Graffitis sur un monument historique


La Namibie furieuse contre des touristes français, des touristes lyonnais...

Le point de vue de la Renaissance du Vieux-Lyon :

“La Renaissance du Vieux-Lyon déplore que la ville de Lyon, 
  • qui abrite le premier secteur sauvegardé de France, 
  • dont le Site historique est inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco, 
  • et qui a présidé l’Organisation des villes du patrimoine mondial, 
puisse être associée à l’échelle internationale à des dégradations commises sur du patrimoine, comme c’est le cas en Namibie. 
Nous ne pouvons nous excuser pour des exactions que nous n’avons pas commises, mais nous les condamnons fermement, et sommes de tout cœur avec ceux qui se sentent offensés par autant de bêtise. Espérons qu’ils obtiendront rapidement réparation, avec le soutien de la Ville de Lyon voire de l’Etat français.
Nous n’avons pas une conception réactionnaire ou une vision d’arrière-garde de la culture : les graffitis peuvent “faire patrimoine” dans un contexte historique, comme sur les murs d’une prison, dans un lieu de captivité, avec parfois une réelle qualité artistique qui s’ajoute à l’intérêt historique du témoignage laissé. Mais à de rares exceptions près, ceux qui couvrent les murs pignons et les quais de notre ville, et qui vont jusqu’à s’étaler sur des monuments historiques à Lyon, en France comme à l’étranger, relèvent d’un tout autre registre : c’est le réflexe du chien qui urine sur un mur pour “marquer son territoire”, ne disposant de rien d’autre pour laisser une trace, malheureusement pas toujours facile à effacer, alors qu'il faut pourtant la faire disparaître aussi vite que possible, avant qu'un autre chien ne vienne uriner à son tour !
Si nous saluons les véritables murs peints qui mettent en valeur le bâti, nous condamnons les graffitis qui salissent et défigurent les portes, les murs et les quais, avec des peintures qui attaquent la pierre ou le bois. 
C’est un fléau qu’il faut combattre et ne surtout pas confondre avec le “street art” des carreaux ou des papiers collés qui agrémentent notre ville, et que le temps finit par faire disparaître sans abîmer le mur qu’ils ornaient, participant d’une culture urbaine vivante constituant une véritable valeur ajoutée, y compris en secteur patrimonial. 
L’art contemporain peut tout à fait avoir sa place dans le Site historique. L’exemple récompensé cette par le prix Annie et Régis Neyret le prouve : des œuvres réalisées par les écoles publiques du Vieux-Lyon avec une artiste ont été exposées le temps de la Biennale d’art contemporain dans un quartier qui est aussi le leur... et auquel ils apportent ainsi leur pierre tout en le respectant.“ 
Graffiti sur papier, rue Sainte-Croix à Lyon © Frédéric Auria
Graffiti sur papier, rue Sainte-Croix à Lyon
© Frédéric Auria
Graffiti boulevard Vivier Merle, bâtiment à ce jour détruit © Frédéric Auria
Graffiti boulevard Vivier Merle, bâtiment à ce jour détruit 
© Frédéric Auria
Tag à Lyon, quai de la pêcherie © Frédéric Auria
Tag à Lyon, quai de la pêcherie
© Frédéric Auria
Graffiti sur papier, rue Sainte-Croix à Lyon 
© Frédéric Auria
Graffiti sur papier, rue Sainte-Croix à Lyon
© Frédéric Auria


Des touristes vandalisent un monument namibien

Article de Namibian.com, de Roxane Bayer, le 02/03/2020

L'Association de l'accueil de la Namibie (HAN) a condamné les actions d'un groupe de touristes qui auraient vandalisé un point de repère important dans le sud.
Les ressortissants étrangers auraient récemment peint des graffitis sur la gare ferroviaire de Garub, située entre Aus et Lüderitz.
Le directeur général de HAN, Gitta Paetzold, a déclaré à The Namibian qu'ils avaient pris conscience du vandalisme mardi lorsque des images ont été partagées sur les réseaux sociaux.
Il a été établi qu'un des vandales est canadien tandis qu'un autre est français, après avoir posté une vidéo des graffitis sur leurs réseaux sociaux.
"L'Association hôtelière de Namibie est consternée par le manque de respect manifesté par les graffeurs étrangers à l'un des bâtiments historiques de la Namibie", a déclaré HAN dans un communiqué de presse la semaine dernière.
Ils ont encouragé les Namibiens à prendre position contre de tels actes et à montrer qu'ils se soucient de l'environnement et du patrimoine historique de la Namibie.
Bien que la gare ferroviaire de Garub, qui sert de site d'observation pour les chevaux sauvages du Namib, ne soit pas classée comme site du patrimoine officiel, elle est située dans la zone de conservation de Naukluft et a plus de 50 ans.
Par conséquent, selon le Conseil du patrimoine national de Namibie, il mérite une protection en vertu de la loi sur le patrimoine national de 2004.
Selon HAN, la Namibie est un pays avec une faune, une flore et un patrimoine culturel divers qui ont attiré de nombreux voyageurs et scientifiques au fil des ans.
"De plus, l'histoire de cette partie de l'Afrique australe fait de la Namibie l'une des destinations les plus recherchées pour les historiens et les touristes", ont-ils déclaré.
Ils ont également ajouté qu'en raison de la popularité croissante de la Namibie, en tant que destination de voyage, l'industrie du tourisme a du mal à découvrir de nouvelles attractions, à développer de nouvelles routes et à ouvrir de nouveaux sentiers.
«L'Association hôtelière de Namibie tient à contribuer au processus de développement de nouveaux itinéraires, car elle est fermement convaincue que ce serait le moyen le plus efficace de lutter contre le« sur-tourisme »et le surmenage sur certaines parties de la soi-disant Namibie. les points chauds du tourisme, tout en développant le plein potentiel touristique de la Namibie », a déclaré HAN.
HAN s'efforcera de préserver le caractère unique de la Namibie et de promouvoir les caractéristiques extraordinaires de la flore, de l'environnement et de l'histoire du pays.

Accusés de vandalisme en Namibie, des Lyonnais traqués sur internet

Article du Progrès, le 03/03/2020, de Jean-Philippe CAVAILLEZ 

Les Namibiens sont hors d’eux et l’histoire, depuis plusieurs jours maintenant, n’en finit pas de faire du bruit dans ce petit pays (2,5 millions d'habitants) d’Afrique australe.
Mi-février, des touristes ont dégradé plusieurs bâtiments et panneaux, dont une gare abandonnée, celle de Garub, entre Aus et Luderitz ; à 600 kilomètres au sud de la capitale Windhoek. Sur les murs de ce bâtiment historique, dont les abords sont fréquentés par les chevaux sauvages du Namib, des tags massifs peints en noir et blanc.

« Tout le pays est bouleversé » 

Les dégradations, qui ne seraient pas les premières, ont été découvertes par une photographe locale du nom de Franci Carney. « Ces gens ont détruit notre héritage. J’ai éclaté en sanglots », a-t-elle déclaré au site namibien Erongo. Elle a ensuite posté des clichés en ligne, qui ont provoqué l’indignation des Namibiens et sont rapidement devenus viraux.
Des internautes, dont Nrupesh Soni, un spécialiste des technologies de l’information, se sont mobilisés. En repérant les auteurs sur les réseaux sociaux, en multipliant les contacts, notamment en retrouvant le loueur de voitures, il est parvenu à identifier certains des quatre suspects, trois Français et un Canadien. 
Tout est posté sur sa page Facebook et a été partagé des centaines de fois. La presse locale s’empare alors de l’histoire, parlant de vandalisme. Erongo , The Namibian , et le Namibian Sun en ont parlé.

Aussi en Afrique du Sud

En dehors de Garub, les quatre individus sont également suspectés d’avoir dégradé d’autres bâtiments en Namibie et au Cap, en Afrique du Sud, et aussi d’avoir fait voler un drone dans le parc national d’Etosha, ce qui est formellement interdit sans permis.
« Tout le pays est bouleversé parce que la Namibie est l’un des derniers endroits sur terre qui est encore nature et vierge », explique au Progrès Soni, qui tente par tous les moyens de contacter les suspects. Certains ont fermé leur compte ou changé de pseudonyme. Un autre, originaire de Lyon, a répondu à un post Instagram, expliquant qu’il n’avait fait que « conduire et prendre des photos », qu’il « ne savait pas qu’il s’agissait d’un bâtiment historique » et qu’il « s’excusait sincèrement ».

Tag © Facebook Soni Nrupesh
Tag © Facebook Soni Nrupesh

« Nous voulons des excuses publiques »

Insuffisant pour les Namibiens, qui ont lancé le hashtag #NoGraffitiNam. « Depuis le premier jour, nous voulons des excuses publiques et que les graffitis soient nettoyés, ou qu’ils payent pour les nettoyer », nous a indiqué Soni. D’autres souhaitent que les quatre touristes soient bannis à vie du pays.
Une fois la plainte déposée, des Namibiens comptent écrire à l’ambassade de France et à Gérard Collomb, maire de Lyon. Franci Carney a elle été contactée, selon Erongo, par l’Union Européenne.

Les recherches mènent à Lyon 

Les investigations de Soni et ses acolytes les ont menés entre Rhône et Saône. L’un des auteurs serait né à Lyon, un autre (sur Instagram) se localise à Lyon. Enfin, sur la gare de Garub, le mot Lyon est clairement visible. De plus, la signature « Soli » est celle d’un graffeur très connu dans la région lyonnaise, Solie, alias Solier88 sur Instagram avant son changement de compte. Il sévit depuis de nombreuses années, le long des autoroutes notamment (avec des inscriptions « Soli », « Solie », « Soly », « Solier »…).
On peut également voir la signature JAB, groupe dont fait partie Solie. En avril 2016, dix tagueurs de ce groupe avaient été interpellés lors d’un vaste coup de filet. On leur imputait d’innombrables tags sur les trains, métros, autoroutes… La SNCF, à elle seule, avait alors estimé le préjudice à un million d’euros. Aujourd’hui, l’un de ses membres, au moins, se retrouverait donc dans l’œil du cyclone. Et les Namibiens semblent bien déterminés à aller au bout de ce combat.

Un modèle nature en Afrique

Le petit pays d’Afrique Australe, bordé par l’océan Atlantique, au nord de l’Afrique du Sud, est un écrin naturel d’exception, à la biodiversité remarquable. On y retrouve, entre autres, le désert de Namib, considéré comme le plus vieux au monde, des populations de lions, de guépards, de rhinocéros noirs…
Et tous les Namibiens sont très proches de cette nature. Dès son indépendance obtenue en 1990, après des décennies de braconnage, le jeune pays a été le premier en Afrique a inscrire la protection de l’environnement dans sa constitution.
Dès 1996, il a créé des « conservancies » ou conservatoires communautaires, faisant des Namibiens les garants de la sauvegarde des espèces vivants autour d’eux. Ces zones couvrent, selon WWF, près de 20 % de la surface du pays (162 040 km²) et concernent 189 000 Namibiens (9 % de la population totale).
Au total, 44 % de la surface totale de la Namibie est un espace naturel protégé ou géré de manière durable. Les Namibiens sont donc très sensibles à toute dégradation de leur cadre de vie.

L’ambassade de France suit l’affaire

Contactée par Le Progrès, l’ambassade de France en Namibie a simplement indiqué qu’elle était « au courant des faits ». Avant de poursuivre : « Les ressortissants français en Namibie sont soumis à la loi namibienne. La police namibienne prendra les mesures conformément aux réglementations en vigueur. »

Polémique : des graffeurs lyonnais accusés d’avoir vandalisé un bâtiment historique en Namibie

Article de Lyon Mag, le 04/03, de Soni Nrupesh

En Namibie, Garub est une ville fantôme située à 600 kilomètres de la capitale.
Les bâtiments sont délabrés et ne payent pas de mine. Un groupe de graffeurs s'est donc naïvement dit que cette localité était le terrain de jeu idéal.
Mais quand les Namibiens ont constaté que leurs oeuvres ornaient ces bâtiments historiques, une vague de colère a traversé le pays africain. Et une traque des graffeurs s'est lancée sur les réseaux sociaux. Selon le Progrès, une plainte doit être déposée et des courriers vont partir à destination de l'ambassadeur de France en Namibie et à Gérard Collomb, maire de Lyon.
Et pour cause, les investigations des Namibiens outrés ont permis de remonter la trace d'un petit groupe originaire de Lyon et du Canada. Il faut dire que l'un des graffeurs a inscrit "Lyon 2020" sur la gare historique de Garub.
Rapidement, les identités des graffeurs ont été jetées en pâture sur Internet. Et notamment celle d'un certain Aurélien M., né à Lyon en 1985. S'agit-il du célèbre Solie, un graffeur qui écume l'agglomération lyonnaise depuis des années ? Le tag "Soli" apparaît en tout cas sur la gare namibienne.
Seront-ils condamnés pour ce vandalisme de bâtiments historiques ? Une chose est sûre : ils ne devraient pas pouvoir revenir en Namibie un jour.

En Namibie, les lieux abandonnés et les épaves font aussi partie du patrimoine paysager, tout comme sa nature.

Mars 2018

Photos ramenées d’un voyage de 2018 par Philippe Destine, dans le plus grand respect des lieux visités...
Cliquer ici