Jean-Guy Mourguet nous a quittés.


(extrait du journal RVL n° 139, novembre 2012)  

Guignol est en deuil. Jean-Guy Mourguet s’est éteint le lundi 8 octobre. 

Né le 22 novembre 1929, montée des Carmélites, il est très vite imprégné par la marionnette Guignol puisqu’on lui met celle-ci dans son berceau, seul moyen de le faire tenir tranquille. Entouré de marionnettistes, il participe dès l’âge de 10 ans à des représentations au théâtre Guignol du quai Saint- Antoine. Il suit des études d’architecture à l’école de La Martinière et entre au conservatoire où il décroche trois premiers prix : chant, art lyrique et opérette. En 1955, la RVL le sollicite pour animer des fêtes dans le quartier Saint-Georges. Alors, il propose Le déménagement, joué dans la rue par des personnages réels. Ce spectacle rencontre un très grand succès et provoque la création d’une troupe de marionnettistes : la Compagnie Jean- Guy Mourguet est née. En 1957, celle-ci interprète une revue, Strip-trique, suivie, dès l’année suivante, par Camélias à gogo. Puis, Jean-Guy Mourguet recherche une salle. Un ami lui propose l’ancienne boutique d’un «regrolleur», au 53 de la rue Saint-Georges, ce qui lui permet de créer le Théâtre Guignol du Petit Bouif. La troupe, comptant parmi ses membres les plus actifs le regretté Jean Clerc, qui a fait aussi les beaux jours de notre association, interprète de nombreuses revues d’actualités, comme La ficelle qui tue ou Vadé métro Satolas. En 1983, la Ville de Lyon sollicite Jean-Guy Mourguet pour prendre la direction du Théâtre Guignol municipal de la rue Carrand. En 1990, celui-ci se retire, tout en maintenant la renommée de Guignol, en France et à l’étranger. Soucieux de préserver sa collection, il participe à la construction d’un Musée Théâtre Guignol à Brindas, commune où il repose désormais. Sans descendance, Jean-Guy clôt ainsi la dynastie des marionnettistes Mourguet, créée par son trisaïeul, Laurent, en 1808. Le Vieux-Lyon se rit encore de ses facéties et ne l’oublie pas.