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Gare Saint-Paul


Réalisé de 2009 à 2013

La restauration des logements de la gare Saint-Paul

(extrait du journal n° 141, novembre 2013)

Une aventure de près de 20 ans s’achève….


Nous nous réjouissons de l’achèvement des travaux qui ont permis à la gare Saint-Paul de retrouver sa splendeur après de nombreuses années de tergiversations et de projets abandonnés.

Le bâtiment a fait peau neuve et accueille de nouveaux habitants.

Nous avons demandé à Brigitte Scharff, de l’agence Pierre Vurpas & Associés Architectes, de nous présenter les caractéristiques du chantier qu’elle a conduit pour cette réhabilitation.

Depuis 1996, notre agence travaille sur l’emblématique gare Saint­Paul, au départ sur un périmètre assez large, incluant l’ensemble du bâtiment jusqu’à des études sur un ambitieux parking en remplacement du parc des voûtes.
En groupement avec l’entreprise Pitance, l’agence avait été désignée lauréate à l’issue d’une consultation lancée par la SNCF. Le projet initial pour lequel l’équipe est choisie comporte la restructuration complète de la gare et des logements situés au-dessus.
En 1997, avec la création de RFF (Réseau Ferré de France), l’État décide de séparer les infrastructures ferroviaires des gares et de l’exploitation. Le tènement initial est recoupé, le bâtiment de la Gare est séparé des quais et des voies. Une réflexion nouvelle est menée en parallèle au niveau de la SNCF qui décide de confier la restructuration de la partie gare à son service d’architecture interne.
Un premier projet de restructuration importante est développé, pour accueillir une résidence de tourisme comportant des studios et deux-pièces destinés à la location de courte durée. Ils s’organisent autour d’une cour intérieure reprenant une partie du principe de la distribution d’origine du bâtiment, dont l’historique est développé ci-après. Ce projet fera l’objet d’un premier permis de construire en 1999. Devant des difficultés de montage, le projet sera abandonné et c’est finalement une restauration plus respectueuse, avec réorganisation des logements, qui est réalisée.

Une démarche basée sur l’analyse et la compréhension du bâtiment

Construite entre 1873 et 1876, au moment de la réalisation de la voie de chemin de fer reliant Lyon à Montbrison, au débouché du tunnel qui, depuis Vaise, traverse la colline, la gare est le résultat d’une importante restructuration urbaine d’une part, d’un contexte topographique et fonctionnel d’autre part.
Le bâtiment, en forme de U, vient en effet accueillir l’extrémité des voies aménagées sur la vaste esplanade. Il est enserré entre l’épaulement de la colline et le quartier ancien, limité par la rue Saint­Paul.
Il est creusé en son centre d’une cour triangulaire. Sa façade principale, tournée vers la ville et le pont La Feuillée, domine la place Saint­Paul, dont elle forme le fond.
Ses façades latérales se retournent le long de la montée Saint­Barthélemy au sud, le long de la rampe d’accès cocher au quai, au nord. Cet accès dessert aujourd’hui une zone de stationnement de bus et de trolley, qui occupe l’ancienne plateforme de maintenance.
Le bâtiment a fait l’objet d’un relevé très précis et de sondages permettant d’identifier ses caractéristiques structurelles. Celles­ci sont très représentatives du développement industriel de la deuxième moitié du XIXe siècle : l’utilisation de techniques mixtes sur les planchers, bois­métal, permet de franchir les grandes portées, en particulier au­dessus de la salle des pas perdus.
C’est aussi l’histoire et les évolutions de la gare que nous avons cherché à comprendre.À l’origine, le niveau bas est occupé par tous les services liés à l’activité ferroviaire, avec notamment un sas d’entrée et un sas de sortie vers les quais, des salles d’attentes, de grandes salles de bagages, qui sont à l’image du trafic important de l’époque et de l’engouement pour le nouveau mode de déplacement pour des longs séjours. On y trouve aussi les bureaux, liés à l’exploitation, des chefs de gare mais aussi des services financiers.
Les trois niveaux supérieurs comportent les logements de fonction des cheminots, les plus prestigieux étant situés au premier niveau, côté place et rue Saint­Paul, pour le chef de gare et son adjoint, puis progressivement aux niveaux 2 et 3, pour les chefs de section et de district, gardiens et autres…
Entre 1935 et 1950, sans doute à la suite d’un manque de place en bas, la partie du premier étage qui fait face à la place est transformée en bureaux, opération ayant malheureusement occasionné la dépose des décors existants qui devaient être les plus beaux.
Le bel et grand escalier monumental qui donne sur la place dessert, sur deux niveaux seulement, les quatre logements de prestige cités précédemment. Tous les autres logements sont distribués par la petite cage d’escalier qui donne sur la montée des Carmes Déchaussés et accède, par de grands couloirs, au niveau 3.
Lors du réaménagement de la gare, après une division entre les parties, toutes les parois ont fait l’objet d’une isolation coupe-­feu permettant de séparer l’ERP (Établissement Recevant du Public) des logements qui forment un tiers.
Outre les altérations liées aux usages des différents occupants (réaménagements intérieurs, changements de fenêtres, remplacement des stores par des volets roulants), le bâtiment, totalement inoccupé pendant plus de 10 ans a aussi subi certaines dégradations : fuites, enracinement d’un buddléia dans la façade, etc.

Un réaménagement respectueux accompagne des évolutions majeures

Forts de cette analyse et d’une bonne connaissance du bâti, nous nous sommes attachés à concilier la préservation des éléments de valeur et l’évolution vers des appartements confortables : sur le plan sanitaire, thermique, acoustique et au niveau de l’accessibilité.
Sur la base d’un programme élaboré avec la société ADIM Lyon, puis avec Avenir Finance qui a repris le projet pour le commercialiser, 28 logements sont réorganisés autour des deux cages d’escalier existantes et d’une troisième, recréée. Sur le côté sud de la façade principale, une nouvelle entrée faisant pendant à celle du côté nord est réalisée par transformation d’une fenêtre en porte pour la distribuer. Un ascenseur y est installé : il permet de rendre 16 des 28 logements accessibles au personnes à mobilité réduite.
Nous avons milité pour le maintien de grands appartements là où ils se trouvaient à l’origine afin de ne pas casser ces beaux lieux qui, de surcroit, profitent d’une vue exceptionnelle… même si c’était un peu en dehors des critères classiques de commercialisation et de location.
Pour optimiser les ouvertures possibles, et après une concertation avec les ABF qui ont suivi le projet et ses évolutions depuis le début, nous avons décidé de déposer la verrière qui couvrait la cour centrale et de créer un patio intérieur suspendu au­dessus des activités de la gare, maintenues au­dessous.
La cage C, montée des Carmes Déchaussés, recoupée et isolée vis-­à-­vis des locaux de la SNCF qui sont au-­dessous, distribue 5 logements.
À l’intérieur, la démarche adoptée est celle du maintien des cloisons et des décors existants (boiseries, parquets et moulures), ainsi que de leurs compléments éventuels lorsque ceux­ci existent, ou bien d’un traitement sobre et contemporain lorsque ceux­ci n’existent pas. Enfin, nous créons des salles de bains et des sanitaires dans tous les appartements.
À présent que la vie a repris à l’intérieur du bâtiment, que les fenêtres s’éclairent à nouveau, il ne reste plus qu’à attendre la remise en service de l’horloge par la SNCF… et la gare aura retrouvé sa forme d’antan, en accord avec les aspirations du XXIe siècle.
Brigitte Scharff, Architecte DPLG

PLACE À LA PLACE !

Nous nous souvenons que, répondant à nos demandes de reconfiguration du quartier Saint-Paul, demandes réitérées au cours des vingt dernières années, il nous était régulièrement assuré que cela se ferait lorsque toutes les conditions seraient réunies : l’établissement d’une liaison tram-train, la réhabilitation complète de la gare, mais aussi des voûtes servant de garages le long de la rue Saint-Paul.

Puisque tout est à présent réalisé, nous pouvons dire : place à la Place ! Nous ne doutons pas que des études seront rapidement faites et que, en concertation avec les habitants et les associations, un bel espace sera conçu, dessiné et réalisé face à la gare, pour un usage à la hauteur du bâtiment restauré, mais aussi du quartier lui-même.

Fiche technique

• Maître d’ouvrage : ASL Gare Saint-Paul

• Maître d’oeuvre : Pierre Vurpas, Associés Architectes

• Entreprise générale : Pitance

• Surface utile = 1872 m²


Gare Saint-Paul : bientôt le bout du tunnel

(extrait du journal RVL n° 139, novembre 2012)

Depuis de nombreuses années, la restauration de la gare Saint-Paul est annoncée, puis programmée, puis amorcée…

Après les travaux réalisés au rez-de-chaussée, c’est au tour des logements de retrouver une nouvelle vie. L’agence d’architectes Pierre Vurpas et associés a la maîtrise d’œuvre de cette opération, Avenir Finances immobilier en est le maître d’ouvrage et l’entreprise Pitance en assure la réalisation.

Il s’agit de restaurer 28 logements, sur 3 niveaux. Jusqu’alors, deux entrées assuraient la desserte de ces logements. Une troisième entrée a été créée, disposant d’un ascenseur. Des couloirs de circulation permettront ainsi à 16 logements d’être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les travaux concernent une amélioration générale sur le plan sanitaire, thermique, acoustique et une mise en valeur des éléments architecturaux ou décors intéressants.
Le hall de la nouvelle entrée sera traité de façon à rappeler l’esprit « brut » de l’ancienne bagagerie.

Bien évidemment, la façade, élément majeur du bâtiment, sera aussi restaurée : gommage, réfections partielles en fonction des besoins, mise en peinture, traitement des fenêtres, remise en état des jalousies et des lambrequins.

Tous ces travaux sont réalisés en concertation avec l’Architecte des Bâtiments de France et devraient être terminés au mois de mars.


Saint -Paul s’emballe ...

(extrait du journal RVL n° 138, juin 2012)

Les échafaudages dressés contre les façades (latérales et côté quais) attestent l’avancement des travaux entrepris depuis plusieurs années sur l’édifice de la gare, qui ne manquera donc pas de retrouver très prochainement son aspect originel prestigieux. Un autre emballage, présent le long d’une partie de la rue Saint-Paul, augure lui aussi d’une issue heureuse au débat récurrent (depuis ... la fin du siècle dernier !) à propos du sort des voûtes et de leurs garages, dont la gestion a été confiée par RFF à la société Bellecour. 
En attendant l’arrivée en gare, à l’automne dit-on, des premières rames du tram-train, nous notons avec satisfaction que décidément les choses ont bougé du côté de Saint-Paul, sauf – hélas ! - pour les bambous. Ceux-ci manifestent silencieusement leur souffrance, comme résignés au statut d’oubliés du mouvement alentour... 


Gare Saint-Paul : l’éclaircie

(extrait du journal RVL n° 135, novembre 2010)

Réjouissons-nous : les travaux de réaménagement des circulations à l’intérieur de la gare Saint-Paul sont achevés. Ils ont été remarquablement conduits et ont permis de sauvegarder le vaste espace de la salle des pas perdus, en attendant une valorisation complète de celle-ci.
Pour la place Saint-Paul, une observation attentive des usagers aiderait peut-être les concepteurs à reconfigurer cette place et à installer un mobilier urbain, tout aussi simple que celui qu’on voit ici, mais manifestant un vrai souci d’harmonie avec la façade de la gare.
D’autre part, comme nous l’avons annoncé dans le N° 134 de notre Journal, le traitement des étages ne saurait tarder, à l’initiative du groupe financier « Avenir France » qui se lance dans une opération visant à la livraison, dès 2012, de logements haut de gamme, du T1 au T4, et de quelques logements à caractère social. Ce nouveau chantier apportera une heureuse conclusion à de nombreuses années au cours desquelles nous avons sollicité une totale réhabilitation de cet édifice, représentatif de la grande architecture ferroviaire de la fin du XIXe siècle.
Il reste deux points en attente de solutions. Le premier concerne le traitement des voûtes hébergeant un parc de stationnement dont RFF, propriétaire, a confié la gestion au Parc Bellecour. L’autre concerne la reconfiguration définitive de la place elle-même.
Nous sommes impatients de connaître les réponses qui pourront être faites, et nous espérons que celles-ci mettront un terme au processus de transformation de cette partie importante du quartier Saint-Paul, processus dans lequel la RVL s’est mainte fois engagée depuis plus de vingt ans.


Réaménagement à Saint-Paul, le point de vue de RFF

(extrait du journal RVL n° 131, février 2009)

En décembre dernier, Annick Lioud et Yves Neyrolles ont rencontré M. Patrice Vivien, chef du département Aménagement et Patrimoine à Réseau Ferré de France (RFF). Celui-ci a bien voulu répondre à nos questions concernant le rôle que joue son organisme dans le cadre du réaménagement des abords de la gare Saint-Paul.

Réseau Ferré de France exploite, modernise et développe le réseau ferré national (30 000 km dont 2 000 km de lignes à grande vitesse). Cet organisme a vu le jour en 1997 pour permettre à la SNCF (c’est-à-dire à l’État) de cantonner la dette ferroviaire (actuellement de 28 milliards d’euros) et d’ouvrir progressivement le réseau à la concurrence.
Ce réseau est ouvert, en contrepartie du paiement d’une redevance, aux entreprises ferroviaires : la SNCF, bien sûr, et, depuis 2006, les entreprises de transport de fret. Le transport international de voyageurs sera, quant à lui, ouvert à la concurrence dès 2010.
RFF confie à la SNCF l’entretien du réseau, dans le cadre d’une convention de gestion, donnant lieu à rémunération.
Disposant de 12 directions régionales, dont la direction Rhône-Alpes-Auvergne à Lyon, RFF travaille en partenariat avec de nombreux acteurs aux niveaux local et régional.
Cet organisme gère un patrimoine important qui se compose, d’une part, du support foncier de toutes les voies et, d’autre part, en Rhône-Alpes-Auvergne, de 3 300 ha constitués de divers types de terrains ou biens immobiliers en lien plus ou moins étroit avec le système ferroviaire (1). Cette dernière catégorie fait l’objet d’une politique active de rationalisation et de valorisation (location, cession), contribuant ainsi au financement du développement ferroviaire.
(1) • Les gares (aussi appelés bâtiments voyageurs) sont placées sous la responsabilité de la SNCF.
C’est ainsi que RFF loue à un opérateur, les « Garages Bellecour », les voûtes de la rue Saint-Paul.
En tant que propriétaire, il a été sollicité pour étudier la remise en valeur de cet emplacement.
En effet, au cours d’une réunion, organisée en juin 2007 à la mairie du 5e par Alexandrine Pesson et des représentants du Grand Lyon, le problème des voûtes a été posé.
RFF propose alors trois solutions :
- remettre celles-ci à l’état « naturel » et les fermer par des grilles : on aurait une meilleure ventilation.
- maintenir le parc de stationnement, mais procéder au ravalement des façades et des portes (restauration à étudier avec les « Garages Bellecour »).
- supprimer le parc et le remplacer par des commerces (comme on peut en voir un exemple à Paris, à proximité de la Gare de Lyon).
Depuis cette date, un groupe de travail s’est constitué pour réfléchir à l’aménagement de la gare et des abords. Ce groupe réunit le Grand Lyon, le Sytral, la SNCF et RFF.
RFF et le Conseil Régional s’occupent de la rénovation des lignes. On travaille sur l’intermodalité du réseau Sytral et du réseau train. On ne peut agrandir la plate-forme car elle est utilisée pour le retournement de la ligne C3. Le Grand Lyon étudie le plan de circulation et l’accès à la gare. Cette question n’est pas encore résolue (une réunion récente, qui s’est tenue le 8 décembre, est restée sans résultat).
Nous parlons du projet de la RVL de faire construire un parking à la place des voûtes (projet réalisé par Denis Eyraud et intégré au projet « Vieux- Lyon 2000 », présenté par la RVL aux candidats aux élections municipales de 1995). M. Vivien découvre l’existence de ce projet et se montre intéressé. Nous lui en communiquerons une copie.
Nous tombons d’accord avec lui pour dire qu’il ne nous semble pas raisonnable de supprimer les garages pour les remplacer par des commerces : où mettre les voitures ? Le commerce ne marche pas très bien, il ne parait pas opportun de créer de nouvelles enseignes.
Au cours de l’été 2008, des travaux de confortement de la dalle couvrant les voûtes et servant au retournement des bus de la ligne C3 ont été réalisés. Ces travaux ont contribué à assainir celles-ci.
Dans l’attente d’engagements définitifs du Grand Lyon (projet des Rives de Saône), RFF s’en tient, pour l’instant, au maintien de l’exploitation (rémunératrice) de son parking et poursuit sa convention avec les « Garages Bellecour ». Tous deux sont prêts, néanmoins, à procéder à la restauration des voûtes, un investissement qui améliorerait leur aspect extérieur et les rendrait dignes de supporter la confrontation avec l’église Saint- Paul. Les travaux pourraient se faire en plusieurs phases, sous le contrôle de l’ABF. Il y aura nécessité, de toute façon, de prévenir les usagers.
Pour notre part, nous pensons qu’il ne faudrait pas trop tarder, car il serait bien venu de coordonner ces travaux avec ceux qui, en créant une nouvelle traversée de la gare, vont procéder à la réhabilitation de la salle des pas perdus, travaux programmés pour se dérouler du printemps à l’hiver de cette année 2009


La gare Saint-Paul en bonne voie…

(extrait du journal RVL n° 130, novembre 2008)

Enfin ! vont dire les habitants du quartier Saint-Paul. Enfin, quelque chose se passe, démarre et vient mettre un terme à une attente qui tournait à l’impatience, tant elle se prolongeait.
À la gare Saint-Paul, de gros et grands travaux vont commencer. Après moult réunions de concertation entre eux et des contacts épisodiques avec les habitants et leurs associations représentatives, la SNCF, RFF, la Région, le Grand Lyon et l’État ont adopté une stratégie, un calendrier, et se donnent les moyens de faire de Saint-Paul un pôle important du trafic des voyageurs en provenance de l’Ouest lyonnais.
Dans le prochain numéro de notre Journal, nous décrirons précisément le rôle que comptent jouer ici RFF, La Région, le Grand Lyon, ainsi que le Sytral. Pour aujourd’hui, nous nous contenterons de suivre le guide de la SNCF dans les travaux qui vont être entrepris.
La mission première de cet organisme d’État est de redonner à la gare toute sa valeur, tout son sens. Saint-Paul fait, du reste, partie d’un projet de réhabilitation d’un ensemble comprenant près d’une vingtaine de gares, situées entre Mâcon et Valence.

Compte à rebours

Prenons les choses à l’envers. En décembre 2009, de nouveaux matériels, modernes, confortables, achetés par la Région Rhône- Alpes, remplaceront les vieux autorails jaunes et rouges (familièrement nommés « vanille-fraise ») dont les riverains des quais entendent tourner les moteurs bien avant leur départ et dont ils se protègent des fumées en refermant leurs fenêtres.
Les voyageurs arrivant, mettons de Sain- Bel, découvriront alors une nouvelle manière de « pratiquer » la gare. Une large percée, traversant l’édifice en son milieu, les conduira jusqu’aux grandes portes de bois, restaurées, des portes doublées intérieurement d’un tambour de verre destiné à réduire les courants d’air. Parvenus sur le seuil, ils auront le choix de descendre les degrés rénovés de l’escalier historique ou, s’ils éprouvent la moindre gêne (cas des handicapés), d’emprunter une rampe aménagée perpendiculairement au mur de la façade.
Le côté nord-est de la gare (jusqu’ici fermé au public) sera devenu, depuis un an déjà, le lieu d’accueil des voyageurs : un accueil nettement amélioré puisqu’il se fera dans l’espace d’une véritable boutique, ouverte en novembre 2008, et devant laquelle se trouvera en permanence un agent chargé de renseigner les voyageurs, les machines automatiques d’achat des billets restant, elles, à peu près à leur place.
Tel sera le résultat le plus visible des travaux menés depuis le mois de mai 2009, c’est-à-dire après épuisement de l’ultime délai de recours vis-à-vis du permis de construire, déposé en juillet 2008.

Et le hall historique ?

Il sera entièrement restauré et, progressivement, réaffecté. C’est principalement sur cette restauration (minutieusement suivie par l’architecte des Bâtiments de France) que vont porter les travaux les plus lourds.
Classé monument historique, le hall ne sera pas qu’une salle des pas perdus et, sans que soit remise en cause sa volumétrie imposante, il se verra réparti judicieusement en divers espaces pouvant être dévolus à des services annexes, à de l’information, du commerce, de la culture, tout cela restant encore à préciser.
La SNCF, décidée à remettre de la vie dans ses gares, a d’ores et déjà lancé un appel à projets et compte sur l’appui et le concours des collectivités locales.

Les candidats ont jusqu’à la fin du mois de décembre 2008 pour déposer un dossier. Un jury, constitué de représentants de la SNCF, de la Région et de la mairie de Lyon 5e, analysera les demandes début 2009 et se prononcera au printemps pour une faisabilité qui pourra cependant outrepasser décembre 2009, date butoir de la mise en service de la gare dans sa nouvelle formule.
Alors, pourquoi ne pas installer ici une antenne de La Poste, diront tout aussitôt, non sans raison, les vieux habitants de Saint-Paul, qui se souviennent sans doute de l’implantation, malheureusement éphémère, d’un tel bureau dans la gare. Le Vieux-Lyon étant ce qu’il est (une étroite bande urbaine longeant la Saône depuis Bourgneuf jusqu’au quai des Étroits) et ne disposant aujourd’hui que d’un seul bureau de Poste, situé entre le Palais de Justice et la cathédrale Saint-Jean, une telle demande ne peut guère être considérée comme l’exigence luxueuse d’une population privilégiée.

Ravalement des façades et des abords

La SNCF est maître d’ouvrage sur le rez-de-chaussée de la gare. Pour ce qui est des étages, nous y reviendrons, le projet de résidence hôtelière, évoluerait vers du logement destiné principalement aux agents de la SNCF, une autre partie devant avoir un caractère social. Ce montage est réalisé en lien avec la mairie de Lyon 5e et la Ville de Lyon.
Le ravalement et la mise en valeur des parties extérieures de l’édifice ne pourront se faire qu’après que cette question de la réaffectation des étages sera définitivement tranchée. Une telle réhabilitation ne peut s’effectuer que globalement et nécessite, de plus, la pose d’échafaudages. Afin de limiter les nuisances pour les riverains et les clients du train, la SNCF préfère réaliser les travaux des façades en une seule fois avec les partenaires de l’opération.
Quant à ce qui relève de la responsabilité de RFF (les fameuses voûtes, abritant des garages en piteux état, et qui, longeant la rue Saint-Paul, font un piètre contraste avec l’église magnifiquement remise en valeur), nous avons pu constater que d’importants travaux ont été menés, l’été dernier, pour consolider et étanchéifier la dalle sur laquelle les bus de la ligne C3 viennent effectuer leur rotation avant de reprendre les voyageurs au départ de la rue Octavio Mey (1). Ces travaux sont-ils le prélude à une restauration complète des voûtes et de leurs garages ?
Nous le souhaitons, tout en demeurant circonspects, ou plutôt dans une expectative active puisque nous posons, une fois de plus, la question aux responsables de ces espaces.
(1) Ces voyageurs restent, pour l’instant, « embarqués » dans des conditions que nous continuons de déplorer : pas d’abri, pas de banc, pas de panneau d’information sur la fréquence des départs ! Le projet d’un train devenant tram à partir de la gare Saint-Paul pour traverser Lyon et rallier l’est de l’agglomération remet, certes, en question l’emplacement du départ de ce type de transport. Quel est le calendrier de réalisation ? Les voyageurs quittant Saint-Paul par le bus devront-ils endurer longtemps encore les conditions qui leur sont imposées depuis le réaménagement (provisoire pourtant) de la place ? 
  • État actuel et état futur de la façade donnant sur la place Saint-Paul : une restauration à l’identique.
L’aménagement d’une rampe d’accès pour les personnes handicapées respecte l’harmonie de l’ensemble (source SNCF).

Et la place Saint-Paul ?

Ceci nous amène enfin à nous interroger sur le sort de la place Saint-Paul elle-même.
Nos interlocuteurs de la SNCF nous ont bien indiqué les limites de leur propre champ d’intervention : la partie ferroviaire, et donc le rez-de-chaussée de la gare. Cela n’a pas empêché la mise en place d’une concertation, notamment avec le Grand Lyon, pour qui le projet de réaménagement et la montée en puissance de la gare s’inscrivent naturellement dans celui du réaménagement des rives de la Saône, un des projets phares du nouveau mandat municipal.
Cet aspect, pour nous également très important, fera l’objet d’un autre « dossier patrimoine » à paraître dans notre prochain Journal.
Préfiguration de la qualité du travail sur les menuiseries : à gauche, la porte d’origine, à restaurer ; à droite, une porte nouvelle, réalisée rigoureusement à l’identique © Yves Neyrolles
Préfiguration de la qualité du travail sur les menuiseries : à gauche, la porte d’origine, à restaurer ; à droite, une porte nouvelle, réalisée rigoureusement à l’identique © Yves Neyrolles

Rappel des enjeux

  • Une nouvelle offre de desserte ferroviaire et de matériel dès 2009 : première phase de l’Ouest lyonnais, avec 6 trains/heure en 2009 et 8 trains/heure en 2012.
  • Une évolution de la fréquentation : +60% de voyageurs en 2012 (soit 3 500 voyageurs/jour).
  • L’objectif de faire un projet d’aménagement permettant de faire vivre l’ensemble du bâtiment : l’amélioration, au rez-de-chaussée, du service offert aux voyageurs et utilisateurs de la gare.
  • Un projet favorisant l’accessibilité et l’intégration urbaine.
  • Un projet respectant la qualité architecturale du site.

(source SNCF)