Palais de justice historique (24 colonnes)


Réalisé de 2008 à 2012

La direction de la culture de la Métropole s’installe au Palais de Justice Historique.

(extrait du journal RVL n° 145, novembre 2015)

Née le 1er janvier 2015, lors de la création de Grand Lyon la Métropole, cette direction a repris les compétences détenues auparavant par le Grand Lyon et par le département du Rhône, en matière de culture. Ainsi, Michel Rotterdam (ancien directeur de la Culture de la Ville de Saint-Étienne) et son équipe de 18 personnes administrent-ils les deux Biennales (Danse et Art Contemporain), le Festival Lumière, la charte de coopération culturelle, les Journées Européennes du patrimoine, les Nuits de Fourvière, les musées des Confluences et Gallo-romain de Fourvière. À ces missions s’ajoute celle de l’organisation de la lecture publique et de l’enseignement artistique diligentés par les communes.
Nous sommes désormais voisins et nous espérons vivement que, du 35 au 50 rue Saint-Jean (et vice et versa ), des passerelles seront tendues pour développer des projets communs !


Aux marches du palais ...

(extrait du journal RVL n° 140, juin 2013)

Les travaux de restauration du Palais de Justice historique étaient à peine terminés, en mai 2012, qu’ils étaient aussitôt relayés par d’autres, entrepris sous l’égide du Grand-Lyon, pour aménager un accès somptueux à un édifice redevenu magnifique et moduler l’ensemble des circulations sur le quai Romain- Rolland.
Nous approchons de la fin de ce chantier, également très imposant, et dont la difficulté majeure aura été de maintenir, parfois à minima, l’écoulement des véhicules devant le palais, tout comme la traversée de la passerelle par les piétons. Les conditions climatiques, exceptionnellement mauvaises au cours de l’hiver et du printemps, n’ont pas facilité la tâche des entreprises. 
La livraison se profile cependant pour cet été.


Cérémonie de la fin des travaux de restauration

(Janvier 2013)

Le lundi 14, la Rentrée solennelle de la Cour d’Appel de Lyon s’est déroulée en présence de Mme Taubira, garde des sceaux et ministre de la Justice, et de Mme Vallaud Belkacem, ministre des droits des Femmes et porte-parole du Gouvernement, ainsi que de M. Mercier, ancien garde des sceaux et « jeune » ancien président du Conseil général.
A cette occasion était dévoilée une plaque rappelant le caractère exceptionnel du chantier consacré à la restauration de cet édifice (voir le « Feuilleton » que la RVL a publié au long des quatre années de ce travail remarquable).


Visite de chantier au palais de justice historique.

(extrait du Journal RVL n° 139, novembre 2012)

Denis Eyraud a conduit, avec Didier Repellin (ACMH), les travaux de restauration du Palais de Justice. Il nous les a relatés dans le feuilleton rédigé par lui dans le Journal de la RVL pendant plusieurs années.
Il a récemment proposé à nos administrateurs une visite de l’édifice. Ceux qui ont eu la chance de pouvoir y participer en sont ressortis subjugués.
Au-delà de la splendeur des lieux et des restaurations spectaculaires, nous avons été particulièrement intéressés par l’historique de la construction, le projet de Baltard, son actualité, les moyens mis en oeuvre pour obtenir tous les effets escomptés.
Hommage soit rendu aussi aux actuels architectes et aux artisans qui, avec des trésors d’ingéniosité ont su adapter ce bâtiment à ses missions contemporaines tout en conservant l’intégrité des décors, à améliorer les conditions de sécurité et de travail tout en mettant en valeur des lieux insoupçonnés, telle la magnifique galerie qui accueille désormais publics et professionnels et qui porte fort justement le nom de Louis-Pierre Baltard.
Le Palais a retrouvé son prestige, bravo pour cette restauration admirable.


Dixième et dernier épisode :

Le chantier prend fin...

(extrait du Journal RVL n°138, juin 2012)

Après quatre années de travaux, de mai 2008 à mai 2012, ce chantier exceptionnel s’achève.

Venant après un examen – parfaitement réussi ! – par la Commission de sécurité, le 24 avril dernier, la réception de la seconde phase des travaux et la remise des clés aux maîtres d’ouvrage se sont déroulées le 11 mai. Quai Romain Rolland, la partie nord de la base vie du chantier a été évacuée et l’escalier monumental libéré et remis en service. Seule subsistera, jusqu’à la fin du mois de juillet, la partie sud de cette emprise. En effet, il faut à présent procéder à la levée des réserves et aux divers emménagements permettant de rapatrier les services de la Cour d’Appel de Lyon délocalisés à La Part-Dieu durant les travaux, et de mettre l’ensemble de l’établissement en configuration définitive avant la rentrée.
Pendant le mois de juillet seront réalisés quelques ouvrages qui ne pouvaient pas être faits en présence du public. Ainsi, à l’entrée de la salle des pas perdus, un sas entièrement vitré remplacera l’ancien sas en bois, non d’origine et particulièrement inesthétique. La mise en lumière de la façade sera effectuée par les services de la Ville de Lyon et les travaux d’aménagement de la place située devant le Palais seront entrepris sous maîtrise d’ouvrage du Grand Lyon dans le cadre du grand projet des « Rives de Saône ».
Mais, pour ce qui est des travaux de restructuration et de restauration du Palais proprement dit, il est enfin temps d’écrire le mot FIN.
Les Journées Européennes du Patrimoine des 15 et 16 septembre prochains, permettront aux Lyonnais de visiter leur Palais des « 24 colonnes » entièrement rénové. Ils pourront, en particulier, admirer ses 7 prestigieuses salles d’audience, sa gigantesque salle des pas perdus du premier étage, ainsi que la nouvelle galerie d’entrée des services, située sous le péristyle au rez-de-chaussée.


Neuvième épisode :

Dans huit mois, on emménage !

(extrait du Journal n° 137, novembre 2011)

Vue de l’extérieur, la restauration du Palais de Justice Historique semble terminée car les derniers échafaudages ont disparu. 

Seule reste l’emprise de la base vie du chantier côté quai, cernée de ses palissades.
Mais les travaux se poursuivent à l’intérieur de la moitié sud du bâtiment.
Au rez-de-chaussée, les voûtes centrales sont entièrement libérées et réparées et le dallage du sol est en cours de pose. Après le déséchafaudage de la salle d’assises et de deux des trois salles d’audience principales de l’ancienne Cour d’Appel du premier étage, la salle des pas perdus a été entièrement échafaudée. Ses dômes, ses colonnes et ses décors sont nettoyés et en cours de restauration.
Les châssis métalliques garnis de verre armé martelé des six grandes ouvertures hautes en demi-lune ont été remplacés par des châssis en bois, réalisés suivant les dessins de Baltard, dont les vitrages transparents permettront de voir le ciel depuis la salle. L’escalier d’honneur sud de la Cour d’Appel est en cours de réfection totale pour lui donner le même lustre que celui déjà restauré au nord (gommage des pierres de taille, reprise des enduits et réalisation d’un décor de fausses pierres d’appareil). À signaler la qualité de la réalisation de ces escaliers où les volées monumentales comprenant marches, limons et sous-faces sculptées sont toutes réalisées en un seul bloc de pierre de Villebois.
Une seconde salle d’assises à décor contemporain est en cours de réalisation au niveau du rez-de-chaussée ; elle fera le pendant de la salle pénale sécurisée déjà livrée en première tranche des travaux côté nord.
Au premier étage, les bureaux de la Cour d’Assises ont été totalement remodelés et étendus au deuxième étage de l’aile ouest, en façade sur la rue Saint-Jean, grâce à la réalisation d’un nouvel escalier intérieur en chêne.
Les locaux de la future Maison du Rhône, au rez-de-chaussée et à l’entresol de la moitié sud-ouest de l’ancienne prison, sont en cours de réhabilitation, les façades de leur cour intérieure étant aujourd’hui entièrement nettoyées.
« Le triomphe de la Vérité », une des toiles de Thomas Blanchet (celles-ci provenant de l’ancien Palais de Roanne étaient placées au plafond de deux salles d’audiences nord) a été restaurée et remise en place. Elle est superbe et lumineuse. L’autre est en cours de restauration dans un atelier spécialisé. Tandis que le mobilier historique est en cours de restauration, le mobilier contemporain a fait l’objet d’études spécifiques afin de l’adapter aux fonctions et aux lieux.
Peu à peu se profile la future prise de possession des locaux par la Cour d’Appel. Celle-ci se déroulera entre mai et juillet 2012 et fera l’objet de notre dernier épisode, dans le n° de juin prochain.


Huitième épisode :

Dernière ligne droite, plus qu’une année de travaux !

(extrait du Journal RVL n° 136, juin 2011)

Le chantier se poursuit, avec les difficultés inhérentes à ce type de travaux, mais l’expérience acquise en première phase (moitié nord) s’avère précieuse pour la seconde (moitié sud).
Les voûtes du rez-de-chaussée ont été libérées après démolition de l’ancienne chaufferie. Le local informatique principal de la Cour d’Appel sera déménagé en juillet. Alors seulement, les magnifiques voûtes de pierre situées sous la salle des pas perdus, dans l’axe du bâtiment, auront retrouvé leur intégrité originelle, faisant communiquer les quatre cours de l’ancien palais et rouvrant des perspectives nord-sud.
La salle d’assises est actuellement échafaudée. Les restaurations de son plafond en caissons de bois, partiellement doré, et de ses registres supérieurs de faux marbres, sont presque terminées. L’échafaudage sera démonté en juillet. L’ancienne grande salle d’audience de la Cour d’Appel, décorée de marbres de carrare et de stucs marbres assortis, ainsi que les deux plus petites salles d’audience latérales, sont également échafaudées et leurs décors supérieurs sont en cours de restauration. Les toiles tendues au centre des plafonds des deux petites salles, provenant de l’ancien Palais de Roanne et dues au peintre Thomas Blanchet, seront restaurées dans les tout prochains mois. En juillet, la salle des pas perdus sera à son tour échafaudée pour permettre sa restauration complète.
Le nettoyage et la réparation des façades se termine par l’angle sud-ouest du bâtiment (rue de la Bombarde et rue Saint-Jean) dont les grilles et les piliers de pierre ont été démontés, restaurés et reposés. La réfection des toitures est en cours de finitions.
Très bientôt donc, tout l’extérieur du Palais de Justice aura terminé sa cure de jouvence.
Le projet de réalisation d’un véritable parvis devant le bâtiment est en cours d’élaboration avec le concours du Grand Lyon, dans le cadre de l’aménagement des Rives de Saône. Une esplanade piétonne est également prévue sur la dalle supérieure du parking Saint-Jean, au débouché de la passerelle. Les entrées et sorties du parking seront déplacées, libérant cet espace des voitures qui l’occupent aujourd’hui. La réalisation de ces importants travaux de voirie et de l’éclairage de la façade principale du monument par la Ville de Lyon suivra immédiatement la fin de l’opération de restauration du palais, mais cela, c’est une autre histoire…


Septième épisode :

Où l’on pourra constater que la seconde phase des travaux est bien commencée !

(extrait du Journal RVL n°135, février 2011)

Au mois de juillet dernier, comme prévu, les services de la Cour d’Appel de Lyon ont investi les locaux rénovés de la moitié nord du Palais et libéré la moitié sud. L’entrée définitive des services, située 1 rue du Palais de Justice, a été ouverte, donnant accès à la partie nord de la nouvelle galerie d’accueil, sous le péristyle. Au premier étage, les trois salles d’audience de l’ancien TGI restaurées sont accessibles au public par le même dispositif qu’en première phase des travaux, comportant à partir du quai, un escalier et une passerelle placée dans l’axe de la façade principale du monument et passant au-dessus de la base-vie du chantier. Par contre, au lieu d’entrer dans la salle des pas-perdus, le public emprunte aujourd’hui un couloir-tunnel qui la traverse sans contact avec le chantier. 
C’est en effet dans cette seconde phase des travaux que la salle des pas-perdus et la salle d’assises seront restaurées. Cette dernière est déjà totalement échafaudée et la restauration de ses décors débute. C’est la grande salle d’audience de l’ancien TGI qui servira de salle d’assises provisoire durant ces deux prochaines années.
Après changement de sens, puis dévoiement de la rue de la Bombarde, l’emprise du chantier a été étendue au sud, les grilles du chemin de ronde arrière ont été déposées, les façades de l’aile sud-est ont été échafaudées pour nettoyage et restauration, enfin la surélévation des combles de cette aile a commencé, à l’identique de ce qui a été fait au nord.
A l’arrière, du côté de la rue Saint- Jean, les travaux de la partie nord de l’ancienne prison, un temps retardés par un changement d’affectation de ses locaux, ont repris. Ils seront livrés fin décembre et abriteront le Service d’Administration Régionale du Ministère de la Justice.
Voilà donc le chantier reparti pour une durée de 22 mois en vue d’une livraison finale en juin 2012. Parallèlement, le Grand Lyon imagine la future place qu’il compte réaliser devant le Palais dans le cadre du grand projet des Rives de Saône. Avec la mise en lumière de la façade principale par la Ville de Lyon, le monument restauré aura alors retrouvé tout son lustre, de nuit comme de jour. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler d’ici là…


Sixième épisode

Où Justice et Force retrouvent leur forme intégrale

(extrait du Journal RVL n° 134, juillet 2010)

Du 5 au 19 juillet 2010, les services de la Cour d’Appel et de la Cour d’Assises de Lyon, maintenus durant les deux premières années de travaux dans la moitié Sud du bâtiment, vont s’installer dans la moitié Nord, terminée. La nouvelle entrée des services, située au 1 rue du Palais de Justice, aura été mise en service, ainsi que la moitié Nord de la grande galerie d’accès située sous le péristyle.
La façade principale, entièrement restaurée, sera libérée de ses échafaudages au même moment, tout comme la partie centrale de la façade arrière rue Saint-Jean. Au milieu de celle-ci, se trouvaient deux statues très détériorées par les intempéries et les fientes de pigeons, l’une symbolisant la Justice, l’autre la Force. Ces deux statues ont été complètement restaurées, les parties manquantes ont été resculptées et greffées. Ce sont quelques étapes du travail effectué sur ces sculptures que nous choisissons aujourd’hui de montrer en images, ce travail résumant et symbolisant, en quelque sorte, la résurrection de l’ensemble du Palais.
Le second acte des travaux, correspondant à la moitié Sud de l’édifice, démarre dès le mois de juillet. Il comprendra la salle des pas perdus et la salle d’assises. L’accès du public aux salles d’audience se fera toujours par l’escalier et par la passerelle situés dans l’axe du bâtiment, en façade principale (quai Romain Rolland), mais un couloir-tunnel clos permettra de franchir en toute sécurité la salle des pas perdus pour atteindre les trois salles d’audience entièrement restaurées, la plus grande étant provisoirement aménagée pour accueillir les procès d’assises.
Fin de l’acte I, début de l’acte II, un acte prévu pour durer, lui aussi, deux années.
De quoi nourrir notre Feuilleton avec de nouveaux épisodes...

Hommage à Edmond Locard

Sans attendre la fin de la première phase des travaux de restauration du Palais de Justice historique, une plaque a été solennellement inaugurée (et provisoirement installée sur la grille de l’ancien chemin de ronde, avant d’être définitivement fixée sur le mur de l’édifice), le 8 avril dernier, pour rappeler aux passants la mémoire du docteur Edmond Locard (1877 – 1966).
Cet éminent médecin légiste, élève de Lacassagne, est considéré comme un des pionniers de la police scientifique. Il en a, du reste, créé le premier laboratoire (en 1910) dans les combles de ce palais et lui a consacré toute sa vie, rédigeant un imposant Traité en sept volumes toujours en usage aujourd’hui.
La cérémonie s’est déroulée en présence des plus hautes autorités locales (représentant la Justice, la Ville de Lyon, le Département du Rhône, l’État) et, surtout, de la fille du célèbre médecin, qui a pris plaisir à évoquer de très vivants (parfois croustillants) souvenirs gardés des visites qu’elle rendait ici à son père.
Sous le titre en clin d’œil d’Empreintes d’Edmond Locard, les archives municipales inauguraient, le même jour, une très intéressante exposition sur cet éminent Lyonnais, qui n’avait pas que la police scientifique en tête et se passionnait aussi pour la musique ou pour le théâtre de Guignol. Cette exposition est visible jusqu’au 14 juillet. Elle ne peut qu’attirer ceux qui désirent approfondir leurs connaissances sur l’histoire de la police scientifique : par exemple, sur la dactyloscopie, voie ouverte par Bertillon et qu’Edmond Locard mit en pratique pour conduire ses toutes premières enquêtes.


Cinquième épisode

Le chantier a débuté il y a déjà un an et demi, il ne reste donc plus que six mois pour en terminer la première phase correspondant à la moitié nord de l’édifice.

(extrait du Journal RVL n° 133, février 2010)

Après la légère surélévation du comble de l’aile nord, le long de la rue du Palais de Justice, la couverture a été posée, les façades en pierre ont été nettoyées par gommage, puis rejointoyées, les fenêtres en bois sur rue ont été restaurées et repeintes d’un ton gris moyen, tandis que les grandes baies des galeries sur cour ont été dotées de châssis métalliques laqués d’un ton gris plus soutenu. Le cloisonnement du nouveau comble a permis de créer des bureaux bien éclairés par de belles fenêtres donnant au sud. Enfin, après passage de tous les réseaux techniques, les finitions ont pu être réalisées dans les étages : boiseries, peintures, revêtements de sol et parquets. Celles du rez-de-chaussée sont en cours.
Ensuite, ce fut le tour de l’aile nord-ouest (ancienne prison, angle rue du Palais - rue Saint Jean), dont la cour avait été débarrassée des deux bâtiments parasites à deux niveaux, construits en béton armé dans les années 60, et de l’aile transversale entre cette cour nord-ouest et la cour centrale. Leurs façades et leurs toitures sont terminées et les locaux qu’ils abritent sont en cours de finitions. La partie interne du chemin de ronde qui séparait autrefois palais et prison, détruite lors de la construction des bâtiments ajoutés, a été rétablie avec sa clôture de grilles sur muret de pierre, et la cour a retrouvé son dallage d’origine. Les grandes grilles sur rue ont été déposées, réparées puis reposées.
Aujourd’hui la dernière partie des façades et des toitures de la première tranche des travaux a débuté, il s’agit de la partie centrale de l’aile ouest, située le long de la rue Saint-Jean (porche d’entrée), et de la façade principale sur le quai Romain Rolland. Cette dernière sera entièrement terminée dans cette première phase des travaux afin d’assurer une unité de teinte à cette majestueuse colonnade, image du Palais de Justice pour toute la ville.
Au rez-de-chaussée, les travaux de la future salle d’exposition du Département du Rhône sont en cours. Il s’agit de l’ancienne chapelle de la prison, située derrière le porche ouest et devenue, par la suite, salle d’audience. Ses structures de pierre ont été gommées, ses enduits refaits et son dallage de pierre réparé.
Au premier étage, la grande salle d’audience E est en cours de finitions. Les restaurations de son magnifique plafond à caissons de bois, de ses fenêtres hautes et de ses décors de faux marbres du registre supérieur étant terminées, l’échafaudage a été démonté, permettant d’aborder les travaux de restauration de la partie inférieure (parquet, prétoire, boiseries…). Le mobilier de son prétoire ne sera toutefois pas définitif, car un agencement provisoire permettra d’utiliser cette salle pour les assises durant deux ans, le temps que la salle d’assises actuelle soit elle-même restaurée. Les décors des deux salles d’audience latérales D et F sont également presque terminés, tout comme leurs sols (parquets et marbres). Leurs prétoires vont bientôt être reposés.
Pour anticiper les travaux de la seconde phase du chantier (moitié sud du Palais), le dallage de la salle des pas perdus a été déposé, pour passage des réseaux électriques, et restauré en juin et juillet derniers, ces travaux seront poursuivis cet été.
Du point de vue des équipements techniques :
  • Les trois cages d’ascenseur de cette première phase sont, bien entendu, terminées.
  • La nouvelle chaufferie au gaz de la Cour d’Appel, située au-dessus du péristyle, est réalisée, équipée et fonctionne. Celle du Département, située au sous-sol de l’aile Ouest de l’ancienne prison, va pouvoir également être mise en route pour le préchauffage des locaux durant ces mois d’hiver.
  • Le local de production d’eau glacée, situé sous l’escalier d’honneur du quai, est équipé.
  • Le transformateur électrique de la cour d’appel (qui a pu prendre la place de celui supprimé par EDF rue du Palais) est terminé.
  • Le cuvelage des sous-sols inondables a été réalisé.
Que va-t-il se passer avant le 7 juillet prochain, date fixée pour le début du déménagement du sud vers le nord des services de la Cour d’Appel ?
Bien entendu, la fin des travaux de finitions des locaux, notamment au rez-de-chaussée de l’édifice et dans ses escaliers et ses couloirs.
Pour permettre la pose des dallages extérieurs et pour préparer la seconde phase des travaux, la grue sera démontée dès mi-avril pour être immédiatement remontée dans la cour sud-est. Ses fondations devront donc avoir été réalisées préalablement, au mois de mars. La base vie du chantier sera modifiée afin d’inverser ses dispositions, l’aire de livraison passant du nord au sud et les bungalows du sud au nord. L’escalier d’accès à la passerelle sera retourné. L’emprise du chantier, côté nord, sera réduite pour libérer l’entrée des nouveaux locaux de la Cour d’Appel, à l’extrémité nord de la grande galerie située sous le péristyle.
Enfin, durant le mois de juillet, des travaux de voirie seront effectués par le Grand Lyon pour modifier le tracé de la rue de la Bombarde dont la voie de circulation sera déplacée vers le sud, pour permettre, à terme, l’accès aux cours intérieures du fourgon pénitentiaire.


Quatrième épisode

Où l’on fait un point sur l’avancement des travaux, à mi-chemin de la première phase du chantier et où l’on découvre les belles couleurs d’origine.

(extrait du Journal RVL n° 132, juin 2009)

Le chantier a débuté il y a un an. Il ne reste donc plus qu’une année pour terminer la première phase (moitié nord).
Les travaux se poursuivent, avec les aléas et vicissitudes propres à ce type de restauration complexe d’un monument historique classé. Le chantier doit s’adapter en permanence aux découvertes qui ne manquent pas de se produire dès que l’on fait tomber un enduit soufflé, que l’on déplace une bibliothèque ou que l’on dépose une boiserie pour permettre le passage de fils électriques. Chaque pièce est un chantier particulier.
Les trois cages d’ascenseur de cette première phase sont montées. Les finitions de l’aile nord de l’ancien Palais (donnant sur la rue du Palais de Justice) sont très avancées et les cloisonnements des autres ailes sont en cours.
Le local de la future chaufferie de la Cour d’Appel, située au-dessus du péristyle, est terminé et l’équipement de cette chaufferie centrale au gaz est en cours.
Angles de l’édifice. Au sud, les travaux n’ont pas encore commencé © Yves Neyrolles
Angles de l’édifice. Au sud, les travaux n’ont pas encore commencé © Yves Neyrolles
Les façades extérieures de la partie nord-ouest (ancienne prison, angle rue du Palais - rue Saint Jean) sont nettoyées (1), leur échafaudage sera démonté dès que la réparation des toitures et des fenêtres sera terminée. Toutefois ces travaux sur rue sont à présent arrêtés, y compris la remise en place des grilles du chemin de ronde, afin de ne pas nuire aux terrasses des restaurants de la rue Saint-Jean. Le porche central et la façade ouest, donnant sur la rue seront donc restaurés l’hiver prochain. Les façades intérieures de la cour nord-ouest, très endommagées il y a une quarantaine d’années par la création de deux bâtiments en béton armé à deux niveaux désormais détruits, sont en cours de restauration. Après cela, la partie manquante du chemin de ronde, à l’intérieur de cette cour, sera reconstituée.
Angles de l’édifice. Au nord, une harmonie nouvelle, grâce à la surélévation © Yves Neyrolles
Angles de l’édifice. Au nord, une harmonie nouvelle, grâce à la surélévation © Yves Neyrolles
(1) par le procédé du gommage, ou sablage humide, technique plus douce et plus respectueuse de la pierre que le sablage à sec utilisé il y a quelques années.
Au rez-de-chaussée, les travaux ont commencé dans la future salle d’exposition du Département du Rhône. Il s’agit de l’ancienne chapelle de la prison, située derrière le porche ouest et devenue par la suite salle d’audience. Ses structures de pierre ont été, elles aussi nettoyées par gommage.
Au premier étage, la grande salle d’audience de l’ancien TGI est toujours en chantier. Les restaurations du plafond de caissons de bois, des fenêtres hautes et des décors de faux marbres du registre supérieur étant terminées, l’échafaudage a été démonté, permettant d’aborder les travaux de restauration de la partie inférieure (parquet, prétoire, boiseries…). Les deux salles d’audience latérales sont échafaudées ; les analyses et sondages des décors, permettant à l’Architecte en Chef des Monuments Historiques Didier Repellin d’arrêter les procédures de restauration, sont en cours.
Pour anticiper les travaux de la seconde phase du chantier (moitié sud du Palais), le dallage de la salle des pas perdus sera déposé en juin et une dalle chauffante sera réalisée en juillet et août sur toute sa superficie.
Les nouveaux branchements en électricité et gaz ont été créés. Si, l’hiver dernier, les habitants et les commerçants ont été gênés par des travaux de voirie rue Saint Jean, le chantier du Palais n’y était toutefois pas pour grand chose car il s’agissait essentiellement de la réfection des branchements d’eau des immeubles (suppression des raccordements en plomb


Troisième épisode

Où l’on commence à aborder les problèmes de restauration des façades et des décors, en constatant que plus le temps a passé, plus le monument s’est assombri. Lumière !

(extrait du Journal RVL n° 131, février 2009)

Les travaux de restauration du Palais de Justice historique continuent d’aller bon train. Deux cages d’ascenseur sont réalisées (sur les trois de la première tranche), ainsi que les gaines techniques verticales. Le cuvelage étanche des sous-sols est presque terminé. Les grilles du chemin de ronde, à l’angle des rues Saint-Jean et du Palais, ont été déposées pour restauration des couvertines et des piliers de pierre.
La légère surélévation du comble de l’aile nord, le long de la rue du Palais de Justice, est terminée. Sa couverture est posée et son cloisonnement intérieur réalisé. Les nouveaux bureaux disposeront d’une vue très agréable vers le sud-ouest, sur la colline de Fourvière. Les façades en pierre de ce bâtiment ont été nettoyées par gommage et rejointoyées, les fenêtres ont été restaurées et repeintes. Toutes les corniches et les détails saillants d’architecture ont été recouverts de plomb. Les échafaudages seront bientôt démontés, permettant aux passants de contempler une partie des façades du Palais entièrement restaurée. 
Des sondages stratigraphiques ayant fait apparaître les couleurs originelles du Palais, la teinte vert foncé des menuiseries et serrureries a été remplacée par un gris chaud moyen sur les ouvrages de menuiserie et par un gris anthracite sur les grilles et autres ouvrages de ferronnerie, couleurs conformes à celles retrouvées et en parfaite harmonie avec les façades nettoyées - et donc éclaircies. Ce nettoyage a également fait apparaître le jeu subtil de deux couleurs de pierres d’origine différente, utilisé par l’architecte pour souligner le dessin de ses façades.
Quant aux couleurs des décors intérieurs, en particulier ceux des salles d’audience de prestige du premier étage (trois des sept salles en première tranche), on a pu constater qu’elles ont subi également un assombrissement généralisé dû aux repeints successifs (de qualité très inférieure aux décors d’origine) et à la patine, pour ne pas dire aux salissures, du temps. Tous les marbres et les faux marbres, les bois et les faux bois seront restaurés dans leurs tons primitifs, beaucoup plus clairs, harmonieux et cohérents. Sous les soieries des murs des salles d’audience, on a retrouvé les papiers peints initiaux dont les couleurs, beaucoup plus chatoyantes (rouge et doré), tout comme les dessins, plus amples, étaient en parfaite harmonie avec l’ensemble des autres décors.
La grande salle d’audience de l’ex-Tribunal de Grande Instance a été entièrement échafaudée après démontage des boiseries du prétoire et des parquets qui seront restaurés en atelier. Un platelage supérieur va permettre la restauration du grand plafond à caissons sculptés, tout en noyer et en orme, d’une force et d’une qualité de sculpture incomparables. Dans cette même pièce, pourvue de fenêtres hautes latérales, les décorations moulées intérieures de ces châssis métalliques, entièrement dorées à l’origine, seront également restaurées.
Au-dessus du péristyle, au centre de la façade principale de l’édifice, commence la réalisation de la future chaufferie du Palais destinée à remplacer, à terme, celle du rez-de-chaussée. Mais cela est une autre histoire... 
À suivre.


Deuxième épisode

Où l’on retrouve une partie du Palais barricadée et enveloppée.

(extrait du Journal RVL n° 130, novembre 2008)

Depuis le mois de juin, des transformations importantes ont été opérées, dont certaines sont bien visibles depuis la voie publique et modifient l’environnement immédiat de la moitié nord de l’édifice actuellement en chantier et de la façade principale.
La base de vie du chantier a été mise en place au sein d’une emprise logistique importante située devant la totalité de la façade principale du Palais, quai Romain Rolland, et entourée d’une haute palissade. Afin de maintenir le passage des piétons le long de la clôture, un trottoir a été réalisé, protégé de la circulation par des barrières métalliques.
Un escalier et une passerelle ont été installés pour permettre le libre accès du public à la salle des pas perdus et aux salles d’audience, en passant au-dessus de l’emprise des installations de chantier (ils resteront durant les 4 années des travaux).
Une grue importante a été montée dans la cour nord-est.
Les façades de l’aile nord du bâtiment située le long de la rue du Palais de Justice ont été échafaudées. La restauration des façades en pierre et des fenêtres est en cours. La modification du comble de cette aile est presque achevée, sa nouvelle charpente métallique est posée.
Les démolitions des bâtiments parasites de la cour nord-ouest sont terminées et les voûtes du rez-de-chaussée de la partie nord ont été dégagées.
La galerie située sous le péristyle, future entrée des services de la Cour d’Appel, est, elle aussi, entièrement dégagée.
Trois gaines d’ascenseur sont en cours de réalisation.
Tout le mobilier historique de cette moitié du Palais a été transporté dans l’atelier des artisans restaurateurs.


Un nouveau feuilleton : premier épisode

Chronique de la restauration du Palais de Justice historique

(extrait du Journal RVL n°  129, juin 2008)

Comme nous l’avons indiqué dans le n° 127 de notre Journal (novembre 2007), la très importante intervention sur cet édifice est prévue pour durer quatre ans. Le chantier a débuté le 14 mai dernier sur un site dont la particularité est qu’il restera partiellement occupé par la Cour d’Appel de Lyon et la cour d'Assises. 

Deux phases de travaux comparables, de deux ans chacune, se succéderont : sur la moitié nord, puis sur la moitié sud.
Une surface importante, située devant le Palais, sera annexée au chantier pour les installations permanentes. Un escalier provisoire a été construit devant l’escalier monumental, ainsi qu’une galerie surélevée, située dans l’axe de la façade, pour permettre au public d’accéder aux salles d’audience sans traverser les aires d’installation du chantier.
Les deux jardinets, situés de part et d’autre de l’escalier monumental, ont été supprimés, leur emprise étant incorporée à ces aires. Ils ne seront pas reconstitués, mais leur surface sera intégrée au réaménagement du quai et de ses abords, que la Ville et le Grand Lyon réaliseront, dans le cadre du projet des berges de la Saône, en vue de créer une véritable place du Palais de Justice, une place qui corresponde à l’échelle du bâtiment.
Excusez le jeu de mot, mais ce n’est que justice de rendre à cet espace la dimension qu’il avait autrefois !
Le dégagement du pied de la façade historique (malencontreusement enterré par l’adjonction de terre végétale, destinée à la réalisation de jardinets) montre déjà combien celle-ci gagne à retrouver son aspect initial.
Lors de cette remise à niveau, deux éléments relativement anciens et intéressants (mais, rappelons-le, totalement étrangers au projet de l’architecte) ont été mis à jour : un puits maçonné, au sud ; un bassin rond, en pierre, ayant servi de fontaine, avec jet d’eau central, au nord. Curieuse correspondance devant un bâtiment qui visait la perfection néo-classique et jouait, dans ses moindres éléments, avec l’équilibre et la symétrie....
Les réseaux techniques existants (chauffage, eau, électricité, informatique, téléphone, système de sécurité contre l’incendie...) sont en cours de repérage, d’individualisation et de re-branchement, afin qu’au 14 juillet prochain la séparation totale entre la zone en chantier et celle en exploitation soit effective.
Commencera, alors, la restauration proprement dite. À suivre....


24 colonnes à la Une

Palais de justice : la métamorphose

(dossier du journal RVL n° 127, novembre 2007)

Au printemps dernier, un important chantier a permis la restauration du grand escalier accédant au Palais. Ce n’était là que le prélude d’un chantier bien plus important, qui se déroulera au cours des quatre années à venir, redonnant son prestige et sa cohérence à un édifice partagé entre deux propriétaires : L’État et le Département. 

Une réhabilitation nécessaire

À l’âge vénérable de 160 ans, le Palais de Justice Historique de Lyon a besoin d’une sérieuse cure de jouvence. Conçu par l’architecte Louis-Pierre Baltard pour abriter deux juridictions distinctes séparées par une gigantesque salle des pas perdus, côté Saône, ainsi que par une prison, côté colline, il se trouve aujourd’hui inadapté à ses nouveaux usages de siège de la Cour d’Appel de Lyon (dans l’ancien Palais) et de divers services du Département (dans l’ancienne prison). En outre, il est facile de constater que tous ses équipements techniques sont obsolètes et ses finitions dégradées par les outrages du temps.
Réadapter les circuits fonctionnels de cet édifice aux besoins actuels et futurs de ses occupants et usagers, lui intégrer toutes les techniques modernes de confort et de communication, assurer sa sécurité incendie et sa sûreté, le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite, tels sont les objectifs principaux de sa restructuration.
Mais ces nécessaires transformations ne pourront se faire que dans le respect de ce monument historique majeur de notre agglomération, bien connu de tous les Lyonnais qui l’ont baptisé de manière imagée: le « 24 colonnes ». La mise en valeur de ce patrimoine commun constitue donc également un enjeu très important de cette opération à laquelle l’équipe de maîtrise d’œuvre se consacre avec passion et enthousiasme.

Les maîtres d’ouvrage et les concepteurs

En avril 2005, le Département du Rhône et le Ministère de la Justice ont confié au cabinet d’architectes Métropolis, associé à Didier Répellin, Architecte en Chef des Monuments Historiques, le projet de réhabilitation complète du Palais de Justice Historique de Lyon. Ce vaste bâtiment de 11 000 m2 utiles, situé sur le quai de Saône dans le Vieux Lyon, a été classé en totalité monument historique par arrêté du 13 février 1996 (extérieur, intérieur, mobilier). L’équipe de maîtrise d’œuvre comprend également :
  • un cabinet d’architectes du patrimoine : Archipat ;
  • une architecte décoratrice : Catherine Bizouard ;
  • un bureau d’études techniques fluides : Setam ;
  • un bureau d’études techniques structures : Cabut ;
  • un économiste de la construction : Voutay ;
  • un économiste spécialisé en monuments historiques : Jermer
Pourquoi le Département du Rhône se retrouve-t-il maître d’ouvrage mandataire de la réhabilitation d’un Palais de Justice ?
Simplement parce qu’il était de tradition que les départements abritent les tribunaux de grande instance et les cours d’assises. Ainsi, lorsqu’en 1995 le Tribunal de Grande Instance (TGI) quitte l’édifice pour le nouveau Palais qui vient d’être construit à la Part-Dieu, le Département est-il propriétaire de plus de la moitié du bâtiment. Il était alors prévu le départ de toutes les juridictions mais, après une mobilisation des magistrats et des habitants du Vieux Lyon (sous l’égide de la RVL), la décision fut prise de maintenir la Cour d’Appel et la Cour d’Assises dans ce lieu emblématique de l’histoire judiciaire lyonnaise.
Alors que la Cour d’Appel étendait ses activités sur les salles d’audiences et sur les bureaux de la moitié nord du Palais (libérée par le TGI), le Département installait dans sa partie est, rue Saint Jean, certains de ses services :
  • Maison du Rhône,
  • Comité Départemental du Tourisme,
  • Association des Maires Ruraux,
et mettait également des locaux à disposition de la ville de Lyon pour y implanter un poste de police municipale.

Toutefois, l’introduction dans ce bâtiment de services extérieurs à ceux du Ministère de la Justice n’allait pas sans poser des problèmes de sécurité et de sûreté pour le fonctionnement du Palais de Justice proprement dit. Cette situation intermédiaire, inconfortable, a perduré dix ans, faute de crédits pour restaurer et modifier les lieux. Depuis deux ans, le projet de réhabilitation et de restructuration complètes est lancé sous la maîtrise d’ouvrage conjointe de l’Etat et du Département, ce dernier étant mandataire et la Direction Départementale de l’Equipement du Rhône assurant la mission de conducteur d’opération.


Le siège historique du pouvoir judiciaire à Lyon

La justice est rendue sur ce lieu depuis le XIe siècle. Entre le XIe et le XIVe siècle, il s’agissait, d’une justice cléricale, l’archevêque étant alors le seigneur de la ville, siégeant à côté de la primatiale Saint-Jean. La justice s’était installée dans la « maison de Roanne », du nom des deux chanoines, Héraclius de Roanne puis Guillaume de Roanne, qui la possédèrent, d’où les noms de Palais, de Prison et de Place de Roanne qui furent donnés à ces lieux jusqu’au XIXe siècle.
À partir de 1312 (rattachement de Lyon au Royaume de France) et jusqu’à la Révolution, c’est la justice royale qui est rendue ici, la justice ordinaire locale et commerciale du Consulat étant rendue à l’Hôtel de Ville.
En 1622, un terrible incendie ruine le Palais de Roanne et, déjà, de nombreux projets de construction d’un nouveau Palais de Justice voient le jour. L’affaire traîne en longueur par manque de moyens et, finalement, Palais et prison sont reconstruits sur leur emprise entre 1630 et 1643 (Palais de Justice au sud, prison au nord).

Quelques procès célèbres :

  • en septembre 1642, celui de Cinq-Mars et de Thou, accusés par Richelieu d’avoir comploté avec l’Espagne contre Louis XIII,
  • en août 1894, celui de Santo Jeronimo Caserio, qui avait assassiné, le 24 juin, le président Sadi Carnot,
  • de mai à juillet 1987, celui de Klaus Barbie, pour crime contre l’humanité.

La construction du Palais actuel

Après la Révolution, la nouvelle organisation des institutions judiciaires ainsi que la vétusté des bâtiments rendent nécessaire une réorganisation des lieux. À partir de 1804, diverses solutions sont envisagées et, en 1827, un concours d’architecture est lancé : il sera remporté, en 1828, par Louis-Pierre Baltard. Durant les quatre années suivantes, l’architecte proposera des projets à réaliser sur des emplacements différents, dont un, situé sur une île artificielle de la Saône, en amont et en aval du pont du Change. 
Le lieu définitif est enfin fixé : c’est le lieu actuel, comprenant non seulement les anciennes implantations, mais également tous les terrains séparant celles-ci de la rue de la Bombarde et de la rue Saint-Jean. Une fois le projet arrêté, la première pierre est posée, le 28 juillet 1835. Le Palais ne sera achevé qu’en 1847, Baltard étant décédé en janvier 1846.
La réalisation du Palais de Justice de Lyon, qui fut son œuvre principale, a été voulue par l’architecte comme le manifeste de cet « art total » qu’il prônait, bâtiment, décor et mobilier déclinant les mêmes thèmes, structurant ensemble les espaces et constituant une mise en scène indissociable des lieux et de leurs fonctions.

Le bâtiment d’origine

Il est constitué de deux entités bien distinctes : à l’est, le Palais de Justice proprement dit occupe les deux tiers de l’édifice et comporte quatre cours intérieures ; à l’ouest, la prison occupe le tiers restant et comporte deux cours.
Ces deux parties, imbriquées au niveau de la Salle d’Assises (qui va, au premier étage et dans l’axe de l’édifice, de la salle des pas perdus à la rue Saint Jean), sont séparées par un chemin de ronde nord-sud. Ce chemin de ronde se poursuit sur tous les côtés de la prison, à l’exception du corps central d’entrée, rue Saint-Jean. De magnifiques grilles de fer forgé, plantées sur un mur maçonné entre des piliers de pierre, séparent le bâtiment des rues avoisinantes.
La façade principale donne sur le quai. Inspirée des temples grecs, elle est constituée d’un imposant péristyle à 24 colonnes corinthiennes reposant sur un grand soubassement de pierre à l’appareillage cyclopéen et se voit surmontée d’un entablement et d’un haut bandeau d’attique, le tout dans des mesures exceptionnelles :-- 85 m de longueur et 24 m de hauteur.
Surélévation place Duquaire © Denis Eyraud
Surélévation place Duquaire © Denis Eyraud
Un escalier majestueux permet d’accéder au premier étage, qui est le niveau principal du Palais. De part et d’autre se trouvent des guérites en pierre, formant piédestaux pour deux grandes sculptures (deux lions debout face à face posant la patte sur une sphère), œuvres qui n’ont jamais été réalisées, faute de moyens.
La façade arrière donne sur la rue Saint-Jean. Bien que plus austère, elle est composée comme celle d’un palais italien de la Renaissance. En son centre, on trouve un porche majestueux surmonté de trois coupoles de pierre d’appareil. Au fond de ce porche est placé le grand châssis métallique refermant l’ancienne chapelle de la prison. Les façades latérales font bien apparaître la rupture d’architecture entre Palais et prison.
Le bâtiment comporte 5 niveaux sur sous-sol. Les étages de l’ancienne prison et ceux de l’ancien Palais n’étant pas au même niveau, des escaliers situés dans deux éléments de jonction, au nord et au sud, permettent de les relier.
Le Palais proprement dit comporte trois niveaux principaux :
  • le rez-de-chaussée, réservé à des locaux annexes (du fait des inondations alors fréquentes),
  • le premier étage, occupé par les salles d’audience et les bureaux des magistrats,
  • le second étage, réservé aux seuls bureaux des magistrats.
La prison était initialement constituée de deux entités symétriques, au nord et au sud, disposant chacune d’une cour intérieure, l’une réservée aux hommes, l’autre aux femmes, avec une chapelle au centre.

Modifications ultérieures

Peu de temps après la construction du Palais, la réalisation de la prison Saint-Joseph, puis celle de la prison Saint-Paul, permirent de ne conserver ici qu’un « petit dépôt », situé au rez-de-chaussée sud-ouest, la Cour d’Appel et le TGI annexant les étages supérieurs et le rez-de-chaussée nord-ouest de l’ancienne prison.
Les inondations de la Saône devenant moins fréquentes, des salles d’audience supplémentaires furent aménagées au niveau du rez-de-chaussée sous les salles de prestige, puis dans l’ancienne chapelle, rapidement désaffectée. Les espaces libres situés sous les voûtes centrales furent peu à peu cloisonnés pour créer des locaux de stockage, des ateliers et une grande chaufferie.
Au cours des années 1960 enfin, des surfaces de bureaux supplémentaires étant nécessaires, Pierre Bourdeix, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, réalise une extension, en surélévation de deux niveaux, à l’arrière de l’attique et de la colonnade, ouverte sur la colline de Fourvière mais sans impact au sol et invisible du quai.
En revanche, deux malencontreuses constructions, à deux niveaux, seront également réalisées dans la cour nord-ouest de l’ancienne prison, détruisant le chemin de ronde et obscurcissant une façade de l’ancienne chapelle. Enfin, les combles de l’aile nord du Palais furent aménagés de manière précaire, la hauteur libre, sous les fermes, étant insuffisante.

Le projet actuel 

© Yves Neyrolles
© Yves Neyrolles
Ce projet est global. Il porte tout à la fois sur la restructuration des lieux, pour adapter ceux-ci à leurs nouveaux usages, les mettre en sécurité et en sûreté et les rendre accessibles aux personnes à mobilité réduite ; sur la réhabilitation nécessaire de la construction, afin d’y introduire, en particulier, tous les éléments de confort actuels ; sur la restauration complète du monument historique, de ses décors et de son mobilier.
De l’ensemble de l’édifice au moindre détail du mobilier, Louis-Pierre Baltard avait tout conçu et dessiné de sa main, déclinant les symboles attachés à l’idée de Justice.
© Yves Neyrolles
© Yves Neyrolles
L’indépendance des deux établissements qui cohabitent dans le Palais sera totalement assurée, les Services du Département occupant tout le rez-de-chaussée et une partie des étages de l’ancienne prison, la Cour d’Appel disposant des étages supérieurs de celle-ci ainsi que de la totalité de l’ancien Palais. Ils seront clairement séparés au niveau du rez-de-chaussée par le chemin de ronde, qui sera reconstitué.

Des transformations notables

Outre la rénovation des décors et des façades, le visiteur de l’édifice pourra constater de nombreuses modifications :
  • la disparition des adjonctions inesthétiques, réalisées au fil des temps dans la cour nord-ouest de la prison et sous les voûtes centrales du Palais ;
  • la modification des toitures des ailes nord et sud du Palais, afin de permettre l’aménagement de leurs combles (sans impact sensible sur la perception des façades) ;
  • le déplacement des entrées permettant l’accès aux services de la Cour d’Appel, aux services du Département et au poste de Police Municipale,
  • la disparition des jardinets situés au pied de la façade principale, remplacés par une vaste esplanade d’accès au Palais.

L’amélioration de la sûreté

C’est un des objectifs importants du projet. À cet effet, de nouveaux locaux d’attente gardée (ex-petit dépôt) seront réalisés dans l’enceinte même du Palais, à l’est du chemin de ronde (entièrement rétabli), reliés aux salles d’audience pénale par des circuits sécurisés. Une fois les voûtes du rez-de-chaussée libérées, il sera enfin possible de faire entrer un fourgon cellulaire en provenance du quai, par le portail de la rue de la Bombarde, dans une enceinte réellement sécurisée à l’intérieur du Palais, les détenus n’étant transférés dans les locaux d’attente gardée qu’après la fermeture du portail. Le fourgon ressortira, en ligne droite, par l’autre portail, donnant sur la rue du Palais. Le trajet pour rejoindre le quai Romain Rolland s’en trouvera raccourci. Cette disposition nouvelle, tout comme la centralisation et la surveillance des entrées du public, côté quai, renforcera grandement la sûreté du Palais de Justice.

Des entrées enfin lisibles et rassemblées

  • - Côté quai Romain Rolland
Le problème qu’a toujours posé l’accès au Palais de Justice Historique de Lyon, depuis sa construction, est la trop grande importance donnée par l’architecture de la façade principale à la seule entrée du public se rendant aux audiences, reléguant au rang d’entrées de service, invisibles depuis le quai, les halls d’accès nord (ex-TGI, plus en service) et Sud (Cour d’Appel). Ces accès étaient pourtant tout aussi importants, sinon plus, en nombre de personnes, car dédiés aux magistrats, greffiers et autres personnels travaillant au Palais, aux avocats et avoués, aux fournisseurs et au public se rendant dans tous les services ou venant se renseigner.
Ainsi, aujourd’hui comme hier, sans le connaître, toute personne se rendant dans ce Palais de Justice monte le grand escalier d’honneur, bien visible du quai, entre librement dans la salle des pas perdus, trouve (ou non) une personne qui lui indique que ce n’est pas le bon chemin, ressort, redescend l’escalier, contourne le bâtiment par le sud et entre à nouveau par l’accès, rue de la Bombarde, où il est contrôlé par un vigile (ou un concierge) qui lui indique enfin le chemin à suivre.
L’entrée unique par l’escalier monumental de la façade principale est impossible par la nature même de la conception initiale du Palais, spécialisant l’entrée du public qui doit pouvoir assister librement aux audiences dans les salles dédiées du premier étage entourant la salle des pas perdus, sans pouvoir accéder aux autres parties du Palais.
Une nouvelle entrée des services de la Cour d’Appel et de la Cour d’Assises va donc être ouverte.
Elle sera placée à l’extrémité nord d’une grande galerie qui existe sous le péristyle, tout au long de la façade principale de l’édifice, à proximité immédiate de l’escalier monumental du quai Romain Rolland.
Cet espace est aujourd’hui recoupé par de nombreuses cloisons et principalement affecté au stockage des archives. C’est toutefois un très bel ouvrage, initialement prévu et réalisé pour être une galerie de liaison ou une bibliothèque. Doté de part et d’autre de pilastres réguliers en pierre, d’un plafond à caissons et d’un sol également en pierre de taille, il est très bien éclairé en lumière naturelle par des dalles de verre rondes, ancrées au sol de la galerie supérieure. À chaque extrémité, à quelques mètres de la rue latérale, existe une double porte vitrée, donnant sur l’extérieur. Au centre se trouvent les deux escaliers tournants qui montent jusqu’en haut du péristyle, tandis que des portes de liaison permettent un accès aisé aux deux grands escaliers d’honneur, nord et sud, à partir des deux bouts de cette galerie. Ces escaliers seront doublés par quatre ascenseurs, permettant de rendre la majeure partie du Palais de Justice accessible aux personnes à mobilité réduite à partir de cette nouvelle entrée située à rez-de-chaussée.
Cette grande galerie constituera un hall d’entrée à l’échelle du monument, bordé par tous les locaux destinés à l’accueil du public et à son information.
La porte d’entrée nord a été privilégiée car elle donne sur la rue du Palais de Justice, qui est piétonne et donc protégée de la circulation automobile, ce qui n’est pas le cas pour la porte Sud donnant sur la rue de la Bombarde, qui est très passante et où le trottoir est très réduit.

Une « place du Palais »

Actuellement, les grilles de fermeture des deux jardinets situés de part et d’autre de l’escalier d’honneur renforcent grandement le sentiment d’accès unique au Palais par le seul escalier monumental. Ces grilles, de bien moins belle facture que celles situées à l’arrière du bâtiment, ne protègent rien puisque le mur de soubassement plein, en pierre, situé à l’arrière, mesure 5 mètres de hauteur. Seules les deux portes désignées plus haut se trouvent à l’intérieur de cette clôture. 
Le projet est donc de supprimer ces grilles pour améliorer à la fois la lisibilité des entrées et la perception de la façade principale du Palais, en libérant le mur de soubassement du péristyle, aujourd’hui partiellement enterré. Ainsi pourra être enfin créée, devant le Palais, une place à la mesure de ce monument, incorporant les anciens jardins, le trottoir, les emplacements actuels de stationnement, et probablement même la voirie automobile du quai. Ce grand projet de « place du Palais » reste à étudier par la Ville et le Grand Lyon, dans le cadre de la requalification des quais de Saône. Sa réalisation permettra la mise en valeur du monument historique restauré.
  • - Côté rue Saint-Jean
Compte tenu de la configuration des lieux, de l’intérêt d’une centralisation des accès pour le contrôle des visiteurs et pour la lisibilité de l’entrée sur la rue Saint-Jean, il est proposé de rassembler tous les accès au centre de la façade du bâtiment donnant sur la rue Saint-Jean, c’est-à-dire sous le très beau porche situé devant l’ancienne chapelle.
Ce porche, couvert par trois coupoles, est fermé sur la rue par des grilles. À l’origine, il comportait deux portes d’entrée donnant sur les côtés nord et sud et un grand châssis fixe en métal et en verre, au centre, éclairant la partie ouest de la chapelle. Par la suite, deux autres portes ont été ouvertes en face, à gauche et à droite du grand châssis. Celles-ci seront rebouchées pour retrouver le dessin initial de la façade du monument historique, et le châssis central sera rendu ouvrant, tout en conservant son aspect. 
L’entrée future se fera en franchissant ce châssis, dans l’axe du bâtiment : c’est là que prendra place le service d’accueil susceptible d’orienter les visiteurs, soit vers l’aile sud du bâtiment (Comité Départemental du Tourisme), soit vers l’aile nord (Maison du Rhône). 
Après démolition des deux plots de bureaux construits dans la cour nord-ouest, toutes les arcades situées autour des cours intérieures, sur deux niveaux (rez-de-chaussée et entresol) seront refermées par des châssis vitrés afin qu’un couloir de distribution, fermé et chauffé, puisse être réalisé au rez-de-chaussée, menant à tous les escaliers et ascenseurs. Au centre, en face de l’accueil, toute la partie principale de l’ancienne chapelle située entre les deux cours, bien éclairée sur ses deux faces, nord et sud, servira de salle polyvalente d’exposition, d’animation et de réunion (145 m2) largement ouverte sur le quartier.
La porte d’accès au nouveau poste de police municipale se trouvera aussi sous ce porche, côté nord. En effet celui-ci sera symétrisé par rapport à son emplacement actuel afin d’assurer la continuité de son service durant toute la durée du chantier.

Déroulement des travaux 

Devant les multiples contraintes (voir l’encadré), il est apparu nécessaire de prévoir un chantier scindé en deux phases principales seulement, de deux ans chacune.
Compte tenu de la configuration des lieux dont toute la logique de conception et de réalisation a été basée sur une séparation nord/sud (TGI/Cour d’Appel), il apparaît normal de réaliser en première phase la restauration de la moitié nord du monument et, en seconde phase, la moitié sud, la réhabilitation des parties centrales (salle des pas perdus, salle d’assises et chaufferie actuelle) étant prévue dans des périodes permettant de ne pas interrompre leur service.
En effet, il est nécessaire que la Cour d’Appel dispose durant toute la durée du chantier, d’un accès du public à partir du quai. Celui-ci se rendra vers les salles d’audiences en fonctionnement en empruntant la salle des pas perdus, disponible en tout ou partie.

Un chantier aux multiples contraintes

  • Une durée de quatre ans maximum
  • Un monument historique classé, nécessitant un grand soin dans la réalisation des travaux
  • Un établissement en partie occupé par la cour d’Appel pendant toute la durée du chantier, impliquant de fortes contraintes de sécurité et de sûreté ainsi qu’une limitation des nuisances engendrées par les travaux
  • Un site urbain très contraignant : rues étroites et très fréquentées du Vieux Lyon, rendant l’accès au chantier complexe et nécessitant de limiter les nuisances vis-à-vis du voisinage
La Salle d’Assises ne sera restaurée que lorsque l’ancienne Première Chambre du TGI aura été aménagée en salle pénale, desservie par un circuit sécurisé à partir des nouveaux locaux d’attente gardée, donc en seconde phase des travaux.
L’ancienne chaufferie ne sera détruite que lorsque la nouvelle fonctionnera et sera reliée aux radiateurs de l’ensemble des locaux, donc au milieu de la seconde phase des travaux, les décors des salles de prestige nécessitant un chauffage minimum durant tous les hivers.
Le déroulement des travaux sera donc le suivant :
Phase 1 : réhabilitation de la moitié nord, à l’exclusion des locaux de la Cour d’Assises, de la salle des pas perdus et de la chaufferie actuelle inférieure, mais y compris l’ancienne chapelle du rez-de-chaussée, puis transfert du personnel du sud vers le nord, y compris celui de la Cour d’Assises, qui réutilisera provisoirement la grande salle pénale.
Phase 2 : réhabilitation de la moitié sud, y compris les locaux de la Cour d’Assises et de la plus grande partie de la salle des pas perdus (cloisonnement d’un accès latéral menant aux salles d’audience nord), puis finitions de cette salle et des espaces extérieurs.
La moitié du Palais devant être libérée avant le début des travaux et les locaux dévolus au Ministère de la Justice étant totalement occupés, une partie importante du personnel devra être délocalisée pendant la durée complète du chantier.
Le Département du Rhône a, quant à lui, décidé de libérer les lieux dès le démarrage du chantier, mais ses services seront tous de retour dans les locaux rénovés à la fin de la troisième année.
Les installations de chantier (base de vie, aires de livraison, de stockage et de tri sélectif) seront réalisées devant le Palais, dans une enceinte close, des deux côtés de l’escalier principal, à la place des jardinets existants.
 Afin que ces deux parties puissent communiquer entre elles sans couper le cheminement du public se rendant aux salles d’audience, un escalier provisoire public sera construit en avant de l’escalier monumental, relié à l’entrée de la salle des pas perdus par une passerelle surélevée située dans l’axe de la façade.
Le démarrage des travaux est envisagé au premier semestre 2008, l’appel d’offres auprès des entreprises étant actuellement en cours.
Denis Eyraud,
Architecte DPLG, ancien président de la RVL

Louis-Pierre Baltard (1764-1846)

Louis-Pierre Baltard (à ne pas confondre avec son fils Victor, architecte des anciennes halles métalliques de Paris) est un artiste néo-classique de la première moitié du XIXe siècle. Après des études à l’École des Beaux-Arts, il séjourne à Rome de 1786 à 1789. À son retour, il s’arrête à Lyon, où il travaille comme peintre pendant trois ans. De retour à Paris, il devient, en 1800, architecte au service de l’Etat. Il sera Inspecteur Général des Travaux de Paris, en 1837, et enseignant à l’École des Beaux-Arts. À la fois peintre, graveur et architecte, Baltard s’attachera tout naturellement à promouvoir la cohérence entre architecture, décoration et mobilier. Lyonnais d’adoption, il s’installe dans notre ville entre 1789 et 1791, puis de 1842 jusqu’à sa mort, en 1846. En 1830, il est nommé membre de la Société Académique d’Architecture de Lyon, qu’il présidera en 1841 et 1842. Il étudiera de très nombreux projets pour notre ville (opéra, prison de la Quarantaine, aménagement sud de la Presqu’île, reconstruction du pont du Change bordé d’un théâtre et d’un palais de la Bourse).
Il réalisera la prison Saint Joseph (dont le devenir, comme celui de sa voisine la prison Saint-Paul, constitue un enjeu majeur de l’aménagement du sud de la Presqu’île : transformation, réhabilitation ou démolition) et le Grenier à Sel du quai Tilsitt (démoli depuis lors).
Côté Palais : colonnade néo-gothique © Yves Neyrolles
Côté Palais : colonnade néo-gothique © Yves Neyrolles
Côté “prison” : grilles aux fenêtres et sur la rue © Yves Neyrolles
Côté “prison” : grilles aux fenêtres et sur la rue 
© Yves Neyrolles
Cour nord-ouest, du côté de l’ancienne prison : la construction « parasite » disparaîtra lors des travaux pour permettre de retrouver l’architecture d’origine © Yves Neyrolles
Cour nord-ouest, du côté de l’ancienne prison : la construction « parasite » disparaîtra lors des travaux pour permettre de retrouver l’architecture d’origine 
© Yves Neyrolles
© Yves Neyrolles
© Yves Neyrolles