Amphitrite redresse la tête


(extrait du journal RVL n° 150, juin 2018)

Premier acte des célébrations du 20e anniversaire de l’inscription du site historique de Lyon sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco, la remise en eau et en lumière de la fontaine de Bartholdi s’est déroulée au soir du 22 mars dernier (après une journée consacrée aux deuxièmes Rendez-vous du Patrimoine) en présence du premier magistrat de notre ville et du préfet de région, entourés de tous les « acteurs » qui, durant un peu plus de deux années, ont procédé à la restauration de ce chef-d’oeuvre de sculpture en plomb. Pour mieux faire comprendre l’état de délabrement du monument, l’architecte Didier Repellin a rappelé aux nombreux Lyonnais découvrant l’exceptionnelle beauté et la vivacité de ce quadrige, que cette restauration s’imposait depuis longtemps, la tête de la conductrice du char marin, l’impressionnante Amphitrite, ayant dû être soutenue de l’intérieur par un vulgaire tube d’échafaudage.
C’est « l’esprit » des airs, qu’habitait une jeune danseuse soutenue par une grappe de ballons blancs, qui est venu ensuite « réveiller », en musique, la déesse des eaux rétablie dans sa fougue, dans sa fierté, dans son élan à conduire son équipage d’enfants vers le soleil. Celle qui, à ce que l’on dit, était d’abord censée incarner la Garonne, conduira désormais les eaux confluentes du Rhône et de la Saône dans la splendeur bientôt entièrement retrouvée d’un lieu qui, plus qu’une simple place, se donne à voir comme un véritable théâtre, le grand théâtre de Lyon, dont le char plus que bimillénaire de l’histoire s’affirme dans l’éclat multiple d’une nouvelle effervescence.
La fontaine des Terreaux. © Yves Neyrolles
La fontaine des Terreaux. © Yves Neyrolles