1761, déclenche aussitôt une polémique : les deux architectes ont altéré le profil dessiné par Soufflot, qui proteste. Loyer en accuse Munet, lequel aurait agi avec l’accord des recteurs, qui protestent à leur tour de leur bonne foi (*). De toute façon, l’argent manque à nouveau et, après l’installation d’un autel sous le dôme (1764), il faut définitivement arrêter les travaux en décembre 1766. La façade restera inachevée et les ailes latérales ne seront réalisées que de 1821 à 1824, pour la partie Nord, et de 1838 à 1841, pour la partie Sud. »
(Dictionnaire Historique de Lyon
éditions Stéphane Bachès - 2009, page 1242)

Ainsi, très exactement un siècle après avoir été dessinée par Soufflot, la majestueuse façade se déploie enfin sur toute sa longueur.
Des groupes sculptés (faisant partie du projet initial) ont été réalisés en 1843 par le sculpteur parisien Carl Elshoët. Ils coiffaient les deux avant-corps latéraux : au sud, Notre Dame de Pitié soutenant le Christ mourant rappelait la vocation de l’Hôtel-Dieu ; au nord, la composition était agrémentée d’un écusson aux armes de la Ville. Ces éléments qui participaient au rythme général de la façade ont malheureusement disparu au XXe siècle : le XXIe les verra-t-il renaître ? Des mains habiles pourraient sans doute y parvenir en partant des nombreux dessins et photographies existant dans les archives…
(*) Le « Grand Dôme » sera détruit en septembre 1944, après qu’un incendie s’y sera déclaré lors des combats pour la libération de Lyon. Sa reconstruction, sous la direction de l’Architecte en chef des Monuments historiques, Jean-Gabriel Mortamet, ne se fera qu’à partir de 1972. La charpente d’origine, en bois, sera remplacée par une charpente en béton. Le dôme sera reconstruit suivant le profil dessiné par Soufflot.

Pascalon ou la rupture

La Révolution française produit, entre autres évènements, une modification profonde de l’administration hospitalière. Exit les recteurs, place désormais aux Hospices Civils de Lyon (HCL) pour gérer l’ensemble des problèmes touchant à la santé. Les XIXe et XXe siècles vont voir se développer une politique du soin de plus en plus vaste et, en même temps, de plus en plus précise, avec, notamment, une spécialisation des lieux d’accueil des malades.
Les nouveaux administrateurs de l’Hôtel-Dieu s’attachent d’abord à mener à leur terme les constructions amorcées au XVIIIe siècle pour offrir des conditions décentes à des patients toujours plus nombreux. Nous entrons dans l’ère de l’hygiénisme : en favorisant la circulation de l’air et de la lumière, en soignant l’aspect visuel des cours, en séparant les malades selon le type de soin à leur apporter, l’Hôtel-Dieu participe à cette évolution et voit se succéder de grandes figures de la médecine et de la chirurgie, dont la réputation rayonne bien au-delà de Lyon : Amédée Bonnet (sa statue, dressée dans la cour Saint-Martin, accueille désormais les visiteurs près d’une nouvelle entrée monumentale aménagée rue Bellecordière), Léopold Ollier, Antonin Poncet, Léon Bérard, Marcel Mérieux, Auguste Lumière, René Leriche et beaucoup d’autres, présents aussi sur nombre de plaques de nos rues ou de nos places.
Les constructions se poursuivent après l’achat par la Ville des maisons de la rue Bourchanin qui jouxtaient l’Hôtel-Dieu. Un premier projet, signé de Perret de la Menue, architecte des HCL, prolongeait vers le Sud une exacte réplique de l’architecture de Soufflot. Son successeur, Paul Pascalon, vise, au contraire, à utiliser les matériaux, les techniques et le vocabulaire de son temps (ce que n’a pas manqué de faire aussi Albert Constantin pour l’extension actuelle, rue Bellecordière). La nouvelle façade qui se dresse rue de la Barre est encadrée de deux pavillons d’angle et présente une élévation à deux niveaux. L’espace intérieur est loué pour trente ans à l’administration des Postes, preuve que les HCL ont retenu la leçon des recteurs en matière de finances. À l’arrière, un vaste ensemble formant une nouvelle cour, la cour du Midi, est souligné d’un dôme qui dialoguera, mais seulement pour la symbolique, avec ceux des siècles précédents, le dôme des « Quatre Rangs » et le « Grand Dôme » de Soufflot.

Du Passage de l’Hôtel-Dieu à la Cour du Midi

Au XIXe siècle, la grande boucherie, créée en 1578 au Nord de l’hôpital, est considérée – à juste titre – comme incompatible avec la poursuite de soins hospitaliers. Après sa démolition, on édifie ici un passage, couvert d’une verrière et bordé de boutiques élégantes qui en font un des lieux les plus prisés de la presqu’île. Dès 1841, les commerces sont loués, assurant un revenu de 50 000 francs aux HCL. Au début du XXe siècle, la liste des baux mentionne un nombre important de bijoutiers et d’horlogers, mais aussi des graveurs, des encadreurs, des imprimeurs, des opticiens, etc. La régularisation du tracé de la rue Childebert amène cependant la démolition, en 1959, du magnifique témoin de ce type d’architecture, dont il ne reste guère, à Lyon, que le Passage de l’Argue.
Un immeuble de rapport est construit à son emplacement par l’architecte Jacques Perrin-Fayolle. La transformation actuelle de l’ensemble de l’Hôtel-Dieu, conduite par Albert Constantin et Didier Repellin, si elle ne ressuscite pas ce lieu remarquable voué à la chalandise, vise à en recréer l’ambiance en donnant à la Cour du Midi, ouverte à tous comme le sont les autres cours de l’ancien hôpital, une vocation marchande et conviviale. Sous la grande verrière nouvelle, qui laisse découvrir le dôme Pascalon, le visiteur est d’abord ébloui devant la magnificence du lieu, où l’ancien et le contemporain se marient en totale harmonie, puis tenté de poursuivre sa flânerie, en choisissant de faire ses achats ou de se restaurer, par exemple… « Autour du caviar ! ».

Un chantier hors normes

Faire renaître le Grand Hôtel-Dieu tout en respectant ses caractéristiques architecturales et en s’inscrivant dans une continuité historique, telles ont été les ambitions du projet de reconversion porté par le groupe Eiffage. Ce chantier hors normes a nécessité la mise en oeuvre de moyens exceptionnels, tant techniques qu’humains. Pilotés par une équipe d’encadrement de 50 personnes, les travaux ont mobilisé 500 compagnons en moyenne sur le site, avec un maximum de 1 000 compagnons dans les périodes les plus chargées. Au total, en phase chantier, l’opération a employé directement ou indirectement plus de 1 200 personnes. Pour Thierry Brossard, directeur de projet, « c’est la plus grande opération privée de réhabilitation d’un monument historique jamais réalisée en France »

Paroles d’architectes

« C’est véritablement l’histoire de l’Hôtel-Dieu qui a fédéré notre équipe. Cet édifice est un symbole pour la ville de Lyon, pour l’histoire de la médecine, mais aussi pour de nombreux Lyonnais. Ces données positives sont essentielles, elles sont le socle d’une mise en valeur du patrimoine et d’une ouverture sur la modernité.
Les études historiques menées ces dernières années ont apporté une plus grande connaissance de ce patrimoine, faisant de sa réhabilitation un enjeu exceptionnel. Ceci a conduit, en novembre 2011, au classement aux Monuments historiques du site de l’Hôtel-Dieu dans son intégralité, y compris la parcelle sur laquelle ont été bâtis les éléments contemporains : plus que la valeur des constructions, c’est l’entité de l’Hôtel-Dieu qui est reconnue comme Monument historique. Il nous appartient désormais de travailler conjointement l’ancien et le contemporain afin de mettre en oeuvre la « greffe intelligente » qui inscrira l’Hôtel-Dieu dans le XXIe siècle. »
Didier Repellin,
ACMH
La rue Bellecordière, vue depuis la place de l’Hôpital, avant et après les travaux qui ont permis une harmonisation de la perspective. © Yves Neyrolles
La rue Bellecordière, vue depuis la place de l’Hôpital, avant et après les travaux qui ont permis une harmonisation de la perspective. © Yves Neyrolles
« L’effervescence de l’architecte a lieu au moment des esquisses. C’est là que tout s’invente.
Cela dit, ce qui me touche aujourd’hui, c’est de voir des gens manifester leur plaisir devant ce qui a été fait.
Nous avons rendu le Grand Hôtel-Dieu (une appellation qui date du XVIe siècle) aux Lyonnais, en l’ouvrant à tous : par les sept entrées que nous avons aménagées, la redécouverte du site s’accomplit comme un jeu, en multipliant les itinéraires.
Et puis, prolongeant l’ancien usage, nous avons créé une mixité des fonctions et réanimé les rez-de-chaussée, avec l’installation de commerces très divers.
Les nouveaux édifices de la rue Bellecordière reprennent la typologie de ce que Soufflot avait élevé sur le quai Jules Courmont. Ils sont le résultat d’un minutieux travail de couture urbaine.
Je souhaite que cette intervention permette au public de comprendre profondément l’histoire de ce lieu hors du commun, ainsi que la métamorphose que nous avons opérée pour prendre en main son devenir. »
Albert Constantin,
architecte, membre de l’académie d’architecture

Soufflot monumentable ?

C’est ce que proposent les associations De Condate à Lyon Confluence (DCLC) et Sauvegarde et Embellissement de Lyon (SEL). Ce projet s’appuie sur le fait que l’hommage de notre ville au grand architecte se résume pour l’instant au nom d’une rue, très courte, donnant sur la place du Change, là où l’architecte avait reconstruit la vieille loge des changeurs. 
Si l’on se rappelle que Soufflot n’a pas été seulement architecte, mais aussi urbaniste, et qu’à ce titre, c’est lui qui a dessiné les principaux traits du Lyon moderne de son temps (il suffit, pour s’en persuader, de flâner dans ce qui, au milieu du XVIIIe siècle, fut le tout nouveau quartier Saint-Clair, entre le pied de la colline de la Croix-Rousse et la rive droite du Rhône, en amont du pont Morand), on en vient vite à la conclusion que l’homme mérite mieux, beaucoup mieux, qu’une toute petite rue dans le Vieux-Lyon ! 
Ne pas oublier non plus que, de 1739 à sa mort, en 1780, aucun projet urbanistique majeur n’avait pu être lancé dans Lyon sans l’aval de celui que la Ville avait remercié, en 1775, en lui donnant le titre de « Contrôleur Général des Bâtiments et des Embellissements de la ville de Lyon » - titre qui, depuis, n’a plus été porté par quiconque. 
Alors quel monument ? Et dans quel lieu ? 
Pascal Coupot, l’artiste pressenti pour réaliser un tel projet, part du principe que c’est depuis le XXIe siècle qu’il faut saluer ce géant du XVIIIe : « Exit, dit-il, les bustes en pierre, les stèles que peu de personnes prennent le temps de lire. Il faut un monument accessible à tous, placé dans le domaine public, et que chacun, Lyonnais ou visiteur, puisse se l’approprier grâce à une nouvelle approche patrimoniale de l’art dans la ville, intégrant les nouvelles technologies à notre disposition. » 
L’endroit « stratégique » pourrait être un espace proche de la grande façade de l’Hôtel-Dieu, permettant au passant d’établir un lien direct entre l’architecte et son oeuvre magistrale. En s’inspirant d’un modèle en bronze patiné qui lui avait été commandé par la Ville de Besançon pour honorer un de ses enfants, Jouffroy d’Abbans (également connu à Lyon pour la performance réalisée sur la Saône à bord du tout premier bateau à vapeur), Pascal Coupot se propose donc d’installer un Jacques-Germain Soufflot grandeur nature, en habit de son temps, mais muni d’un smartphone pour saisir l’oeuvre et lui-même devant son oeuvre. Josette Frolon (DCLC et SEL) suggère d’ajouter un QR code, grâce auquel les passants, également munis d’un smartphone, pourraient accéder à tout un éventail d’informations : biographie de l’architecte, réalisations emblématiques, à Lyon ou ailleurs, site historique inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, dont le Grand Hôtel-Dieu devient une sorte de fleuron, etc. 

Visites

Durant les 3 ans qui ont précédé le premier « coup de pioche », Didier Repellin a conduit 85 visites d’environ 150 personnes chacune, soit 12 750 personnes. Depuis le démarrage du chantier, il a accueilli environ 1 500 personnes par an, soit un total de 6 000 visiteurs, qui ont pu découvrir les lieux dans leur évolution - sans compter les personnes rassemblées pour des visites en privé s’adressant à tous types de profils. Au total, ce seront près de 21 000 personnes qui auront découvert, ou redécouvert, le Grand Hôtel-Dieu. Le résultat est que c’est le seul projet à Lyon qui, depuis des décennies, n’ait pas eu un seul recours ! 
La réalisation de ce dossier doit la plupart de son contenu à l’ouvrage Le Grand Hôtel-Dieu de Lyon de Frédérique Malotaux et Ombline d’Aboville, illustré principalement par Ferrante Ferranti, et dont nous ne pouvons que recommander la lecture intégrale (Éditions Libel, décembre 2016). 
Photos du dossier : Yves Neyrolles.


L’hôtel-dieu : reconquérir les Lyonnais !

(extrait du Journal n°136, juin 2011)

Comme beaucoup d’autres associations, la RVL avait été conviée à la présentation du projet retenu, après concours, par la Ville de Lyon. Récit. Nous avons également assisté à la présentation, par le professeur Mornex, de son projet de Grand Musée de la Santé.

C’est probablement l’un des événements majeurs de cette décennie dans le domaine de la reconversion du patrimoine lyonnais. Depuis novembre 2010, nous connaissons l’équipe que la Ville a retenue pour transformer l’ancien hôpital en complexe hôtelier et commercial. Celle-ci, constituée par les Groupes Eiffage et Intercontinental, avec les architectes Albert Constantin et Didier Repellin proposait le projet le plus « lyonnais » parmi tous ceux qui avaient été présentés. L’ensemble comportera donc un hôtel de luxe cinq étoiles, un centre de convention dédié à la santé, des activités tertiaires, le tout sur un rez-de-chaussée commercial. Les chambres de l’hôtel seront aménagées sur deux niveaux, avec une mezzanine, afin de conserver la hauteur sous plafond.
Albert Constantin insiste sur l’accessibilité des lieux à tous, alors que nous étions nombreux à craindre de devoir montrer « porte-monnaie bien garni » pour continuer de pénétrer dans l’édifice. Les cours, transformées en jardins à thèmes (le Moyen Âge, les plantes médicinales, etc.) ainsi que le grand Dôme, dont on nous assure que l’intégrité sera préservée, seront ouverts au public durant la journée. Les bâtiments longeant la rue Bellecordière seront profondément remaniés pour redonner du faste et de la netteté à une artère aujourd’hui délaissée.
Même si, tel qu’il est présenté, le projet semble plutôt séduisant, les réactions ont souvent été virulentes concernant la disparition des activités liées à la santé. L’Hôtel-Dieu, érigé au cours de l’Histoire grâce aux dons des Lyonnais, sanctuaire de l’esprit de charité et d’hospitalité, doit-il ne devenir qu’un lieu emblématique de plus pour une ville qui se veut tournée vers la modernité, au service d’une clientèle fortunée ? L’idée heurte la sensibilité de nombreux habitants et porte en son sein le germe d’une polémique. Pourtant, le maire de Lyon reste intransigeant sur le sujet : il n’y aura plus d’activités ni aucun service de santé dans l’Hôtel-Dieu… Le seul « espoir » de prolonger l’esprit du lieu réside désormais dans le projet d’un Grand Musée de la Santé, porté par le professeur René Mornex.
Le 30 mars dernier, à l’École Nationale Supérieure, dans un amphithéâtre de 500 personnes « plein à craquer », le professeur a exposé son projet. Il souhaite que le futur espace d’exposition transmette le souvenir hospitalier des lieux au travers des collections des quatre musées lyonnais voués à la médecine, lesquels, pour renforcer leur potentiel, pourraient fusionner.
Ce musée devra permettre la transmission des savoir-faire et de la mémoire. Il complètera le centre de congrès. Les collections permanentes s’articuleront autour de trois thématiques : le corps (anatomie, imagerie) ; les instruments (innovations et découvertes) ; les traitements (cabinets dentaires, chirurgie orthopédique, création du SAMU). Le professeur voit ce musée tourné vers l’avenir. Pour cela, il met en avant les questions d’actualité, fait en sorte que les visiteurs deviennent acteurs, propose des espaces ludiques, pour les enfants comme pour les adultes, envisage la numérisation des objets qui ne pourront pas être exposés, créant ainsi un musée virtuel.
Bien entendu, la première question que l’on est amené à se poser est : « Mais comment un tel établissement sera-t-il financé ? » Sur ce point, le professeur Mornex assure qu’il travaille actuellement à la recherche de solutions et il invite tout le monde à participer. De toute évidence, outre la question du coût engendré par la mise en place de la structure, se pose celle du coût de son fonctionnement. Celui-ci est estimé à trois ou quatre millions d’euro par an. « Soit un demi footballeur ! », aime à plaisanter le professeur. Si nous soutenons de tout cœur le projet du Grand Musée de la Santé, nous avons bien conscience que le plus gros du chemin, son financement, reste encore à faire.
Il pourrait être opportun de réfléchir aussi à l’appellation de cette structure. Le mot « musée » nous semble avoir une connotation passéiste. Espérons, en tout cas, une heureuse conclusion pour un projet en mesure de réconcilier les Lyonnais : nombreux sont ceux qui, sans nier les qualités du programme de reconversion en cours, éprouvent cependant une certaine amertume en découvrant l’abandon de ce qui a fait l’âme de l’Hôtel-Dieu.
Si vous souhaitez soutenir le Grand Musée de la Santé du professeur René Mornex : http://www.hoteldieudelyon.fr/sign.php

L’hôtel-dieu, une actualité brulante

(extrait du Journal n°135, novembre 2010)

Quelques jours avant l’ouverture des dossiers de candidature à la reconversion de l’Hôtel-Dieu, la commission « Lyon-Patrimoines » de la RVL, appuyée par 11 associations membres, a adressé une lettre ouverte au maire de Lyon, président des Hospices Civils de Lyon, dans laquelle elle rappelle les valeurs fondamentales qu’elle souhaite voir respecter lors du choix du groupe qui assurera la reconversion de cet ensemble de bâtiments. Nous publions in extenso le contenu de cette lettre et la liste des associations signataires.

Le 29 octobre, nous avons appris que, des deux équipes retenues au premier tour, c’est le groupe Eiffage qui a été finalement choisi par le jury. Sans rien retirer des arguments que nous développons dans notre lettre ouverte, nous nous réjouissons de ce choix. Tel qu’il vient d’être présenté dans sa version définitive, le projet Eiffage se montre, en effet, respectueux des valeurs auquelles nous sommes attachés. Des points importants restent à affiner, fournissant matière à réflexion - et à action.

Lyon, le 24 septembre 2010
Monsieur le Sénateur-Maire,
Les associations signataires de cette lettre ouverte et un grand nombre de Lyonnais et de non Lyonnais sont attentifs au devenir de l’Hôtel-Dieu.
Au moment où le comité de pilotage que vous animez va prendre sa décision pour le choix d’un opérateur privé, nous voudrions attirer votre attention sur deux points qui nous interpellent tout particulièrement :
Depuis mille ans, l’Hôtel-Dieu adresse aux Lyonnais un message clair, simple et consensuel : hospitalité, accueil des pauvres et des déshérités, qualité des soins et de la recherche médicale, cela, grâce à l’effort financier de nombreuses personnes privées et de la collectivité.
Si les associations signataires pensent que la présence d’une grande chaîne hôtelière participera au rayonnement de Lyon, elles regrettent, en revanche, que vous n’ayez pas demandé aux investisseurs de proposer un projet global, structurant et porteur de sens, centré sur la valorisation du BIOPÔLE SANTÉ de Lyon.
L’Hôtel-Dieu doit devenir le symbole des multiples atouts internationaux de la Métropole Lyon - Saint Etienne dans les domaines de la médecine, de la chirurgie, de la pharmacie, des vaccins, des activités industrielles paramédicales, des recherches internationales avec la création d’un Pôle Régional de Promotion de la Santé.
Les associations signataires pensent que cet ensemble devrait obligatoirement s’appuyer sur la présence d’un Musée de la Santé, élargi à l’ensemble des riches collections lyonnaises. Ce serait à la fois le plus important Musée de ce type en France, une vitrine de l’histoire, et un lieu vivant, utile à la réflexion et à la formation sur les questions de santé actuelles.
D’autre part, nous comprenons votre souci de ne pas mobiliser de sommes conséquentes pour l’infrastructure de ce projet. Il nous paraît cependant inconcevable que la collectivité se désintéresse de l’affectation à venir d’un tel ensemble patrimonial et ne garde pas le contrôle de ce programme à travers l’installation et le financement de certaines activités. Ce serait aussi le meilleur gage de pérennisation de l’accès des Lyonnais à ce monument et de son ouverture à leurs besoins et attentes.
Nous demandons donc aux collectivités publiques de s’impliquer dans la reconversion, y compris financièrement, en présentant un projet signifiant et structurant, comme l’exige le traitement d’un des plus prestigieux bâtiments de notre ville.
Enfin, pour veiller à ce que le site de l’Hôtel-Dieu conserve sa vocation et sa place dans le cœur des Lyonnais, nous souhaitons que le projet de l’opérateur retenu fasse l’objet d’une présentation détaillée et d’une concertation approfondie avec les associations avant sa contractualisation.
Sachant tout ce qui vous lie à l’humanisme qui a fait le rayonnement de notre cité, nous sommes certains que vous souhaiterez conserver à ce lieu tout ce qui constitue véritablement « l’âme de Lyon ».
Nous vous prions de croire, Monsieur le Sénateur-Maire, à l’expression de notre respectueuse considération.

Pour les associations co-signataires : Annick Lioud

Présidente de la Renaissance du Vieux-Lyon


Liste des associations co-signataires de la lettre ouverte au Maire de Lyon
- Amis du Musée de l’Hôtel-Dieu : Michel Nicolas, Président 
- Centre Presqu’Ile : Patrick Martin-Genier, Président
- De Condate à Lyon Confluence : Martine Dupalais, Présidente
- Fondation Renaud : Jean-Jacques Renaud, Président
- Groupe Lyonnais d’Etudes Médicales : Raphaël Nogier, Président
- Les Amis de l’Hôtel-Dieu : Professeur Jacques Delaye, Président
- Lugdunum Florentia : Olivier Girerd, Président
- Patrimoine Rhônalpin : Eddie Gilles-di-Pierno, Président
- Renaissance du Vieux Lyon : Annick Lioud, Présidente
- Réseau des Musées d’Histoire de la Médecine de Lyon : Professeur René Mornex 
- Sauvegarde et Embellissement de Lyon : Jean-Louis Pavy, Président
- Société Historique Archéologique et Littéraire de Lyon : Philippe Dufieux, Président 
- UCIL : Michel Salager, Président

Hôtel-Dieu,  cœur de Lyon et des Lyonnais !

(extrait du Journal n°134, juillet 2010)

La reconversion de l’Hôtel-Dieu fait actuellement l’objet d’une consultation liée au prochain départ des activités de santé des Hospices Civils de Lyon, sans concertation avec les nombreuses associations concernées par ce projet. Or, cet ensemble fait partie du périmètre inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Précision d’importance ; car cette inscription a récompensé un « rayonnement universel », fondé notamment sur des valeurs sociales et de santé publique, soulignant ainsi que Lyon a une longue tradition d’humanisme. L’Hôtel-Dieu est l’expression même de cette tradition et sa reconversion doit s’inscrire sous l’égide du prestigieux label mondial.

Souffle court 

La réhabilitation de l’Hôtel-Dieu doit donc être portée par une ambition et non pas uniquement par le calcul de la meilleure rentabilité du m2 ! Pour cet hôpital, nombreux sont ceux qui ont pensé, donné, travaillé, souffert. Et, si un lieu devait résumer « l’âme lyonnaise », nul doute que ce serait celui-ci.
Pourquoi ne pas y rassembler le patrimoine vivant de ce qui constitue le caractère de Lyon ? Ses savoir-faire dans les domaines de la santé, bien sûr, mais aussi dans ceux qui relèvent de l’hospitalité, de l’humanité et de la pensée. En n’oubliant pas d’y faire une place à l’humour et à la simplicité. Ne pourrait-on en faire le lieu de la santé humaine et sociale ? Concevoir cet ensemble comme un lieu vivant plutôt que comme une (seule) vitrine du luxe ?

Maître des lieux, maître du jeu

Jusqu’ici, l’Hôtel-Dieu a toujours été ouvert aux Lyonnais. Que veut donc dire « ouvrir l’Hôtel-Dieu aux Lyonnais », expression mentionnée dans les objectifs annoncés de la reconversion ? On imagine mal le grand public flânant sous le Grand Dôme si ce dernier est destiné au seul usage d’un hôtel de classe internationale : voit-on, par exemple, aujourd’hui, le public accéder librement au hall de la Cour des Loges ? Et que dire des boutiques de luxe et des bureaux réservés à des activités tertiaires ?

Le projet soi-disant public risque de se révéler... privé.

En touchant au « patrimoine culturel et affectif » des Lyonnais, la nouvelle affectation de l’Hôtel-Dieu va, et la précision est d’importance, sans concertation, toucher au « cœur » de la ville. Le changement de sens d’un lieu inscrit dans la mémoire collective va faire disparaitre un des principaux repères de l’histoire de Lyon. Si l’on n’y prend garde, le soi-disant projet de réhabilitation va introduire une rupture brutale avec le passé.

Veiller au grain

Au moment où des équipes « planchent » sur le sujet, la Renaissance du Vieux Lyon, à travers sa Commission « Lyon-Patrimoines », souhaite se faire l’écho de ceux qui ne veulent pas subir cette reconversion mais apporter une inflexion notable aux orientations et aux décisions qui vont être prises par la collectivité.
Pour cela nous demandons, en liaison avec toutes les associations concernées :
- qu’un projet d’ensemble soit présenté, incluant les impacts, à court et moyen terme, sur le quartier et sur la ville ;
- que les coûts directs et indirects pour la collectivité soient introduits dans la présentation des projets ; - que le projet de Grand Musée de la Santé soit bien implanté à l’Hôtel-Dieu ;
- qu’il nous soit possible d’échanger avec les différents opérateurs sur les grandes lignes de leur proposition.
Notre position et notre expérience nous amènent à penser que seule une réelle concertation entre les différents acteurs et associations concernés, sera, pour Lyon et les Lyonnais, le gage d’une « vraie » réussite de la reconversion de l’Hôtel-Dieu.

La chapelle de l’hôtel Dieu

(extrait du Journal  n°132, juin 2009)

La chapelle de l’Hôtel-Dieu est l’un des rares monuments baroques de la ville de Lyon. Construite au XVIIe siècle et embellie, au XIXe siècle, de peintures et de sculptures. Elle n’a pas bénéficié de travaux depuis 150 ans.
Un vaste programme de restauration a été élaboré, nécessitant d’importants financements. Plusieurs formules ont été mises en place : souscriptions lancées par les Amis de l’Hôtel-Dieu, collaboration avec la Fondation du Patrimoine, appel au mécénat.
Dans le cadre du plan de relance du gouvernement, une somme de 500 000 € devait être allouée par l’Etat. Mais lors d’une réunion du Conseil d’Administration des Hospices Civils de Lyon, celui-ci a refusé de voter une subvention de 600 000 €, pour des raisons qu’il ne nous appartient pas de juger.
L’Etat s’est donc désengagé de cette restauration (la subvention ira à la restauration de la Grande Chartreuse) et les travaux programmés pour la chapelle de l’Hôtel-Dieu sont donc pour l’instant ajournés.
Bien sûr, nous déplorons vivement cet état de fait qui, entre autres dommages, prive la ville d’inscrire dans ses circuits de visite un fleuron de l’architecture baroque au cœur même du site historique.
Nous souhaitons que, malgré tout, une solution soit recherchée et que cette chapelle retrouve bientôt son faste originel - pour le plaisir de tous les Lyonnais qui y sont attachés.

Projet de restauration de la chapelle de l’Hôtel Dieu

(extrait du Journal n°130, novembre 2008)

Restaurer la chapelle de l’Hôtel- Dieu, c’est redonner vie à la période baroque de cet hôpital. 

Les Hospices Civils de Lyon se sont associés à la Fondation du Patrimoine, créée en 1996, pour mobiliser le « mécénat d’entreprises et de particuliers », en vue de restaurer la chapelle de l’Hôtel-Dieu, une chapelle baroque d’une grande valeur architecturale, mais que l’époque révolutionnaire avait contribué à dégrader, ce lieu étant devenu alors une poudrière puis une école d’infirmières. Une première restauration fut conduite au XIXe siècle et permit même l’enrichissement du décor, grâce au travail d’artistes comme Fabisch, Dufraine et Denuelle. 
Aujourd’hui, une restauration complète s’impose. 
L’équipe en charge de ce projet se compose du Professeur Mornex (ancien directeur et président suppléant du CA des HCL), de Madame Marchand, directrice actuelle, et de Didier Repellin, ACMH. 
C’est une lourde tâche, d’un coût global estimé à plus de sept millions et demi d’euros, et qui ne peut être envisagée que sur une période d’au moins cinq ans, nécessitant même l’aide et le soutien du plus grand nombre. C’est pourquoi, une souscription est ouverte.
La RVL invite donc ses adhérents à se montrer généreux.
Renseignements mécénat : Suzanne Marchand : suzanne.marchand@chu-lyon.fr tel : 04 78 92 09 64