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Cathédrale Saint-Jean


Chantier en cours depuis 2012

La restauration de l'intérieur de la cathédrale est en cours.

Lorsque les échafaudages seront retirés, ce sera pour tout le monde une grande surprise de découvrir l’édifice redevenu comme à l’origine.
Ce chantier est aussi l’occasion de traiter des problèmes qui, pour être moins spectaculaires, n’en sont pas moins essentiels.


Cathédrale : fin provisoire de chantier 

(extrait du Journal RVL n° 146, juin 2016)

Le samedi 6 février dernier, la cathédrale Saint-Jean était pleine de monde, non pour la célébration d'un office, mais pour celle d'une nouvelle étape franchie dans la réhabilitation de l'ensemble de l'édifice : la fin de la deuxième tranche des travaux entrepris pour la restauration du transept et des deux premières travées des nefs.   
Les représentants de l'état, de la Ville, du Département et du clergé se sont succédés pour vanter les résultats de ce travail remarquable. Auparavant, Didier Repellin, Architecte en Chef des Monuments Historiques, avait, à son habitude, convié tous les « acteurs » à le rejoindre, corps de métier par corps de métier, pour présenter dans leurs moindres détails, les performances rélisées au cours de ce chantier exceptionnel, offrant du même coup à l'ensemble des personnes présentes une visite guidée également exceptionnelle d'un édifice retrouvant peu à peu sa configuration, ses formes et ses couleurs originelles. 
Le soleil luimême a eu, ce jour-là, l'infinie délicatesse de se manifester généreusement, comme pour donner plus d'ampleur encore à la métamorphose réalisée, lustrant les pierres marbrières et y faisant jouer les couleurs des vitraux. 
À l'issue de cette cérémonie, une autre s'est tenue dans un salon de la Maison diocésaine, mettant à l'honneur Ahmed Benzizine, chef de chantier à l'entreprise de maçonnerie Comte. C'est lui qui a conduit l'ensemble des travaux menés depuis plus de vingt ans sur la cathédrale. Il espère, du reste, conduire encore ceux qui mettront un terme à cette restauration complète. En 2011, Emmanuel Fourchet, sculpteur au sein de la même entreprise, avait déjà honoré son chef en le « statufiant », comme c'est la coutume depuis le Moyen Age, sous la forme d'une gargouille qui, à l'époque, avait donné lieu à une polémique insidieuse et stupide. Aussi, lorsque le Préfet a remis à l'ouvrier les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur, il a rappelé, non sans une pointe d'humour, que cette distinction lui semblait bien modeste au regard de l'autre qui, en quelque sorte, incorporait le récipiendaire à un monument défiant les siècles


Le choeur de la cathédrale Saint-Jean a recouvré sa lumière

(extrait du BMO n° 6048, 24 mars 2014)

Depuis son édification, à partir de la fin du XIIe siècle, la cathédrale n’a été que partiellement entretenue dans sa partie intérieure, les travaux consistant essentiellement à réparer des vitraux abîmés par les intempéries ou par la main de l’homme. Des poussières et des salissures diverses, s’accumulant peu à peu, ont revêtu les parois et les voûtes d’une couche uniformément grise, occultant presque complètement les décors et masquant la diversité des pierres. Une restauration d’ensemble s’imposait donc, après celle menée, depuis le début des années 1980, en une succession de chantiers consacrés aux parties extérieures.

Respectant l’histoire même de la construction de l’édifice, les travaux ont commencé, à l’automne 2012, par le choeur et par les deux chapelles adjacentes, dans le but de nous faire redécouvrir leur aspect originel tout en remédiant à des désordres survenus à la suite de mouvements de terrain, qu’Emmanuel Bury, compagnon tailleur de pierre pour l’entreprise Comte, décrit ainsi : 
« Le chevet de la cathédrale présente, dans ses maçonneries, différents désordres structurels dont le plus notoire est une fissure que l’on retrouve, du nord au sud, sur toute la hauteur .../...
.../... En décembre dernier, les Lyonnais ont été invités pendant quelques jours à contempler le chœur remis dans sa lumière originelle. Une deuxième tranche de travaux a débuté dès janvier, occupant à présent le transept et les deux premières travées de la nef.


Résurrection du choeur de la cathédrale

(extrait du Journal RVL n° 141, novembre 2013)

Malgré son importance, ce chantier ne pouvait pas interrompre les célébrations religieuses. Aussi, le premier travail a-t-il consisté, dès juillet 2012, en l’aménagement d’une estrade provisoire en bois afin de reconstituer le choeur dans le transept.
En septembre était dressé l’échafaudage, du sol jusqu’à la voûte, imposant vaisseau à partir duquel les ouvriers allaient intervenir le plus efficacement et le plus précisément possible sur l’ensemble de la façade intérieure, à traiter pierre par pierre. Un haut écran blanc était tendu pour séparer la zone du chantier de celle où allaient se poursuivre les offices et les visites

Huit siècles de poussières

Dès 2008, des sondages avaient été réalisés pour engager une étude approfondie et préparer les opérations de nettoyage. Depuis sa construction, au XIIe siècle, le chœur n’avait été que très partiellement entretenu, par des interventions ponctuelles destinées principalement à réparer des vitraux abimés par les intempéries ou par la main de l’homme. Il y avait donc là une accumulation de poussières et de salissures à traiter spécifiquement en fonction de la nature des pierres. 
Avant  © Yves Neyrolles
Avant  © Yves Neyrolles
Après  © Yves Neyrolles
Après  © Yves Neyrolles
Avant   © Yves Neyrolles
Avant   © Yves Neyrolles
Après   © Yves Neyrolles
Après   © Yves Neyrolles
Sous l’aspect presque uniformément gris sale de l’ensemble des parois se cache, en effet, une grande diversité : pierres marbrières, pierres calcaires, vrais marbres, certains se trouvant ici en réemploi (des colonnes et des chapiteaux), autant d’éléments à remettre en valeur, auxquels redonner les valeurs d’origine, afin de rendre parfaitement perceptible l’élan voulu par les constructeurs, ce mouvement impérieux qui invite le fidèle à s’élever vers la lumière céleste.
L’origine même de ces salissures est diverse : dans les parties basses, on découvre une superposition de revêtements variés, jamais complètement nettoyés : fonds de peintures ayant servi de décor pour quelques célébrations exceptionnelles (deux conciles et le couronnement d’un pape, au XIIIe siècle ; le mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis, en décembre 1600) ou cires qu’on a posées pour faire briller la pierre ; dans les parties hautes, et notamment sur les vitraux, c’est le dépôt des fumées des cierges (ce que les verriers nomment « le jus de prières », qu’ils font couler lors du nettoyage) auquel s’ajoutent des poussières sèches, déposées par le chauffage. Tout encrassé qu’il était devenu, le chœur de la cathédrale avait cependant conservé son aspect élancé, imprimé dès l’origine.
Simplement, tout s’était considérablement terni.
En même temps, l’on ne pouvait plus guère distinguer ce qui fait peut-être l’originalité de cette construction, par comparaison avec celles de cette époque de l’art roman. Il s’agit d’une ponctuation dans la continuité verticale conduisant le regard vers le haut. Elle prend la forme de chapiteaux sculptés associés à une première frise en mortier teinté, puis de faux chapiteaux réalisés de la même façon, puis de deux frises hautes parcourant la totalité du chœur, au-dessous et au-dessus du triforium. Le décor y est constitué dans une opposition de tons, blancs et ocre rouge. 
 © Yves Neyrolles
 © Yves Neyrolles
 © Yves Neyrolles
 © Yves Neyrolles
L’inspiration est manifestement non religieuse, voire païenne, sauf pour les chapiteaux sculptés qui se trouvent pratiquement à la hauteur de la célébration du culte. On peut voir là comme la reprise d’une tradition romaine. La nature est la grande inspiratrice de ces bandes d’images, les motifs s’inspirant de toute une flore traitée de façon étonnamment moderne (on ne peut s’empêcher de penser aux découpages d’un Matisse), mais il y a aussi une véritable « galerie » de portraits plus ou moins grimaçants, grotesques, hilarants ou révélateurs de toutes les humeurs possibles : des visages accompagnés de têtes d’animaux, dessinées de même, d’un trait vif et époustouflant de virtuosité.

Un travail au cas par cas

L’entreprise Tollis, mandatée pour l’ensemble du travail (tests, nettoyage et réintégration) eut d’abord à ajuster le protocole avant d’intervenir au cas par cas (1). Sur un tel site, il n’est pas possible, en effet, de procéder autrement qu’en tenant compte de la qualité de chaque pierre comme de la nature précise de chaque souillure. Ainsi, plusieurs techniques furent elles simultanément utilisées : nettoyage classique à l’aide de compresses d’ouate de cellulose imbibées d’eau savonneuse ; attapulgite, utilisation de masques d’argile, cette matière absorbant la crasse au cours du séchage ; peeling, à l’imitation de ce qui se pratique dans les instituts de beauté pour le traitement de la peau, pose au pinceau d’une matière caoutchouteuse sur les parties les plus encrassées : comme avec l’argile, la souillure est emportée avec le latex qu’on retire. Toutes ces opérations ne furent menées qu’après validation technique et scientifique, pour s’assurer que le traitement n’apportait aucun risque pour la pierre, ou pour le bâtiment.

Les nettoyages terminés, on constate des différences chromatiques qu’il va falloir traiter, là encore au cas par cas, pour permettre une lecture d’ensemble parfaite. Tous les joints en ciment furent ainsi purgés et refaits dans un esprit d’intégration et de dissimulation.

Un soin particulier fut donné pour le nettoyage des trois clefs de voûte, dont une partie du décor d’origine avait pu être retrouvée. À partir de ce fragment, une réinterprétation permit de compléter les manques et de redonner une cohérence, dans une lecture qui se veut la plus proche possible de celle de l’origine.

(1) L’entreprise Comte est intervenue dans cette phase du chantier pour la remise en ordre de certains dérèglements dans l’architecture des voûtes des chapelles (voir le n° 140 de notre Journal, juin 2013) et pour l’accompagnement de la remise en place des vitraux nettoyés. Notre prochain article portera justement sur l’intervention des verriers. 
Ce magnifique travail de restauration ne pourra malheureusement pas être offert tout de suite aux fidèles et aux visiteurs. Les travaux vont se poursuivre par des opérations similaires à mener dans le transept et dans la première travée de la nef. Ce n’est donc pas avant la fin de 2015, sans doute, que cette partie « capitale » de la cathédrale pourra être admirée par tous. En attendant ce moment, où chacun pourra apprécier à sa juste valeur la tâche entreprise, la RVL continuera de rendre compte, par les mots et par les images, des singularités d’un tel chantier.


Horloge astronomique de Saint-Jean : le temps outragé 

(extrait du Journal RVL n° 140, juin 2013)

Le 23 mars dernier, un individu s’en est pris violemment à cette horloge unique au monde, sous prétexte que celle-ci gênait le recueillement des fidèles. Nous laissons nos lecteurs juger par eux-mêmes de la gravité d’une telle atteinte à une construction humaine d’une qualité exceptionnelle, classée MH.  Nous appuyant sur l’article d’Hervé Desmarquets publié dans le bel ouvrage récemment édité par La Nuée Bleue (voir le n° 137 de novembre 2011), nous nous contenterons ici de rappeler l’importance d’une oeuvre témoignant de la première invention de l’ère moderne : l’horloge.

Attestée depuis 1382, cette horloge, d’abord dite « aux petites cloches », est la plus ancienne au monde à l’intérieur d’un édifice religieux. Elle a été remaniée et restaurée à plusieurs reprises pour devenir celle que nous connaissons aujourd’hui. L’émerveillement des visiteurs commence avec l’animation que propose trois fois par jour la mise en mouvement musical de 19 automates pour la scène de l’Annonciation. Il se poursuit par la découverte d’un cadran ovale à aiguille télescopique, d’un astrolabe indiquant la position du soleil, les phases de la lune, le mois, le jour et les signes du Zodiaque, et d’un calendrier perpétuel, établi pour calculer les dates des fêtes chrétiennes sur une période de 66 ans (comput ecclésiastique). Tout cela est entrainé par un mécanisme complexe et ingénieux, mu par des poids qu’on remonte tous les cinq jours. 
Malgré les vicissitudes humaines, cet instrument de mesure du temps a traversé les siècles, retrouvant son fonctionnement après les pires agressions, grâce à l’intelligence et au dévouement de générations de maîtres horlogers. Il a survécu aux attaques des soldats de la troupe du baron des Adrets, en 1562, comme à celles de révolutionnaires qui, en 1793, s’en prirent aux symboles de la royauté.
Certaines restaurations ont donné lieu à des enrichissements. C’est ainsi qu’à la fin du XVIIIe siècle, Pierre Charmy a ajouté un automate aux 18 existants, créant le garde suisse, en habit rouge et hallebarde à la main, qui accomplit sa ronde autour de la coupole, juste au-dessous du campanile, tandis que l’archange Gabriel rend visite à la Vierge Marie, scène annoncée par un coq et rythmée par deux anges faisant jouer l’hymne de Saint-Jean. La dernière restauration complète, réalisée par les Ets Desmarquets, date de 1993. 
Espérons qu’une intervention rapide des maîtres horlogers d’aujourd’hui pansera les graves plaies subies par cet outrage et que, très vite, le temps pourra de nouveau être compté paisiblement par cette horloge extraordinaire.


La consolidation des voûtes des chapelles à la cathédrale Saint-Jean 

(extrait du journal RVL n° 140, juin 2013)

La restauration de l’intérieur de la cathédrale est en cours. 
Les travaux se déroulent actuellement dans le chœur. 
Lorsque les échafaudages seront retirés, ce sera pour tout le monde une grande surprise de découvrir cette partie de l’édifice redevenue comme à l’origine. 
Ce chantier est aussi l’occasion de traiter des problèmes qui, pour être moins spectaculaires, n’en sont pas moins essentiels. 
Nous avons demandé à Emmanuel Bury, compagnon tailleur de pierre travaillant pour l’entreprise Comte, de bien vouloir nous expliquer l’action entreprise pour la consolidation des voûtes des chapelles.

Le chevet de la cathédrale présente, dans ses maçonneries, différents désordres structurels dont le plus notoire est une fissure que l’on retrouve, du nord au sud, sur toute la hauteur de l’élévation, semblant fendre le bâtiment en deux. L’origine de cette fissure est à rechercher au niveau du sol sur lequel le chevet a été construit, sol composé de remblais divers venus combler la Saône au Moyen Âge. Au fur et à mesure que la construction de la cathédrale avançait, le poids considérable de cette masse de pierre a entraîné un tassement du terrain, créant la fissure en question. Cette fissure se trouve à peu près à l’aplomb du mur antique qui marquait, au VIe siècle, les berges de la Saône, et dont on voit un vestige dans le jardin archéologique. 
Si le garnissage de ce genre de fissures dans les murs ne présente pas de difficultés aux ouvriers d’aujourd’hui, il en va autrement lorsque celles-ci traversent les voûtes. En effet, les pierres des arcs et des voûtains (remplissage des voûtes gothiques), en s’écartant les unes des autres, laissent apparaitre des fissures traversantes qui menacent la stabilité de l’ensemble.  
Pour les consolider, nous procédons en deux temps. Tout d’abord, sur la face intérieure de la voûte, nous ouvrons les joints fendus ou altérés, afin de purger les vieux mortiers qui peuvent avoir perdu leur cohésion. Une fois tous ces joints vidés, nous les garnissons soigneusement avec du mortier de chaux. De même, les fentes apparues dans les pierres ellesmêmes sont colmatées avec des mortiers fins.  
Ensuite, nous nous plaçons sur le dessus de la voûte, où nous enlevons les restes de mortiers qui sont entre les pierres, en nous aidant au besoin d’un aspirateur. Nous profitons de notre passage dans les combles pour procéder à un grand nettoyage, la poussière étant toujours volumineuse dans ces endroits. Une fois toutes les fissures purgées, nous procédons à leur remplissage avec du coulis de chaux qui, étant liquide, va combler tous les vides, même les plus fins. La voûte étant épaisse d’environ trente centimètres, au plus fin, et jusqu’à plus d’un mètre, on comprend la nécessité d’avoir colmaté le dessous avec soin. Sans quoi, la gravité aidant, le coulis va se répandre dans les niveaux inférieurs.   
Lorsque tous les vides entre les pierres sont remplis à nouveau de mortier de chaux, nous complétons la consolidation des voûtes par la réalisation d’une coque en béton de chaux sur le dessus de celle-ci. Cette coque, en reliant l’arrière de tous les blocs de la voûte, va en augmenter la cohésion générale, et donc la renforcer durablement.   
Il arrive aussi que les mouvements des maçonneries, en provoquant des glissements, détériorent, voire fassent éclater les pierres elles-mêmes. Il faut alors procéder à leur remplacement total ou partiel. Dans le cas des voûtes, il est préférable de procéder à des greffes partielles, pour ne pas compromettre l’équilibre de l’ensemble. Cependant, il est tout à fait nécessaire d’étayer la voûte et les arcs avant toute intervention. Après cette mise en sécurité, nous pouvons procéder au relevé exact des anciennes pierres (pour créer une copie conforme), au refouillement de la partie à changer et, enfin, à la pose des pierres neuves, toujours au mortier et au coulis de chaux, à l’exclusion d’autres produits, tels le ciment ou la résine chimique, inconnus des bâtisseurs du Moyen Âge, et dont les effets à long terme sur le bâtiment sont mal connus. Après un temps de séchage suffisant, nous pourrons démonter l’étayage : l’ensemble aura retrouvé sa solidité originelle.


Une cathédrale à réapprécier sans cesse...  

(extrait du Journal RVL n° 139, novembre 2012) 

À la fin de l’été 2011, au fur et à mesure que l’échafaudage était retiré, de plus en plus nombreux et de plus en plus souvent, les passants s’arrêtaient sur la place pour découvrir le résultat de la toute dernière opération de restauration de la façade occidentale. L’horloge avait retrouvé ses couleurs d’origine et l’on se demandait si celles-ci n’avaient pas été inventées. Des statues, certes mutilées, réapparaissaient soudain, révélant l’art subtil de la sculpture « lyonnaise » à la toute fin du Moyen Âge : une manière époustouflante de «donner vie» à des vêtements dont les plis semblent tomber avec naturel. Pour ceux qui, par chance, ont pu profiter de ce qui restait de l’échafaudage, la surprise était encore plus flagrante. Les anges et les martyrs qui peuplent les arcs des portails montraient enfin l’extraordinaire modelé de leurs visages, de leurs mains, des objets que ceux-ci tiennent ou qui leur sont attachés (instruments de musique et restes d’encensoirs pour certains anges, roue du supplice pour tel ou tel martyr, etc.). Peu à peu, la haute façade redonnait la mesure de ce qu’elle a su – de ce qu’elle a pu – conserver malgré les vicissitudes de l’Histoire et, particulièrement ici, malgré les blessures infligées en 1562 par la troupe du baron des Adrets occupant, en pleine guerre des religions, le Groupe épiscopal et la ville de Lyon. 
Ce chantier marquait la fin de la restauration extérieure de l’édifice. Rappelons que celle-ci avait commencé au tout début des années 1980, justement par la façade occidentale qui, à l’époque, était presque uniformément noire. Les opérations se sont succédées depuis, posant chaque fois la «lourde» question de leur financement par l’État, maître d’ouvrage d’un édifice classé monument historique. «Lourde» question, mais toute relative si l’on compare le coût des travaux avec d’autres réalisations : combien de ronds-points pour telle ou telle partie de la cathédrale ? Soyons «dépensiers» et disons que la restauration globale équivaut à la mise en oeuvre d’une dizaine de ronds-points... Mais ce qui est remarquable ici, c’est la valorisation d’un bâtiment auquel aucun livre spécialisé dans l’art des cathédrales n’avait, jusqu’à l’édition récente de l’ouvrage dédié à celle-ci, souligné l’importance, ni la singularité, pour ne pas dire le caractère unique. N’est-ce pas là un atout considérable ?  
Les travaux qui s’annoncent pour la restauration intérieure risquent d’aboutir à un résultat encore plus époustouflant, obligeant à une sérieuse reconsidération du monument tout entier, qu’il faudra bien un jour remettre à sa juste place dans l’extraordinaire histoire de la construction des cathédrales en France et en Europe, entre le XIIe et la fin du XIVe siècle. Eh oui, on comprendra sans doute mieux ce que tout cela veut dire quand on découvrira, d’un regard plus émerveillé encore qu’après la restitution de la façade occidentale, l’ensemble du choeur, dont le décor roman se laisse à peine deviner pour l’instant et qui, une fois restauré, révèlera la sobre splendeur de cette Primatiale. 

Ceci ne manquera pas d’inviter à la poursuite de la restauration sur la totalité intérieure de l’édifice. Combien de ronds-points ou de centaines de mètres d’autoroute cela va-t-il encore coûter ? Les paris sont ouverts...


... la Manécanterie aussi. 

(extrait du Journal RVL n° 139, novembre 2012) 


Bénéficiant d’une « relance » dans le « plan de relance », l’opération menée sur la façade de la cathédrale a pu être étendue à celle de l’ancienne Manécanterie. On peut regretter que l’ensemble de ce plus vieux bâtiment du quartier Saint-Jean n’ait pu être pris en compte, d’autant que des projets existent ; mais ne vaut-il pas mieux attendre une éventuelle « relance » nouvelle pour mener les choses à bien, plutôt que de se contenter d’un toilettage superficiel – moins onéreux, il est vrai ? 
Début septembre, la place Saint-Jean, en tout cas, avait presque retrouvé son « paysage » authentique pour accueillir une manifestation dont l’origine remonte au Moyen Âge : la traditionnelle foire des Tupiniers du Vieux-Lyon, réunissant à l’occasion de sa 27e édition de « l’ère moderne » (comme on dit des Jeux olympiques) 140 artistes, pour une « rencontre entre le potier et son public, rencontre entre le public et de beaux objets, rencontre entre créateurs, rencontre entre tous les amoureux de la céramique, on n’ose dire de la terre ! » Une véritable fête, qui a fait vibrer hommes et pierres.


Une inauguration, Un beau livre

(extrait du Journal RVL n° 137, novembre 2011)

Le 15 octobre dernier a marqué la fin des travaux de restauration des parties extérieures de la cathédrale, qui est aussi, depuis le milieu du XIe siècle, la primatiale des Gaules.

En une trentaine d’années, les chantiers se sont succédés pour redonner à la façade occidentale, au chevet, aux façades latérales, aux quatre tours et, enfin, de nouveau à la façade occidentale, un aspect proche de celui des origines. 
Une trentaine d’auteurs, historiens, historiens de l’art, architectes, artisans, gens d’église, ont travaillé à la réalisation de cet ouvrage, une véritable somme englobant l’histoire de la construction de l’édifice, la singularité de son architecture et de ses décors successifs, la vie tout aussi singulière du lieu dans sa relation avec la ville comme avec le monde. Un comité scientifique, composé de Jean-Dominique Durand (historien), Didier Repellin (ACMH), Nicolas Reveyron (historien) a conduit le programme éditorial coordonné par le père Cacaud, recteur de la cathédrale. Les photographies de Jean-Pierre Gobillot, ainsi que des gravures et documents d’archives, illustrent le cheminement que le lecteur est convié à faire à travers les siècles.
Voilà bien l’ouvrage de référence que les Lyonnais souhaitaient voir paraître depuis qu’à l’occasion de la restauration du chevet de la cathédrale, ils avaient été invités à approcher jusqu’à la toucher la beauté très particulière d’un édifice qui, ils en auront la confirmation en feuilletant le livre, a joué un rôle majeur dans l’histoire non seulement de leur ville mais aussi de la chrétienté et dans l’Histoire tout court.
Souhaitons à cette publication toute la grâce qu’elle mérite, un succès qui nous renforcera, quant à nous, dans nos demandes plusieurs fois réitérées, d’une restauration globale de ce qui autrefois porta le nom de Grand Cloître de Lyon.

« Lyon. La grâce d’une cathédrale » Éditions La Nuée Bleue 544 pages, 600 illustrations. 79 € 


L’or d’autrefois : richesse d’aujourd’hui

(extrait du Journal RVL n° 129, juin 2008)

Plus que jamais devrait être à l’ordre du jour un grand projet de mise en valeur de l’ensemble archiépiscopal, un projet faisant apparaître la richesse patrimoniale du site (aujourd’hui peu féconde) comme une ressource économique d’importance, si l’on songe à l’impact touristique que ne manqueront pas d’avoir les résultats du chantier à ouvrir.

À Saint-Jean et autour de la Cathédrale : Les derniers travaux réalisés sur la cathédrale ont permis de conforter la tour sud-ouest et de rouvrir une baie qui, par précaution, avait été bouchée pendant la guerre... de 14 !
La tour nord-ouest ne menace pas, elle, de disperser ses pierres sur la tête des passants mais, au vu de ce qu’est devenue la façade occidentale, celle-ci exige une restauration rapide afin de rétablir l’équilibre avec sa voisine.
Et puis, c’est tout le latéral nord (donnant sur le Jardin archéologique) qui devrait être nettoyé des injures du temps et remis en valeur comme l’a été son symétrique, donnant en partie sur la place Édouard Commette et sur la cour du Palais Saint-Jean.
Cette restauration, tout à fait nécessaire, n’est pourtant pas vraiment à l’ordre du jour et nous le regrettons car ce manque de « perspective » menace l’emploi parmi les entreprises haut de gamme chargées de conduire de tels chantiers et retarde d’autant la fin des travaux à réaliser pour une restauration complète de la cathédrale. Cela fera bientôt trente ans que ces travaux ont été engagés. Au début des années 1980, le regretté Gabriel Mortamet a dirigé le chantier qui a redonné leur lumière aux pierres de la façade occidentale. De 1988 à 1990, Didier Repellin a restauré le chevet, en accompagnant son travail d’une relation exceptionnelle entre Lyon et New York, entre Saint-Jean Baptiste du Vieux-Lyon et Saint John the Divine de Harlem, puis, plus récemment (de 2000 à 2007), l’architecte a redonné son lustre au latéral sud et à la tour sud-ouest.
Il serait urgent de programmer la fin de ces travaux extérieurs puisque, depuis les années 30 de l’autre siècle, rien n’a encore été entrepris pour l’entretien de l’intérieur de la cathédrale. Au-delà du monumental édifice, c’est sur l’ensemble des bâtiments et des espaces qui entourent celui-ci que la Drac a demandé à l’architecte en chef des Monuments Historiques de porter sa réflexion et de faire des propositions sur ce qui pourrait être réalisé.
Une restauration complète de ce très vaste domaine paraît d’autant plus nécessaire qu’il est exceptionnel de pouvoir envisager de disposer aujourd’hui d’un tel témoignage de l’histoire de notre ville. Cette restauration répondrait aux ambitions internationales que Lyon peut raisonnablement avoir, Lyon riche d’un patrimoine pluriséculaire et ouverte sur la modernité, accueillant de plus en plus de visiteurs depuis l’inscription de son site historique au Patrimoine mondial, mais qui, justement, a de la peine à « digérer » cet afflux de monde. Pour preuve : l’architecture remarquablement restaurée du chevet de la cathédrale est constamment « barrée » par des alignements de cars qui ne savent où se mettre en attendant leurs passagers en train de découvrir le Vieux-Lyon.
Le prochain numéro de notre Journal (novembre 2008) reviendra précisément sur ce grand projet, un projet qui ne verra le jour que si se poursuit le partenariat État- Ville engagé depuis 1998 pour la restauration des édifices majeurs du Vieux-Lyon et que celui-là s’accompagne même d’un apport du Département et de la Région. Le coût des opérations ne paraîtra lourd qu’à ceux qui calculent à court terme et ne veulent pas voir le profit que ne manqueront pas d’apporter les réalisations à venir.
Nos élus se targuent d’avoir de grandes ambitions pour Lyon comme pour le Rhône et pour Rhône-Alpes. Prenons-les au mot. 


Mieux voir la Manécanterie de la Cathédrale Saint-Jean

(extrait du Journal RVL n° 90, mars 1995)

Lorsqu'en 1982 les Lyonnais qui traversaient la place Saint Jean ont pu admirer la façade de la Manécanterie libérée des échafaudages qui I'occultaient pour restauration depuis près d'un an, il leur a semblé la découvrir pour la première fois.

Pendant des siècles les intempéries avaient noirci sa pierre blanche et ses sculptures s'effaçaient sous la suie. 

Ouvrant et rebouchant plusieurs fenêtres suivant leurs besoins, supprimant si nécessaire quelques statues les hommes avaient ajouté à l'injure du temps en imposant les traces indélébiles de leurs interventions.
Si la restauration des Monuments Historiques ne pouvait rendre à l’édifice sa pureté première du moins a-t-elle tenté d’amoindrir les traces de ces interventions malheureuses et a-t-elle permis de mettre en valeur les qualités du décor sculpté.

En effet en bordure de la Place Saint Jean la Manécanterie présente un riche décor roman bien intégré clans une façade très sobre partagée en quatre travées par trois contreforts peu saillants flanqués de ressauts jusqu’au deux tiers de leur hauteur : trois pilastres dédoublent les trois travées nord tandis que, la quatrième travée, au sud est toute entière occupée jusqu’à mi-hauteur par une porte romane.

Dans le dernier tiers de la hauteur une arcature sculptée brise I ‘élancement vertical que donnaient au bâtiment contreforts, ressauts et pilastres.

La frise qui souligne le haut de l'édifice permet de faire abstraction de I’attique ajouté au XVIIe s.
Dans cet ensemble de sculpture il faut admirer le caractère et incisif des I 'originalité des chapiteaux (tous de même inspiration mais spécifiques de la Manécanterie) la particularité de la vaste archivolte de la porte soulignée d’un bandeau de fleurs composée chacune de quatre fleurs de lys en croix.
Un décor de couleur intègre la porte à I’ensemble, en créant le lien harmonique nécessaire.
Cette façade est animée par quatre statues ; il y en avait sans doute six à l'origine, l'ouverture de deux grandes fenêtres tardives en aurait supprimé deux. Leur mutilation au moment des guerres de religion et l'absence vraisemblable de certaines n’en permet pas une interprétation certaine.
Si le promeneur se dirige maintenant vers la Place Edouard Commette et qu'il observe le mur sud du bâtiment, l'opposition entre les deux façades s'impose tout de suite à lui. En effet. bien que cette façade sud n'ait pas bénéficié de la même restauration que la façade ouest, elle a néanmoins été dégagée d'un mur récent qui en occultait la base. Dans cette base un arc, immense, de 6 m d’entraxe, est bouché de matériaux hétéroclites.
L’excellente conservation de ses claveaux alternés de pierre et brique permet de penser qu'il servait de communication entre deux bâtiments dont I’un n’existe plus. Cet arc monuntental s’appuie sur un chaînage de pierres taillées appartenant au mur fermant au sud la seule galerie du cloître qui subsiste, galerie mitoyenne de la Manécanterie. (Au niveau supérieur, les vestiges de quatre petits arcs, à claveaux alternés pierre et brique également, n'ont pas été étudiés faute d’échafaudage, la restauration de la façade sud n 'ayant pas été prévue en 1981).

L'histoire de la Manécanterie permet-elle d'expliquer le contraste entre ces deux façades ?

Pour la période médiévale, dont la Manécanterie et l’aile ouest de la galerie du cloître sont les derniers vestiges du « petit cloître » des chanoines de la cathédrale de Lyon, seuls quelques textes, imprécis quant aux bâtiments concernés pouvaient permettre des hypothèses. C'est une lettre de Leidrade, évêque de Lyon de 798 à 814, qui écrit à Charlemagne : « J'ai construit aussi pour les clercs un cloître clans lequel ils demeurent tous dans une maison ». Le mot "construit" sous-entend qu'il n’y a pas eu de cloître à Lyon avant celui "construit" par Leidrade. Pour d 'autres travaux, en effet, Leìdrade emploie le mot "restauré.

Ainsi, dans la suite de ce même texte qui illustre les travaux effectués au Palais Episcopal, il écrit : Je me suis occupé des maisons épiscopales, j’en ai restauré une qui était une ruine : ‘’j’en ai reconstruit une avec un « solier » en l’agrandissant de moitié’'. Mais nous n’avons aucun écrit nous donnant une description du cloître "construit" ni de ces maisons épiscopales "restaurées" ou "reconstruites" que la lettre de Leidrade évoque, et ne pouvons donc les situer exactement.

C'est pourquoi nous avons tenté de compléter par la recherche archéologique les renseignements que ne nous donnaient pas les textes.

Une fouille, dans I'angle interne sud-ouest de l'édifice actuel, a mise à jour le sommier, la console sur lequel repose ce sommier, et les assises du piedroit ouest de I’arc monumental. Elle a montré aussi que le bâtiment actuel a été établi au-dessus des vestiges d’une construction pouvant être datée du IIe siècle, après J.C. Vers la fin du IIIe siècle, un incendie détruit cette maison dont subsiste le sol en tessons de poterie et pierres (à environ 2m sous le carrelage actuel, lui-même à près d'1m sous le niveau du trottoir).
C’est plus tardivement que s'est installée une nouvelle construction d'orientation identique, à I'orientation actuelle. Nous pourrions être là en présence des vestiges de construction et de restauration effectués par Leidrade, soit, cloître "construit" et maison épiscopale "restaurée", soit encore "maison épiscopale reconstruite avec un solier et agrandie de moitié". Cependant les bouleversements successifs du sous-sol ne nous ont pas permis de retrouver le sol médiéval, et les comparaisons de mortier prélevés n’ont autorisé qu’une chronologie relative, c'est-à-dire une datation des campagnes de construction les unes par rapport aux autres.
Il nous a donc fallu faire appel à un procédé récent de datation scientifique, et c’est une analyse archéomagnétique faite en laboratoire sur des échantillons prélevés sur des claveaux de brique du grand arc, qui a confirmé nos hypothèses : ce sont bien les vestiges d'un édifice construit au début du IXe siècle, sous le règne de Charlemagne, que nous pouvons admirer en bordure de la Place Commette.

Si nous regardons de près cette respectable façade, nous pouvons y admirer la qualité du mortier qui lie les claveaux du grand arc et l'agencement des pierres qui en bordent l'extérieur : nous pouvons voir également que les travaux de 1981 ont mis en évidence le départ de deux murs perpendiculaires à la façade actuelle : ils sont les témoins d'un bâtiment se prolongeant vers le sud et que le grand arc faisait communiquer avec le bâtiment nord. L'arc surbaissé, plus petit, bouché aujourd'hui de crépis a été ouvert que tardivement dans le mur qui ferme l'aile ouest du cloître gothique.

Nous avons vu que ce mur était lui-même antérieur au grand arc à claveaux, et qu'il appartenait vraisemblablement à un bâtiment "restauré" par Leidrade, évêque de Charlemagne en même temps que s'élevait l'arc monumental à claveaux alternés que nous venons de dater scientifiquement, et appartenant, lui, à un bâtiment "construit" sous Charlemagne.

Comment peut-on penser que se présentait, à la même époque, la façade bordant la Place Saint Jean ?

L'opportunité des travaux de restauration nous a permis de procéder à des prélèvements de mortier en plusieurs points dans l'épaisseur de la façade ouest. Ce mortier est très semblable à celui de l'arc monumental à claveaux alternés de la façade sud. Par contre, ayant pu accéder également au mortier liant l’arcature sculptée et au mortier liant le décor de la porte romane, nous avons pu observer que ce mortier était différent ; nous avons pu ainsi émettre prudemment l'hypothèse d'une campagne de construction postérieure : celle de la mise en place de ce décor sur la façade préexistante.
Au XIXe siècle nous aurions donc bien un bâtiment - maison de vie commune pour les chanoines ou palais épiscopal - s'étendant à la place du bâtiment actuel dit "Vieille manécanterie" mais se prolongeant aussi vers l'est et le sud. Nous ne connaissons pas les limites de ce bâtiment et n'avons pas la certitude de son extension vers le nord malgré les similitudes de mortier. Il est vraisemblable que le grand arc à claveaux ait fait communiquer deux salles : l'excellent état de conservation de la face sud de cet arc et le raffinement de sa face nord à claveaux extradossés d’un ruban continu de briques - visible depuis la salle du Trésor - vient à l’appui de cette supposition.
- Au XIIe et XIIIe siècle, la règle de vie commune subsiste : les chanoines doivent tous manger dans un même réfectoire et dormir dans un même dortoir : réfectoire et dortoir sont inclus dans un cloître à l'intérieur duquel ils vivent et nous avons mention dans les textes d'archives des réparations ou des embellissements qu'ils y font faire.
- Au XIIIe siècle, bien que l'obligation de vie commune se relâche, la grande salle des chanoines garde encore une fonction symbolique ; des réaménagements ont eu lieu et les niveaux ont été modifiés sans que l'on puisse en préciser la date. Le style de la grande porte ouvrant dans l’extrémité de la façade ouest la date du début du XIIe siècle. ; le seuil de cette porte se situe environ à 0,90m sous le trottoir actuel : cela suppose que, à cette date, le grand arc de la façade sud est au moins partiellement bouché et que le volume intérieur est réaménagé. C'est à cette même époque que la façade ouest se serait enrichie du décor prestigieux que nous voyons aujourd'hui et qui pourrait être un réemploi.
- Au début du XIVe siècle l'édifice apparaît toujours une dapiferie, c'est-à-dire un réfectoire ; il en a gardé le caractère symbolique par les cérémonies qui s'y tiennent.
C'est en 1394 que "le Chapitre ordonne que la maison de la Dapiferie soit réparée et préparée pour que les clergeons soient près de l'église". Cependant la grande salle reste encore au XVIe siècle le symbole de la vie communautaire. Le jour de la Cène, c'est dans l’ancien réfectoire que le "dapifer (c'est-à-dire l'économe du réfectoire) doit garnir les tables de grandes nappes qu'il fournit et qui sont à lui". "La distribution de pain et de vin y est faite à ceux qui assistent au service divin", "les enfants de chœur sont sujets à y dire tous les soirs un salut à l'intention de leur fondateur, l'archevêque de Lyon y fait son synode deux fois par an'
- C’est seulement au XVe siècle que le mot Manécanterie apparaît dans les textes. Il vient de ce que les clergeons "chantaient le matin" et c'est seulement au XVIIe siècle qu'un décret des chanoines de la cathédrale consacre définitivement l'usage du bâtiment comme Manécanterie.
- En 1768, les chanoines entreprennent la construction de la "Nouvelle manécanterie"' : c'est le bâtiment qui borde à l'est la place Commette et ouvre sur l'avenue Adolphe Max. Pour ce faire ils démolissent les ailes est et sud du "petit cloître". L'aile ouest subsiste alors, et en attente de sa démolition pour l'extension de l'édifice moderne, elle abrite encore à cette date le séminaire qui a remplacé l'école des clergeons...
- Mais la Révolution survient et l'ensemble est vendu comme bien national... ce qui sauve notre "vieille manécanterie" de la destruction. C'est ainsi qu'est parvenu jusqu'à nous le plus ancien édifice du centre historique de Lyon : sa façade. place Saint-Jean, somptueusement enrichie d'un décor roman, s'oppose à la sobriété de sa façade sud, dont l'arc, joyau que l'on peut admirer aujourd'hui en bordure de la place Commette, date de Charlemagne.

Madeleine Vialettes, Archéologue


La Cathédrale Saint-Jean dans son aspect originel

(extrait du Journal RVL n° 84, novembre 1993)

C'est ce que permettra de découvrir le grand spectacle du 8 Décembre que la Ville de Lyon proposera aux Lyonnais cette année ("Lumières en Fêtes" et la MJC du Vieux-Lyon participent activement à son organisation).
En effet. le projet d’un spectacle très important sur la façade de la cathédrale est sur le point d’aboutir. Il serait réalisé par le CNAT de Reims, spécialiste de la mise en valeur du patrimoine (spectacles sur la Cathédrale de Reims et dans d'autres lieux en France el à l’étranger).
Par des projections et des jeux de lumière sur la façade, il rappellera les grands événements lyonnais qui se sont déroulés dans la cathédrale et restituera l'aspect originel de celle-ci : statues, couleurs y seront suggéré, le tout étant accompagné de grande musique.
C’est une leçon d’histoire et d’architecture que les Lyonnais recevront donc, avec ce spectacle renouvelé plusieurs fois dans la soirée, pour que chacun puisse en profiter…sans être trop bousculé.
Au moment où nous écrivons ces lignes, c’est un projet très avancé, mais tellement avancé que nous y croyons déjà et que nous nous en réjouissons d’avance !


En rouge les portes de la Cathédrale, mais pourquoi ?

(extrait du Journal RVL n° 79, juin 1992)

Etonnement, enthousiasme ou affolement, le rouge est mis sur les portes de la cathédrale.
Elles étaient en mauvais état et nécessitaient un traitement : restructuration en bois de petits éléments de sculptures, ou bouchage de fissures à la résine. Il fallait alors recouvrir ce travail.
Le vernis, création moderne, vieillit mal car il forme une pellicule blanchâtre qu'il faut de nouveau enlever.
En travaillant sur ces portes, les spécialistes ont retrouvé au fond des moulures, les traces des couleurs anciennes car les portes étaient peintes. Ce n'est qu'au début du XXe siècle qu'elles furent décapées, comme souvent ailleurs en France. Au XVIIIe siècle, les tons employés étaient des bleus, des bleu-vert, des rouges et en particulier le rouge brun qui a été choisi (le vert bronze n ' a été employé qu'au XIXe).
Par ailleurs, le bois qui compose ces portes n'est pas un bois très noble : beaucoup de nœuds qui perturbent la lecture de la composition du dessin. C’est un argument supplémentaire : aucun ébéniste, par respect du travail, n'aurait choisi un tel bois s'il n'avait dû être peint… ce qui vient d'être fait, dans une couleur chaude qui vieillira bien.


Où en est le chantier du chevet de la Cathédrale ?

(extrait du Journal RVL n° 68, février 1990)

Les 2 tours sont pratiquement terminées. Il n’y a un chantier de cette importance dans une cathédrale que tous les 150 ans environ ce qui explique Ie succès de ces visites d'un intérêt exceptionnel.
Tous les 1ers samedis du mois à 8h00 / 9h30 / 11h00.
Inscription obligatoire à l'Office du Tourisme, 72 40 98 96 - Prix 50 Fr.
Quelques" nouveaux Chanoines-Comtes* de la Cathédrale Saint-Jean" visitent le chantier de restauration de son chevet, en décembre 1989, sous la "houlette" de Didier Repellin, Architecte en Chef des Monuments Historiques
*L'entreprise Comte est spécialisée dans la restauration de monuments historiques


NEW-YORK sur SAÔNE ?
La Cathédrale Saint Jean restaure son chevet : un chantier ouvert au public

(extrait du Journal RVL n° 64, février 1989)

Dès la fin Janvier vont commencer les travaux de la restauration extérieure du chevet de la cathédrale St Jean. Elle est, avec la cathédrale de Reims, un des 2 édifices qui bénéficient de la Loi-Programme établie par le Ministère de la Culture et de la Communication. 
Les subventions, de l'ordre de 13 millions de francs, seront étalées sur 2 ans, durée prévue de ce chantier. Sur place, la Direction Régionale des Affaires Culturelles, en la personne de Marc BOTLAN, Conservateur Régional des Monuments Historiques, sera donc le maître d'ouvrage de cette opération, Didier REPELLIN, Architecte en Chef des Monuments Historiques, en étant le maître d'œuvre (assisté par l'architecte Renzo WIEDER).

Mais que se passe-t-il derrière l'échafaudage ? 

Une innovation pédagogique auprès du grand public.

Ce chantier présente bien évidemment un intérêt exceptionnel et mérite donc d'être connu et suivi par tous. C'est pour cela que sont nés plusieurs projets d'animation qui permettront aux Lyonnais de le découvrir au fur et à mesure de son déroulement :
  • un local vidéo est prévu pour que le public puisse voir diapos ou vidéos prises au cours des travaux, un projet de Martine TALLET et Joël POIX.
  • la loge des tailleurs de pierres sera vitrée ; ainsi, chacun pourra voir travailler les compagnons, experts dans des techniques généralement peu connues.
  • enfin Didier REPELLIN et Renzo WIEDER s'engagent à organiser eux-mêmes des visites du chantier (en principe une fois par mois). Chacun pourra ainsi en suivre l'évolution très vivante.
Nous ne pouvons que nous féliciter de toutes ces animations d'un grand intérêt pédagogique.
Par ailleurs, à l'initiative de Didier REPELLIN, un jumelage s'est instauré entre la cathédrale Saint-Jean Baptiste de Lyon et la cathédrale Saint John the Divine de New-York, cathédrale en cours d'édification. 
Ce jumelage se fera sur 3 plans :
  • architectural : échanges d'expériences entre les tailleurs de pierre de France et ceux des Etats Unis, les uns et les autres travaillant de manière fort différente.
  • artistique : au niveau du décor intérieur, Bob MORRIS, artiste américain, va faire une création pour les verrières du bas-côté Nord, et des expositions sur les vitraux français contemporains sont prévues à New-York.
  • paroissial : le Père NANTAS, curé de la paroisse Saint-Jean et le Révérend Paul MOORE, Recteur de St John the Divine, envisagent de créer des échanges entre les deux communautés.

Un ensemble d'initiatives assez exceptionnel en France.

«Saint-Jean d'hier et d'aujourd'hui» Nous signalons que Monique BOCCARD, Présidente de l'association « Art au présent » vient de tourner un film-vidéo de 17 minutes qui sera projeté cet été dans la cathédrale et diffusé en cassette-vidéo.


Le Vieux-Lyon vit et bouge : la Cathédrale Saint Jean, restauration

(extrait du Journal RVL n° 60, novembre 1987)

Restauration, côté Saône

Le chevet de la Cathédrale Saint-Jean sera ravalé à partir de 1988 : bonne nouvelle due aux effets bénéfiques de la Loi-programme présentée par le Ministère des Affaires Culturelles et adoptée en début d'automne au Conseil des Ministres. Celle-ci a prévu une série de crédits spécifiques pour les cathédrales de France. C'est ainsi que pendant que se terminera le ravalement intérieur de Notre-Dame de Paris, débutera en 1988 le commencement de la fin du ravalement extérieur de notre cathédrale. (14 millions de francs de subventions exceptionnelles seraient prévus pour cela.
Signalons qu'un minutier général a été installé pour éclairer tous les tableaux restaurés de la Cathédrale. Par contre, espérons que l'autre minutier général promis, afin que tout le monde puisse admirer les remarquables éclairages de l'ensemble de la Cathédrale, conçus par l'Architecte en Chef des Monuments Historiques, Didier REPELLIN, à l'occasion de la venue à Lyon du Pape Jean-Paul II, ne tardera plus.

Création, côté Place

"Octobre des arts" - 1987 fait revenir les statues sur la façade de la Cathédrale Saint-Jean.
Détruites au temps de la Réforme par le Baron des Adrets, elles sont revenues le temps d'un mois par la grâce de leurs créateurs (Anne Védrenne, Hélène Frère, Didier Gauchy, Geneviève Gay et Dominique Rivoire) de l'Atelier Populaire d'Arts Plastiques. Cette équipe a travaillé, non seulement sur le site de Saint-Jean, mais aussi sur celui des églises Saint-Nizier et Saint-Bonaventure.


Les tailleurs de pierre au travail à la Cathédrale Saint-Jean

(extrait du Journal RVL n° 44, mars 1983)

Sept Tailleurs de Pierre - dont quatre "Compagnons du Devoir" - ont travaillé à la restauration des sculptures de la Cathédrale, sous l’autorité d'un contremaître, au pied de la Manécanterie (après avoir terminé celle-ci).
On peut regretter simplement que leur année de travail (sept. 81 à l'été 82) se soit réalisée derrière une palissade opaque, alors qu'un fin grillage - protecteur au niveau de la sécurité des passants - aurait permis de développer la sensibilisation du grand public à l'entretien du Patrimoine architectural .
La façade de la Cathédrale a été dégagée de ses échafaudages au début de l'été 1982.
Emblème des Tailleurs de Pierre, représentant quatre lièvres réunis par les oreilles, symbolisant ainsi le parfait carré". Ce médaillon - partie d lune "bande dessinée" de l'époque - est situé à droite du portail latéral droit (en entrant dans la Cathédrale).
Dressage de la pierre par un Compagnon , afin que après sciage - celle-ci ait une surface très plane, aux cotes demandées.
Traçage au compas des motifs et moulures, par un Compagnon : travail suivi par celui de la "Mouluration" .
Mouluration, au "ciseau" ou à la "gradine" en fer, par un Compagnon : il dégage les "fonds" qui donneront les épaisseurs de la future mouluration. Celle-ci sera terminée avec un robot dénommé "chemin de fer" (en raison de ses nombreuses lames), la mouluration devant laisser les masses nécessaires au futur travail de sculpture.
Refouillement des profondeurs dans la pierre pour un Compagnon, afin de donner les épaisseurs et préparer le travail du sculpteur.
Nous pouvons observer là l'ébauche d'une sculpture "gothique flamboyant" sur cette base de pinacle aux allures, pour le moment, de sculpture "abstraite" !
Le côté "dentelle" de la sculpture "gothique flamboyant" apparaît.
Finition d'un motif de la base d'un pinacle par un Compagnon : à l’aide d'une "gouge" il profile une gorge bordant un motif de sculpture. (La gouge est frappée avec une massette ronde qui n’abîme pas le manche en bois).


Avez-vous le coup d'œil ?

  • Avez-vous remarqué le "plan" superbe d’une grande rosace, tracé à terre (ou "Science du Trait" dans le langage des Compagnons), à l'intérieur de la Cathédrale , devant le grand porche d'entrée central ?
Ce tracé, réalisé par un Compagnon, a permis de remonter les vitraux de la rosace avec facilité et sans erreur.
Mais il s'agit de la rosace du TRANSEPT NORD, dont la restauration vient de se terminer. Elle a été dessinée à l'entrée de la Cathédrale par manque de place au sol dans le transept. Et c’est pourquoi ce magnifique dessin ne sera pas "gravé" au sol, car tout le monde risquerait de penser qu'il représente la grande rosace située au-dessus du porche central, dans la façade principale de la Cathédrale (Décision de la Direction Régionale des Affaires Culturelles).
  • Allez regarder aussi la gravure - réalisée, elle ! - de la croisée d’ogive qui a été tracée au sol devant le porche Nord, réouvert récemment sur le Jardin Archéologique.
  • Trésor de la Cathédrale Saint-Jean
Horaires d'ouverture : Lundi, mardi, jeudi, vendredi : de 14 h à 18 h / Samedi, dimanche : de 14 h à 17 h 15
Accueil : Christian REYMOND


Bibliographie "Tout sur les Cathédrales"

(extrait du Journal RVL n° 44, mars 1983)

Sur la Cathédrale Saint-Jean

  • Le Secret de la Cathédrale

Une remarquable B.D. , réalisée à l'occasion de l’Exposition « des Burgondes à Bayard, mille ans de Moyen Age » par l'équipe qui a monté cette Exposition
Pour les enfants ... et les adultes.
Prix : 6 F (en vente au Musée Gallo-Romain de Fourvière)

  • La Cathédrale de Lyon

par le Père Antoine MICHALON (récemment décédé)
Prix : 42 F (pratiquement épuisé)

  • La Cathédrale de Lyon

par Lucien BEGULE, édité à Paris au début du siècle par Henri LAURENT. Ce livre donne la nomenclature de tous les médaillons (dits « de pied droit », c'est-ò-dire, en termes d’architecture : des motifs superposés) de l’ensemble de la façade de la Cathédrale.

Sur les Cathédrales en général

  • L'Histoire et la Vie d'une Cathédrale

illustrée par le Lyonnais François CROZAT 
Texte de Jean-Jacques BRISEBARRE
Co-éditée par la Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites, et Berger-Levrault.
Pour les enfants à partir de 5 ans.
Prix : 48 F

  • Naissance d'une Cathédrale

par David MACAULAY - Le premier de la série paru dans cette célèbre collection des Éditions des Deux Coqs d'Or.
Pour les jeunes à partir de 10 ans, et les adultes.
Prix : 50 F


La façade de la Cathédrale Saint-Jean « ravalée »

(extrait du Journal RVL n° 43, novembre 1982)

La façade de la Cathédrale Saint-Jean, ravalée joue les vedettes dans le Vieux-Lyon, à juste titre. Le coup d'œil est superbe, particulièrement l'après-midi, les jours de soleil.
Cet événement sera fêté le soir du 8 Décembre 1982 par la Ville de Lyon, en même temps que l'inauguration de la "Maison de Quartier", en face, restaurée par la Ville.
© Patrick Francis
© Patrick Francis


La Cathédrale Saint-Jean bientôt ravalée

(extrait du Journal RVL n° 38, mars 1981)

Le 12 Septembre 1980, le Bureau de la R.V.L. accompagnait Monsieur Raymond BARRE en visite privée dans le Vieux Lyon.
A cette occasion, le problème du ravalement de la Cathédrale Saint-Jean fut exposé au Premier Ministre qui put constater par lui-même la nécessité d 'une telle opération. En effet, la Primatiale appartenant à l'Etat (et non pas à la Ville comme la plupart des églises et la Loge du Change récemment nettoyée par notre Municipalité) , il revenait à l'Etat, et à lui seul, d'entreprendre ces travaux.
Le 8 Janvier 1981, le premier Ministre informait officiellement le Président de la Renaissance du Vieux-Lyon, qu'à la suite de la demande de notre Association, il avait libéré un crédit de 9 millions de francs pour le ravalement de la façade et des deux clochers de la Cathédrale. (Nos adhérents trouveront ci-contre le fac-similé de la lettre du Premier Ministre).
Cette mesure si nécessaire pour notre quartier, comme pour I 'ensemble de la Ville de Lyon dont la Cathédrale constitue un des principaux éléments du patrimoine, fut officiellement annoncée par M. Raymond BARRE le 17 Janvier dernier au cours de l’inauguration du Trésor restauré de la Primatiale.
Le Président de la Renaissance du Vieux Lyon a remercié Le Premier Ministre au nom de toute notre Association d'avoir accédé à notre demande, réalisant ainsi un vœu cher à tous nos adhérents comme à tous les Lyonnais.


Inauguration du Trésor restauré de la Cathédrale Saint-Jean

(extrait du Journal RVL n° 38, mars 1981)

Le samedi 17 Janvier 1981, M. Raymond BARRE a inauguré le Trésor restauré de la Cathédrale Saint-Jean, en présence du Ministre des Affaires Culturelles, M. Jean-Philippe LECAT, et des autorités civiles et religieuses de notre Ville. Le Bureau de la R.V.L. était présent à cette manifestation importante pour le patrimoine de notre quartier.
Chacun se souvient du vol commis il y a trois ans qui avait entraîné la fermeture au public de cette exposition des joyaux de la Primatiale située dans la Manécanterie. Un tel larcin ne sera plus possible aujourd'hui : les reliquaires, les ciboires, calices et autres pièces d 'orfèvrerie, présentés sur fond de velours bleu, sont maintenant parfaitement protégés dans des vitrines anti-effractions. La salle du Trésor, tendue de tapisseries admirables, est désormais un des fleurons de notre quartier.
La R.V.L. souhaite que des solutions soient très vite mises au point entre I‘État, la Caisse Nationale des Monuments Historiques, la Municipalité et la Paroisse pour que, non seulement le Trésor, mais aussi la Cathédrale puissent rester ouverts au public de manière permanente et, pourquoi pas, profiter d'un circuit guidé audiovisuel. Il semble que, d'ores et déjà, des mesures concernant l'éclairage des tableaux et de certains éléments architecturaux à l’intérieur de la Cathédrale pourraient être mises en place par l'État.
Après I’inauguration du nouveau Trésor, le Premier Ministre visita la Primatiale et put notamment admirer les nouveaux vitraux de Bruber, ainsi que les tableaux restaurés par les soins des Affaires Culturelles.


Autour de la Cathédrale

(extrait du Journal RVL n° 37, novembre 1980)

  • Le ravalement de la façade de la Manécanterie est commencé. Souhaitons qu'il soit terminé pour la toute prochaine inauguration du Musée du Trésor de la Cathédrale, totalement rénové.
  • Le côté Nord (côté futur Jardin Archéologique) étant déjà ravalé, il ne reste plus qu'un "trou noir" entre les deux… c'est la façade de la Cathédrale. Pourrait-on obtenir des crédits spéciaux pour son ravalement ?
  • Par ailleurs, nous croyons savoir que l'idée est toujours dans l'air aux "Affaires Culturelles Régionales" de réaliser un son et lumière a la Cathédrale, sous forme d'un circuit pédagogique de minuteries par secteurs, à l'intérieur du monument.
    Tous Les Lyonnais souhaitent sa réalisation qui pourrait s'auto-financer par son fonctionnement.
  • L'aménagement du jardin archéologique, situé entre le Palais de Justice et la Cathédrale, est commencé et se terminerait autour du printemps 1982. Sa maquette est exposée à la Mairie du 5ème, Place du Petit Collège.


Remise en valeur de la Primatiale Saint-Jean

(extrait du Journal RVL n° 36, mai 1980)

Au cours des dernières années, un effort important a été accompli à la Cathédrale par Le Ministère de La Culture, à l'initiative de M. Prévost-MarciIhacy, Inspecteur principal des Monuments Historiques. Effort entièrement supporté par l’État car, à la différence des Églises ordinaires, les Cathédrales sont propriété de l’État et non des Communes.
Cet effort s’est orienté vers trois buts : les vitraux, les tableaux, et le trésor.

  • Les vitraux

Des vitraux non figuratifs ont été réalisés par L'atelier SIMON de Reims pour la Chapelle des Bourbon. L’absidiole sud a été décorée de trois vitraux dûs à Monsieur GRUBER et à Madame WEISS-GRUBER. Ils représentent la vie de la Vierge, I'immaculée Conception, St Bernard et les Chanoines de Lyon, ainsi que les pèlerinages de la Vierge.
Cette année, les vitraux de l'absidiole Nord doivent être achevés. Dûs à Mme WEISS-GRUBER, ils représentent les ancêtres du Christ. Comme ils sont proches du vitrail St Pierre et St Paul, Mme WEISS-GRUBER a choisi une composition pouvant s'harmoniser avec le vitrail ancien, récemment restauré par M. GRUBER.
Un programme ambitieux est prévu pour les haies du transept. Un vaste programme iconographique a été proposé par M. le Chanoine MAGNIN : "Les Martyrs de 177" et "Les Fondateurs de L'Eglise de Lyon". Il sera réalisé par M. DESPIERRE, Membre de l’institut et auteur des verrières de Notre-Dame de Liesse.

  • Les tableaux

Depuis les travaux de Daniel TERNOIS, on connaît mieux aujourd’hui la valeur artistique des tableaux qui ornent la Primatiale. Ils proviennent pour la plupart de dons du Cardinal FESCH et trois de ces tableaux ont été récemment restaurés. "La Vierge parmi les Vierges" du Flamand Abraham Janssens, une "Adoration des Mages" de Houyez (début du XVIIe siècle) et une "Ste Claire" (XVIIe siècle). (à droite en entrant dans la Cathédrale).
Trente autres tableaux devraient être restaurés dans Les années à venir.

  • Le trésor

Muni désormais d’un système de sécurité le Trésor rénové, dans une nouvelle présentation, devrait être ouvert au public avant la fin de l’année. Les travaux d'aménagement sont effectués la direction de J.G. MORTAMET, architecte en chef des Monuments Historiques.


Au chevet de la Cathédrale

(extrait du Journal RVL n° 34, octobre 1979)

Depuis quelques années il est de bon ton, dans Les milieux autorisés, de ne jamais aborder le sujet du ravalement de la Cathédrale Saint-Jean. Si vous avez le mauvais goût de poser la question interdite "Quand est-ce qu'on nettoie ces façades crasseuses qui dénaturent ce monument et le paysage environnant ? " vous êtes aussitôt ramené à la raison par des "Et où c'est qu'on trouvera l’argent ? " "Ça coûte les yeux de la tête ces choses-là ! " "D'abord, y a pas de crédits aux Monuments Historiques ! " et autres bonnes raisons qu'un Lyonnais comprend à demi-mot, surtout lorsqu'on lui laisse entendre que toute dépense municipale supplémentaire se retrouverait forcément au niveau de ses impôts locaux. 
Si vous insistez vraiment, au risque de vous faire mal voir et d'être pris pour un mauvais coucheur, les personnalités les mieux informées vous expliqueront que les crédits des Monuments Historiques passent presque tous dans la restauration de I’intérieur de Saint-Nizier (dont on remarquera l'extérieur particulièrement sale) et qu' il est même question d'interrompre momentanément ces travaux pour affecter les prochains crédits au ravalement de l'Hôtel de Ville considéré, à juste titre, comme une priorité par la municipalité.
 
Quant à la Cathédrale, il n'en est pas question, même à long terme, une telle dépense étant hors de proportion avec les moyens des Affaires Culturelles. En I 'An 2000, peut-être.
Alors que la plupart des villes françaises se sont fait un point d'honneur de "blanchir" leur Cathédrale, les Lyonnais accepteront-ils encore longtemps de voir leur Primatiale aussi encrassée ? Gageons que la Municipalité saura porter à ce problème important tout I'intérêt qu' il mérite et que Lyon ne restera pas la dernière viIle à présenter aux visiteurs étrangers un spectacle aussi affligeant.