L'horloge Charvet, dite "l'horloge aux Guignols"


Dossier en cours depuis 2010

L'horloge Charvet, également connue sous le nom d'« horloge aux Guignols », était située au numéro 8 de la rue de la Poulaillerie, dans le 2e arrondissement de la ville de Lyon.

Elle était installée dans la rue depuis 1864 et fut démontée le 17 juin 2020 pour être restaurée, puis placée place du petit Collège, contre un mur extérieur des Musées Gadagne.

Elle est composée de 5 cloches et 4 automates (Arlequin, Polichinelle, Guignol et Gnafron).
Les automates ont été fabriqués par l'entreprise Charvet. Le cœur du mécanisme est constitué par une horloge d'édifice fabriquée dans le Haut-Jura par Bailly-Comte à Morez.
L'horloge fut électrifiée, par Guy Augis, en 1987-88.

Reportage photos 

Semaine du 16 au 22 novembre 2020

  • Mise en place et réglage des tiges de laiton, ainsi que des cordes provisoires, reliant le mécanisme d’édifice aux marteaux des cloches. (16/11)
  • Test du carillon (« sonnerie à quatre sons ») pour déterminer l’intensité sonore. (16/11) 
  • Montage d’Arlequin, en présence de Fanny Grué, restauratrice de sculpture bois et polychrome, et de Gaëlle Giralt, restauratrice des métaux. (16/11)
  • Nettoyage, polissage, mise en peinture et montage de la cage et des éléments du mécanisme du « Trompette ». (20 et 21/11)
  • Essais au laboratoire d’horlogerie. (21/11)
Les 22 photos d'Yves Neyrolles, cliquer ici

Semaine du 09 au 15 novembre 2020

  •  "Montage d’un échafaudage à roulettes pour permettre le travail d’installation des éléments constitutifs de l’Horloge. (12/11) Yves Neyrolles 
  • Au laboratoire d’horlogerie, après démontage, nettoyage du mécanisme d’édifice par Julio Lesley, étudiant à l’école d’horlogerie de Morteau. (12/11) Yves Neyrolles
  • Fin du nettoyage et remontage du mécanisme d’édifice à grande sonnerie des heures et des quarts « Bailly-Comte », signé Charvet sur le cadran, par Philippe Carry et Julio Lesley. (13/11) Yves Neyrolles 
  • Repose des éléments constitutifs des mécanismes des automates et des marteaux. (14 et 15/11) Yves Neyrolles
  • Ultime polissage des cloches dans le laboratoire d’horlogerie, transport et accrochage de celles-ci sur le mur de Gadagne. (15/11) Yves Neyrolles
  • Quelques photos prises le dimanche 15 novembre... tout brille et le chantier avance !" (16/11)
Les 9 photos de Frédéric Auria, et les 70 photos d'Yves Neyrolles, cliquer ici


Semaine du 02 au 08 novembre 2020

  • Après sa restauration par l’entreprise BDO et Guy Odin en tête, pose de la structure sommitale en bois qui abritera bientôt le cadran principal de l’horloge (02/11 matin).
  • Au laboratoire d’horlogerie, travail sur le cadran principal de l'horloge Charvet : nettoyage des surfaces peintes originelles, pose de la minuterie d'entraînement au 1/12e et des aiguilles équilibrées, essais de fonctionnement (07/11).
Les 14 photos d'Yves Neyrolles, cliquer ici


Semaine du 19 au 25 octobre 2020 

  • Après l'installation du mécanisme de l'horloge Charvet sur sa console, au pied de la façade sud des musées Gadagne, Philippe Carry règle les contrepoids (19/10 matin).
  • Mise en place des trois grands verres protecteurs de l'horloge Charvet par l'entreprise BDO, spécialisée depuis de nombreuses années dans la menuiserie et la serrurerie, sur mesure (19/10).
  • Dans son laboratoire, Philippe Carry présente les marionnettes encore « morcelées » après la restauration dont celles-ci ont bénéficié grâce au talent de Fanny Grué, restauratrice de sculptures et bois polychromés, et de Gaëlle Giralt, restauratrice des métaux et peintre sur métaux. Bientôt, annoncés par le clairon du soldat, Guignol, Gnafron, Arlequin et Polichinelle sonneront les heures dans le Vieux-Lyon, faisant magnifiquement revivre l’invention de M. Charvet sur une façade chargée d’histoire : celle de l’ancien hôtel des Gadagne devenu double musée, de la Ville et des marionnettes du monde (22/10 après-midi).
Les 47 photos d'Yves Neyrolles, cliquer ici


Semaine du 12 au 18 octobre 2020 

  • Visite technique pendant la pose des armatures de la vitrine qui accueillera le chef-d’œuvre de la Maison Charvet, horloger de la ville, en cours de restauration (12/10)
  • Fin des travaux de maçonnerie par les compagnons de l’entreprise Comte (14/10)
  • Restauration des marionnettes : retour de Guignol et de Gnafron (14/10)
Les 20 photos d'Yves Neyrolles, cliquer ici


Semaine du 5 au 11 octobre 2020

  • Préparation du mur extérieur des musées Gadagne contre lequel s’appuiera bientôt l’horloge Charvet (06/10)
  • Pose de la cloche (06/10)
  • Pose du socle de pierre (entreprise Comte) au pied de la console qui recevra le mécanisme d’horlogerie (07/10)
Les 20 photos  d'Yves Neyrolles, cliquer ici


Reportage de France 3 Rhône-Alpes, édition du Grand-Lyon

Mercredi 16 septembre 18h50

Informations sur le calendrier

Mardi 15 septembre 2020

Nouvelles de l’avancée du déménagement de l’horloge Charvet sur le mur sud de l’Hôtel de Gadagne.
Depuis une semaine déjà des palissades devant les musées Gadagne, avec notamment un texte qui explique le projet. 
Voici le calendrier de la fin des travaux pilotés par la Direction de la Construction :
  • Depuis son enlèvement rue de la Poulaillerie fin juin, l’horloge est restaurée en atelier (horloger + restauratrice des décors et du métal)
  • Semaine du 7/09 : installation de chantier place du Petit collège
  • Semaine du 14/09 : travaux intérieurs
  • Semaine du 21/09 : travaux extérieurs (socle, traçage de l’emprise de l’horloge…)
  • Fin de l’opération : fin janvier 2021.


Reportage photos

Juillet et août 2020

  • Démontage, nettoyage, réparation, restauration de l'horloge dans l'atelier de Philippe Carry, l'Horloger de Saint-Paul
20 photos  d'Yves Neyrolles, cliquer ici

Nouveau feuilleton : 

déménagement et restauration de l'Horloge Charvet

Juin 2020

Presse

Reportage photos

Mercredi 17 juin 2020

  • Démontage de l'horloge, rue de la Poulaillerie (2ème) pour un départ en atelier à Saint-Paul (5ème)
20 photos d'Yves Neyrolles, cliquer ici

L'esquisse du projet de l'Horloge Charvet sur la façade des Musées Gadagne.

Lundi 25 mai 2020


L’horloge aux Guignols va enfin prendre ses quartiers dans le Vieux-Lyon

Article du Progrès, samedi 18 janvier 2020

L’entrée du Musée Gadagne, dans le quartier Saint-Jean, sera bientôt placée sous le signe des automates de la vieille horloge Charvet. Ce n’est plus qu’une histoire de quelques mois avant qu’elle ne quitte la rue de la Poulaillerie (2e), promet l’adjoint au Patrimoine.
Elle ne fonctionne plus depuis un moment déjà. L’horloger qui s’occupait d’elle a fermé il y a quinze ans. Et personne n’a repris le flambeau. Au 8 rue de la Poullaillerie, au cœur du 2e arrondissement, la vieille Horloge Charvet, que l’on appelle l’horloge aux Guignols, patiente dans son jus. Elle est là depuis 1852, œuvre de l’horloger Charvet. Et ses automates de cuivre rouge et de bois, qui se mettaient en mouvement quand l’heure venait, s’interrogent toujours sur le sort qui leur sera réservé. Immobiles et poussiéreux, Guignol, Gnafron, Polichinelle et Arlequin vont bientôt être fixés. Et changer de paysage. L’horloge déménage, enfin, au musée Gadagne, dans le quartier Saint-Jean.
 

Haut lieu de l’histoire de Lyon et de Guignol

« Ce sera fait dans l’année 2020 », assure Jean-Dominique Durand, l’adjoint au Patrimoine, qui clôt ainsi un dossier qui jusque-là avait des airs d’Arlésienne… Lors du prochain conseil municipal, les élus vont en effet voter le lancement d’une pour installer cette horloge monumentale (Haute de 7 mètres et large de 2,20 mètres) sur le mur pignon l’Hôtel de Gadagne. Haut lieu de l’histoire de Lyon et de Guignol, le site, classé aux Monuments historiques, était tout désigné, les automates de l’horloge faisant parfaitement écho aux automates, présentés en grand nombre au musée.

« L’affaire a traîné en longueur »

Il dit : « c’est une satisfaction. » Elle est à la hauteur du temps et de l’engagement qui ont été nécessaires pour faire aboutir l’opération. Plus de 10 ans. Et une ténacité qui dit tout de l’attachement des Lyonnais pour cet élément du patrimoine qu’ils considèrent comme le leur. « Elle témoigne de l’activité horlogère lyonnaise, pas si connue que ça », affirme encore Jean-Dominique Durand.

En 2012, lorsque la ville de Lyon avait racheté l’horloge Charvet pour 100 000 euros à la société Fortune qui détenait la bijouterie dont le mécanisme ornait le côté de la devanture, on pensait que cela irait plus vite. Que le plus dur était fait. Il avait fallu bien des atermoiements déjà, une vente aux enchères stoppées, plusieurs péripéties judiciaires, un passage devant les tribunaux pour que les choses se concrétisent et que l’horloge revienne dans l’escarcelle de la Ville. La chose avait encore pris son temps. Cinq ans plus tard, la ville qui avait déjà dans l’idée de déplacer l’horloge en un lieu plus pertinent, avait lancé un appel à la concurrence pour vérifier la faisabilité de ce déplacement, de la remise en marche de l’horloge et en évaluer le coût.

« Mais l’affaire a traîné en longueur », résume aujourd’hui l’adjoint en charge du Patrimoine. C’est désormais de l’histoire ancienne. Les services de la direction régionale des affaires culturelles ont en effet émis un avis favorable à ce projet suite à la remise en octobre 2018 d’une étude de faisabilité réalisée par un architecte de patrimoine. « Il fallait convaincre les Architectes des Bâtiments de France de quitter la rue de la Poullaillerie car ce n’était pas possible de la restaurer sur place. On va pouvoir le faire. »

Une opération à plus de 300 000 euros

Le jeu en vaut la chandelle. Et le prix. On aurait pu dire aussi que lorsqu’on aime, on ne compte pas. A la suite de l’étude de faisabilité réalisée par un architecte du patrimoine pour vérifier la faisabilité de ce déplacement et de la remise en marche de l’horloge, la ville de Lyon est désormais également fixée sur le coût de l’opération. Outre les 100 000 euros investis pour acheter l’horloge à la société Fortune et les 8 520 euros d’étude patrimoniale, il faudra prévoir 210 000 euros de travaux.


Et l’horloge est toujours arrête !

(extrait du Journal RVL n° 150, juin 2018)

La chronique du Père craquelin par gérard Truchet


En février nous sont descendus, ma Glaudia et moi, en ville pour rendre vesite à la Zine, notre cousine, que reste en rue Ferrachat. Ma fenotte avait fait de bugnes à l’éperon à s’en mettre à cacaboson. Tout plan-plan, on s’est amené par la passerelle du Palais, là, ouqu’au bout y a une homme piqueplante sans rien sur lui et qu’en tient un autre sus ses agotiaux. Sûrement un noyé sorti d’en Saône que le sauveur a retiré tout en perdant son caneçon.
Tout le tantôt, aque la Zine on a refait le monde et quand on a eu fini, il allait toujours de bizangoin. La bouteille de mousseux vidée, on a pris du souci et on s’est rentourné par la rue du Bœuf. Arrivés place du Petit-Collège, là, franc de par devant la grande porte du musée… enfin du, je devrais plutôt bajafler des, pisque c’est comme ça qu’on l’appelle à présent. Arremarquez, ça vient encore de changer… matenant y faut dire le MHL le MAM. Qu’est-ce qu’on aime se marpailler le coqueluchon pour arreluquer la même chose dans les vitrines. Enfin, les ceusses qu’ont maginé ça ont l’impression d’aller de l’avant !
Mais revenons à notre grande porte… Là, mes belins, on en a est resté, ma canante et moi son homme, tout benoni. Car du depuis le temps qu’on nous en cause, qu’on doit nous l’appondre contre le mur du musée, eh ben, la grande horloge à Guignol du père Charvet : elle-n’y-est-toujours-pas !
Elle trône, encore et encore, en rue de la Poulaillerie, toute détrancanée, contre un mur, ousque la ville est obligée de payer, une location pour qu’elle y reste. Faut ben être couenne quand. même ! car, avèque ce cuchon de pécuniaux que sont déprofités, y a ben longtemps que les travaux de déplacement seraient payés rubis sur l’ongle et qu’elle embellirait un coin de notre Vieux-Lyon. Mais va te faire fiche. Àcroire que nos responsables irresponsables, fervents défenseurs de notre patrimoine, attendent comme des fourachaux qu’elle finisse par se petafiner pour de bon et aille… aux équevilles. Tas de babians !
Quand on pense, les gones, que c’t’affaire remonte à 2005. Y en a t’y eu de l’eau qu’a filé sous le pont de l’Homme de la Roche ! 13 années qu’on en cause et toujours rien de fait… Si nos canuts avaient mené leurs méquiers aque la même rapidité, la soierie lyonnaise aurait ben eu vite fait de faire patacul ! Mais bien sûr, d’ici que le dossier traboule d’un service à un autre service, d’un bâtiment municipal à un bâtiment national et qu’en traboulant y vienne qu’à s’abouser comme un vieux matefaim qu’a fait la montre, d’ici qu’on trouve un gone esprité que nous le remettre dans la bonne direction y en ben pour un miment.
Enfin, espérons qu’à nos âges, nous, les Craquelin, arriverons à la reluquer dans le Vieux-Lyon avant qu’on parte chiquer les dents de lion par la racine. En attendant, mon pôve Guignol, ton horloge est toujours arrête !
Allez, à la revoyure.


Le Vieux-Lyon, quelle heure ?

(extrait du Journal RVL n° 146, juin 2016)

Autrefois apanage des dieux, ou de Dieu, avant que les hommes (bourgeois des villes les tout premiers, en rivalité avec la puissance religieuse) ne se l’approprient comme emblème de leur pouvoir naissant, puis comme mesure universelle aussi bien du travail que des loisirs de tous, le temps se mesure et se donne à entendre, bien évidemment, dans les trois quartiers du Vieux-Lyon.

Du nord au sud, l’heure nous est donnée en maints endroits, à la lecture des horloges comme à l’écoute des cloches. Un principe qui ne va pas sans quelques défaillances et que se propose de vérifier cette balade à la découverte du temps… accordé ou désaccordé.
Au nord, si l’église Saint-Paul semble ignorer l’heure qu’il est, elle possède pourtant l’un des plus vieux mécanismes… mais celui-ci est bien caché et, quoique reconnu comme trésor patrimonial, il attend sa restauration et sa mise en valeur. Pour le découvrir, il faut emprunter l’escalier qui mène aux cloches. Il côtoie le clavier commandant le carillon. Une inscription, gravée en lettres capitales à l’arrière, sur le bâti lui-même, signe et date cette horloge. On lit : « Messieurs les Chamarier Chanoines et Chapitre de l’église collégiale et paroissiale de Saint-Paul de Lyon ont fait faire cette horloge à leurs frais en l’année 1676 par Antoine Rousseau, maître horloger à Lyon »
Ce mécanisme était relié à un cadran extérieur avant que le portail d’ordre dorique ne fût remplacé, en 1877, par l’actuel, néo-gothique, et que son cadran n’emménageât à l’intérieur de l’édifice, fixé en hauteur dans le bas de la nef principale, face au chœur. Voilà pour le temps religieux, ici en attente d’une résurrection.
La gare Saint-Paul, construite au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, porte à son fronton un beau cadran qu’entourent des sculptures… mais celui-ci n’a pas repris son service depuis qu’on a magnifiquement restauré l’ensemble de l’édifice. Voilà pour le temps civil de ce quartier… quelque peu désaccordé.
À la limite de Saint-Paul et de Saint-Jean, la place du Change offre la remarquable façade dessinée par Soufflot qu’une restauration toute récente vient de remettre en valeur. Au milieu du XVIIIe siècle, l’architecte agrandissait, en le rehaussant et en lui donnant la sobre majesté de sa fonction, l’édifice voué depuis plusieurs siècles à l’argent, qui s’échangeait là dans toutes les monnaies d’Europe en cours à cette époque. Architecte et visionnaire, Soufflot avait prévu l’installation de deux cadrans, symétriques et différents, au fronton de l’édifice… mais seul celui marquant le défilement des heures fut réalisé. 
Ce temps civil, et monétaire si l’on peut dire, s’était tourné depuis longtemps vers Dieu et l’Église Réformée lorsque, à la toute fin du XXe siècle, un groupement d’horlogers, soutenu par La Renaissance du Vieux-Lyon et aidé par la Ville elle-même, réalisa le dessein complet de Soufflot, faisant creuser la pierre pour y fixer l’autre cadran, réinventé en cette circonstance et appelé dès lors « Cycloscope de Soufflot », parce qu’il propose de lire simultanément le jour, le mois et l’année correspondant à l’heure indiquée par son « faux-jumeau ». Les Horloges idéales de Soufflot étaient enfin réunies. C’est à partir de ces deux « yeux » chiffrés que nous sommes entrés dans l’an 2000, préludant au passage dans le troisième millénaire - après J.C. 
Allons plus au sud. La cathédrale, édifice majeur de la ville pendant plusieurs siècles, accueillant papes et rois, fait entendre la puissance de ses cloches et porte bien évidemment un cadran somptueux, environné lui aussi de sculptures, sur sa façade occidentale. 
Elle se distingue, en outre, par la présence, dans le transept nord, d’une des plus anciennes horloges astronomiques du monde restée en l’état. Réalisée en 1379, celle-ci est dotée d’un astrolabe, d’un comput ecclésiastique, d’un calendrier perpétuel et d’un ensemble d’automates s’animant plusieurs fois par jour pour interpréter la scène de l’Annonciation à Marie. Cette construction, d’une complexité et d’une subtilité rares, a traversé les siècles, défié le temps si l’on peut dire, avec l’aide ingénieuse et précieuse d’une suite d’horlogers de grand talent chargés de son entretien. 
Mais, récemment, une sorte de « fou de Dieu » s’en est pris à ce trésor, au prétexte que sa puissance d’attraction le distrayait et l’empêchait de s’adresser chrétiennement à Dieu ! Fort heureusement, l’homme fut rapidement maîtrisé – non sans avoir fait subir des dégâts importants à l’horloge… Même si depuis lors, son mécanisme et son cadran ont été parfaitement restaurés, les personnages de son beffroi restent condamnés à l’immobilité et au silence dans l’attente d’une restauration complète de l’ensemble sous l’égide de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, qui a profité de la mésaventure pour demander que des sondages du bâti de l’horloge soient effectués pour en dater les transformations successives. Ce n’est qu’après la fin des travaux de restauration de l’intérieur de l’édifice qu’il est envisagé de s’occuper de « ranimer » ce joyau. Voilà qui est fort dommage, c’est le cas de le dire…
 Tout près d’ici, un peu plus au nord, le temps civil est aussi celui de la Justice qui, comme chacun le sait, s’exerce sans discontinuer. Avec ce symbole clair : les 24 colonnes à chapiteaux corinthiens, une pour chaque heure d’un jour, composant la grandiose façade du Palais. Un cadran est accroché au sommet de l’escalier monumental qui précède la salle des pas perdus. L’édifice regorge d’autres objets de mesure du temps. À commencer par la salle des Assises où une horloge, fixée au-dessus de la porte d’entrée, fait face au Président.
À continuer par les nombreux bureaux et autres salles de réunion ou bibliothèques, où des pendules toutes plus remarquables les unes que les autres (quatre d’entre elles sont classées MH) battent le fléau censé distinguer le vice et la vertu, pourchasser le crime et prononcer le châtiment. Toutes ces merveilles d’horlogerie et d’art tout court ont fait l’objet d’une complète restauration au cours des quatre années qu’a duré le chantier de réhabilitation du chef-d’œuvre de Louis-Pierre Baltard.
Continuons vers le sud. Ici, l’heure offerte est exclusivement religieuse. Elle se lit au bas du clocher de l’église Saint-Georges… mais, comme c’est curieux, uniquement en direction du nord : sur la balustrade de pierres sculptées, les cercles regardant vers les autres points cardinaux n’ont jamais reçu le cadran qui leur était éventuellement destiné… Si le Vieux-Lyon donne l’heure, ce n’est pas toujours … à l’œil, à notre œil, d’autant plus que certaines horloges ne sont justes que deux fois par jour ! Il est vrai qu’aujourd’hui la mesure ou le contrôle du temps sont à la portée de tous et se font à travers une kyrielle d’autres appareils équipant chacun d’entre nous, montres à nos poignets, téléphones portables dans nos poches, horodateurs pour le stationnement des véhicules, bornes des Vélov’, etc. Ô Temps dématérialisé et virtuel ! 
Cependant, quand l’heure se fait patrimoniale, ce qui est le cas pour les horloges répertoriées ici, il y a comme un devoir à l’entretenir et à la sauvegarder. Des projets en ce sens sont en cours, pour l’église et pour la gare Saint-Paul, comme pour le rétablissement, en journée seulement, du son des cloches du Temple du Change. Souhaitant leur succès, nous pouvons aussi espérer que la restauration du joyau des joyaux, l’horloge astronomique de Saint-Jean, ne se fera pas trop attendre... Et pour l’instant, préparons-nous à accueillir bientôt la remarquable horloge animée que Charvet, horloger de la Ville au milieu du XIXe siècle, avait offerte aux Lyonnais, installant celle-ci à côté de son magasin, rue de la Poulaillerie. Récemment, la boutique ayant changé d’enseigne, ce chef-d’œuvre n’était plus entretenu. Sa mise en place au sein des musées Gadagne permettra de le protéger et de lui redonner son prestige. Guignol, Gnafron et leurs compères italiens, Arlequin et Polichinelle, feront de nouveau tinter le temps qui passe et rappelleront aux visiteurs qu’ils peuvent découvrir ici, en plus d’objets racontant l’histoire de Lyon, toutes sortes de marionnettes venues du monde entier…


L'horloge Charvet

(extrait du Journal RVL n° 139, novembre 2012)

La décision de la Ville de Lyon de prendre en main la sauvegarde et la restauration de l'horloge Charvet ne peut que nous réjouir. Mais que faire de cet ensemble patrimonial, autant artisanal qu'artistique ?
Comme beaucoup, nous pensions que ce joyau serait confié à la bonne garde du Musée historique de Lyon, autrement dit que l’entrée dudit musée serait placée sous le signe des marionnettes animant cette horloge et remplissant ainsi le triple rôle de gracieuses distributrices du temps à tous les gones et fenottes, de témoins de l'histoire locale et de hérauts invitant à découvrir Guignol, Gnafron, leurs amis et compères du monde des automates, présentés en grand nombre dans quelques-unes des pièces de l'ancien Hôtel Gadagne.
Il semblerait que les choses soient plus compliquées. Quoi qu'il en soit, souhaitons que cette œuvre, offerte aux Lyonnais par un généreux horloger du XIXe siècle, ne soit plus exposée à un quelconque risque de se dégrader là où elle se trouve et que, comme Le Patineur de César, elle soit définitivement sauvée et traitée selon ses mérites...


Que va devenir l'horloge aux marionnettes ?

(extrait du Journal RVL n° 135, novembre 2010)

Le créateur de la maison Charvet, célèbre horloger de la Ville, au XX' siècle, avait offert aux Lyonnais un véritable petit chef-d’œuvre : une horloge animée par Arlequin, Polichinelle, Guignol et Gnafron. Fortune et infortune étant le lot de bien des entreprises, la maison Charvet céda son pas de porte, au XXe siècle, à la maison... Fortune (!) laquelle, baissant à son tour son rideau, envisageait, de mettre en vente le fleuron le Charvet. Aux enchères ! Plusieurs associations (la société des Amis de Lyon et de Guignol, et Ia RVL entre autres) étaient intervenues alors auprès de la Ville de Lyon, demandant que tout soit mis en œuvre pour empêcher cette vente. L’horloge est donc restée en place, mais elle ne fonctionne plus, n'est pas entretenue et ne bénéficie apparemment d'aucune surveillance particulière.
Aujourd'hui, le magasin est réouvert, une activité commerciale sans lien avec l'horloge. Nous sommes de nouveau très inquiets pour l'avenir de celle-ci. C'est les pourquoi, la RVL et Amis de Lyon et de Guignol ont pris leur stylo pour adresser un nouveau courrier au premier magistrat de notre ville, demandant de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que soient assurés non seulement le maintien en place, mais aussi la protection et le fonctionnement de cet objet patrimonial précieux. 


Une horloge chère au cœur des Lyonnais

(extrait du Journal RVL n° 121, novembre 2005)

L'horloge Charvet, dite - à tort - "aux Guignols" doit être vendue aux enchères. Cette nouvelle a suscité une émotion, bien prévisible, chez les Lyonnais attachés à cet objet de patrimoine local qui fait partie de leur vie depuis plusieurs générations.

Un peu d'histoire :

située dans le quartier Saint-Nizier, rue Edouard-Herriot, l'Horloge Charvet donne l'heure aux Lyonnais depuis plus de 140 ans.
C'est le 18 mars 1864, après autorisation de la Préfecture, que Monsieur Charvet propriétaire du fonds de commerce d'horlogerie implanta une horloge publique. Elle était installée à l'angle de la rue nouvelle qui portait le nom de rue de l'lmpératrice (actuellement rue Président Edouard-Herriot) et de l'ancienne rue de la Poulaillerie.
L’arrêté du Sénateur-Préfet/Maire de Lyon, précise que M. Charvet est bien inspiré de concevoir cette installation au centre même des aménagements urbains que M. Vaysse venait d'apporter à Lyon. Cette horloge est susceptible d'attirer, à elle seule, l'attention et la sympathie des Lyonnais.
À cette époque, il n'y avait pas, ou peu, d'horloges publiques en ville. Ce fut une nouveauté qui attira la curiosité des passants. Cet équipement, moderne faisait appel aux marionnettes lyonnaises et italiennes pour donner l'heure.
Le caractère propre de chaque marionnette est respecté, calme jovial de Gnafron, alors que Guignol sonne l'heure avec sa tavelle, costumes traditionnels des pupazzi italiens. 
De ce point de vue, cette horloge rend un hommage particulier à Laurent Mourguet, d'abord manipulateur de marionnettes italiennes, avant de créer le célèbre duo lyonnais.  
Guignol, Gnafron, Polichinelle et Arlequin sont en cuivre rouge et leur tête est en bois. Le carillon Westminster ne fut utilisé que vers 1910. Le petit soldat qui, au faîte de l'horloge, annonce la sonnerie, n'a été ajouté qu'après la guerre de 1870. Le costume du militaire a changé au cours des années, en fonction des circonstances historiques.  
Quand l'heure arrive, tout se met en mouvement, Guignol et sa tavelle, Gnafron et son marteau de bouif, les jambes de Polichinelle et d'Arlequin. Cette horloge sonne tous les quarts d'heure. Elle fonctionnait à partir d'un système mécanique à base de contrepoids cachés dans le coffrage. Il fallait remonter le mécanisme tous les deux jours.  
L’horloger est exonéré des droits de voirie pour cette installation puisqu'il donne l'heure gratuitement aux Lyonnais depuis 1864. Cet équipement fait partie à part entière du patrimoine lyonnais.  
Elle a été restaurée plusieurs fois depuis sa création. Elle fut modernisée et surtout automatisée en 1988.
  
(Cet historique nous a été communiqué par "Les Amis de Guignol", pour la préparation de Ia balade "Raconte-moi Guignol", organisée pour les journées du Patrimoine en septembre 2005) 
À l'heure où nous écrivons ces lignes, le sort de cette horloge n'est pas encore fixé. De nombreux Lyonnais ont manifesté leur attachement à ce "monument". Nous sommes persuadés que Ia Ville de Lyon usera de tous les moyens qui sont en son pouvoir pour Ia maintenir en placet au cœur de la cité, comme nous I'ont assuré M. Le Maire de Lyon et M. l'Adjoint à la Culture et au Patrimoine en répondant à un courrier que nous leur avions adressé dès I'annonce de cette vente. 


Un patrimoine lyonnais : le carillon Charvet (1864)

(extrait du Journal RVL n° 062, juin 1988)

Qui de nous ne s'est pas arrêté 48 rue Président Herriot pour voir GUIGNOL, GNAFRON, POLICHINELLE et ARLEQUIN sonner les heures, demies et quarts de I'Horloge Charvet. La Maison AUGIS qui a repris récemment la Maison CHARVET, vient de restaurer et de redonner une nouvelle jeunesse à ce chef d’œuvre d'horlogerie qui fait partie de la vie de tous les Lyonnais depuis 120 ans.

Ressources documentaires, sites web

Horloge Charvet

  • Site du Ministère de la Culture, cliquer ici
  • Site des  horloges d'édifice, leurs fabricants et leurs usages, cliquer ici
  • France 2, JT 13heures, (2009), cliquer ici

Horloge astronomique dans la cathédrale St Jean

  • Diaporama et l'horloge en mouvement (2 juin 2013), cliquer ici
  • Les 12 coups de midi (21 août 2015), cliquer ici
  • L'horloge sonne  (20 septembre 2012), cliquer ici
  • L'horloge en mouvement (11 avril 2011), cliquer ici
  • TLM (2012), l'horloge de Saint-Jean vandalisée, cliquer ici

Horloge de la gare Saint-Paul

  • L'horloger de St-Paul restaure l'horloge de la gare St-Paul, (22 septembre 2017), cliquer ici
  • Restauration de l’horloge de la gare Saint-Paul, (13 janvier 2017) cliquer ici
  • Retour de l’horloge de la gare Saint-Paul (23 janvier 2017), cliquer ici