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Musées Gadagne


Réalisés de 1998 à 2009

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Le nouveau MAM : MUSÉE DES ARTS DE LA MARIONNETTE

Ouverture le 23 novembre 2018

Portes ouvertes les 24 et 25 novembre 2018

ENTRÉE GRATUITE




Renaissance et modernité

Dossier du journal RVL n°132, juin 2009

Une fructueuse concertation entre les acteurs de ce chantier a donné naissance à une pensée muséographique moderne, fabuleusement mise en œuvre dans son écrin des XVe et XVIe siècles.

Le 8 décembre 1998, trois jours après l’annonce de la consécration de Lyon comme site inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, le maire signait avec l’État une convention de partenariat pour la restauration du musée Gadagne et de six autres édifices classés Monuments historiques (1). Cette signature venait à point confirmer le choix de l’Unesco et montrait les efforts déjà entrepris, entre Rhône et Saône, pour sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine bâti de la cité.
Ce qu’on avait pris l’habitude, au XXe siècle, de désigner sous le nom de « musée Gadagne » était, en réalité un ensemble complexe. À l’origine, c’est-à-dire au XVIe siècle, une juxtaposition de maisons se voyait rachetée, réaménagée (et promue en l’un de nos rares hôtels particuliers) par les Gadagni, une famille de marchands-banquiers florentins venus faire prospérer leurs affaires à Lyon, ville de la soie, des foires franches, de l’imprimerie et de la banque. (2)
À l’autre bout du temps, c’est-à-dire au début du XXe siècle, dans un quartier en plein déclin, la Municipalité rachetait cet ensemble pour y installer un musée consacré au passé de Lyon, à son Histoire. Le musée portait le nom de ses lointains propriétaires, un nom vite francisé par la famille elle-même et devenu proverbial. Certes, il abritait de riches collections d’objets, chargés de raconter les étapes du développement de notre ville, mais tout était présenté de façon plutôt décousue, paraissait vieillot et poussiéreux.
Entrée principale du logis des Gadagne, au pied d’une tour à pans coupés © Yves Neyrolles
Entrée principale du logis des Gadagne, au pied d’une tour à pans coupés © Yves Neyrolles
Depuis son entrée en fonction, à l’automne 1994, Simone Blazy, nouvelle conservatrice, ne cessait de travailler (c’est-à-dire : observer, réfléchir, imaginer, proposer) à une métamorphose de ce lieu. Dès son arrivée à Lyon (était-ce sous l’influence des anciens propriétaires ?), elle s’était prise à imaginer une renaissance pour son musée. Et, en femme de caractère, elle n’avait pas tardé de passer à l’action. 
Simone Blazy, 12 juin 2009 © Yves Neurolles
Simone Blazy, 12 juin 2009
© Yves Neurolles
À cette époque, la porte d’entrée s’ouvrait sur... des pierres tombales, rangées comme des livres dans une bibliothèque. On passait devant cet entassement funèbre avant de prendre, par la droite, le chemin qui conduisait aux caisses. Ambiance ! Les pierres furent vite retirées de là et le visiteur eut droit, en pénétrant dans la cour, à éprouver un premier choc devant les façades intérieures, splendides dans leur semi abandon, et au pied desquelles des camélias vinrent tout à propos, peuplant la cour, jeter contre le noir des touches de couleur.
Cette petite cour intérieure est au centre de bâtiments désormais ouverts au public © Yves Neyrolles
Cette petite cour intérieure est au centre de bâtiments désormais ouverts au public © Yves Neyrolles
Si nous rappelons ces prémices, c’est à cause de leur charge symbolique. Car, à partir de là, tout allait être bouleversé. Bien sûr, il fallut convaincre. De plaidoyers en âpres discussions, les choses avancèrent. Et vint la signature de cette convention, liant l’État et la Ville. La métamorphose pouvait commencer.
La terrasse supérieure avant les travaux © Yves Neyrolles
La terrasse supérieure avant les travaux © Yves Neyrolles
Avec Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques, Catherine Bizouard et François Pin, architectes, l’ambitieux rêve prit forme. Un rêve que le mauvais sort ne manqua pas, à plusieurs reprises, de briser, notamment au mois de juillet 2004, lorsque l’édifice destiné à abriter dorénavant les réserves (et dont la restauration venait juste de s’achever) prit feu et obligea à tout reprendre à zéro - ce qui, avec d’autres incidents de parcours, explique que le chantier se soit prolongé sur une dizaine d’années quand les prévisions initiales étaient de six ans.
La terrasse supérieure après les travaux : un jardin « médiéval » © Yves Neyrolles
La terrasse supérieure après les travaux : un jardin « médiéval » © Yves Neyrolles
Bientôt, ces dix années de travaux ne pèseront guère en comparaison du résultat obtenu. En effet, ce qui se révèle aux yeux du visiteur d’aujourd’hui, c’est, dans un labyrinthe revivifié, le parcours remarquablement raisonné d’une réflexion sur le développement de notre ville, depuis le Moyen-Âge jusqu’au XXIe siècle.
Et nous ne pouvons que noter, une fois encore, la symbolique de l’organisation de tout ce qui nous attend, étage après étage. Si l’on se souvient que les Romains s’installèrent sur la colline de Fourvière et que le musée de la civilisation gallo-romaine (sous la responsabilité du département du Rhône) présente cette première page de notre Histoire sur les flancs mêmes de la colline, vis-à-vis des théâtres antiques, on n’est pas surpris d’avoir d’abord à descendre au sous-sol de Gadagne qui, jusqu’en 1998, abritait les réserves du musée, pour découvrir ce que la ville nous a légué du Moyen-Âge, et de devoir ensuite, gravissant le bel escalier à vis, « monter » peu à peu à la découverte des différents siècles, dont un choix judicieux d’objets, de tableaux, de gravures, émaillés de citations d’auteurs, évoque le déroulement.
La grande cour intérieure en juin 2009 © Yves Neyrolles
La grande cour intérieure en juin 2009 © Yves Neyrolles
Une fructueuse concertation entre les acteurs de ce chantier a donné ainsi naissance à une pensée muséographique moderne, fabuleusement mise en œuvre dans son écrin des XVe et XVIe siècles, intelligente, poétique, vivante. Une Renaissance.
(1) Le 3 avril 1998, en présence de Mme Trautmann, Ministre de la Culture, un protocole d’accord pour l’établissement de deux conventions (triennales) déterminant les axes prioritaires d’une revalorisation globale du patrimoine lyonnais était signé par M. Besse, préfet de Région, préfet du Rhône, et par M. Barre, maire de Lyon. La première convention s’appliquait à la « restauration et la restructuration du Musée historique de Lyon (Musée Gadagne) et à la mise en œuvre de l’Inventaire général des monuments et richesses historiques de Lyon » La deuxième visait « la restauration d’édifices majeurs du site historique classés Monuments historiques : les églises Saint-Irénée, Saint-Paul, Saint-Nizier, Saint-Bruno, la Maison du Chamarier, la fontaine Bartholdi ». Ces deux conventions furent signées le 8 décembre 1998. 
(2) Deux Gadagni (Thomas et François) avaient été dépêchés de Florence à Lyon dès la fin du XVe siècle, après les revers de fortune subis par la famille, fâchée avec les Médicis. Reçus par des compatriotes à la tête de maisons de banques installées près du « Puits de la Porcherie » (à l’angle actuel des rues de Gadagne et de la Loge), ils fondèrent rapidement leur propre « compagnie », qui allait connaître une réussite exceptionnelle.

Un miroir du Vieux-Lyon

L’histoire du site commence dès le début du Premier siècle avant Jésus-Christ, avant même la fondation de Lugdunum par les Romains. À elle seule, cette histoire incarne et rassemble celle de tout le quartier connu aujourd’hui sous le nom de « Vieux-Lyon ». 

Occupé par des artisans, aménagé en entrepôt puis en habitat luxueux, le site est abandonné au IIIe siècle, puis englouti par un glissement de terrain au Ve.
Il renaît au Moyen-Âge avec la construction de la prestigieuse maison de la Boyssette, en bordure de la rue Saint-Jean. Les dépendances de celle-ci gagnent peu à peu les pentes et sont transformées, au cours du XVe siècle, en habitations.
Entre 1489 et 1492, de riches marchands piémontais, les Pierrevive, édifient le long de la montée Saint-Barthélemy un hôtel luxueux, nommé Belregard. Ils construisent plus bas des locaux fonctionnels pour leurs activités commerciales et bancaires, que leurs fils, Nicolas et André, transforment, de 1511 à 1525, en de riches hôtels particuliers destinés aux réceptions et aux fêtes. La fille de Nicolas, mariée à un Gondi, ouvre ici un salon littéraire que fréquentent les grands esprits de l’époque : Maurice Scève, Étienne Dolet, Bonaventure Des Périers, Marot, etc. L’ensemble est vendu, en 1545, à une nouvelle famille de riches banquiers-marchands, les Gadagni, originaires de Florence et obligés par les Médicis de fuir leur ville natale. Ces derniers agrandissent l’hôtel en gagnant sur la colline et en lui donnant plus de hauteur encore. Nous sommes en plein âge d’or de la Renaissance Française. La présence ici, fréquente, de François Ier et de sa Cour contribue à l’essor de la ville de Lyon.
La grande cour intérieure en janvier 1997 (sud - nord) © Yves Neyrolles
La grande cour intérieure en janvier 1997 (sud - nord) 
© Yves Neyrolles
Bien qu’ils ne résident plus dans notre ville dès 1581, les Gadagni, devenus Gadagne, laissent une forte empreinte dans la vie des Lyonnais. En témoigne le proverbe Riche comme Gadagne, à propos duquel on oublie souvent de rappeler que cette famille « étrangère » avait mis sa fortune à la disposition de la couronne de France pour permettre au roi, fait prisonnier au lendemain de la défaite de Pavie, de recouvrer la liberté. L’hôtel particulier porte désormais leur nom.
En 1654, André Falconnet construit un nouveau corps de bâtiment et un petit jardin d’agrément appuyé à la montée du Garillan. Le bâtiment se fige au XVIIIe siècle et se voit, au cours du XIXe, avec le déclin du Vieux-Lyon, divisé en de nombreux appartements. Près de soixante familles vivent ici, réaménageant les lieux à leur convenance, murant des fenêtres, installant des baraquements, qui contribuent à parasiter et à défigurer l’architecture d’origine.
Vers 1898, la commission archéologique du Vieux-Lyon désigne l’ensemble de ces bâtiments comme édifice remarquable. La Municipalité entreprend l’acquisition de premiers « morceaux » de l’édifice en 1902. Le classement au titre de Monument historique intervient en 1920 et la totalité de l’Hôtel appartient à la Ville en 1941.
La grande cour intérieure en janvier 1997 (nord - sud) © Yves Neyrolles
La grande cour intérieure en janvier 1997 (nord - sud) 
© Yves Neyrolles
C’est là qu’à partir de 1921 s’ouvrent les premières salles du musée d’Histoire de Lyon.
En 1950, d’autres salles, dans le même lieu, sont aménagées pour accueillir le musée des marionnettes du monde.

Le musée des marionnettes du monde

Unique Musée en France consacré à ce domaine, le « musée des marionnettes du monde » est installé dans l’Hôtel de Gadagne depuis 1950. Autour des marionnettes historiques de Gnafron, Guignol et Madelon, que Laurent Mourguet avait créées au début du XIXe siècle, la collection a très rapidement rassemblé des marionnettes en provenance du monde entier, présentées à part dans quelques salles du musée.

La nouvelle présentation intègre harmonieusement cette collection au parcours du visiteur et lui donne toute sa cohérence. En 9 salles, au lieu de 5, plus de 2 000 marionnettes sont montrées, ainsi qu’un nombre considérable de toiles de fonds, de coulisses, de décors, de costumes, de castelets, d’affiches, de programmes et de manuscrits, témoins des différents répertoires.
Création d’un petit théâtre où les marionnettes pourront s’animer © Yves Neyrolles
Création d’un petit théâtre où les marionnettes pourront s’animer © Yves Neyrolles


Chantier difficile, résultat somptueux

Le chantier de restauration qui s’achève aujourd’hui a été conduit par Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques, François Pin, architecte, et Catherine Bizouard, architecte et scénographe. Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Didier Repellin.

Chaque chantier a ses particularités : quelles ont été celles de Gadagne ?

La première est qu’il s’est agi non seulement d’une restauration, disons « classique », de bâtiments anciens, mais aussi de leur totale réhabilitation. Avec, de surcroît, une vision complètement neuve de la muséographie. Il fallait, dès le départ, avoir une vue d’ensemble de ce que serait l’objet, multiple mais devenu homogène, livré en fin de chantier.

Nous avons travaillé « à six mains ». Moi, essentiellement sur l’enveloppe - il faudrait dire les enveloppes, - François Pin et Catherine Bizouard sur le réaménagement. Nous avons eu pour principe de nous consulter les uns les autres en permanence et sur tous les problèmes, non seulement tous les trois, mais l’ensemble de nos collaborateurs. L’entente a été excellente et a considérablement facilité les choses.
La deuxième particularité vient du bâtiment lui-même. Je parlais, à l’instant, d’enveloppes. En effet, il ne s’agissait pas d’un bâtiment unique (comme c’est le cas, par exemple, du Palais de Justice historique), mais de la réunion d’au moins quatre édifices distincts, et déjà remaniés au fil des siècles. Chaque « maison » avait gardé sa typologie, le seul élément qui les unifiait étant la grande cour intérieure, aménagée sous l’impulsion des Gadagne eux-mêmes. Et puis, la « maison » principale n’était pas entière. Il en manque un morceau : la rue Gadagne emprunte, depuis plusieurs siècles, une ancienne cour intérieure, d’où s’élevaient deux tours d’escaliers.
La grande cour intérieure en chantier © Yves Neyrolles
La grande cour intérieure en chantier © Yves Neyrolles

Donc un chantier difficile ?

Oui, les principales difficultés venant des ruptures de niveau entre les différentes « maisons ». À quoi, il faut ajouter l’hétérogénéité et la fragilité des maçonneries. Avec des reprises d’autant plus difficiles à effectuer que les structures anciennes se trouvaient le plus souvent masquées, engluées même, dans des chapes de ciment ponctuées de ferrailles diverses, que les « réaménageurs » du XIXe siècle avaient utilisées quand ces « maisons » furent revendues à des propriétaires différents. La consolidation opérée à l’époque relevait plutôt du bricolage que d’une véritable réflexion architecturale. Restructurer tout cela nécessitait non seulement une bonne compréhension entre architectes, mais aussi le savoir-faire d’entreprises hautement qualifiées pour le traitement du bâti ancien.
Performance de grutier en mai 2004, avant l’été « meurtri » © Yves Neyrolles
Performance de grutier en mai 2004, avant l’été « meurtri » © Yves Neyrolles
Une autre difficulté a été remarquablement résolue par François Pin. La circulation intérieure était un véritable dédale, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de l’origine des édifices. À cela, François a substitué un parcours à la fois rationnel et respectueux de la charte veillant à l’accessibilité de tous. Consolidant la colline (en utilisant la technique des tirants), il a pu créer un vaste « couloir » de circulation (comprenant escaliers à degrés ou à pans inclinés et ascenseurs) tout au long de la partie de l’édifice qui se trouve au contact de celle-ci. Cette cavité (quelques milliers de m3 de terre ont été extraits de là) a été traitée de façon résolument contemporaine et a permis de conserver l’intégralité du bâti ancien. Quand on se déplace aujourd’hui dans cette partie du musée, l’œil ressent parfaitement la « frontière » entre le XVIe siècle (restauré) et le XXIe siècle, qui apporte sa touche de création au bâtiment.
Transport « aérien » des matériaux nécessaires à la restructuration des bâtiments (octobre 2001) © Yves Neyrolles
Transport « aérien » des matériaux nécessaires à la restructuration des bâtiments (octobre 2001) © Yves Neyrolles

Un chantier heureux ?

Heureux aujourd’hui, parce que nous en voyons enfin le résultat attendu. Ce chantier était prévu pour durer six ans. Divers incidents (dont un gravissime incendie) nous ont obligés à y ajouter quatre années supplémentaires. Mais, au bout du compte, le surcoût n’a été que de 5%.
Surtout, nous avons le grand bonheur d’avoir contribué à la restauration complète de ce qui pourra être considéré comme un des plus beaux musées historiques de ville en France, un musée qui n’est pas un « Carnavalet » de plus, mais, grâce notamment à la concertation entre Simone Blazy, conservatrice du musée, et Catherine Bizouard, qui a mis ici tout son savoir-faire d’architecte scénographe, un outil polyvalent, multiple et ouvert sur l’avenir.
Derniers coups de taloche sur les façades extérieures en mai 2007 © Yves Neyrolles
Derniers coups de taloche sur les façades extérieures en mai 2007 © Yves Neyrolles
Le nouveau « Gadagne » répond aux vœux de l’Unesco qui, inscrivant le site historique de Lyon sur la liste du Patrimoine mondial, consacrait un lieu exceptionnel à valeur universelle, un lieu habité, entretenant son patrimoine et le prolongeant par les créations d’aujourd’hui. Une seule image : d’une gargouille, il ne restait plus que la trace de son accrochage au-dessus d’une des galeries qui domine la cour ; Emmanuel Fourchet, sculpteur, fait revivre cette gargouille en s’inspirant des armes de l’illustre famille.
Cette gargouille aux armes des Gadagne surplombe la grande cour © Yves Neyrolles
Cette gargouille aux armes des Gadagne surplombe la grande cour © Yves Neyrolles

Du musée aux musée(s) :

Avril 1998 : la Ville de Lyon approuve l’opération de restructuration du « musée Gadagne ».

8 Décembre 1998 : signant une convention avec la Ville, l’État apporte son concours financier au projet.

L’ensemble est composé de multiples bâtiments, transformés et remaniés depuis le XVIe siècle et, pour certains, non occupés depuis le début du XXe siècle. Les travaux engagés auront, entre autres missions, celle de donner une cohérence à ce qui va devenir l’un des plus vastes ensembles Renaissance de Lyon.

1999 - 2009 : le chantier marie restauration et restructuration et permet de donner une véritable visibilité aux deux collections que l’édifice abrite. Implanté ici depuis 1920, le musée d’histoire de Lyon bénéficiera désormais de 30 salles d’exposition permanente. Le musée des marionnettes du monde, créé en 1950, s’exposera, lui, dans 9 salles.

La surface utile de l’édifice est doublée, passant de 3 000 m2 à 6 000 m2, et sa fonctionnalité optimisée. De nouveaux espaces sont créés afin de faciliter et de rendre plus agréable la visite du public : accueil, petit théâtre (150 places), centre de documentation, café, boutique, jardins en terrasse (700 m2) et ateliers pédagogiques.

La muséographie est totalement renouvelée : le parcours sollicitera désormais la sensibilité visuelle, auditive et tactile du visiteur : couloir d’images sonores de la ville, théâtres de papiers, pupitres tactiles, images animées, proposeront à celui-ci une approche conviviale du musée.

S’appuyant sur les toutes nouvelles technologies, la muséographie reste cependant sensible et humaine. Dans les salles, des audioguides, des films et des dispositifs multimédia ludiques et didactiques complèteront la visite et éclaireront les collections sous des angles différents.

12 juin 2009 : inauguration officielle des « musée(s) Gadagne ». Ce nouveau musée d’Histoire de Lyon et des marionnettes du monde est un « lieu ressource » pour comprendre la ville, dans toutes ses composantes : urbanistiques, économiques, sociales, politiques, cultuelles, culturelles...

Lieu patrimonial (l’audioguide et de nombreux textes dans les salles offrent au visiteur la possibilité d’une découverte complète de l’histoire de l’édifice), il se veut également espace de réflexion et de rencontre sur la ville, grâce à de multiples partenariats et à une solide implantation territoriale. Abordant la multiplicité des visages de la seconde agglomération de France, depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui, il présente une synthèse des identités de celle-ci et renvoie vers des institutions culturelles qui développent ces grands thèmes : musée des tissus et des arts décoratifs, musée Lumière, musée Henri Malartre (automobile), musée d’art contemporain, musée des Beaux-arts, musée urbain Tony Garnier, etc.

Forum, le musée veut faciliter le partage du passé et du présent avec un regard neuf et critique, permettant d’envisager l’avenir.


Gadagne, côté jardins : le musée s'entr'ouvre

(extrait du journal RVL n° 120, juin 2005)

Nous avons pu jeter un petit coup d'œil sur les jardins pendant le week-end des 4 et 5 juin...
Un nouvel aménagement reprend l'ordonnancement des jardins Renaissance : jardin d'agrément, terrasse couverte d'une treille, potager-verger. La fontaine, abandonnée au XIXe siècle est remise en eau pour les plantes aquatiques, avec un nouveau buffet d'eau dessiné par l'architecte François Pin. Cependant le musée restera fermé jusqu'à fin 2006 ou début 2007, date à laquelle il accueillera le public dans la totalité des bâtiments. L'idée d'une ouverture partielle a été abandonnée : Musée Historique et Musée International de la Marionnette s'ouvriront ensemble.
Donc, encore un peu de patience !


Le Musée Gadagne s'entr'ouvre 

(extrait du journal RVL n° 117, novembre 2004)

En septembre 2004, le musée renaît  

Les travaux entrepris en 1998 sont en voie d'achèvement. La restructuration et la rénovation du musée s'imposaient : l'ensemble du bâtiment, vieux de plus de 400 ans, n'avait subi que des rénovations ponctuelles.
Au-delà de la préservation du patrimoine, la Ville de Lyon a décidé d'en faire un musée moderne, adapté aux problématiques et aux techniques contemporaines,
Le musée sera une référence pour connaître l'histoire et l'évolution de Lyon et avoir un aperçu des marionnettes et de leur utilisation dans le monde entier.
En septembre 2004, le musée renaît et ouvre au public le musée des marionnettes du monde, les espaces d'accueil, les jardins, le café, l'auditorium, les salles d'exposition temporaire et le centre de documentation.
Courant 2005, la totalité du musée sera accessible au public.
Nous accorderons une plus large place à ce "dossier" lors de la réouverture complète du musée.
Pour en savoir plus (animations culturelles, chantier, projets etc.) consulter le site : www.museegadagne.com


Le Musée Gadagne annonce la couleur

Rappel aux populations : le musée reste ouvert pendant les travaux.
Pour attirer l'œil des nombreux touristes... et des Lyonnais le musée informe des travaux en cours, des projets et de sa volonté de rester ouvert et vivant pendant toute la durée des travaux.
Le point sur les travaux et notre article sur les activités culturelles et expositions du Musée en page 3 et 5.
Lire les 2 articles ci-dessous


Histoires enfouies d'un musée côté cour, côté jardin : I'Hôtel de Gadagne

extrait du Journal RVL n° 108, février 2001

L’étude archivistique et la campagne de fouilles de la grande cour ont permis de découvrir que le musée était sis sur un terrain occupé tout au long de l'histoire lyonnaise.

De 7O avant J.C. à nos jours

Le projet de restauration et de restructuration du musée fournit l'occasion d'une étude exhaustive de l'hôtel de Gadagne et de son histoire. L’étude archivistique et la campagne de fouilles de la grande cour ont permis de découvrir que le musée était sis sur un terrain occupé tout au long de l'histoire lyonnaise. La fouille des jardins en a précisé l'évolution.

Résultats des fouilles de la grande cour

Un four circulaire en cercle associé à un sol en terre battue, couvert d'une fine épaisseur de cendres indique et une occupation entre 70 et 50 avant J.C. Cette datation est confirmée par la présence d'un potin gaulois et frappé d'un denier sous la république romaine en 76 av.J.C.
Pour la première fois dans cette partie de Ia ville, on a Ia révélation d'une installation antérieure à la fondation de Lugdunum. Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle réflexion sur le développement de la cité gauloise sur la rive droite de la Saône.
Dans les années 20 après J.C., aménagement du site, mais peu de précisions sur le type d'occupation.
Au du cours IIIe siècle, installation d'un grand bâtiment qui restera occupé tout en subissant des aménagements partiels jusqu'à l'abandon du site, à la fin du IVe siècle après J.C.
Les murs de la parcelle médiévale et les murs de cave de I'hôtel Gadagne sont construits à I'emplacement des murs antiques.
Au cours de la deuxième moitié du IIIe siècle, une petite pièce est aménagée dans la partie sud. Décorée d'une peinture murale, elle est agrandie et dotée d'un hypocauste (chauffage par le sol).
Fin du IVe siècle, le site est abandonné et sert de carrière.
Il sera déserté jusqu'au XIVe siècle (restes d'une maison construite au début du XIVe siècle et détruite à la fin du XVe siècle).
Fin XVe siècle : date probable de construction de l'aile actuelle Est de l'hôtel. Une glacière, découverte sous le sol en galets fournit des indications sur le niveau social de cet habitat.

Résultat des fouilles du jardin.

1303 : Guido Dalbant est propriétaire d'une parcelle qui s'étend de la rue Saint-Jean à la montée Saint-Barthélémy.
1371 : Pierre de Pompière possède une maison, et des dépendances un curtil (jardin)
1492 : Amédée de Pierrevive, "épicier" originaire du Piémont, une et achète maison deux curtilia (un verger et un potager). Il y aménage des terrasses (1493-1520), organise des parterres ponctués de pots contenant des espèces exotiques (orangers, citronniers, grenadiers).
1537 : les Gadagne louent les 10 et 12 rue de Gadagne. En 1545, ils achètent la maison, ajoutent le n°14 en 1550 et édifient l'aile nord de l'hôtel avec sa galerie et l'escalier extérieur qui mène au jardin, "grand jardin" puis" jardin et verger" dans les textes.
Les jardins font désormais partie de l'urbanisme du quartier.

XVlle et XVllle siècles

Peu de changements jusqu'en 1667, date à laquelle le propriétaire du 14 rue de Gadagne procède à l'aménagement d'un canal couvert et creusé au sein des parterres, ainsi que d'une citerne au sud du jardin.
Les jardins des 10/12 rue de Gadagne sont plantés de "seps de treille" en espaliers.

L'aménagement du XIXe siècle

Une partie du jardin du 14 est labouré. Reprise du réseau hydraulique, construction d'une deuxième citerne, bétonnage des allées, construction d'un petit pavillon. Une pergola borde le jardin sur 3 côtés. Le cerisier, encore présent, est l'unique trace d'une bordure palissée d'arbres fruitiers (attestée par les cicatrices de taille). Au centre, des parterres de végétation courte et dense contiennent sans doute des fleurs et des légumes.
Le jardin du 10/12 rue de Gadagne est totalement modifié, l'escalier situé contre le mur sud est supprimé.
1902 : la ville de Lyon achète le 12 rue de Gadagne pour y installer un musée.
1922 : elle achète le n"14
1941 : le jardin du 2bis montée du Garillan entre dans le patrimoine municipal lyonnais.
D'après un texte de Simone Blazy, Conservateur du Musée Gadagne. 


Bouillons de culture à Gadagne

(extrait du Journal RVL n° 108, février 2001)

Rappeler que l'équipe du Musée organise tout au long de l'année des activités culturelles semble indispensable.

Le jeudi à 18h3O : les conférences

  • 15 mars : les immeubles lyonnais au XlXe siècle par Bernard Gauthiez
  • 19 avril : les frères Neichthauser et la passion de Guignol
Prix : 30 F (incluant une entrée gratuite au musée)

Le dimanche à 15h : les visites commentées

  • 18 février : les pentes de place en place
  • 18 mars : les immeubles de canuts
  • 15 avril : visite commentée de l'exposition "Monuments du futur"
Démarrage au musée. Prix : 30 F

Les expositions

  • Du 17 janvier au 2 avril : Histoires enfouies d'un jardin suspendu
Elle présente les résultats de Ia campagne de fouilles archéologiques menée dans le jardin du musée Gadagne (son ouverture au public sera un des points forts de la rénovation en cours). L’évolution des terrasses est liée à celle de l'édifice. Les fouilles, complétées d'une étude botanique, ont été dirigées par Anne Allimant, archéologue spécialiste des jardins

  • Du 11 avril au 1er octobre : Monuments du futur

Les 5 sens au fil du temps : journée découverte pour les enfants entre deux musées.

  • Tous les samedis et dimanches jusqu'au 1er avril
Pour toutes ces activités, renseignements complémentaires au Musée Gadagne
14 rue de Gadagne,   69005 LYON
Tél : 04 78 42 03 61   e-mail : gadagne@mairíeJyon.fr


Une étape majeure de la politique patrimoniale

(extrait du Journal RVL n° 102, février 1999)

Signature de deux conventions État-Ville de Lyon

Conformément ou protocole d'accord du 3/04/98, le préfet de la région Rhône-Alpes, M. Michel Besse, représentant I'État (Ministère de la Culture) et le Maire de Lyon, M. Raymond Barre ont signé le 8 décembre 1998, à Lyon, deux conventions :
  • l'une pour la rénovation du Musée Gadagne et la mise en œuvre de l'inventaire général du patrimoine lyonnais
  • l'autre pour la restauration d'édifices lyonnais classés Monuments Historiques
Cette signature marque une nouvelle étape majeure de la politique patrimoniale de la Ville de Lyon.
En liaison avec l'État, la Ville de Lyon conduit, de longue date, une politique de protection de ses quartiers anciens (secteur sauvegardé du Vieux-Lyon, zone de protection du patrimoine urbain et paysager des Pentes de la Croix-Rousse) et o entrepris la valorisation de ses édifices culturels.
Désormais, conformément au Plan de mandat municipal 1995-2001, Ia Ville de Lyon entend renforcer et améliorer la restauration d'un patrimoine d'une exceptionnelle richesse dont elle est propriétaire.

Première convention : Le Musée Gadagne et l'inventaire général

Le Musée Gadagne : financement de la restauration et de la restructuration du Musée Historique - Musée International de la Marionnette entre 1998 et 2002.
La restructuration intégrale du bâtiment classé - 5000 m² - poursuit 8 objectifs :
  • s'assurer de la rénovation complète du bâti.
  • ouvrir le musée vers les enjeux urbains, l'histoire urbaine lyonnaise devenant le fil conducteur du parcours muséographique établir un lien entre patrimoine muséographique et "patrimoine dans la ville".
  • faire du musée une école de citoyenneté.
  • prendre en compte l'évolution muséographique et muséologique.
  • mettre en œuvre des politiques spécifiques à la vie d'un musée d'aujourd'hui.
  • intégrer le musée dans la ville (Synergie avec les autres musées et centres documentaires).
  • définir une politique des publics, ce musée étant une des pièces maîtresses du tourisme culturel lyonnais.


Le Musée Gadagne : c'est parti !

(extrait du Journal RVL n° 101, novembre 1998)

Les premiers travaux de restauration du Musée Gadagne vont commencer : le panneau de chantier est posé. Ce sont en premier lieu des travaux de fouilles archéologiques et de dallage au niveau de la cour principale qui vont entamer cette longue restauration, échelonnée sur 5 ans. Le musée est classé Monument Historique. Les travaux se feront sous la conduite de Didier Repellin, Architecte en Chef des Monuments Historiques, assisté d'architectes muséographes.
Les études du programme muséographique sont en cours, 4 équipes participent à ce concours. Le projet retenu par le jury sera soumis au Conseil Municipal de janvier 1999.
Les travaux se feront par tranches et - ce qui est primordial - n'empêcheront jamais la visite du musée : celui-ci ne fermera pas. La première tranche significative devrait être achevée fin 2000.
Et, c'est en 2003 que cet énorme chantier devrait être terminé...

Le musée propose cette année une série d'activités variées pour tous publics, jeunes et groupes. 

Le Programme est à votre disposition au musée ou à la RVL. 


Restauration du Musée Gadagne, c'est parti !

(extrait du Journal RVL n° 97, février 1997)

Le 20 janvier dernier, le Conseil Municipal de Lyon a voté à l'unanimité l'engagement des études en vue de la restauration bâtiments des et des collections du Musée Gadagne, soutenu projet en particulier par Denis Trouxe, adjoint délégué à la Culture et au Patrimoine.
La RVL, qui demande depuis bien des années la réalisation de ce grand musée historique de Lyon, s'en réjouit et suivra de près cette restauration qui fera certainement de l'Hôtel de Gadagne un atout majeur pour le rayonnement touristique de l'agglomération lyonnaise.
Souhaitons qu'elle soit rapidement suivie par la réhabilitation de la Maison du Chamarier en habitation Renaissance à visiter, projet que nous appelons également de tous nos vœux et inscrit au plan de mandat de la municipalité.