Trois nouvelles enseignes à découvrir


(extrait du journal RVL n°154, juillet 2020)

Certains rez-de-chaussée commerciaux du Vieux-Lyon, en particulier ceux de la rue Saint-Jean, constituent un vrai sujet de réflexion.

Depuis longtemps, nous déplorons la disparition de ce qu’on appelle communément les « magasins de proximité », ceux que l’on fréquente quotidiennement et qui donnent vie à un quartier. Nous regrettons également la disparition d’artisans ou de boutiques d’art. Jean Clerc ou Le Cousin Pons n’ont pas eu de véritables successeurs, même si nous avons vu apparaître quelques vitrines remarquables et si certains artisans de cette époque déjà lointaine sont toujours bien présents (voir sur notre site l’exposition Le Vieux-Lyon a du talent).
Il reste heureusement quelques librairies, une petite supérette, des boulangeries et des pâtisseries bien lyonnaises, plusieurs pharmacies et… une sorte « d’oasis », rue Monseigneur Lavarenne, qui rassemble à elle seule une boucherie-charcuterie, une fromagerie, une boulangerie, une cordonnerie et quelques restaurants dignes de ce nom.… La rue du Bœuf, elle aussi, est une artère bien vivante, qui, outre quelques boutiques d’artisans, accueille des restaurants étoilés.
En revanche, rue Saint-Jean, artère principale du quartier, on assiste depuis quelques années à la prolifération de marchands de glace ou de bonbons, de restaurants « accrocheurs » ou d’enseignes proposant des spécialités… venues d’ailleurs et qui ne semblent être là que pour « attraper » les touristes.
Le confinement que nous venons de vivre a montré de façon criante les effets de cette mono-activité : une suite de rideaux baissés, le long d’une rue quasi déserte…

Aussi, c’est avec plaisir et intérêt que nous avons vu s’ouvrir trois nouveaux commerces.

Au 68 de la rue Saint-Jean, à la place du magasin de musique, s’est installé un nouvelle enseigne de soierie, sorte de filiale de Soierie Saint-Georges, tenue par Virgile et Romain, les fils de Ludovic de la Calle. C’est un lieu de découverte de l’art du tissage, avec un métier à tisser datant du XIXe siècle, un autre pour tresser les fils d’or et d’autres appareils dédiés à cet art.
Vous trouverez là, tous issus des différentes techniques de fabrication, des écharpes, des foulards, des étoles, des cravates, en soie pure ou mélangée à de la laine.
Presque à côté, à l’angle de la rue de la Bombarde et, cette fois, pour le plaisir des papilles, s’est installé le chocolatier Bruno Saladino. Ayant atteint par trois fois la finale du concours « Un des Meilleurs Ouvriers de France », cet artisan cultive l’excellence et l’originalité, et s’autorise des audaces. Chaque mois, il propose une création inédite et, à côté des tablettes de chocolat noir de diverses origines et au pourcentage de cacao varié (Abinao 85%, Vénézuela 72%, Caraïbe 66%, Madagascar 76%, République Dominicaine 68%), il a su associer des saveurs insolites : tablettes de chocolat à double fermentation (chocolat noir/fruit de la passion ou orange et chocolat au lait/banane) et tablettes de chocolat Dulcey, le fameux chocolat blanc caramélisé… Ici, vous trouverez également le « Gâteau des Gones » (praline rouge et appareil moelleux, à l’amande et à la praline), ainsi qu’une gamme de goûters et toutes sortes de produits ludiques destinés aux enfants. 
Au 21 de la rue du Bœuf (ancienne boutique Mère Fille Déco), la Maison Brochier, bien connue à Lyon et dans le monde pour ses créations d’étoffes d’exception, vient d’ouvrir un second espace, dédié en particulier à la panne de velours.
Ici, le Signor Léonardi vous accueillera et, avec verve et passion, vous contera la délicate confection de ce tissu rare et prestigieux, dont la technique remonte au XIXe siècle et qu’on ne peut produire qu’à raison de trois mètres par jour. Après tissage, rasage et pannage, l’étoffe est prête pour être peinte à la main, ce qui fait que chaque pièce est unique.
À quelques pas d’ici, au 16, dans la première boutique ouverte par la Maison Brochier, vous pourrez toujours découvrir les collections de soieries dont le décor a été confié à des artistes, carrés et écharpes, et suivre les différentes phases de l’élevage des vers à soie.
La grande tradition lyonnaise habite, pour ainsi dire, et rayonne dans ces lieux, nous rappelant que c’est bien dans le Vieux-Lyon qu’est né, au XVIe siècle, un artisanat qui allait faire connaître notre ville dans le monde entier.