Lyon 5° - L’Auberge de Jeunesse devient un centre d’hébergement d’urgence


Novembre 2020

L’auberge de jeunesse rouvre pour les sans-abri

Article Le Progrès du jeudi 19 novembre 2020

Cet hiver, la structure, majoritairement dédiée aux jeunes voyageurs depuis 1998, devient un site d’hébergement d’urgence dans le cadre du renfort hivernal. 140 personnes à la rue y trouveront place.

Fermée depuis le premier confinement, l’auberge de jeunesse historique de Lyon, propriété de la Ville, vient de rouvrir ses portes. Trois premières familles devaient y dormir ce mercredi soir.
« Dans deux semaines, trois au maximum, on sera au complet. Il faut aller vite maintenant. Des gens attendent », livre Rihab Zaroui, cheffe de service à l’Entraide Pierre-Valdo. La jeune femme qui gère une autre structure à Bron, est venue prêter main-forte. Cinq autres travailleurs sociaux ont répondu présent, malgré la difficulté à mobiliser du monde en ces temps de crise sanitaire. Un sixième serait le bienvenu.

Venus d’Albanie, de Mayotte

Changement de destination, donc, pour l’Auberge de la montée du Chemin-Neuf dont on a souvent vanté la vue imprenable sur la ville et ses monuments. La famille Dini Bledar, arrivée d’Albanie il y a deux ans, a découvert sa chambre qui, comme d’autres, ouvre sur le jardin terrasse. Situation idyllique ? De leurs trois enfants, seul le plus jeune est présent. Les deux autres, scolarisés à Vaulx-en-Velin, dorment ailleurs, plus près de leur école.
Un couple venu de Mayotte a, lui aussi, été orienté sur l’équipement du Vieux Lyon. Son bébé malade a fait l’objet d’une hospitalisation dès leur arrivée à Lyon. « Des gens avec ou sans papiers, de toutes les nationalités, mais aussi des Français, certains même qui travaillent mais n’ont pas pu se loger : on voit de tout », détaille Rihab Zaroui.

Un lieu "adapté et accessible"

« Le lieu est très adapté, très accessible. Souvent, les populations précaires sont aux confins des métropoles, dans les banlieues. Là, ce n’est pas le cas. Je m’en réjouis. C’est important pour garantir un bon accueil et une bonne insertion », souligne, de son côté, Yvan Couriol, directeur des activités Pierre-Valdo dans le Rhône. Satisfecit également pour les autres acteurs, dont le préfet du Rhône Pascal Mailhos, qui s’est rendu sur place ce mercredi soir.
Présent également, Grégory Doucet, maire de Lyon, dont l’idée d’inscrire l’Auberge du Vieux Lyon dans le dispositif hivernal, a été vite acceptée par la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ). Aucune fausse note entre tous : leur collaboration étroite a permis une ouverture rapide et la prochaine arrivée de 140 sans-abri, adultes et enfants. L’ouverture de lieux d’hébergement d’urgence ne se déroule pas toujours dans un tel climat. Dans l’Ouest lyonnais, la « réquisition » de l’hôpital Charial se heurte actuellement à la fronde de maires.
Finalement, la seule faiblesse identifiée de l’Auberge de jeunesse, concerne le manque de cuisine. Les résidents seront donc orientés vers le resto social de l’Armée du Salut. « Lorsqu’on a vécu à la rue, on a ses réseaux. On sait où se rendre pour manger. Car ici, on ne meurt jamais de faim. En revanche, on peut mourir de froid », explique encore Rihab Zaroui.
Par Dominique MENVIELLE - 19/11/2020 - 06:00 | mis à jour à 11:03

Un dispositif hivernal porté à plus de 1300 places

  • 1 038 places (dont près de 700 déjà prêtes), plus 320 autres mobilisables dans des gymnases : 1 358 places seront disponibles d’ici à la mi-décembre. Une augmentation de 10 % par rapport à l’an dernier. Des chiffres à confronter aux données fournies par la Veille sociale : pas moins de 1 448 personnes sans-abri ou vivant en habitat dégradé, ont composé le 115 sans obtenir de solutions d’hébergement début novembre.
  • « Nous sommes en mesure de répondre à ces personnes », souligne pourtant Christel Bonnet, directrice départementale de la cohésion sociale, alors que les places n’ouvrent que progressivement. En attendant, d’autres leviers sont actionnés, dont le renforcement des maraudes du Samu social et de la Croix Rouge, l’allongement horaire des accueils de jour, la mise à disposition de douches au gymnase Bellecombe, etc. À noter aussi qu’un centre d’hébergement dédié aux sans-abri positifs au Covid, a été maintenu à Belleville.
  • D’autres types d’aides existent, dont la distribution de chèques-services pour les personnes hébergées ou sans abri, correspondant à 1,7 M€ pour le Rhône, ainsi que celle de masques : 2 millions ont déjà été distribués et 1,5 million le seront ce mois-ci.
  • Au total, le coût de la politique d’hébergement de l’État en 2020 dans le Rhône et la Métropole de Lyon s’élève à 73 M d’euros, dont 21 dédiés à la mise à l’abri en période exceptionnelle (renfort hivernal et crise sanitaire). Enfin, une opération “Zéro remise à la rue” co-pilotée par l’État et la Métropole de Lyon, prévoit une mise à disposition accélérée de 500 logements sociaux (80 par mois) pour les sortants d’hébergement.


L’Auberge de Jeunesse devient un centre d’hébergement d’urgence

Article Le Progrès du mercredi 11 novembre 2020

Un centre d’hébergement d’urgence pour des personnes sans abri ouvre ses portes dans l’auberge de jeunesse de la Montée du Chemin-Neuf.

La Ville veut limiter l’impact social de la crise sanitaire. Son action se concrétise par l’ouverture de deux nouveaux lieux, augmentant de 250 lits l’offre d’hébergement d’urgence : l’auberge de jeunesse dans le 5° avec 164 places, gérée par Entraide Pierre Valdo sera opérationnelle dès le 16 novembre. Le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale Riboud dans le 3° avec 90 places, géré par l’Association de l’hôtel social, ouvrira le 27 novembre.
Ces lieux permettent la répartition de tous les publics dans des conditions adaptées à leurs situations : femmes avec enfants, familles, ou encore femmes et hommes isolés.
Centre d’hébergement : 41-45 Montée du Chemin-Neuf, Lyon 5°