La nouvelle madone du 31 rue du bœuf


(extrait du journal RVL n°154, juillet 2020)

Au moment où était lancé le projet de ravalement de l’immeuble du 31 rue du Boeuf, l’association Les madones de Lyon a été sollicitée par les propriétaires pour les aider à trouver une solution satisfaisante au problème que posait la Vierge située à l’angle des rues de la Bombarde et du Bœuf. Cette statue, beaucoup trop petite par rapport à la vaste niche d’angle, était en plâtre. Tout à fait charmante vue de loin, son état s’est avéré désastreux de près, et sa restauration impossible ! Comme c’est très souvent le cas dans nos rues lyonnaises, elle avait dû être placée là dans les années 1850 pour remplacer une statue initiale disparue.

Dès lors, il nous a paru approprié de « loger », dans la grande niche baroque de cette belle demeure du XVII siècle, une statue proportionnée à l’espace, c’est à dire beaucoup plus grande Cela conduisait à une création. L’idéal aurait été une statue en pierre, comme l’était vraisemblablement celle d’origine. Une telle sculpture nécessite un budget que les propriétaires ne pouvaient assumer, devant faire face aux très importantes dépenses liées à la restauration de l’immeuble.

Nous avons donc proposé de faire réaliser un moulage en résine d’un modèle que notre association avait aidé à mettre en place sur l’immeuble qui fait l’angle de la rue Baraban et de la rue Paul Bert, dans le 3e arrondissement. Curieusement, à cet endroit, la niche d’angle est pratiquement la « jumelle » de celle qui nous occupe : mêmes dimensions, même jolie volute au sommet et, dans les deux cas, une inscription dédiée à Marie, gravée sur la corniche. C’est cette analogie qui nous a conduit à proposer cette solution. Installée à la fin de l’année 2019 et ayant fait l’objet d’une bénédiction par le recteur de la cathédrale en février dernier, la nouvelle statue fait aujourd’hui la fierté de ses propriétaires et le bonheur de tout promeneur passant dans ce coin emblématique du Vieux-Lyon.
L’auteur de la sculpture est Christine Onillon, une artiste vivant dans la région de Tours. Elle a représenté Marie protégeant dans son manteau une série de personnages, ce qui rappelle les Vierges de miséricorde du Moyen Âge. Regardant avec tendresse et douceur le passant, elle porte un joyeux Enfant Jésus couronné.
Nous avons eu grand plaisir à participer à la réalisation de ce projet avec des copropriétaires très désireux de pourvoir leur immeuble d’une œuvre de qualité, notamment Raffaella Giardino, leur représentante, très investie dans ce projet.
Cette création contemporaine s’inscrit dans la vénérable et riche tradition lyonnaise des madones sur les façades (nous en avons recensé plus de 200) et, en même temps, est le signe que cette tradition peut perdurer en innovant, notamment dans le choix des matériaux. Nous espérons que d’autres propriétaires auront à cœur de s’occuper de leur « madone », afin que ces éléments si prégnants de notre paysage urbain ne disparaissent pas, par désintérêt ou par une indifférence destructrice.

Catherine de Rivaz

Vice-présidente de l’association Les madones de Lyon